ACTE DEUXIÈME
ROUf^SEIi, remonlnnt vers la porte du jar.liii.
Je no poux i)as : jo suis pressé.
LA MAILLARD, la retenant.
Oiichpic chose de 1res précieux à vous vendre.
ROUSSEL-AINÉ
Ma chère, jo n'ai pas le temps de vous entendre.
LA MAILLARD
Je vous tis <>a<rn('r gros déjà, vous l'oubliez.
roussp:l-ainé .Iiistenienl !
LA maillard
Il s'agit de souliers...
ROUSSEL-ÂINK, s'arrètant : il redescet d en sc^^no.
Do souliers?
LA MAILLARD
... Ont' j«' Ncml-. pour quelqu'un dont je l'ai^ les alTaires.
ROUSSEL, intéressé.
De souliers... et CQmbien en avez-vous de paires?
LA MAILLARD
Nous on avons quatorze cents.
ROUSSEL-AlNÉ
Oh! c'est Irop peu.
()u(l [)rix?
LA MAILLARD
... Payé comptant, vous savez?
ROUSSEL- aîné
On le peu!.
Alors, quel prix?
LA MAILLARD
Jai le devoir d'être gourmande :
Personne non a plus, tout le monde en demande!
ROUSSEL-AÎNÉ
Quel ()ri\?
LA MAILLARD
Je vends le tout pour deux cent mille francs.
ROUSSEL-AINÉ
Deux cent mille.
C'est mon dernier mot
ROUSSEL-AINÉ, sans hésiter.
Je les prends.
LA MAILLARD
C/estdit!
(Tendant la main.)
L'argent?
ROUSSEL-AINÉ
Quand j'aurai vu la marchandise!
Allons !
LA MAILLARD, feignant l'admiration.
Quel calme !
ROUSSEL-AINÉ, d'un ton détaché.
Tiens!
LA MAILLARD, comme si elle regrettait ce marché.
J'ai fait une bêtise Peut être, en les vendant aussitôt.
ROUSSEL-AINÉ, avec vivacité.
Je le crois :
Mes deux cent mille francs m'en rapporteront trois.
LA MAILLARD
J'eusse hésité, je vous l'avoue à votre place. ^
ROUSSEL-AINÈ, très fier de lui.
Croyez-moi, ce qu'il faut en tout, c'est de l'audace.
(Il sonne, entre le premier commis par la porte des bureaux.)