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L'Attraction capillaire (1) , exercée par les surfaces des lamelles et des fibrilles dont l'assemblage constitue ces tissus , contribue beaucoup à déterminer cette mmbibition, et c'est dans les espaces irréguliers et très étroits existants entre ces lamelles et ces fibres que le liquide absorbé s'insinue.
Dans un grand nombre de circonstances , un autre phénomène désigné sous le nom d’endosmose contribue également à à appeler les liquides du dehors jusque dans la profondeur des tissus vivants.
Pour se former une idée nette de ce genre de force, il suffit d’une expérience très simple. Si l'on place de l'eau gommée dans un petit sac membraneux, fermé de toutes parts, et que l’on place ce sac dans de l’eau ordinaire. on le verra bientôt se gonfler beaucoup par suite de l'entrée d'une certaine quantité d'eau dans son intérieur ; et si au contraire on emprisonne ainsi de l’eau pure, et que l’on plonge le sac dans une dissolution de gomme, le liquide sera poussé en sens inverse et suintera à travers la membrane pour se mêler à la gomme située à l’entour.
Or, les tissus vivants renferment souvent des matières qui agissent de la même façon que la gomme dans l'expérience dont il vient d'être question, et par conséquent on conçoit que l’endosmose (2), c'est-à-dire l'espèce d'attraction par suite de laquelle l’eau a été aspirée dans cette expérience, doit contribuer fréquemment à la production des phénomènes d'absorption qui se manifestent chez les êtres vivants.
(1) On donne en physique le nom d'attraction capillaire à l'attraction qui se manileste entre les liquides et les parois d’un tube très etroit ou la surface d’un corps quelconque qui s’y trouve plongé en partie, et qui détermine l’élevation de la portion du liquide ainsi influencé au dessu. de son niveau primitif ou bien son abuissement, Cette fo: ce dev.ent surtout év dente dans l’intérieur de tubes de très pelites uimeusious, el determine l’ascension du liquide toutes les fois que celui-ci peut mouiller les parois du tube, et présente par conséquent , dans son intérieur, une surface concave. C’est par l’effet de la capillarité que l'huile monte dans la mèche d’une lampe, et que l’eau se répand rapidement dans toutes les parties d'un morceau de sucre. dont la partie inferieure seulement est plongée daus le liquide.
(2) Ce phénomène, entièrement physique, parait être une conséquence de l’attraction capillaire qui s'exerce à des d'grés differents, d’une part, entre les molécules des liquide. dissemb:ab. s, separées par la membiune perméable , et d'autre part, entre ces mêmes mol culs ei le tissu de la membrane. Nous avons vu que ics ménibranes or ,atniques, de méme que tous les corps spongieux ou poreux,se laissent traverser par les liquides; mais La facilité avec laquelle ce transport a lieu, varie suivant que ces liquides sont plus ou moins fluides, et mouillent plus ou moins facilement ces espèces de filtres. Si les deux liquides, placés l’un dans l’intérieur et l’autre à l'extérieur de la poche membraueuse , ‘pouvaient traverser avec la méme rapidité les parois de cette cavité , ils se méleraient également , et le même niveau s’établirait en dedans et au dehors de l'instrument. Mais si le liquide extérieur {ya verse plus facilement les parois üu sac que le liquide intérieur , le courant du de-
Dans certains animaux des classes inférieures , ceux dont la structure est la moins compliquée et les facultés les plus bornées . l'absorption ne consiste que dans l'espèce d'imbibition dont nous venons de parler. C'est par le même mécanisme que les substances étrangères traversent l'épaisseur des parties solides avec lesquelles elles sont en contact, pour aller se mêler aux liquides dont les aréoles de ces organes sont remplies ; qu'elles se répandent ensuite dans le reste du corps, et qu’elles pénètrent dans la profondeur de tous les tissus.
Chez l'homme et les autres animaux supérieurs, où le sang Circule régulièrement dans un système de vaisseaux, le premier degré du travail d'absorption s'effectue toujours de la même manière que chez les êtres moins parfaits ; mais, du moment où les substances étrangères, en traversant de la sorte les tissus, pénètrent dans les vaisseaux dont ceux-ci sont creusés, et qu'elles s’y mêlent aux sucs nourriciers du corps , les choses se passent tout autrement : car, au lieu de continuer à se répandre de proche en proche dans les diverses parties par l'effet de l'imbibition , elles sont entraïînées par des courants plus ou moins rapides , et distribuées immédiatement dans tous les points où le sang lui-même pénètre. On voit donc que l'absorption de ces matières et leur transport dans l’intérieur de l'économie ne sont plus un acte unique, mais se composent de deux séries de phénomènes parfaitement distincts ; les uns, purement locaux , consistent dans l'imbibition des tissus et dans le mélange des matières absorbées avec les humeurs contenues dans les vaisseaux de ses parties; les autres, dépendant d’une circulation générale, consistent dans le transport de ces mêmes substances dans des parties éloignées de celles où elles avaient d'abord pénétré.
