‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 146 sur 235 · AUGITE, DIOPSIDE · texte numérisé non relu

AUGITE, DIOPSIDE

Silice és. + + de 49,01 Silice Ses es + à 54,64 CHU us 2... 2,01 Chaux, . . . . +. 24,9% Protoxyde de Fer. 27,45 Magnésie . , . .. 18, 30

Contenant toutes deux, dans leur composition; de Ia Silice ét de la Chaux, ces deux substances diffèrent donc l'utie de l'autre par le troisième corps constituant, qui est du Protoæyde de Fer dans l’Augite; de la Magnésie dans le Diopside. Mais si nous cherchons la relation atomique qui existe entre les élémenñts ; en

calculant les quantités d'oxygène contenues dans chacün d’ etrif, nous trouverons pour résultat :

AUGITE» DTOPSIDÉ.

Oxygène. Rapports. Oxygène. Rapports. ; Silice. OC LOT ACCORDE : 25,45 l Silice. é + à à à e 28,34 li Chaux LE] CR] L 6.15 1 Chaux L e ° . + 7 4

‘ Protoxÿde de Fer. 6,26 1. Magnésie. :, 4.1 740 4

Pour quatre atomes de Silice et un de Chaux ; l'Augité contient done un de Protoxyde de Fer ; — pour quatre atomes dé silice ét un de chaux, le Diopside renferme done un de Magñésie: Le Protoxyde de Fer et la Magnésie sont dont dans les conditions de substitution ; ils peuvent se remplacer l'un l'autre dans les déux composés , sanis altérer la forme cristalline : ils sont isomorphes.

Cette théorie remarquäble, due à M: Mitscherlich, en faisant envisager la composition chimique sous un point de vue nouveau, fait rentrer sous la loi posée par Hay les iiméraux dont l'isomorphisme , considéré d’une manière absolue , semblait faire des anomalies. En effet, pour que deux minéraux aient la même composition. il n’est. plus besoin maintenant qu'ils contiennent exacte: ment, matériellemrent, les mêmes poids des mêmes corps ; il suffit qu ‘ls présentent , dans un rapport identique, des quantités de corps pouvant jouer le même rôle, de corps isomorphes. Cette observation faite, et la composition chimique ainsi définie; l’Iso: morphisme ne détruit pas la loi d'Haüy dans sa plüs ‘grandé généralité. |

& 7h. Les circonstances extérieures peuvent, dans cerlains cas, déterminer FIsomorphisme ; c'est lorsqu'elles-ont pour résul:

tat de rendre identique la composition de corps qui ne possédaient pas cette condition pour être isomorphes. Ainsi, les sels qui renferment de l'eau dans leur composition , en prennent une quantité qui varie suivant la température à laquelle s'opère la cristallisation, et qui est déterminée, pour chacun d'eux, à une température fixe. Donc, deux sels hydratés ont ou n'ont pas une composition identique, et, par conséquent, sont ou ne sont pas isomorphes , selon qu'ils cristallisent ou non à la température qui convient à chacun d'eux. Souvent aussi la combinaison de l’eau en proportions déterminées est aidée par la présence d'un autre sel dans la solution; ainsi le sulfate de cuivre adopte la forme du sulfate de fer, quand la solution renferme ce dernier sel : dans ce cas, le sulfate de cuivre prend une quantité d’eau différente de celle qu’il contiendrait, hors de la présence du sulfate de fer. Il est vrai qu'on peut dire que ce n'est plus alors le même sel.

$ 75. Dimorphisme.— Le Dimorphisme consiste en ce que des substances minérales d’une même composition atomique cristallisent sous des formes incompatibles, sous des formes qui appartiennent à des systèmes cristallins différents. L'exemple le plus anciennement connu de cette propriété est fourni par la pierre calcaire ( carbonate de chaux }, qui, sous le nom de Spath d’Islande, cristallise en rhomboëdre , et, sous le nom d'Arragonite en prisme rhomboïdal droit. Une dizaine de substances (1) offrent cette dérogation remarquable, qui entraîne avec elle des variations des autres propriétés physiques, et constitue une véritable exception aux principes qui établissent un rapport constant entre la forme géométrique et la composition chimique. Toutefois, le petit nombre connu de substances dimorphes permet encore d'accepter ces principes comme l'expression très rapprochée de la vérité.

$ 76. Le Dimorphisme paraît dépendre beauccup de l'influence

(1) Les substances dimorphes sont : 40 le Soufre, dont les cristaux naturels, ou ceux qu’on obtient en le faisant cristalliser dans du carbure ou du phosphure de soufre, dérivent du prisme rhomboïdal droit, tandis que les cristaux obtenus par la fusion et le simple refroidissement appartiennent au prisme rhomboïdal oblique ; — 20 le carbonate de chaux (v. $ 75) ; — 50 le carbone, dont les cristaux, dans le Diamant, se rapportent à la forme cubique, tandis qu’ils se rapportent an prisme hexagone dans le Graphite; — 40 l’oxyde de Titane qui s’offre en prisme à base carrée dans le Rulile, et en rhomboëdre dans la Brookile ; — 50 le fer oligiste, qui cristallise généralement en rhomboëèdre, et dont on trouve des cristaux en octaèdres réguliers ; — Go Je sulfure de fer, qui est cubique dans la Pyrite ordinaire, et rhomboédrique dans la Pyrite blanche ou Sperkise; — To le carbonate de fer, qui donne un rhomboëdre pour le Fer spathique, et un prisme droit rectangulaire pour la Junkérite ; — 80 le carbonate de plomb, dont la forme est un prisme droit dans le plomb earbonaté, et un rhomboëèdre dans la Leadhillite : — Go l'acide arsénieux, qui est ordinairement en octaèdre régulier, et peut cristalliser en tables bexagonales très minces: — 100 le sulfate de magnesie, le sulfate de since, le sulfate de nickel, le séleniate de zinc, le séleniate de nickel, le mellitate d'ammonfaque , que l’action de la chaieur fait passer d’une forme à une autre,

