DU SENS DU TOUCHER
8 50. Le toucher est le sens qui nous révèle le contact des corps étrangers avec nos organes, et qui nous fait connaître la nature raboteuse ou lisse de leur surface, leur mouvement, leur degré de consistance, leur température, et, jusqu'à un certain point, leur forme , leur volume et leur poids.
Le tact est un toucher passif, mais cette fonction devient quelquefois active: c'est lorsque la sensibilité est plus exquise et que la surface qui en est le siége peut se mouler, en quelque sorte, sur les objets ; on le nomme alors plus spécialement toucher.
La sensibilité tactile est répandue dans toutes les parties de la surface du corps et réside dans la peau.
Ea peau est la membrane qui revêt tout le corps. Elle se compose principalement de deux parties, l'une appelée chorion ou derme, l'autre nommée épiderme.
L'épiderme est la couche la plus superficielle de la peau ; cest une espèce de vernis épais qui recouvre le derme et sert à le protéger contre le contact des corps durs. et à empêcher qu'il ne se dessèche par l’action de l'air.
Le derme est la partie la plus épaisse et la plus importante de la peau; il est situé sous l'épiderme et adhère par sa face interne aux parties sous-jacentes. Des nerfs en nombre considérable s'y distribuent et forment à sa surface de petites élévations nommées papilles. C'est à ces nerfs que le derme doit sa sensibilité, qui est plus grande dans les parties où il y a le plus de papilles, comme au bout des doigts, par exemple.
L'épiderme est appliqué sur ces papilles nerveuses; il n’est pas doué lui-même de sensibilité, et rend le toucher d'autant moins délicat qu'il est plus épais. Le contact souvent répété d'objets rudes et durs tend à en déterminer l'épaississement : aussi les mains des personnes qui exécutent des travaux pénibles ont-elles l'éptderme plus épais, et sont-elles moins sensibles que celles des personnes dont les occupations ne sont pas aussi laborieuses.
Les cheveux , les poils, les ongles, les cornes, etc., sont des productions formées par de petits organes sécréteurs logés dans la substance de la peau ; ils se développent, comme les dents ; par l'addition de nouvelles portions de leur substance au-dessous de celles déjà formées , et ne sont pas le siége du mouvement nutritif comme les organes qui vivent. On donne le nom de bulbe aux organes sécréteurs des cheveux et des poils.
Enfin , il existe aussi dans l'épaisseur du derme de petits follicules qui sécrètent la sueur , liquide qui est plus ou moins acide.
S 51. Le contact d’un objet sur un point quelconque de la surface de la peau suffit pour y déterminer une sensation ; mais pour que le toucher s'exerce , il faut que la partie où ce contact a lieu soit conformée de manière à s appliquer exactement et à se mouler, en quelque sorte, sur l'objet que l'animal veut palper : aussi cette espèce de tact perfectionné a-t-il son siége dans des organes particuliers nommés organes du toucher.
Dans l'homme, c’est la main qui est l'organe spécial du toucher, et sa Structure est admirablement bien adaptée à l'exercice de ce sens. La finesse de la peau, sa grande sensibilité, l'espèce de pedote élastique formée à l'extrémité des doigts par la graisse sous-cutanée , la longueur et la flexibilité de ces organes , et la possibilité d'opposer le pouce aux autres doigts en manière de pince, sont autant de conditions essentiellement favorables à la délicatesse de ce sens, et nous permettent d'apprécier avec une grande exactitude
Jes qualités des corps que nous palpons.
La plupart des animaux n’ont que des instruments de toucher rés imparfaits , et , en général , la majeure partie de la surface de leur corps n'est même que peu ou point sensible , à cause des poils, des plumes, des écailles et des autres parties dures dont leur peau est revôtue.