‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 103 sur 235 · MOUVEMENTS DANS LES PLANTES ,; DIRECTION DES AXES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DANS LES PLANTES ,; DIRECTION DES AXES

S 251. En donnant la définition des végétaux, à la première page de ce cahier, nous avons dit que ces êtres sont organisés pour vivre, et ne sont pas doués, comme les animaux, de la faculté de sentir et d'exécuter des mouvements volontaires. Nous venons d’é-, tudier la vie dans ses deux grandes fonctions, nutrition et reproduction ; il nous reste à dire quelques mots de certains phénomènes qui semblent appartenir à la vie animale, ou du moins qui rappellent d’abord les phénomènes, en apparence analogues, qui caractérisent les animaux.

Nous savons que la tige tend toujours à monter vers le ciel, et. que la racine se dirige vers le centre de la terre; les axes qui appartiennent à l’un et à l’autre de ces deux organes fondamentaux suivent la même tendance, et s'ils sont obliques, c’est que cette obliquité est nécessitée par leur situation. La tige et la racine du Gui présentent le même phénomène par rapport à la branche sur laquelle s'établit ce parasite, et en général, quelle que soit la position que l’on donne à une graine sur un corps sphérique, la ra-

dicule se dirigera vers le centre, c’est-à-dire vers l’obscurité, et la gemmule vers la lumière. Quand on essaye de troubler cet ordre, en renversant les parties, elles se retournent pour prendre leur direction naturelle. M. Dutrochet a cherché à expliquer par une différence dans l’action endosmique exercée par des cellules de dimensions diverses, cette direction des axes de la plante.

Les feuilles nous présentent un mouvement plus singulier : leur face interne se dirige constamment vers le ciel, et leur face externe vers le sol ; et si l’axe qui les porte est incliné, elles se tordent sur le pétiole pour reprendre cette situation. On observe dans les feuilles de beaucoup d'espèces des mouvements particuliers qui établissent une différence entre leur état pendant le jour et leur état pendant la nuit, et qui semble dépendre de l’état de l'atmosphère, éclairée ou obscure, chaude ou froide, sèche ou humide. Ainsi, pendant la nuit, les folioles des Acacias et des Réglisses se baissent verticalement: celles des Trèfles et de la Fève se relèvent : ce sont les particularités que présentent dans leurs évolutions les feuilles des végétaux, qui constituent ce qu'on appelle le sommeil des plantes. On peut en plein jour faire dormir une plante en la plaçant dans l'obscurité ; on peut aussi l’éveiller en la plaçant, pendant la nuit, sous l’action d’une lumière intense. Des végétaux exotiques con-

servent quelquefois, quand ils sont transportés chez nous, les ha-

bitudes de veille et de sommeil qu’ils avaient dans leur climat natal.

Nous savons que l'épanouissement des fleurs est aussi SOUMIS, dans quelques espèces, à l'influence de la lumière, et a lieu à certaines heures, aussi bien que leur occlusion ($ 180). Certaines fleurs annoncent aussi la pluie en se fermant au milieu du jour, en ne s’ouvrant pas le matin, ou en restant ouvertes le soir. L’influence de la chaleur et de l'humidité paraît ici encore la cause déterminante de ces phénomènes.

Mais des faits plus étonnants, des phénomènes de sensibilité, pour ainsi dire, nous sont offerts par certaines plantes. Nous avons déjà parlé de la Sensitive et de la Dionée attrape-mouche ($ 2); on sait qu'au moment d’un orage les feuilles s’agitent sans que le vent les pousse. Nous pourrions multiplier encore les exemples. Mais pour tous ces phénomènes, nous répéterons ce que nous avons déjà dit plus haut ($ 2) : rien n’annonce que la plante possède une volonté ni un instinct ; les lois physiques suffisent la plupart du temps pour rendre compte des faits. Rien n'indique non plus qu’elles sentent, et l’on n’a jamais pu trouver un appareil pour la transmission de l’excitation.

Quant aux phénomènes de déhiscence, si multipliés dans les orœanes de reproduction, nous avons vu que l'anatomie les explique.

