‹ Cahiers d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 26 sur 84 · LA X · texte numérisé non relu

LA X

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parente, de forme circulaire ; et derrière le cristallin on rencontre … une masse diaphane, molle comme de la gelée, qui est appelée humeur vitrée, et qui occupe toute la partie interne du globe de l'œil.

Le nerf optique, qui vient du cerveau , pénètre dans le globe de l'œil à travers la partie postérieure de la sclérotique, et y forme, en s’épanouissant, une membrane molle et blanchâtre nommée retine , qui enveloppe en arrière l'humeur vitrée. Enfin, entre la rétine et la face interne de la sclérotique se trouve une autre membrane qui est ordinairement colorée en noir, et qui est appelée choroïde. C’est elle qui se voit à travers la rétine et les humeurs de l'œil quand on regarde vers le fond de cet organe, et qui donne à l'ouverture de la pupille l’apparence d’une tache noire plutôt que d'un trou.

Telles sont les diverses parties qui composent le globe de l’œil chez l’homme et tous les autres animaux supérieurs. Passons à la VISION.

$ 59. Les rayons de lumière de l’objet que nous voyons pénètrent jusqu’à la rétine, et y forment une image petite, mais très nette, de cet objet.

La manière dont la lumière se comporte dans l’intérieur de l’œil est la même que dans l'instrument d'optique nommé chambre obscure. Les diverses parties transparentes que les rayons lumineux traversent pour arriver de la cornée jusqu’à la rétine ont pour effet de rapprocher tous ces rayons, et de les concentrer sur la rétine. C'est surtout le cristallin qui détermine cette concentration de la lumière, et c’est de ce phénomène que dépend la formation des images au fond de l'œil.

Lorsque la force avec laquelle l’œil concentre ainsi la lumière est . trop grande, on ne peut voir distinctement qu’à une très petite distance, et on donne à cette infirmité le nom de myopie ; au contraire, lorsque lesrayons lumineux ne se rapprochent pas assez en traversant l'œil , on ne voit distinctement que les objets éloignés, et on est presbyte ; cette faiblesse dans le pouvoir réfringent de l’œil est une conséquence de la vieillesse, et on y remédie en plaçant devant les yeux des verres convexes. Pour donner aux myopes une vue plus longue, il faut, au contraire , employer des lunettes à verres concaves qui écartent les rayons lumineux , et qui contrebalancent ainsi la force réfringente trop considérable de l'œil.

L'iris est contractils et a pour principal usage de régler la | quantité de lumière qui doit pénétrer jusqu'au fond de l'œil ; lorsque la lumière est trop vive, 1l se contracte et diminue, par conséquent, l'ouverture de la pupille à travers laquelle les rayons.

doivent passer pour arriver à la rétine ; dans l’obscurité, au contraire, la pupille s'agrandit.

La membrane choroïde , qui tapisse la face interne du globe de l'œil, est recouverte d’un vernis noirâtre qui absorbe tous les rayons lumineux inutiles à la vision.

Enfin , les images peintes, pour ainsi dire, sur la rétine, y déterminent une excitation qui est transmise au cerveau par le moyen du nerf optique, et qui, là, fait naître une sensation.

$ 60. Les parties accessoires de l'appareil de la vision sont de deux espèces: les unes sont destinées à protéger le globe de l'œil, les autres à le mouvoir, et à lui donner la direction convenable pour mieux remplir ses fonctions.

Les organes protecteurs de l'œil sont : 4° l'orbite, 20 les paupières , 3° l'appareil lacrymal , 4° les sourcils.

L'orbite est une grande cavité osseuse creusée dans la face de chaque côté du nez. Elle a la forme d’un cône dont la base serait ouverte et dirigée en avant , et ses parois sont formées en haut par l'os du front, en bas par l'os maxillaire supérieur , en dehors par l'os de la pommette , et en dedans par des os qui concourent à former le nez. Le fond de l'orbite est percé d’un grand trou qui communique avec le crâne et livre passage au nerf optique.

Le globe de l'œil est enchàssé dans cette cavité, et y repose sur une espèce de coussin formé par de la graisse. Il est ainsi protégé de toutes parts , excepté en avant , et là se trouvent les paupières.

