DESCRIPTION DES PRINCIPAUX MINÉRAUX
Première classe.
Corps simples formant un des principes essentiels des Minéraux composés.
Corps électro-négatifs ; ne jouant jamais Le rôle de base avec les corps des autres classes, et faisant toujours une partie constituante des composés binaires ($"42)). — Formant des gaz permanents, soit seuls, soit combinés avec d’autres corps de la même classe.
Cette première classe comprend 235 genres, parmi lesquels nous , citerons les principaux et leurs espèces.
$ 167. Genre Hyprocèxe. — Hydrogène (H).— Gaz incolore, inodore, combustible, seize fois plus léger que l'air, qui paraît sortir quelquefois des crevasses produites par un tremblement de terre ; il se dégage aussi pendant les éruptions volcaniques, s’enflamme par suite de l'élévation de la température , et produit les flammes dont sont éclairés ces grands phénomènes. Quelques sources salées et celles de pétrole en dégagent dont on ignore l’origine.
$ 168. L'Hydrogène sulfuré { H? Su) est un gaz incolore, d’une odeur d'œufs pourris, qui se dégage pendant les phénomènes volcaniques , ou des masses de soufre et des dépôts terreux où elles se trouvent, quand on remue la terre. Il est soluble dans l’eau , et constitue en partie les eaux minérales hépatiques ou sulfureuses de Barèges, de Bagnères, d'Eaux-Bonnes, d'Enghien , etc.
$ 169. Les Carbures d'hydrogène (HO) sont solides, liquides ou gazeux. Les premiers ont une apparence de cire, de blanc de baleine ou de matières grasses, et ressemblent à la paraffine que donne la distillation du goudron. Le seul carbure liquide que fournisse la nature est le Naphte, matière volatile d’une odeur pénétrante, qui appartient à des dépôts de sédiment assez modernes. Il est ordinairement souillé par des corps étrangers qui le colorent en brun, et porte alors le nom de Pétrole. Le carbure d'hydrogène gazeux, appelé aussi grizou, se dégage de l'intérieur de la terre par des fentes qui sont le plus ordinairement placées dans le voisinage des terrains volcaniques ; son inflammation produit les fontaines ardentes, les terrains ardents, les feux naturels, etc. Les marais et les eaux stagnantes en dégagent, aussi bien que les mines , Où-il produit de terribles désastres quand il s’enflamme.
$ 170. Eau (H ou Àq à — L'Eau, ou protoxyde d'hydrogène, se trouve , dans la nature, à l’état solide dans la glace, à l'état liquide et à l'état de vapeur.
A l'état de glace, elle cristallise dans le système rhomboédrique et constitue les glaciers, dont nous parlerons en Géologie.
A l’état liquide, elle se présente à peu près pure dans l’eau de pluie et l’eau de neige. Les eaux de sources, de fontaines, de puits, contiennent de l’acide carbonique, des sulfates , des carbonates , qui varient suivant les terrains ; celles des rivières renferment souvent des matières organiques ; ces matières se rencontrent surtout dans les marais.
Les eaux de sources ont quelquefois une température assez élevée, et forment les sources thermales , dont il sera question quand nous parlerons des phénomènes volcaniques. D’autres sources contiennent certains principes étrangers aux terrains d’où elles sortent, et fournissent les eaux minérales , qui se présentent dans un grand nombre de localités. Le sel marin, dont certaines sources sont chargées , est la cause des sources salées.
L'eau se trouve aussi constamment en vapeur dans l'atmosphère, et s’élance même en jets de vapeur à travers les fissures des volcans , des solfatares et de certains terrains calcaires ; elle produit ainsi le phénomène des fumaroles ou soufflards.
$ 171. Genre Azore.— L’Azote (Az) ne se trouve pur que mêlé aux gaz qui se dégagent des volcans et asphyxie ainsi les animaux ; Davy en a trouvé aussi dans de petites cavités de quartz. On sait que ce gaz est impropre à entretenir la combustion et la vie. Mêlé à l'oxygène pour les 4/5 environ , il forme l’air ; combiné avec le même gaz dans la proportion de 26 à 74, il produit l'acide
azotique (-Az).
$ 172. Genre Curore. — Le Chlore {Ch) imprègne quelque fois les roches poreuses de certains épanchements volcaniques, et se trouve à l'état d'hydracide dans l'Acide chlorhydrique (H Ch), corps gazeux, d’une odeur piquante, qui se dégage souvent en grande quantité dans les phénomènes volcaniques, et communique son acidité aux eaux de pluie, par suite aux rivières et aux sources. Le chlore entre dans la composition de plusieurs chlorures, parmi RAS nous citerons ici le Kérargyre ($ 236 ) et le Sel commun
Le Chlore, le Brome, l'Iode et le Fluor se ressemblent par plusieurs de leurs propriétés essentielles, et constituent quatre genres voisins, dont les rapports, ainsi que les caractères chimiques, sont indiqués sommairement dans le caractéristique de la 6° classe de M. Beudant et dans celle des groupes que cette classe renferme (voy. $ 275 ).
$ 473. Genre Carsoxe, — Le Carbone est un des corps les
plus importants par le rôle qu'il joue dans la constitution de l’écorce du globe ; il se trouve associé avec les substances qui en forment en quelque sorte la base. Pur, il constitue le Diamant et le Graphite; uni avec l'hydrogène et l'oxygène , il forme plusieurs combinaisons mal définies, combustibles ($ 256). Avec l'hydrogène, il forme quelques carbures {S 169); avec l'oxygène, l'acide carbonique , qui devient le principe d’un grand nombre de Carbonates, et en particulier du calcaire, la plus répandue des substances minérales ($ 197). (Voy. $ 279.)
Le Diamant (C) est un corps vitreux, très dur, rayant tous les corps sans être rayé par aucun d'eux, et doué d’un éclat tout particulier. Sa forme cristalline est l’octaèdre régulier et plusieurs autres formes du système cubique ($ 69), le plus souvent arrondies. Son poids spécifique est 3,52; c'est le plus réfringent de tous les corps. Il est assez rare de le trouver parfaitement limpide ; le plus souvent il est sali par des teintes jaunâtres ou brunâtres. Les couleurs qu'il présente sont rarement bien décidées et vives; il y en a de noires et complétement opaques.
Le Diamant se trouve, enveloppé d'une couche terreuse adhérente qu'il faut enlever par le lavage, disséminé dans des dépôts superficiels ordinairement meubles de certaines roches micacées et de leurs alluvions, dans des débris de serpentine ; il est ordinairement accompagné d’autres pierres précieuses, d'Or et de Platine. Le diamant existe dans un petit nombre de localités : aux Indes, dans le Dekan, et particulièrement dans les vallées du Pannar et de la Krichna, où il a été d’abord connu; dans l’île de Bornéo, en Sibérie, et au Brésil qui en fournit aujourd'hui la presque totalité au commerce.