$ 252. Il serait inutile de répéter ici les généralités qui ont été présentées au chapitre de la Classification des Animaux. Notre but n'est point d’ailleurs d'entrer dans des détails à ce sujet; nous avons préféré nous arrêter plus longtemps aux phénomènes de la vie chez les végétaux, étude importante et qui rend la science de la classification plus facile, tandis que celle-ci ne saurait lui suppléer. Nous nous conténterons d'indiquer à nos jeuues lecteurs les principaux systèmes, et de les mettre à même d’étendre plus tard leurs connaissances sur cette partie intéressante de la Botanique.

Les botanistes ont employé successivement, pour la classification des plantes, divers systèmes artificiels et la méthode naturelle. Parmi les premiers, il en est deux qui méritent d’être cités ici, à cause de leur simplicité et de la grande célébrité dont ils ont joui.

Le premier est celui de Tournefort; il servit longtemps en France, et le Jardin des Plantes de Paris fut d’abord planté conformément à ses principes. On en prendra une idée suffisante en jetant les eux sur le tableau de la page 195. Remarquons que la division des végétaux en arbres et en herbes n'offre rien de scientifique, ei pèche par la base, puisqu’une même espèce peut être ligneuse ou herbacée, suivant le climat, comme le Ricin, et puisqu'on trouve dans le même genre, dans la Coronille, par exemple, des espèce: ligneuses et des espèces herbacées.

Le second système artificiel que nous devons mentionner ici est célui de Linné ; il repose sur les différences qu’offrent les végétaux sous le rapport des diverses parties essentielles de la fleur, mais surtout des élamines. Le tableau de la page 196 en donne une idée suffisante.

$ 253. Les premières bases d’une méthode naturelle ont été posées par un botaniste français, Bernard de Jussieu, etc’est cetteclassification, perfectionnée par les travaux d’Antoine-Laurent de J ussieu, et par tous les botanistes de son école, qui est généralement adoptée aujourd’hui. On y réunit dans des groupes appelés genres, toutes les espèces de plantes qui se ressemblent par tous les caractères importants de leur organisation, et on réunit de la même façon, dans des divisions d’un rang plus élevé nommées familles naturelles, les divers genres qui se ressemblent par l’existence d’un mode dé structure analogue dans les organes les plus essentiels ; puis on groupé les familles naturelles d'après le même principe,

CLASSIFICATION DES VEGETAUX.

"sog9é00mdeg ‘es ‘7 "SAAQIMENT *S0998S0Y Ie etre s “SATIINO OU per er ER SO T0

*saréjodouo "06 CA EE CT RES D CRT EST OU O IN SAN 8 SA1qIV *S290BJU9UY ‘6 *sajrp juouuoadoad sajejody 8}

‘SNJ 1U SANT] SULS ‘L} | |

soso. s91039dA(Od

EM 5 DR T0 4 0 Pre Re ee 60 ee cote en 0 08 008 0 ee Te ne ee ee OUT

Senotosnobiensonsecceeseebéneré rentes ets éme mennone nee 6 we sen TE TT

‘SAn9t SUES ‘9} "Soulu8}9 V ‘CI "S99IpUU °F} *S$N9[N980-I0S ‘CF *SOSN9[NISOIH ‘3H ‘So[eLuOuY °F} *sagoeuoutideg ‘04 *‘sa4rnagua] | *SODO8UIT ‘6 LE | Fee 83918)0d *soo1p{ydokie) ‘8 sare]ad410q “S9AIOQUO *L D'ttresoonnsou "S290US0W *SOULLOFIONIT)

sc "SOolQUT ‘y "TG ‘}

sensor sometimes es sess etes sseeseresesess ee +:630S0 WHO) Sana]} e SaqI9H

sure saqduns

*S22U0S194 } rot tte soon éguar *SOULI0JINQIPUNQUI

*souiopuedue)

ss *soçeyodouot pr soaamäu

ST

‘SASSVT)

* LUOHANUAOL AG ANALSAS AT SAUVE SALNV'Id SHG NOLLVOIIIISSVT) VI 4Q AVATAVL

Page 1