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DE L'EXHALATION ET DES SÉCRÉTIONS

$ 35. Le sang, en circulant dans l'intérieur du corps, ne se borne pas à nourrir les organes qu'il traverse et à se mêler aux substances absorbées ; en passant dans certaines de ces parties, il abandonne d'autres matières, et donne ainsi naissance à des liquides particuliers que l'on nomme humeurs.

Cette séparation des matières continues dans le sang peut se faire de deux manières : par exhalation et par sécrétion,

$ 36. L’ExnaLarion est la séparation d’une portion de la partie la plus aqueuse du sang qui filtre en quelque sorte à travers les parois des vaisseaux.

Les liquides exhalés ne diffèrent guère du sérum qu’en ce qu'ils contiennent beaucoup d'eau. Tantôt ils s'amassent dans les cavités intérieures du corps, d'autres fois se répandent à sa surface et s'évaporent dans l'air. C'est ainsi qu’il s'échappe continuellement des poumons une quantité considérable de vapeur aqueuse ; et que, par la surface de la peau, il se fait une évaporation très active.

$ 37. La sÉcRÉTION est la production de certains liquides qui ne ressemblent en rien au sérum et qui se forment également aux dépens du sang.

Les larmes, la salive, la bile, l'urine, etc., sont des liquides sécrétés de la sorte.

Le phénomène de la sécrétion a toujours lieu dans des organes particuliers. Tantôt 1l a son siége dans des follicules , tantôt dans des glandes.

Les follicules sont de très petites poches disséminées dans l'in

térieur des membranes, et s'ouvrant directement à leur surface par de petits pores.

Les follicules de la peau, qui sécrètent la sueur ; ceux du bord des paupières, qui sécrètent la matière jaune qui Sy accumule quelquefois pendant le sommeil, sont des organes de cette nature.

Les glandes sont des organes plus volumineux, composés de petites granulations réunies en une masse compacte et distincte. Ces granulations sont le siége de la sécrétion, et elles communiquent, en général . au dehors par de petits conduits qui se réunissent entre eux comme les racines d’un arbre, et forment enfin un canal excréteur par lequel le liquide sécrété s'écoule.

Les glandes salivaires, qui sécrètent la salive : les glandes lacrymales, qui sécrètent les larmes , et le foie, qui sécrète la bile, sont des organes de cette classe.

Le travail des sécrétions n’est pas destiné seulement à produire des liquides utiles à l'exercice de certaines fonctions , telles que la salive et la bile; c'est aussi par cette voie et par la respiration que le sang se débarrasse des matériaux vieillis, séparés du tissu des organes par le travail de la nutrition , et des autres matières inutiles où nuisibles qui peuvent s'être mélées à lui par l'effet de l'absorption. La sécrétion de l'urine , qui a lieu dans les reins (appelés vulgairement rognons, et situés dans l'abdomen près du dos }, est la voie principale par laquelle s'effectue cette espèce de purification du sang et l’excrétion qui en est la suite.

Enfin, les matières séparées de la substance des organes par l’etfet du mouvement nutritif, sont entraînées par le sang , et sont ensuite séparées et rejetées au dehors sous la forme de liquides ou de vapeurs. Ces actes, qui sont en quelque sorte le complément du travail nutritif, portent en général le nom d’exhalation ou sécrétion.

Les excrétions par exhalation s'effectuent en partie par la peau ; mais principalement par la surface de l'appareil respiratoire , sous la forme d'acide carbonique et de vapeur d'eau.

Les excrétions par sécrétion ont lieu principalement par l'intermédiaire de l'appareil urinaire.

$ 38. En résumé , nous voyons que les fonctions de nutrition se composent de plusieurs séries de phénomènes ayant chacun leur siége dans des organes différents, et que ces divers actes sont :

1° La digestion; — 2° l'absorption ; — 3° la circulation ; — 4° la décomposition et la recomposition simultanées des organes, ou la nutrition proprement dite; — 5° Ja respiration; — 6° les exhalations et les sécrétions,

Le corps des animaux se compose essentiellement de matières organisées, qui, à leur tour, sont formées , en dernière analyse ,’ de carbone, d'hydrogène , d'azote et d'oxigène.

A l’aide des fonctions que nous venons d'indiquer, les animaux puisent au dehors du carbone, de l'hydrogène, de l'azote et de l'oxigène nécessaire à la constitution de leurs organes et à l'entretien de l'espèce de combustion vitale dont ils sont le siége.

L'azote, le carbone et l'hydrogène qu'ils s’approprient de la sorte ne peuvent servir à ces usages qu'à la condition d'être déjà combinés entre eux de façon à constituer des composés organisés , el se sont ces substances composées qui sont désignées sous le nom d'aliments.

Les plantes sont les seuls êtres qui possèdent la faculté de déterminer cette combinaison entre les principes élémentaires dont nous venons de parler, et qui peuvent par conséquent créer de la matière organisée.

Il en résulte que c'est le règne végétal qui fournit aux animaux la totalité du carbone et de l'azote dont ils ont besoin, et cela, soit directement sous la forme d'aliments végétaux , soit d’une manière indirecte par l'intermédiaire des animaux herbivores, dont la chair sert à nourrir les carnassiers.

L'oxigène, nécessaire à l'entretien de la combustion vitale, est puisé dans l'atmosphère et pénètre par les voies respiratoires.

Cette sorte de combustion , qui s'opère dans les vaisseaux capillaires nourriciers de tous les organes , amène la destruction des matières organisées et détermine la production d'acide carbonique, d'eau et de diverses matières azotées, telles que l’urée.

L'acide carbonique et une partie de l’eau ainsi formée sont expulsés du corps par les voies respiratoires , tandis que les matières azotées s'échappent par les voies urinaires.

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