La valeur du Diamant s'accroît dans la proportion du carré de son poids, qu’on apprécie en Karats, dont chacun équivaut à 212 milligrammes. Cette progression est même beaucoup plus rapide dès que le poids dépasse qnelques grammes ; la taille et une grande limpidité en augmentent encore le prix. On connaît très peu de Diamants dont le poids excède 20 grammes. Le plus gros est celui d’ Agrah, qui pèse environ 133 grammes; celui du radjah de Mattan, à Bornéo, pèse 78 grammes ; celui de l’ancien empereur du Mogol, 63; de l'empereur de Russie, 41 ; de l'empereur d'Autriche, 29,53 ; * celui de la couronne de France, nommé le Régent, 28,89. Ce dernier, auquel la taille à fait perdre plus de 58 grammes, et qui a coûté deux années de travail, est le plus parfait sous tous les ra ports ; il a été acheté 2,250,000 fr., et estimé plus du double, Ces l eaux diamants viennent del Inde et de Bornéo;
le Brésil n'a encore donné qu'un diamant de 255,52 qui appartient au Portugal. |
$ 174. Le Graphite, mine de plomb , ou Plombagine, est'aussi du carbone pur à un autre état d'agrégation, et sert à la fabrication des crayons dits de mine de plomb, que tout le monde connaît ; le plus estimé pour cet usage est celui de Borrodale (Cumberland), en Angleterre. Le Graphite se trouve en nids, en lamelles , en amas, en filons, dans les terrains de cristallisation, et dans ceux de sédiment voisins des premiers. { Voy. 8 158.)
S 175. L’Acide carbonique (C ou C) est un gaz incolore, inodore, soluble dans l’eau, à laquelle il communique une saveur aigrelette. Il se trouve à l'état libre au fond des puits, des mines abandonnées, dans l’intérieur des cavernes, dont la plus célèbre est la Grotte du Chien, près de Naples; il se dégage des cratères éteints et des terres volcaniques qu'on remue. C'est à sa présence que les eaux minérales gazeuses doivent la propriété de mousser ; la plus connue est l’eau de Seltz ou Selten (Prusse rhénane).
Combiné avec différentes bases, l'acide carbonique donne des Carbonates qui présentent des analogies remarquables que nous résumerons de la manière suivante :
Tous les carbonates font effervescence avec l'acide azotique. Ils sont anhydres, hydratés ou hydratifères, et sont, à l’exception de trois}, des bicarbonates, dans lesauels l'acide renferme deux fois l'oxygène de la base, Les carbonates anhydres sont simples ou doubles ; ils appartiennent au système rhomboédrique ou au système du prisme droit rectangulaire; à leur tête est le carbonate de chaux, qui présente, comme nous l'avons dit, l’une et l’autre de ces deux formes incompatibles ($ 75). Les carbonates rhomboëdriques d'une part, et les carbonates prismatiques de l’autre , forment deux séries, dans chacune desquelles les analogies sont extrêmes.
8 176. Genre Bore. — La Sassoline, acide boracique ou acide borique hydraté ( Bo Ag) est une substance que l’on récolte en S0lution dans les eaux qui proviennent des fumaroles de Toscane, dans lesquelles il cristallise, ou dans celles de certains lacs de l'Asie. À
8177. Genre Siricrum.— La Silice (Si ou Si), ou acide silicique pur, constitue le Quartz, substance inattaquable par les acides et infusible ; mais soluble dans les acides à l’aide des alcalis, avec lesquels elle forme alors des composés appelés verres. Sous le rapport de la composition, on peut reconnaître dans le Quartz deux catégories de sous-espèces , les premières anhydres, les secondes hydratées et comprenant elles-mêmes plusieurs variétés.
Quartz anhydres. — Quartz hyalin : substance vitreuse , inaltérable au feu, susceptible de cristallisation ; ses cristaax sont tou= jours des dodécaèdres à triangles isocèles , avec ou sans les faces
du prisme hexagone {système rhomboédrique). On la rencontre aussi sous des formes empruntées, en petites masses bacillaires, fibreuses ou compactes, et enfin à l’état de sable meuble ou agglutiné par un ciment, dans le grès des pavés de Paris.
Pur et limpide , le quartz hyalin constitue le cristal de roche, dont les variétés, appelées œil de chat et aventurine, doivent les jeux de lumière qu’elles présentent, la première à l'association du quartz avec l’asbeste , la seconde à l'association du quartz avec le mica jaune à reflets dorés.
Le quartz violet forme l’Améthyste, qui doit sa belle couleur violette à la présence d'une petite proportion d'oxyde de Manganèse ; la Sinople est colorée en rouge par l'oxyde de Fer seul : il existe un quartz jaune transparent auquel sa couleur a fait donner le nom de fausse topaze.
Le Quartz hyalin se trouve dans presque tous les terrains à l'état de géode ; mais il abonde surtout en filons, en amas, en couches , dans les terrains de cristallisation. |
Une sous-espèce de quartz très remarquable est le Quartz compacte Où Quartzite formé, par voie sédimentaire, en couches régulières alternant souvent avec des couches fossilifères ; ce quartz est composé de grains de quartz hyalin réunis par un ciment siliceux , et se rapproche ainsi des roches arénacées qui, en masses cohérentes (Grès), sont employées à bâtir, à paver, et entrent, à l’état de sable, dans la fabrication des mortiers, du verre et des poteries. C’est, sous ces deux formes, l’une des substances les plus répandues dont nous aurons occasion d'apprécier le rôle dans là constitution de l'écorce du globe.
Quartz agate. — Ce Quartz blanchit et se désagrège au feu ; il est sans formes cristallines, sans double réfraction, ce qui prouve qu'il ne possède point non plus de structure cristalline intérieure ; il se présente souvent sous des formes empruntées. On le trouve dans la nature en rognons, en noyaux , en veines , en dépôts amygdaloïdes, dans les terrains de cristallisation, de porphyre et de trachyte , et dans les filons métallifères des terrains de sédiment inférieurs. — La Calcédoine n'est qu'une variété d’A gate blanc-de-lait, gris-de-perle, bleuâtre, diversement teintée et d’une transparence nébuleuse ; la Cornaline, une variété rouge ; la Sardoine, une variété brun-foncé passant au jaune-orange ; la Chrysoprase, une variété demi-transparente, d’une jolie teinte verte. — Les Agates rubanées sont formées de couches alternatives de diverses couleurs, et servent à la fabrication des camées : quand les bandes sont de couleurs très tranchées, on donne à ces agates le nom d’onyx ; certaines variétés à couleurs claires, traversées par
98 MINÉRALOGIE. é
de la matière colorante , imitent des dessins de végétaux, et ont reçu pour cette raison le nom d’Agates mousseuses et d'Agates arborisces.
Le Jaspe est une variété qui se distingue par sa complète opacité ; elle est aussi généralement plus mélangée de parties étrangères que les autres , à texture compacte, à couleurs souvent très vives, rouge, jaune, vert, brun, violet, noir, etc., disposées uniformément, ou par rubans, ou par taches. La pierre de touche du commerce est un jaspe noir, coloré par du charbon ; elle provient ordinairement de la Lydie.
Quartz Silex, — Cette sous-espèce ne diffère guère de l'Agate que parce qu'elle est moins translucide, moins agréablement colorée, et prend un poli moins beau. Sa variété la plus importante est la Meulière, dont la texture est plus ou moins celluleuse;,.et dont la couleur varie du blanchâtre au rougeûtre. Elle se trouveen rognons, en blocs, en amas, ou en petits bancs enfouis dans les: terrains tertiaires, surtout dans le calcaire siliceux, et sur les sables quartzeux du bassin de Paris. Le Silex pyromaque ou pierre à fusil a reçu son genre particulier d'utilité de sa facilité à se briser en fragments tranchants qui entament l'acier.
Silexæ hydratés. — Ces silex blanchissent au feu comme, les, Agates., et, de plus, donnent une quantité notable d’eau. Ils n'offrent point de structure cristalline intérieure, point de double réfraction. Les diverses variétés que l’on distingue parmi les silex hydratés ne reposent que sur des caractères de très peu d'importance. La principale est l'Opale, à teintes souvent vives et variées, remarquable par ses reflets intérieurs ($ 144) : lorsque ces teintes sont jaunes , l'opale prend le nom de Girasol. Il existe. aussi. des variétés , nommées hydrophanes , qui doivent leurs noms à la propriété remarquable qu’elles possèdent de reprendre leur translucidité à mesure qu'elles s’imbibent de l'eau dans laquelle.on les plonge.
