‹ Cadet-Roussel; comédie en trois actes, en versChapitre 87 sur 118 · SCÈNE III CADET Le Valet, puis Aude · texte numérisé non relu

SCÈNE III CADET Le Valet, puis Aude

LE VALET

Un citoyen attend Pour vous parler.

CADET, bas à lui-même.

C'est lui !

(Haut.)

Mais qu'il entre à l'instant.

C'est Aude, n'est-ce pas?

LE VALET

Je ne sais. Il refuse De dire son nom.

CADET, surpris.

Ah!

LE VALET

On croirait qu'il s'amuse.

Il m'a dit : '' Trouvez-moi Cadet, annoncez-lui Un vieil ami, très riche... Il saura qui je sui. '

CADET, tr^is surpris.

Lui, très riche...

(Entre Aude en courant. Le valet' sort.) AUDE

Cadet!

CADET

Aude !

AUDE, se jetant à son cou.

Que je t'embrasse !

Comme c'est beau chez foi : ce luxe me surpasse.

(Il regarde de tous les côtés.)

N'est-ce pas, n'est-ce pas que c'est de très bon goût?

j;{6 CADET-ROUSSEL

AUDE

Osi surprenant.

CADET

Ce qui me séduisit surtout C'est d'avoir entre des logis de toutes sortes Trouvé dans celui-ci trois fenêtres, trois portes; Et de plus, cela seul m'eut décidé, je crois, Le numéro m'allait : c'est le numéro trois!

AUDE

Et tes meubles.

CADET

Oui.

AUDE

Tiois canapés.

CADET

Oui.

AUDE

Trois tables.

CADET

Trois vases précieux sur trois supports instables.

Trois chaises... trois pastels!

CADET

Et trois jeunes serins.

AUDE'

Trois violons, un seul archet!

CADET

Oui, mais trois crins!

AUDE

Et couronnant le tout trois pendules.

(Les pendules tintent trois fois.) CADET

Trois heures.

Page 1