ACTE TIÎOISIÈME Ui
Manger cent mille francs pour plaire à de beaux yeux, Mais c'est tout naturel et c'est délicieux.
MATIIIAS, admiratif.
Quand on est comme vous un roi de la finance...
CADET, d'un ton badin.
Les pauvres seuls, Mathias, pratiquent l'abstinence.
MATHIAS
Que vous êtes heureux!
(Cadet sourit.)
Vous me devez encor Trois mille francs. Ce sont des frais.
CADET, dont le visage se rembrunit.
Trois mille !
MATHIAS
En or.
CADET, très embarrassé.
Justement je n'ai plus...
MATHIAS
Vous n'avez pas trois mille Francs?
CADET, se reprenant.
Si je les ai. Mais... cela m'est difficile Aujourd'hui.
MATHIAS, avec componction.
Ruiné^ déjà I
CADET, furieux.
Vous êtes fou !
Je vais vous les donner.
(Il ouvre un tiroir du prem'er sccrctairo, en tire vingi-cinq louis qu'il compte rapidement.)
La, cinq cents...
(Il va dans le second secrétaire et retire un rouleau de cinquante louis.)
... et mille.
i;<2 CADET-ROUSSEL
(Avec inquiétude.)
Où Poul bien ôtre le reste?
MATIIIAS, narquois.
Dans ce secrétaire !
(Il va au troisième secrétaire; après avoir ouvert et fermé plusieurs tiroirs, il en tire un rouleau de cinquante louis et dix louis qu'il compte sur la table.)
Mil deux cents.
(Avec désappointement.)
Oh!
(D'un ton détaché, à Mathias.)
J'ai tant d'argent chez mon notaire !
MATHIAS, même jeu que plus haut.
Je conçois.
CADET, fouillant ses poches dont il tire quinze louis.
Plus... trois cents perdus dans mon gilet Quinze cents, douze et trois : la somme est au complet.
(Avec un so'ipir de soulagement.)
Ouf! '
MATIIIAS
Cela ne fut pas sans mal.
CADET, avec supériorité.
Ma caisse est vide.
Nous conservons chez nous très peu d'argent liquide.
MATIIIAS
Pourrais-je Vous donner un conseil?
CADET, avec dédain.
Donnez-le.
MATHIAS
Si vous avez encore un peu d'argent...