‹ Cahiers d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 69 sur 84 · CLASSE DES POLYPES · texte numérisé non relu

CLASSE DES POLYPES

. 8 265. On réunit en général sous ce nom les Bryozoaires, dont 1ous avons déjà parlé en traitant des Mollusques (S 261 ), et les olypes proprement dits, qui ont une structure toute différente et ïen moins complète. Ce sont des animaux dont le corps est cylinrique, mou et percé à l’une de ses extrémités par une bouche cenrale qu'entourent des tentacules plus où moins nombreux et déourvus de cils vibratils (pl. 15, fig. 6,7, 8). Cet orifice tient éga-

lement lieu d'anus, et conduit, directement ou par l'intermédiaire! d’un tube membraneux, dans une grande cavité qui occupe tout le: corps, qui se continue supérieurement dans l'intérieur des tentas cules et qui loge les ovaires suspendus à ses parois. L'extrémité! inférieure du polype est disposée de façon à adhérer aux corps! étrangers sur lesquels l'animal est destiné à vivre fixé ; et sa peau se durcit en général en grande partie, de manière à lui constituer une enveloppe cornée ou calcaire analogue aux cellules dont nous avons déjà parlé en décrivant les bryozoaires. Les polypes propres ment dits ressemblent aussi aux molluscoïdes par leur mode de multiplication ; car la plupart d’entre eux se reproduisent non seulement par des œufs, mais aussi au moyen de bourgeons qui naissent sur diverses parties de la surface de leur corps et ne s’en séparent jamais : de sorte que les diverses générations restent greffées en quelque sorte les unes sur les autres, et forment des masses plus ou moins considérables dans lesquelles tous les individus d’une même race se tiennent et vivent, jusqu à un certain point, d'une vie commune.

La portion en quelque sorte ossifiée de la tunique tégumentaire de ces polypes présente des formes variées, et constitue tantôt des tubes , tantôt des espèces de cellules. Pendant longtemps on l'a considérée comme étant seulement la demeure des polypes qui la forment, et c’est elle qu’on désigne sous le nom de polypier. Quelquefois chaque polype possède un polypier distinct ; mais d'ordinaire c’est la portion commune d'une masse de polypes agrégés qui présente les caractères propres à ces corps, et il se forme ainsi des polypiers agrégés dont le volume peut devenir extrêmement considérable, quoique chacune de ses parties constituantes n'ait que des dimensions fort petites.

$ 266. C'est de la sorte que des polypes dont le corps n'a que quelques pouces de long élèvent dans les mers voisines des tropiques des récifs et des îles. Lorsqu'ils sont placés dans des cir= constances favorables à leur développement, certains animaux de cette classe pullulent au point de recouvrir des chaînes de rochers ou d'immenses bancs sous-marins, et de former avec les masses pierreuses de leurs polypiers, amoncelés les uns au-dessus des: autres, des amas dont l'étendue s’accroît sans cesse par la naissance de nouveaux individus au-dessus de ceux précédemment existants: La dépouille solide de chaque colonie de polypes reste intacte après: que ces frêles architectes ont péri, et sert de base pour le déves loppement d’autres polypiers jusqu’à ce que ces récifs vivants atteignent la surface de l’eau ; car alors ces animaux ne peuvent plus y vivre, et le sol formé par leurs débris cesse de s'élever:

ZOOPHYTES. — POLYPES. ss.

Mais bientôt la surface de ces amas de polypiers, exposée à l’action de l'atmosphère, devient le siége d’une nouvelle série de

phénomènes : des graines déposées par les vents ou apportées par

les vagues y germent et la couvrent d’une riche végétation, jusqu'à ce qu'enfin ces vastes charniers de zoophytes presque microsco-

piques deviennent des îles habitables. Dans l'océan Pacifique, on rencontre une foule de récifs et d’îles qui n’ont pas d'autre origine.

En général, ils semblent avoir pour base quelque cratère de volcan éteint, car presque toujours ils ont une forme circulaire, et pré-

sentent au centre une lagune communiquant au-dehors par un seul

chenal : on en connaît qui ont plus de dix lieues de diamètre.

$ 267. Presque tous les polypes habitent la mer ; on en trouve cependant dans les eaux douces. Ceux dont le polypier est simplement charnu ou corné sont répandus dans toutes les latitudes ; mais cen est guère que dans les mers des climats chauds qu'on trouve en abondance des polypes à polypier pierreux.

Quelquefois les polypes agrégés déposent dans l'intérieur du tissu commun par lequel ils sont unis une matière cornée ou calcaire qui constitue une sorte de tige intérieure et qui se ramifie comme un arbre à mesure que la masse animée pousse de nouvelles branches. C’est de la sorte que se forme la matière pierreuse nommée corail (pl. 15, fig. 7), donton fait un grand emploi comme ornement, et dont la pêche est active sur les côtes de l'Algérie.

On doit ranger dans cette division du Règne animal les Actinies ou Anémones de mer (fig. 6), qui ont le corps charnu et qui se voient en grand nombre sur les rochers de nos côtes ; les Caryophyllies et les Astrées, qui concourent plus que tous les autres à la formation des récifs de corail, le Corail lui-même, les Sertulaires , qui n’ont qu'une gaîne cornée, et les Hydres (fig. 8), qui ont le corps mou, et qui ont la singulière propriété de continuer à vivre quand on les coupe en morceaux, chaque fragment devenant alors un animal complet.

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