8 178. Genre Tiraxe. — Dans ce genre, nous remarquerons le Rutile ou acide titanique ( Ti ou Ti}, mélangé de titanate de manganèse ; c'est un cristal d’un rouge brun, rarement net, appartenant au second groupe; on le trouve souvent dans les terrains granitiques, à Saint-Yrieix (Haute-Vienne), et à Gourdon ( Saôneet-Loire), par exemple. L’Anatase paraît être la même substance que la précédente ; mais elle est bleue.
& 479. Genre Sourre.— Le Soufre (Su) est naturellement jaune, mais les mélanges qui le salissent lui donnent souvent une couleur verdâtre, brunâtre ou rougeâtre ; il fond à 470°, et est volatil,
DESCRIPTION DES ESPÈCES. (he)
très combustible. IL se trouve dans tous les terrains, et: abonde surtout dans les terrains de sédiment qui avoisinent les volcans en activité , ou dans les solfatares, anciens cratères qui jouissent encore de quelque activité, et qui en produisent continuellement, Cristallisé, il se présente généralement en octaèdres à base rhombe diversement modifiés { système du prisme rectangulaire droit }, quelquefois en cristaux aciculaires Nous avons dit plus haut que le soufre présente le Dimorphisme { voy. page 50, la note). On le trouve aussi en stalactites , en veines, en masses compactes, parfois à l'état terreux , pulvérulent ou agrégé. Les eaux sulfureuses en laissent des dépôts sur leur passage, et il s'en forme partout , de la décomposition journalière des sulfates dans les lieux où ces sels se trouvent immédiatement en rapport avec des matières organiques en décomposition. |
Le Soufre s'obtient, pour la plus grande partie, de la sublimation des terrains voisins des volcans, principalement de l'Italie et de la Sicile, où il forme des couches régulières, dont l'épaisseur s'élève quelquefois jusqu'à dix mètres. L'Islande possède aussi de ces dépôts étendus, où il se trouve en grains, et qui pourraient alimenter les besoins du monde entier, si l’on n’était forcé de s’arrêter à un ou deux mètres de profondeur à cause de la chaleur qui se dégage. La distillation du sulfure de Fer (Pyrite) donne aussi du soufre.
Sulfures. — De la combinaison du soufre avec divers principes se forment les sulfures , dont le nombre est très considérable ; il en existe de simples , de doubles, de multiples, la plupart solides et doués de l'éclat métallique. Ces corps ont entre eux les plus grandes analogies physiques. Ils forment des filons ou des amas dans les terrains de cristallisation ou dans les terrains de sédiment voisins des premiers. Ils fournissent les minerais les plus abondants dont on extrait les métaux utiles. La comparaison de ces sulfures divers est intéressante. | Lib
Sulfures simples. — Parmi ces sulfures,, un. grand nombre eristallisent dans le système cubique, comme l'Argyrose ($ 234), la Gulène ($ 222), la Blende ($ 221), qui sont, de même formule ; d’autres appartiennent au système rhomboédrique, comme le Cinabre (S$ 488), la Molybdénite ($ 189), la Chalkosine ($ 229).
Sulfures doubles. = Plusieurs de ces sulfures résultent de la combinaison de la Stibine ($ 185) avec d’autres sulfures : c'est ainsi que se forment l'Argyrithrose ($ 233), la Psaturose ($ 233),
la Chalkopyrite ($ 230 ), etc.
Sulfures multiples. — Nous avons déjà fait connaître la manière
dont se forment les principaux de ces sulfures, Ja Polybasites
la Panabase, et la Stannine {$ 14 et 15), composés chacun de trois sulfures, et différant l’un de l’autre par la substitution de l’un de ces sulfures composants. Les formules de ces trois composés complexes sont les suivantes :
Polybasite — 9 Cu? Su + 5 Sb? Su? 36 Ag Su, Panabase — 8 Cu? Su + 3 Sb? Su + AFe Su, Stannine — Cu? Su + Sn Su + Fe Su?.
L'ordre dans lequel nous disposons les sulfures constituants rend assez facilement compte de la substitution sur laquelle nous insistons. Si l'on voulait un instant ne pas tenir compte des proportions de chacun des sulfures simples, et remplacer les formules par le nom de ces sulfures, on pourrait théoriquement représenter la constitution des trois sulfures triples dont il s’agit sous la forme suivante :
Polybasite — Chalkosine + Stibine + Argyrose, Panabase — Chalkosine Stibine — Pyrite, Stannine — Chalkosine Sulfure d'Etain + Pyrite.
Substituons la Galène à l’Argyrose ou à la Pyrite des deux premières substances, nous obtiendrons un autre sulfure, la Bournonite { Cu? Su — Sb? Suë 2 Pb Su), dont la composition peut se figurer ainsi :
Bournonite — Chalkosine + Stibine + Galéne.
Ces exemples guideront dans l'intelligence des combinaisons , quelquefois si complexes, que présentent les minéraux, et aideront à les retenir.
$ 180. Acide sulfureux (S ou S02).—Ce corps, qui se trouve à l'état gazeux ou dissous dans l’eau, se produit par la combustion du Soufre , et se dégage en abondance des cratères des volcans ou des Solfatares.
181. Acide sulfurique {S, S ou SO). — Ce gaz se trouve à l'état desolution dans l'eau, aux environs de quelques volcans, et, par exemple, dans le ruisseau de Rio Vinagre, au volcan de Puraze, dans le Popayan. En désagrégeant les roches qu'il attaque, il forme des magmas, comme dans les terribles éruptions boueuses de Java.
$ 182. Genre Ansenic. — L'Arsenic natif (Ar) est assez commun, mais peu abondant, dans les gîtes métallifères du sulfure d'argent et de l’oxyde d'étain, où il se présente en petites masses bacillaires et fibreuses, ou en mamelons à couches concentriques. C'est une substance dont la cassure fraîche donne l'éclat métal- Hque, et noircit promptement à l'air. ( Voy. $ 269.) Les arséniates
DESCRIPTION BES ESPÈCES. 10% sont des corps peu importants à connaître, qui se forment journellement dans les dépôts d’arséniures.
$ 1483. Le Réalgar et l'Orpiment sont des Sulfures d’arsenic de formule différente ( Ar Su et Ar? Suwÿ), le premier rouge en masse, et le second jaune, qui se trouvent accidentellement dans: les filons, et sont employés en peinture sous le nom d’orpin rouge : et d’orpin jaune.
$ 184. Genre Axrimoixe. — L'Antimoine natif { Sb) se trouve en petites masses lamellaires dans les minerais arsénifères ; pur, il est d’un blanc d'argent; mêlé à l'arsenic, il est bleuâtre et noircit à l'air. On l’emploie à beaucoup d’usages dans les arts et: en médecine ; celui du commerce s’extrait du sulfure d’antimoine. L'antimoniure naturel le plus fréquent est celui d'argent ( Discrase, Ag? Sb), qui cristallise en prismes rectangulaires. $ 185. La Stibine, Antimoine sulfuré (Sb? Su3), est métalloïde, ‘gris de plomb, cristallisant en prismes rhomboïdaux, le plus souvent groupés en masses bacillaires; on l'exploite pour obtenir lAntimoine des gîtes métallifères auxquels elle est subordonnée, et des filons qu'elle forme seule dans le granite ou les roches qui s’y rattachent.
