SCÈNE V AUDE, LA MAILLARD
AUDE
I^^li I l)i(Mi, qu'en pensez-vous, citoyenne?
LA MAILLARD, avec colère,
Moi!
AUDE
Quelle intelligence est égale à la sienne? Nous pouvons èlie fiers de notre ami commun : Pour un homme extraordinaire, c'en est un ! Croyez-vous qu'il sait être adroit, quand il spécule ! Lui qu'on disait chez lui niais el ridicule!..
LA .\L\ILLA1U), ironique.
On peut dire en efl'et qu'il est intelligent !
AUDE
11 ne réussit pas seulement pour l'argent : .le jurerais que pour l'amour il fait de môme Et (pie (!éjà, c'est sûr, Delvaporine l'aime !
LA MAILLARD, éclatant.
Ah cà ! Mais voilà bien, pardi, d'un autre fou : Cadet n'est rien auprès de celui-ci : mais où Allez-vous donc chercher ce qu'on vous entend dire Et ([ue Cadet, en rien, mérite qu'on l'admire?
AUDE, indigné,
Taisez- VOUS !
LA MAILLARD
C'est un sot !
AUDE, railleur.
Et vous l'aimez...?
LA MAILLARD
Allez lui demander si vous douiez de moi.
Je croi,
AUDE
On no lo croirait [)as vraiment à vous entendre.
LA MAILLARD
O que j'en dis d'abord, il le faudrait comprendre; Mais vous ne savez rien !
AUDE
Eh ! Que ne sais-je pas ?
LA MAILLARD
(Ju'il est en ce moment dans un très mauvais pas.
AUDE
Un mauvais pas?
LA MAILLARD
Cela grâce à Delvaporine.-
AUDE
Que se passe-t-il donc?
Mais qu'elle le ruine; Qu'il a pour l'éblouir sous-loué cet hôtel Payé d'avance, pour un mois, quel prix...
AUDE, regardant l'appartement avec effroi.
Oui, quel î
LA MAILLARD
Cela ne serait rien encore : mais le pire
Ce fut qu'il lui paya ses dettes, sans lui dire...
AUDE, surpris.
Ses dettes I
LA MAILLARD
Afin de lui prouver son amour Cadet lui compte offrir ce cadeau quelque jour : Le résultat c'est que ses dépenses se montent A deux cent mille francs..! Si bien qu'en fin de compte, Ayant tout gaspillé pour elle comme un fou, Cadet n'a plus le sou.