Les paupières sont des voiles mobiles tendus au-devant du globe de l'œil. Elles sont formées à l'extérieur aux dépens de la peau ; à l'intérieur, elles sont tapissées par une membrane lisse qui se ré-

fléchit sur le devant du globe de l'œil, et que l’on nomme la membrane conjonctive ; entre ces deux membranes est placée, pour chaque paupière, une petite lame de substance fibreuse et résistante que l’on nomme cartilage tarse, ainsi que des muscles servant à mouvoir ces organes. Chez l’homme, il existe deux paupières , l’une supérieure et l’autre inférieure. La paupière supérieure est plus étendue que la paupière inférieure.

Le bord des paupières est hérissé de petits poils longs et déliés que l’on nomme cils. L'usage de ces cils est de former au-devant de l’œil une petite grille qui arrête les corps étrangers dont la présence troublerait l'exercice de la vision.

Les paupières ont le double usage de protéger le globe de l’œil en s'abaissant au-devant de lui, et de le rendre inabordable aux rayons lumineux dont l'éclat pourrait troubler le sommeil. De plus, les paupières, par leur mouvement alternatif d’abaissement ou d'élévation, étendent au-devant du globe de l'œil les larmes, liquide

aqueux,, qui empêche la cornée de se dessécher, et qui favorise les mouvements des paupières.

L'appareil lacrymal, qui sécrète les larmes, est composé de plusieurs organes, dont les uns sont destinés à former ce liquide et à le verser au-devant de l'œil ; les autres ont pour usage de conduire au-dehors de l'œil ces larmes dont la présence deviendrait sênante si elle était trop prolongée. Les premiers organes sont:

4° La glande lacrymale, petit corps de la grosseur d’uneamande, placée à la partie extérieure et supérieure du globe de l'œil, entre cet organe et la cavité orbitaire (pl. 5, fig: 5, gl.) : elle sert à sécréter les larmes ; 2° plusieurs petits canaux qui naissent de cette glande et viennent S’ouvrir à la face intérieure du bord adhérent, de la paupière supérieure , où ils versent constamment le fluide lacrymal sur la surface de la membrane conjonctive.

Les organes destinés à enlever les larmes répandues au-devant de l'œil, et à les verser dans les fosses nasales, sont deux petits canaux qui s'ouvrent sur le bord libre des paupières , près: de l'angle interne de Fais par deux petits orifices qu’on nomme des points lacrymaux (fig. 5, pl.). Chacun de ces points (placés l’un en haut, l’autre en bas) communique avec un petit canal courbé , qui se porte en dedans, et va s'ouvrir dans un conduit vertical plus large , que l’on nomme le canal nasal, et qui débouche dans les fosses. nasales. Les fonctions de ces points lacrymaux sont de pomper.les larmes au fur et à mesure qu’elles sont versées audevant de l'œil ; de cette manière, le fluide est enlevé dans la proportion.qu'il est formé. Dans quelques circonstances particulières , l'équilibre de ces deux phénomènes est rompu; et, soit que les larmes-soient sécrétées en plus grande quantité, soit que les points lacrymaux ne les pompent pas aussi activement, ou qu'elles soient arrêtées dans leur cours à travers les conduits lacrymaux et le canal: nasal, ce fluide déborde les paupières et tombe en grande quantité le-long des joues.

Les soureils, qui forment une saillie au-dessus de l'orbite et: sont garnis de poils, sont aussi des parties protectrices du globe de l'œil, mais leurs usages sont moins importants que ceux: des organes-dent nous venons de parler.

$ 64. Les: organes moteurs de l'œil sont six muscles qui se fixent: par leur extrémité antérieure à la selérotique, et par leur extrémité postérieure au: fond-de l'orbite (pl: 4, fig. ki, m.). En se contractant, ils dirigent le globe dé l'œil du côté: oùsent placées leurs: fibres musculaires. |

L'appareil:de là vision présente à peu près:la même structures

chez les: mamrnifères, lescoiseaux, les reptiles et les poissons ;4

mais chez les insectes , l’organisation des yeux est très différente , comme nous verrons quand nous ferons l'histoire de ces animaux. & 62. Par l'intermédiaire des sens nous prenons Connaissance de ce qui nous entoure ; mais nos relations avec le monde extérieur seraient très imparfaites si nous ne pouvions agir Sur Ces corps ; changer de place et exprimer ce que nous sentons. Nous possédons en effet, ce pouvoir , qui est le résultat de la faculté de produire des sons , et de la faculté d'exécuter des mouvements.

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