$ 186. Genre Teurüre. — Le Tellure natif (Te) est blanc d'étain ou gris d'acier, fragile, volatil par le grillage. Il entre dans de nombreux minéraux assez abondants, et constitue le tclluriure de Plomb (Pb Te), le telluriure d'Argent (Ag Te), le premier, en petites masses lamellaires, le second , en gros grains malléables. Les variétés argentifères et aurifères sont exploitées pour l'extraction des deux métaux précieux qu'elles contiennent. Ces substances se trouvent dans des dépôts argentifères et aurifères des terrains. trachytiques. ( Voy. $ 272.) $ 187. Genre MERCURE. — Mercure natif (Hg 1 — Métal blanc d'argent, volatil, liquide à la température ordinaire et jusqu'à — 40°. La masse principale des dépôts de Mercure est for- .mée par son sulfure , ou Cinabre ($ 188 ), dans les gîtes duquel se présente aussi à l’état de petites gouttelettes métalliques qui J@plissent quelquefois toutes les fissures et les cavités de la: mäêse. On le rencontre surtout dans les parties moyennes des terlins de sédiment et près des dépôts de cristallisation ; ses pPrivaux gîtes sont à Idria, près de Trieste, à Almaden en EspPä&e, sur la rive gauche du Rhin dans le Palatinat , et à HuantVelica au Pérou. La propriété que possède le Mercure de dissoue l'Or et l'Argent, le fait employer au traitement des minerals j renferment ces mélaux précieux, et la plus grande parte Ise dans l’Amérique équatoriale pour être employée à
cet usage. Sur une exploitation annuelle de 2 millions et demi de kilogrammes , d'une valeur de 12 millions de francs, l'Europe figure pour plus des neuf dixièmes.
$ 188. Le Cinabre, sulfure de Mercure où Vermillon (Hg Su), est une substance non métalloïde, rouge ou brune, à poussière d'un beau rouge, très pesante, volatile, qui se trouve en masses granulaires ou compactes, parfois à l’état terreux, et colorant les matières argileuses et autres. Les plus beaux cristaux de Cinabre viennent de Chine; c’est un riche minerai de Mercure, celui dont nous venons d'indiquer le gisement en parlant de ce métal.
& 189. Genre Morvsnène. — La Molybdénite, sulfure de Molybdène (Mo Sw?), est une substance métalloïde, gris de plomb, onctueuse au toucher, qui se rencontre assez communément dans les Alpes et les Pyrénées, et sert à préparer le Molybdène et ses composés.
190. Genre Tuoncsrène. — L'acide tungstique nous présente trois combinaisons , toutes trois fort pesantes, et accompagnant souvent les dépôts de minerais d’étain, dont elles sont les indices. Ce sont la Scheelite Ca Tè, la Scheelitine Pb T3, qui sont blanches et isomorphes, en octaèdres à base carrée, et le Wolfram ou Scheelin ferruginé (3fe, mn) T°, matière noire, en prisme rhomboïdal, qui se trouve en France dans certains granites de la Haute- Vienne.
& 191. Genre Curome. — L'oxyde de chrome pur (Cr ou Gr) est de couleur verte et peu important; combiné avec l'oxyde de fer, il donne le Sidérochrome ($ 216 ). |
& 192. Genres Osmiun et Ruonium ; métaux généralement alliés ou mélangés avec le Platine.
Deuxième elasse.
Sels alcalins.
Les différents sels qui composent celte classe sont solubles dans l’eau , et po” sèdent uue saveur prononcée.
Cette seconde classe renferme 3 genres : Ammoniaque ; /0tasse ; Soude. |
$ 193. Genre AmMonrAQUE. — Le Salmiac, ammoniaquenuriatée ou sel ammoniac | (Az H#} + (H Ch) |, se présente ofnairement sous forme de croûtes d'un gris sale, rarement en craux, qui sont trapézoèdres , transparents. C'estun sel volatil à u’faible température, et soluble dans l’eau. Il se trouve dans le0lcans après les éruptions , dans les fentes des solfatares , sur prtaines
houillères embrasées (Vésuve, Etna; solfatare de Pouzzoles ; houillères de Saint-Etienne ).
L'ammoniaque sulfatée ou Mascagnine [ (Az H°}? + Su + 2 Ag] est un sel efflorescent , qui se trouve dans des circonstances analogues à celles dans lesquelles s'offre le précédent; mais plus rarement que lui.
8 194. Genre Porasse. — Le Salpêtre (K Az), Nütre, ou Azotate de Potasse , est un sel soluble qui se forme sur nos murs, de la décomposition des matières animales , mais qui se trouve aussi en efflorescence au milieu de grandes plaines, en Hongrie, dans l'Ukraine, en Perse, en Arabie, dans les déserts de l'Égypte, sans qu’on puisse en expliquer l’origine. Le Salpétre peut cristalliser en prismes rhomboïdaux ; il déflagre sur des charbons ardents.
195. Genre Soune. — Le Salmare, chlorure de sodium (Na Ch?}), sel marin , sel gemme, sel commun, cristallise en cubes quelquefois creusés en trémie, et se présente aussi en masses compactes, en couches , en amas, en rognons, en montagnes entières, dans les terrains tertiaires, pénéens et autres, où l’Argile, la Marne, le Calcaire, l’accompagnent souvent. Des contrées entières portent sur des dépôts de sel, telle est l'immense étendue de pays qui s'étend sur les deux pentes des Karpathes, dans la Gallicie, jusqu'en Moldavie, et dans la Hongrie et la Transylvanie. La France, la Suisse, l'Angleterre, l'Espagne, en possèdent aussi, moins riches que les précédents. Les eaux des sources, les lacs, les mers tiennent en solution beaucoup de sel , qu'on extrait par évaporation et cristallisation. On sait que cette substance , si nécessaire à l’homme, est celle dont on exploite les quantités les plus considérables.
& 196. Le Borax, borate de soude ( Na Bo$ +10 Ag), employé comme fondant dans les.essais de la Minéralogie et la petite métallurgie. Il venait de l'Inde avant qu’on l’eût extrait de l'acide borique ($ 176 ).
Mroisièeme classe.
Terres alcalines et Terres.
Les substances qui composent cette classe ont toutes un aspect pierreux; pures, elles sont incolores ou d'un blanc laiteux; généralement pen dures, aucune, à l'exception du Corindon, ne raie le verre; leur pesanteur spécifique est comprise entre 23 et 44 ; le Scheelin calcaire forme seul une anomalie à cette règle générale. — La plupart sont infusibles au chalumeau ; aucune d'elles n’est réduite par son | action.
La troisième classe comprend 6 genres : Baryte; Strontiane ; haux ; Magnésie; Yttria; Alumine,
$ 197. Genre Caux. -— Calcaire {Ca C2). Le calcaire, ou carbonate de chaux, se montre sous toutes les variétés de formes cristallines possibles appartenant au système rhomboédrique : on en a décrit plus de quinze cents; il présente en outre un grand nombre de variétés de forme et de texture irrégulières. Les masses laminaires limpides sont connues sous le nom de Spath d'Islande; c'est dans cette variété que l'on observe le mieux la réfraction double.
Le calcaire est une des substances les plus répandues à la surface du globe ; il se rencontre dans tous les terrains de sédiment, et y forme des masses d’une étendue immense. On le trouve aussi, mais en quantité bien moindre, et seulement disséminé, dans les terrains cristallins.
