‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 102 sur 235 · GERMINATION · texte numérisé non relu

GERMINATION

$S 250. C'est ainsi qu'on appelle la série des phénomènes que présente une graine pour opérer le développement de l'embryon qu’elle renferme. La germination ne peut avoir lieu que par un concours de circonstances dépendant de la graine elle-même, et d'influences extérieures. Aïnsi, d’une part, la graine doit être mûre, renfermer un embryon complet, et ne pas être trop vieille; cependant il est des graines qui possèdent pendant très-longtemps la faculté de germer : le Blé, les Haricots, la Sensitive, jouissent de cette propriété pendant soixante ans, ou même un siècle, tandis que le Café la perd, au contraire, en un temps fort court; quelques-unes, mises à l'abri du contact de l’air, conservent longtemps leur faculié germinative. Et d'autre part, la graine doit être soumise à l’action de certains agents extérieurs, dont les principaux sont l’eau, la chaleur et l'air.

L'eau est indispensable à la germination ; elle agit en pénéirant la substance de la graine, en ramollissant ses enveloppes, en faisant gonfler l'embryon, et en déterminant, dans l’endosperme ou dans les cotylédons, des changements chimiques qui rendent les substances déposées dans leur parenchyme propres à servir de nourriture au Jeune végétal. La chaleur est tout aussi nécessaire : au-dessous d’une certaine température, la graine reste inactive; une chaleur trop élevée détruit sa force végétative : zéro et cinquanie degrés du thermomètre centigrade sont les deux limites extrêmes. Quant à l'air, sa présence est aussi indispensable à la germination des graines, ou du moins à leur développement, qu’elle l'est à la respiration des animaux. Il agit surtout par l'oxygène qu'il contient, car les semences qu’on met en contact avec ce gaz sont activées dans leur germination. La lumière, au contraire, Tempèche, ou du moins la ralentit beaucoup.

Le premier phénomène qu’on aperçoit dans la germination est le gonflement de la graine et le ramollissement de ses enveloppes ; ces dernières se rompent au bout d’un temps variable dans les différents végétaux : cette rupture se fait d’une manière soit régulière, soit irrégulière. Dès ce moment on voit l'embryon, auquel on donne alors le nom de plantule (pl. IX, fig. 33 et 34), commencer à se développer; on y distingue deux extrémités qui croissent constamment en sens inverse : la gemmule, qu’on nomme caudex ascendant, se dirige vers la région de l’air et de la lumière; la radicule, ou caudex descendant, tend au contraire à s’enfoncer dans la terre. La substance des cotylédons se liquéfie : elle devient laiteuse, et sert à l'alimentation de la plantule ; le périsperme éprouve

une transformation analogue, et paraît remplir la même fonction. Tandis que la radicule, en pénétrant dans la terre, donne naissance à de petites ramifications déliées, la tigelle s’allonge et soulève les cotylédons. Bientôt la gemmule est libre et découverte; les petites folioles qui la composent s’étalent, s’agrandissent, deviennent vertes, et commencent déjà à puiser dans l'atmosphère une partie des fluides qui doivent alimenter la jeune plante. Dès lors la germination est terminée, ét la nutrition s'opère de la manière que nous avons indiquée lorsque nous avons étudié spécialement cette fonction.

Toutes les graines n’emploient pas un espace de temps égal pour germer : ainsi le Cresson alénois germe en deux jours, le Navet et le Haricot en trois jours, la Laitue en quatre, le Melon en cinq, la plupart des Graminées en six ou sept jours, l’'Hysope en un mois, le Pècher en un an, le Rosier en deux ans, etc.

Tout ce que nous avons dit jusqu'ici de la fructification a trait aux végétaux cotylédonés, et l’on sait, d’après ce que nous avons dit précédemment, ce qui se passe dans les plantes acotylédonées, chez lesquelles on ne trouve ni fleurs, ni graine, ni par conséquent d’embryon. La classe des acotylédonées comprend tous les végétaux qui, étant dépourvus de véritables organes de la génération, c’est-à-dire d’étamines ou de pistils, ont reçu le nom de cryptogames ou d'agames, et se reproduisent au moyen des Spores où Séminules, dont nous avons étudié la structure ($ 229).

Page 1