$ 1 4. Chez tousces êtres, l'agent principal à l’aide duquel ce transport s'effectue est le sang qui traverse les organes où l'absorption a lieu, et qui retourne par les veines vers le cœur pour se porter ensuite de nouveau dans l'épaisseur des divers tissus. il s'ensuit que chez les animaux pourvus d'un système circulatoire, les veines jouent un rôle très important dans l'absorption , et que , dans l'immense majorité des cas, c’est par leur intermédiaire que les liquides,
hors en dedans sera plus rapide que Île courant eu sens contraire , et le liqu üe s’accumulera dans l’intérieur de l'appareil. Or, c’est ce qui a lieu quand il y à endosmose ; l'eau qui baigne le sac renfermant l’eau g mméce filtre facilement à travers les parois de cette cavité, et lorsqu'elle est arrivée dans son intérieur, elle s'nnit à la gumme , et forme ainsi uu liquide nouvean «ont le passage à travers ces mêmes parois est d'autant plus difficile que la quan'ité de Comme est plus consi-
déruble : elle doit donc s’y accumuler.
dont un point circonscrit du cOsEE est imbibé , se répandent dans toute l’économie.
& 15. Chez un grand nombre d'animaux, c'est Seulement par l'intermédiaire des vaisseaux sanguins que l'absorption s'effectue ; mais chez l'homme et la plupart des autres animaux dont l’organisation est la plus compliquée, il existe un autre système de canaux, qui servent au même usage, et qui paraissent être spécialement destinés à absorber certaines substances déterminées. C’est l'appareil des vaisseaux lymphatiques.
On donne ce nom à des canaux qui naissent par des radicules extrêmement déliées dans la profondeur des divers organes, et qui, après s'être réunis en troncs plus ou moins gros, vont enfin déboucher dans les veines. Leurs parois sont transparentes et d'une grande délicatesse ; 1ls communiquent fréquemment entre eux par des anastomoses { 1) et se réunissent successivement de façon à constituer des branches plus grosses, lesquelles se joignent à leur tour pour former des troncs d'un diamètre de plus en plus considérable. Chez l'homme et les autres mammifères , on en trouve dans presque toutes les parties du corps, soit sous la peau, soit plus profondément, et la plupart de ses vaisseaux se terminent dans un gros tronc nommé canal thoracique , qui remonte dans l'abdomen (ou ventre) et dans le thorax (ou poitrine) au-devant de la colonne vertébrale et va déboucher dans une grosse veine située près du cœur, à gauche de la base du cou, et appelée veine sousclavière gauche. Pendant leur trajet, on les voit passer à travers des ganglions lymphatiques, petits organes irrégulièrement arrondis, et situés aux aisselles, au pli de l’aine, au cou, dans la poitrine et dans l'abdomen , et dont les usages sont peu connus. Enfin, dans l'intérieur des vaisseaux Iymphatiques , il existe un grand nombre de replis transversaux qui remplissent les fonctions de valvules, et qui s'opposent au reflux du liquide contenu dans leur cavité.
On a constaté l'existence des vaisseaux Iymphatiques chez les oiseaux , les reptiles et les poissons , aussi bien que chez les mammifères. Chez divers reptiles , tels que la grenouille, cet appareil offre même une structure plus compliquée que chez les animaux supérieurs , car les vaisseaux lymphatiques sont en communication avec un certain nombre de réservoirs contractiles qui battent d’une manière régulière, et qui peuvent être considérés comme des espèces de cœurs Iymphatiques.
Le liquide contenu dans les vaisseaux lymphatiques porte le nom de lymphe.
(4) On désigne sous le nom ’anaslomose l'abouclement on communication dirictu de doux vaisseaux citre eux.
… On ne sait que peu de chose sur ses mouvements dans l'intérieur des vaisseaux lymphatiques , si ce n’est qu'il remonte quelquefois avec beaucoup de force dans le canal thoracique, et qu’en dernier résultat il va toujours se mêler au sang dans les grosses veines situées près du cœur. ï
$ 16. L'eau et les diverses substances qui se trouvent dans l'estomac à l'état liquide sont absorbées par les veines répandues dans l'épaisseur des parois de cet organe ; mais les matières grasses ét les autres substances alimentaires qui passent dans l'intestin et qui constituent le chyle, sont absorbées par les vaisseaux lymphatiques, qui naissent dans des espèces de franges nommées villosités, dont la surface interne de cette portion du tube digesuf.est garnie, et cé sont appelées , à raison de leurs fonctions , les vaisseaux chylifères.
Le chyle, pompé par ces vaisseaux, est un liquide dont l'aspect est, en général, assez semblable à celui du lait; le canal thoracique le verse dans la veine sous-clavière, et là il se mêle au sang, dont il augmente la masse et dont il répare les pertes.