Le calcaire présente üune multitude de variétés différentes, parmi lesquelles nous citerons :
Les Marbres, calcaires à grains fins et serrés, susceptibles de
poli, à couleurs plus ou moins pures, plus ou moins variées, plus ou moins vives. Il en existe en quelque sorte partout où existe le calcaire; mais c'est surtout dans ceux de ces dépôts qui sont voisins des terrains de cristallisation que se trouvent les”variétés les plus riches en couleurs et les plus agréablement nuancées. — Les Marbres simples ou incolores offrent des variétés multiples, parmi lesquelles les plus remarquables sont les Marbres blancs statuaires , formés d'un calcaire saccharoïde à cassure brillante, grenue, ou finement lamellaire; ils appartiennent exclusivement aux terrains primitifs (Marbres de Paros, de Carrare). — Les marbres simples veinés présentent une foule de variétés sur tous les fonds ; une des plus communes est le Sainte-Anne , à fond gris veiné de blanc, ou à fond rouge et brun, bleuâtre , etc. — Dans les Marbres brèches , les veines coupent la masse de manière à lui donner l'apparence de fragments anguleux réunis par un ciment de couleur différente ; si les Marbres sont très petits, ils prennent le nom de brocatelles. — Les Marbres lumachelles ( Lumaca, en italien, Limaçon) ou coquilliers , composés en partie de débris de coquilles ou de madrépores; les belles variétés sont les plus chers de tous les marbres.-— Les Marbres composés, qui contiennent des matières étrangères diversement disséminées , et parmi lesquelles on peut citer le vert antique (calcaire saccharoïde mêlé de Serpentine et de Diallage).
L’Albätre calcaire ou Albâtre oriental, calcaire stalactique, dur, ! d'un blanc légèrement jaunâtre, et d’une belle demi-transparence avec des veines d’un blanc laiteux.
La Pierre lithographique, qui doit ses propriétés à la finesse
son grain et à la facilité avec laquelle elie se laisse imbiber légèrement d eau.
La Craie, calcaire terreux, très tendre, blanc ou légèrement jaunâtre, renfermant toujours plus ou moins de sable. Une variété, la craie tufau, offre assez de solidité pour servir de pierre à bâtir.
Le Calcaire oolithique, en masses composées de petits grains arrondis.
Le Calcaire grossier, appelé aussi calcaire à cérites à cause de la grande quantité de coquilles de cette espèce qui y sont contenues à l’état dossile ; il est toujours plus ou moins mélangé de sable.
Les Marnes, mélanges de Calcaire et d’Argile qui sont dits calcaires ou argileux , suivant que le premier ou le second de ces corps y prédomine sur l'autre.
Les calcaires siliceux, qui renferment de la Silice très disséminée.
Arragonite. — C’est le carbonate de chaux cristallisé dans le système prismatique rectangulaire ($ 75). Chimiquement, l'Arragonite ne diffère en rien du calcaire; elle est assez rare. Cependant certains tufs calcaires , ou dépôts formés à la surface de la terre par les eaux chargées de carbonate de chaux, ceux de Vichy, par exemple, sont à l’état d'Arragonite.
Dolomie, — C'est un carbonate de Chaux et de Magnésie très analogue au carbonate calcaire , dont il se distingue par la lenteur avec laquelle il fait effervescence par l'acide azotique ($ 40 ). La Dolomie compacte constitue de grandes masses répandues dans le sol primordial, et surtout dans les terrains secondaires.
& 198. La Fluorine, chaux fluatée , (Ca Fl), connue plus généralement sous le nom de Fluor et Sputh fluor, offre souvent des couleurs vives, jaune, vert, rose, violet , disposées en bandes ou zones , et présente presque toutes les formes du système cubique. , Les variétés à couleurs vives, diversement entremêlées et groupées, sont employées à faire des coupes , des vases et mille objets d'art. On trouve la Fluorine assez communément, subordonnée aux gites métallifères, surtout aux minerais de plomb, ou formant elle-même des filons dans les terrains granitiques ou les dépôts sédimentaires voisins de ceux-ci. Elle sert à la préparation de l'acide fluorhydrique , employé pour la gravure sur verre.
$ 199. Le sulfate de chaux anhydre (Ca Suë), ou Karsténite, S0 trouve, rarement cristallisé, dans les terrains de sédiment les plus anciens. Le sulfate de chaux hydraté (Ca Su? + Aq), ou Gypses se rencontre souvent en cristaux qui appartiennent au système du prisme oblique rectangulaire; c'est la Pierre à plàtre, Pierre à
jésu, qui se trouve si abondamment aux environs de Paris, ét forme des couches ou des amas puissants dans plusieurs étages des terrains secondaires et tertiaires. La Karsténite, qui est assez dure, est quelquefois employée comme marbre: Le Gypse compacte, blanc mat, se travaille sous le nom d'Afbûtre, Albâtre gypseux, qu'il ne faut pas confondre avec l'Albâtre calcaire, plus s0lide et plus beau. Le Gypse grossier, privé d’eau par la calcination et réduit en poudre, donne le Platre. — {Voy. Su.)
$ 200. Le Phosphate de chaux ou Apathite (3 Caë. Ph +
Ca Ch? ‘ :
Ca Fi ) $ Présente en cristaux vitreux, blancs, transparents
où opaques , sous une apparence lithoïde ou en rognons.
$ 201. Nous avons parlé plus haut de la Schéelite qu schéelin calcaire ($ 190), qui se rapporte au genre Chaux.
$ 202. Genre Macxésre. — La Boracite, Magnésie boratée (Ma Bot), dont nous avons étudié les anomalies de-cristallisation ($ 68), se trouve en cristaux blancs ou grisâtres , ordinairement translucides , disséminés dans des gypses.
S 203. L'Epsomite ou sulfate hydraté de magnésie (Ma Su + 5 Aq) efflorit dans les galeries des mines , et se trouve à l’état solide, comme le sel gemme, en masse fibreuse, dont les fibres soyeuses et déliées peuvent quelquefois être courbées. C'est à la présence de ce sel que les eaux de Sedlitz, de Pullnatet d'Egra en Bohème, doivent leur action purgative.
La Magnésite appartient à ce genre (voy. $ 250).
$ 204. Geure Arumine. — L'aluminium est très abondant dans la nature, presque toujours combiné avec l'oxygène pour former l'alumine. Cette dernière substance se trouve libre ; ou dans des sels terreux, seule ou combinée avec d’autres bases: Elle joue dans certaines combinaisons le rôle électro-négatif, et donne des-aluminates. Pure , elle constitue le Corindon ; combinée avec la Magnésie , le Zinc , le Fer ou la Glucine , elle donne le Spinelle , la Ganhite, le Pléonaste ou le Cymophane. Tous ces minéraux sont anhydres , vitreux, infusibles , très durs et cristallisables. Nous en parlerons ici à cause de leurs analogies, bien qu'ils se rapportent aux divers genres formés par leurs bases. Ils fournissent de belles pierres à la joaillerie. — ( Voy. $ 264.)
$ 205. Le Corindon { 4! ou Al) appartient aux terrains de cristallisation, où il se trouve disséminé, et plus spécialement ‘aux terrains granitiques. Il nous arrive, en pierres toutes taillées , de l'Asie méridionale (Malabar, Thibet, Chine), où il existe en. plus grande quantité, et de là le nom d'orientales, que portent les va-
riétés précieuses ; il se rencontre aussi dans les granites des Alpes. Les variétés grossières forment des émeris ; la variété la plus pure ( Télésie des minéralogistes) est hyaline et limpide comme le Quartz, remarquable par la beauté et la vivacité de ses couleurs. La variété bleue donne le Saphir, dont le plus estimé est bleu-barbeau ou bleu-indigo ; la rouge donne le Rubis, dont la valeur dépasse celle du diamant, quand il est pur et d'une belle teinte de feu; la pourpre donne l’Améthyste orientale ; la verte, l’'Emeraude orientale ; la jaune, la Topaze orientale.
