CRISTALLOGRAPHIE
$ 55. Quelle que $oit là manière dont les cristaux se sont formés dans la nature, et quel que soit le procédé à l'aide duquel nous les obtenons dans nos laboratoires, ils se présentent toujours avec des caractères communs et invariables qui sont les trois sui: vants :
1° Ce sont des polyèdres terminés par un certain nombre de facettes planes, unies et brillantes comme si elles avaient été taillées et polies par le lapidaire, et ces facettes sont généralement parallèles deux à deux.
2° Ces facettes font entre elles des angles toujours saillants et jamais rentrants.
3° Ces facettes sont, toutes ensemble, ou par parties, ordonnées symétriquement par rapport à une ligne qu'on appelle axe.
$ 56. On rencontre quelquefois des exceptions apparentes à ces faits généraux ; mais elles s'expliquent facilement dès qu'on étudie attentivement le cristal. Ainsi le diamant, contrairement à la première loi, semble présenter des faces courbes : mais cette convexité résulte de l'apposition d'un très grand nombre de petites facettes planes , dont l'ensemble affecte en conséquence la forme courbé. Quelquefois néanmoins ce contournement est réel, mais il n’est qu'accidentel, propre seulement à l'échantillon qu’on a sous lés yeux, et a pour cause probable l'action d'une grande chaleur après la formation normale du cristal dans le sein de la terre.
Contrairement à la seconde loi, beaucoup de cristaux paraissent posséder réellement des angles reatrants: tels sont, par exemple, les minerais d’étain , qui doivent même à cette disposition le nom de becs d'etain ; telle ést encore (pl. 4, fig. 13) la Staurotide {silicate alumineux ferrique) ; mais ces cristaux à becs ne sont pas des cristaux isolés ; ils résultent du groupement de plusieurs cris-