des circonstances extérieures, comme le montrent les conditions dans lesquelles certaines substances, que nous citons en note, doivent se trouver pour changer de forme ; le Soufre, notamment, et les sels compris sous le n° 10, en sont des preuves évidentes. Nous en avons d’ailleurs déjà fourni des exemples, en parlant de la cristallisation ($ 53 ). Il en résulte que la température surtout semble singulièrement modifier l'arrangement des molécules, et, par suite, le système cristallin. Ajoutons qu'un changement de température suffit quelquefois pour ramener les deux formes d’une même substance à un même système cristallin ; ainsi l’Arragonite chauffée fortement fait entendre un décrépitement qui, en annonçant les modifications que subit le cristal dans son état moléculaire, le fait rentrer dans le système rhomboïdal du Spath d’Islande.

S 77. D'après les observations qui précèdent, et en tenant compte des exceptions peu nombreuses que présente le Dimorphisme, on peut dire que presque tous Îles minéraux possèdent chacun un système cristallin ; mais, comme il existe beaucoup d'espèces minérales , le nombre des systèmes cristallins est luimême considérable, et les études cristallographiques seraient difficiles et longues, si la comparaison de tous les systèmes cristallins ne nous découvrait des caractères à l'aide desquels nous pouvons les rapprocher ou les distinguer, et établir de la sorte des groupes nettement tranchés. C'est ce résultat définitif que nous allons expliquer.

De même que l'examen comparé des formes secondaires d’un même système cristallin, a conduit à reconnaître une forme primitive qui les comprend toutes géométriquement et les résume; de même aussi le rapprochement des diverses formes primitives a montré qu'elles peuvent toutes se rapporter à un petit nombre de formes analogues ou types ($ 70) d'où elles se déduisent toutes rigoureusement, et dans chacun desquels elles ne diffèrent les unes des autres que par la valeur de leurs angles. Ces types différents et incompatibles , sous lesquels viennent se ranger tous les cristaux, et qui forment en quelque sorte des sources distinctes d'où découlent toutes les formes cristallines, sont seulement au nombre de six. On les désigne spécialement sous le nom de types cristallins ; et l’ensemble des cristaux que chaque type embrasse forme un groupe cristallin ou système. C'est donc à la connaissance des propriétés de ces six types que se réduit, en dernière analyse. la science des cristaux.

8 78. Quant au choix de chacune des formes typiques, on. comprend qu'il est indifférent, puisque toutes les modifications-qui donnent naissance aux formes dérivées d'un même groupe ayant lieu sous les mêmes conditions de symétrie, et ces formes étant liées entre elles par des relations géométriques, on explique nécessairement toutes les formes secondaires, quelle que soit la forme qui a servi de point de départ. Ainsi, comme nous l'avons vu ( $ 69 dn le Diamant se présente en cube, en octaèdre régulier, en dodécaèdre rhomboïdal , etc.; or, il est clair que si la génération de l’octaèdre peut être représentée comme ayant lieu par des troncatures sur tous les angles solides du cube (pl. 2, fig.4, 2, 3,4),

la génération du cube peut, à son tour, être figurée comme. le résultat de troncatures sur tous les angles solides de l’octaèdre (eg. 49852; 4 ): Ce que nous disons du diamant est vrai aussi pour la Pyrite, qui présente les mêmes formes { & 69), et l’on pourrait arbitrairement prendre le cube ou l'octaèdre pour type de ces deux substances qui, suivant les définitions précédentes, se rangent dans le même groupe. Pour des raisons analogues , la Baryte sulfatée et la Strontiane sulfatée ($ 69) ont pour type commun le prisme droit rhomboïdal, et appartiennent à un même groupe. :

C'est en procédant, pour toutes les espèces minérales, comme nous venons de le faire pour les quatre substances qui nous ont servi d'exemples, qu'on est parvenu à établir les six types cristallins fondamentaux ; et comme la forme prismatique est la plus simple , la plus facile à retenir, et qu'elle se rapproche davantage des cristaux naturels, c’est à elle qu'on rapporte généralement tous les types. Les six formes prismatiques fondamentales ; ou les six +ypes: cristallins connus, sont les suivants :

4° Le cube (pl. 2, fig. 4). Voy. $ 86.

2° Le prisme droit, à base carrée (fig. 29). Voy. & 96.

3 Le prisme droit, à base rectangulaire ou rhombhoïdale (fig. 31): Voy. $ 99:

4° Le rhomboèdre (fig. 34). Voy. $ 102.

5° Le prisme oblique, à base rectangulaire où rhomboïdale (fig. 37) Voy: $ 105.

6° Le prisme oblique, à base de parallélogramme obliquangle (fig. 41). Voy. &108.

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