Le Spinelle (Ma AB), ou aluminate anhydre de Magnésie , est très recherché quand il est d'un beau rouge, et connu sous le nom de Rubis spinelle ; il existe des variétés bleues aussi estimées que les saphirs pâles, et des variétés rosâtres , lie-de-vin,etc., moins appréciées et nommées Rubis balais.
La Ganbite {Zu AB), ou aluminate à base de Zinc, est généralement opaque, verdâtre ou grisûtre, et se trouve dans des matières talqueuses, en Suède, ou en Amérique septentrionale près de la ville de Franklin.
Le Pléonaste [( fe Ma) AB], matière noire, à base de fer et de magnésie , se trouve dans les dolomies de la base du Vésuve, dans des terrains de cristallisation, dans des détritus basaltiques et trachytiques.
Le Cymophane {GI Al), à base de Glucine, est une pierre jaune ou vert-jaunâtre , qu'on trouve en cristaux roulés dans les sables du Brésil'et de Ceylan ; elle est connue en joaillerie sous les noms de Chrysolithe orientale et de Topaze orientale , confondue souvent avec le Corindon jaune , qui porte les mêmes noms.
$206. La Turquoise, ou Phosphate d'Alumine (Al, P, Ag), est une pierre fine d'un bleu verdâtre, qu'on trouve dans des matières argileuses, et dont la variété, désignée sous le nom de turquoise de nouvelle roche, est remarquable en ce qu’elle provient de dents ou d'os de Mammifères enfouis dans le sein de la terre et accidentellement colorés. Cette variété est moins dure et moins estimée que la turquoise de wicille roche, qu'on trouve en petites veines ou en petits rognons à Nichabour, en Perse.
$ 207. Le sulfate double hydraté d’Alumine et de Potasse(5Al Su + K Su +24 Ag) est l'Alun, dans lequel J’Ammoniaque et diverses bases peuvent remplacer la potasse. Ce sel, employé à tant d'usages, se rencontre en petites couches recouvertes de sable au milieu des déserts de l'Egypte, et à l'intérieur des roches schisteuses ou argileuses, surtout de celles qui ont été chauffées dans un incendie de houillère. Il.s’en produit aussi dans les solfatares. Des proportions un peu différentes de sulfate d’alumine et d'eau
donnent l'Alunite (341 Su + K Suÿ- 9 Aq), le seul sulfate qui soit | capable de rayer le verre, et qui fournit l'Alun de Rome, si recherché jusqu’à ce qu'on l'ait obtenu artificiellement. Il se rencontre dans le voisinage des terrains trachytiques, et au milieu des détritus de
ponces.
Quatrième classe.
Métaux.
Cette classe comprend deux divisions bien distinctes sous le rapport de l'aspect :
10 Les métaux natifs , et les combinaisons de plusieurs métaux entre eux à l’état métallique.
Les minéraux appartenant à cette première division ont, en géneral, un éclat métallique prononcé qui leur donne un caractère extérieur remarquable qui les distingue nettement des autres minéraux.
20 Les combinaisons des métaux avec l’oxygène ou avec des acides.
Les minéraux de cette seconde division ne jouissent que rarement de l’éclet métallique ; sous ce rapport, elles se confondent avec les minéraux de la classe des silicates. Néanmoins elles ont, pour la plupart, une couleur propre, parti-
culière, qui guide dans leur étude ; leur pesanteur spécifique est en général
assez élevée, et presque tous donnent immédiatement par l'essai un régule ou une scorie métallique.
Cette classe comprend 16 genres. Nous étudierons les principaux.
$ 208. Genre Mancanèse. — La Pyrolusite (Mn), ou peroxyde de Manganèse, et l’'Acerdèse (HMn$ 4Q), ou oxyde de manganèse hydraté, sont les deux corps les plus remarquables de ce groupe. Is sont doués l'un et l’autre de l'éclat métallique lorsqu'ils sont cristallisés ; le premier est à poussière noire, le second à poussière brune. Tous deux forment des masses bacillaires ou fibreuses, et se présentent aussi sous forme mamelonnée. La Pyrolusite est employée pour la préparation du chlore et des eaux de Javelle : pour purifier le verre blanc des teintes jaunes produites par le charbon. Le peu d'utilité du second lui a fait donner, par M. Beudant, le nom d’acerdèse (3xsdns, non profitable).
La Pyrolusite appartient à tous les terrains, aussi bien que l’Acerdèse; les localités les plus connues où l’on exploite le premier en France sont la Romanèche, près de Mâcon, les environs de Périgueux, Calvéron ( Aude }, etc. Les dépôts où se rencontre l’Acer dèse, souvent mélangée avec la Pyrolusite et en plus grande abondance que celle-ci, sont les dépôts de Laveline (Vosges), de La Voulte (Ardèche), de Saint-Jean-de-Gardonnenque (Cévennes), de Sept-Fons (Allier), etc.
$ 209. Genre Fer. — Fer (Fe). — Il est inutile de rappeler ici les principaux caractères physiques du Fer et ses nombreux usages. On sait qu'il est de tous les métaux le plus important par ses pro-
duits, dont la valeur surpasse de beaucoup celle de tous les métaux
réunis. On le trouve à l'état natif dans la nature, et on l'obtient de plusieurs minerais, dont les plus remarquablés sont ses oxydes ($ 211, 212, 213), un carbonate ($ 215) et deux alumino-silicates ($ 247).
$ 210. Fer natif, — L'origine du Fer natif est la particularité la plus curieuse de son histoire. Il se présente en grains isolés dans des pierres tombées de l'atmosphère, ou en masses compactes, qui elles-mêmes sont également météoriques. La chute des pierres météoriques, traitée longtemps de conte populaire, est bien avérée maintenant qu'on à pu être témoin de ce phénomène, et tous les doutes ont été levés en France par la chute des pierres de l’Aigle, le 26 avril 1803. Ces pierres sont arrondies, plus ou moins volumineuses, noires à la surface, grises à l’intérieur, composées de diverses matières terreuses ou métalliques, parmi lesquelles se trouve le Fer, toujours allié au Nickel et au Chrome. Cette dernière circonstance se présente aussi dans les masses ou blocs erratiques de fer, et ne permet pas de rapporter leur origine à l'in- dustrie de l’homme, car aucun Fer de fabrication ne présente de Nickel et de Chrome. De plus, partout où elles se rencontrent, ces masses n ont aucune relation avec les terrains sur lesquels elles reposent, et se trouvent d'ailleurs sur toute espèce de dépôt. Ces “rapports avec les pierres météoriques ne laissent pas de doute sur leur origine, et des témoignages authentiques nous affirment qu'il est tombé de pareilles masses du ciel, une à Hrasina , près d'Agram, en Croatie, le 26 mai 4751, à six heures du soir ; une autre à Lahore, le 47 avril 4624; etc.
Parmi les blocs erratiques, le plus renommé est celui qu’observa -Pallas, en Sibérie , près de la ville d'Iénisseik: elle est évaluée à 100 kilogr. Il s’en trouve une de 44,000 kilogr. à Olumpa , près
de San-Yago , dans le Tucuman ; une autre de 19,000 kilogr. au Mexique, aux environs de Durango. On en cite même, sur les bords du Sénégal, une qui serait plus considérable encore et la plus considérable de toutes celles qui sont connues.
$ 211. Oligiste (Fe ou Fe). — C'est le Peroxyde de fer, plus
ou moins pur ; Substance gris de fer et quelquefois noire lorsqu'elle
est cristallisée, rouge plus ou moins foncé en tout autre état, et toujours rouge quand on la réduit en poussière. Elle cristallise en
“rhomboèdres, en prismes hexagones, en dodécaëdres plus ou moins modifiés. En cristaux, elle peut être polie, et a reçu pour celte rai- «Son le nom de Fer spéculaire; les variétés non cristallisées se présentent quelquefois en stalactites à structure fibreuse, et prennent alors le nom d'Hématite rouge ; ou en masses terreuses mélangées
de substances alumineuses qui forment les Ocres rouges ou Rouge de Prusse; souvent aussi elles sont argileuses , et. donne la Sanguine, Où crayons rouges.
L'Oligiste est un des minerais de fer les plus importants, celui qui donne, en général, le fer le plus dur. Il constitue des dépôts souvent très considérables dans les terrains de cristallisation , et dans les dépôts de sédiment inférieurs et moyens : dans les premiers, il est le plus souvent à l'état métalloïde {île d'Elbe; Gramont, dans les Vosges), et forme quelquefois des montagnes entières (Gellivara, en Laponie); dans les seconds, il se trouve au contraire le plus souvent à l’état lithoïde ou terreux (la Voulte, dans l'Ardèche).
$ 212. Limonite (Fe? Aq).— Fer hydraté, brun ou jaune, à poussière jaune, et sans apparence métallique ; se trouve quelquefois en très petits cristaux aciculaires; en stalactites, qui prennent le nom d'Hématite brune ; en rognons renfermant un noyau qu'on nomme vulgairement pierre d’Aigle; sous la forme oohthique ; quelquefois schisteuse; le plus souvent sous des formes empruntées. À l'état terreux, mélangée de matières argileuses et alumineuses, elle constitue l’Ocre jaune. |
La Limonite appartient tout entière aux terrains de: sédiment ; elle y forme des amas puissants qui commencent à se montrer dans les parties les plus anciennes, et au voisinage des terrains de cristallisation, et s'étendent jusque dans les dépôts les plus modernes. C'est un minerai rarement pur, exigeant un traitement parfaite ment approprié; la présence du phosphore le rend souvent dur et cassant. Sous forme oolithique, à grains réunis ou non par un ciment argileux , il alimente la plupart des usines de France (Berry, Bourgogne , Franche-Comté, Lorraine, Normandie ),. et: miles
ment la célèbre fonderie du Creusot.
$ 213. Aimant (fe Fe). — Substance formée de peroxydé de fer combiné avec du protoxyde ; on la nomme encore fer oxydulé, fer magnétique. Elle est noire, douée de l'éclat métallique, à poussière noire, cristallise dans le système cubique en octaèdre ou dodécaèdre , est attirable au barreau aimanté et magnétique. Les variétés compactes, plus ou moins pures, constituent la pierre d'aimant. |
Ce minerai de Fer, le plus estimé de tous, le seul qui donne de bon acier fondu, appartient exclusivement aux terrains de cristallisation ; il est disséminé en cristaux, ou forme des dépôts immenses, quelquefois des bancs épais, ou même des montagnes (Taberg, en Smolande). Les fers de Suède et de Norvége, si connus pour leur pureté et leur douceur, proviennent de ce minerai.
$ 214. La Pyrite, sulfure de Fer (Fe Su2), se présente, comme nous l'avons vu ($ 75), en cristaux qui appartiennent à deux systèmes. La variété cubique /$ 68)est jaune d'or, d’un éclat vif, et porte le nom de Pyrite jaune ; la variété prismatique est jaune verdâtre, terne, et. est désignée sous le nom de Pyrite blanche et Sperkise. La première se conserve parfaitement ; la seconde s’alière rapidement à l'air. Ce sont l’une et l’autre des minéraux très abondants, disséminés partout, sous presque toutes les formes d'agrégation. La variété non altérable était autrefois travaillée sous le nom de Marcassite; on en a trouvé dans les tombeaux des anciens Péruviens des plaques polies qu’on a nommées Miroir des Incas. Le sulfure de fer servit d’abord de pierre à fusil : de là son nom de Pyrite (xdp, feu), de Pyrite martiale.
$ 215. La Sidérose, Fer spathique, carbonate de Fer ( fe C2), est.un,minerai de fer important , qui se transforme facilement en acier quand il renferme de l'oxyde de Manganèse; de là son nom de mine d'acier. Il se trouve en rhomboèdres ou en prismes hexagones, dans divers gîtes métallifères ; en masses lamellaires, en filons, dans les terrains de cristallisation ou dans les calcaires voisins de ces terrains; en rognons ou en dépôts mamelonnés, compactes et terreux, dans les roches basaltiques et les grès houillers. On exploite ce mineraien France, à Allevard ( Dsuphiné), à Baigory, Vicdessos (Pyrénées) ; on le traite en général par la méthode ‘catalane, qui donne le fer sans qu'il passe par l'état de fonte.
$ 216. Le Sidérochrome [{fe, Ma), Cr], chromite de fer résultant de la combinaison de l’oxyde de chrome et de l’oxyde de fer, ‘est noir, métalloïde, cristallisant en octaèdre, infusible au chalumeau et devenantattirable à l’aimant. Il sert à fabriquer le chromate de potasse, avec lequel on prépare le chromate de plomb ou jaune de chrome.
»$ 217. Le Wolfram ou Scheelin ferruginé, dont nous avons parlé ($ 190), la Chamoisite et la Berthiérine, dont il sera question plus loin ($ 247 ) , se rapportent aussi à ce groupe. $ 218: Genre Cosaur. — Le Bi-arséniure de cobalt, désigné sous le nom de Smaltine, ou cobalt arsenical (Co Ar?), est une substance métallique gris d'acier, qui cristallise en cubes, et se trouve en groupes dendritiques, auxquels leur aspect a fait donner le nom de cobalt tricoté. Elle fournit un minerai plus ou moins abondant de Cobalt, et se trouve dans d’autres dépôts métallifères, principalement dans les terrains de cristallisation, rarement dans les terrains de sédiment. Les différents composés de Cobalt donnent le small, ou verres bleus; un outremer qu'il ne faut pas
confondre avec l'outremer véritable ( $ 250 ); l'azur; le bleu- Thénard; le vert de Rinmann.
8 219. Les arséniures et les sulfures d'arsenic forment dans la
nature plusieurs combinaisons , parmi lesquelles la plus intéres- | sante est la Cobaltine, où Cobalt gris, sulfo-arséniure de cobalt | (Co Ar? + Co Su*), matière d’un éclat métallique, blanc d'argent |
ou blanc-rougeñtre, qui se trouve dans les terrains cristallins,
particulièrement en Suèdeet en Norwége. On l’exploite avec soin |
parce qu'elle est plus riche en Cobalt que la Smaltine.
& 220. Genre Nicxer. — L'arséniure de Nickel, ou nickel arse-
nical, où Nickéline {Ni Ar), est doué de l'éclat métallique et rou- | geâtre. Il existe aussi un bi-arséniure très analogue au bi-arsé- | niure de Cobalt. Ces composés accompagnent presque toujours les arséniures de cobalt, et servent à préparer le Nickel. |
8 221. Genre Zinc. — La Blende, sulfure de Zinc (Zn Su}, se rencontre presque toujours avec la galène ($ 222), et est exploitée pour l'extraction du métal dont l'usage s'étend journellement: c'est une substance non métalloïde, jaunâtre ou brune : la | France en prépare peu, et tire en général le Zinc de la Belgique.
& 222. Genre PLous — La Galène, sulfure de Plomb (Pb Su), est une substance métalloïde, brillante, de couleur gris de plomb; son abondance est très grande; elle constitue le minerai de plomb |
par excellence, et est souvent argentifère. Outre des filons et des | amas, comme les sulfures en général, elle forme aussi des couches, de petits nids dans les matières arénacées , et se trouve mé- | langée avec des matières siliceuses. Les mines de Plomb argentifère de Poullaoen et de Huelgoat, en Bretagne, occupent un rang élevé | parmi les grandes exploitations métallurgiques de France. Les plus riches sont en Angleterre, dans le Derbyshire et le Northumber=land. BAR & 223. Le Séléniure de Plomb ou Clausthalie ( Pb Se) se trouve dans les dépôts ferrugineux ou dans la Dolomie, au Harz, dans les environs de Klausthal ; c'est une matière métalloïde, gris de plomb, en masses lamellaires fragiles ; sur le charbon , elle donne un oxyde jaune de plomb et des grains de plomb. 8 224. Le chromate de plomb naturel, ou Crocoïse {Pb Cr3 }; : se trouve cristallisé en prismes obliques allongés, de couleur rougeorangé, dans des roches quartzeuses micacées , aurifires, où il forme des veines ( Bérésof, en Sibérie ).
* $ 225. Le Molybdate de Plomb ou Mélinose { Pb Mo), nommé. aussi plomb jaune à cause de sa couleur, se trouve le plus souvent en prismes très courts (système prismätique carré) qui forment même des lamelles oblitérées ( Bleyberg, en Carinthie ).
$ 226. Genre Éraix. — L'Oxyde d’étain, où Cassitérite (Sn) ù est nommé encore, mine d’'Etain, parce qu'il fournit le minerai d'où l'on extrait l'étain; c’est une substance brune ou blanche, cristallisant dans le système prismatique à base carrée, comme le Rutile ($ 178), avec lequel elle est isomorphe. On la trouve disséminée dans les terrains de cristallisation, rarement en filons, quelquefois en masses puissantes ; elle se présente aussi en stalactites et stalagmites à structure fibreuse, et aussi en cailloux roulés dans certains dépôts d’alluvion, comme sur la côte de Piriac en Bretagne, et surtout comme en Cornouailles (Angleterre), le pays le plus riche en étain, et qui en fournit annuellement au commerce environ trois millions de kilogrammes. La Saxe et la Bohême en produisent aussi; l'Amérique méridionale (Chine, Banca, Sumatra, Malacca), en fournissent beaucoup : l’étain de Malacca est le plus estimé pour sa pureté.
$ 227. Genre Bismura. — Le Bismuth (Bi) se trouve à l'état libre, disséminé en petits nids dendritiques dans les dépôts d’arséniures de cobalt, qui font partie des gîtes argentifères. C’est un métal très fusible, d’un blanc rougeâtre, dont les composés ont . une grande analogie avec les antimoniures de même formule.
$ 228. Genre Cuivre.— Cuivre (Cu).— Métal de couleur rouge, ductile, fusible, facilement altérable par tous les corps, se couvrant à l'air d'une couche d'oxyde ou de carbonate vert, et prenant facilement le vert-de-gris { sous-acétate de cuivre) ; son odeur très Caractéristique est désagréable. Le Cuivre natifse trouve quelquefois cristallisé en octaèdres, en cube, en prismes rectangulaires , ordinairement groupés en dendrites. Il se présente le plus souvent en petites lames, filaments, rognons, veines engagées dans d'autres substances, en masses isolées dans les sables et les rivières.
Presque tous les gites de minerais de Cuivre le présentent à l'état natif ; mais on le retire spécialement des sulfures. Annuellement, il entre dans le commerce à peu près 20 millions de kilogrammes de Cuivre, d’une valeur d'environ 76 millions de francs, dans laquelle la France n'entre guère que pour un produit de 5 à 600 mille francs.
$ 229. La Chalkosine, sulfure de Cuivre ( Cu? Su), est métalloïde, gris d’acier, et se trouve abondamment disséminée, en petits rognons, dans les schistes du grès rouge ; elle forme en grande partie les dépôts cuivreux de l'Oural.
- S$S 230. De la combinaison de la Chalkosine avec un sulfure de Ferrésulte la Chalkopyrite, cuivre pyrileux, pyrite cuivreuse, (Cu? Su + Fe Su), exploitée comme le principal minerai de Cuivre ; c'est une substance métalloïde, jaune de bronze, cristallisant dans
le système du prisme à base carrée, et formant des filons et des amas puissants dans les terrains granitiques ; elle se trouve aussi dans les terrains de sédiments où se rencontre la Chalkosine.
& 231. Le Cuivre, à l’état de sulfure, peut se combiner avec des sulfures divers , et donne ainsi naissance à des composés multiples Polybasite , Panabase, Bournonite , dont nous avons plus haut indiqué les formules et le mode de combinaison ($ 179). Ces substances sont quelquefois désignées sous le nom de Cuivre gris, et sont toutes des matières de filons. La Panabase Se trouve en outre dans des gîtes particuliers , et fournit un minerai de cuivre.
& 232. Genre ArGexT. — Argent (Ag). — Métal blanc, ductile, fusible, inattaquable par les acides végétaux et inaltérable à l'air, deux propriétés qui le rendent précieux pour les usages de la vie. Il se trouve en filaments minces, souvent entremêlés et feutrés ; en petits grains disséminés dans les matières terreuses qui remplissent les fissures des filons; et en petits cristaux octaèdres ou cubiques , ordinairement groupés sous forme dendritique. Les gîtes de sulfure d'argent ou Argyrose se présentent quelquefois en grandes masses , et ce minerai abonde principalement dans certaines matières argilo-ferrugineuses qu'on nomme pacos au Pérou et colorados au Mexique. Les minerais les plus exploités sont le sulfure d'Argent en Europe, le sulfure et le chlorure du même métal au Mexique et au Pérou. Dans une extraction annuelle d'environ 4 million de kilogrammes, représentant une valeur d’à peu près 200 millions de francs , l'Amérique figure pour les neuf dixièmes.
$ 233. La Discrase (Ag? Sb) est le plus fréquent des antimoniures naturels ($ 18%).
$ 234. L'Argyrose, sulfure d'argent (Ag Su) est aussi rommé mine d'argent, parce que c’est le plus riche et le plus abondant des minerais d'argent, celui qui alimente les premières mines du monde, celles du Mexique et du Pérou; il fournit aussi aux exploitations de Hongrie et de Transylvanie, et se trouve même en très petite quantité en France (Allemont en Dauphiné, Sainte-Marieaux-Mines dans les Vosges, etc.). C'est uüne substance métalloïde, gris d'acier ou de plomb , presque toujours accompagnée du Sulfure de Plomb.
& 235. La Stibine (S 185), combinée avec diverses proportions de sulfure d'argent, donne naissance à plusieurs sulfures doubles :
L'Argyrithrose, sulfure double d’'Antimoine et d’Argent (Sb Su3 + 3Ag Su); on le nomme aussi Argent rouge, à cause de sa couleur.
. La Psaturose, sulfure double d’Antimoine et d'Argent d'une autre
DESCRIPTION DES ESPÈCES. bÉ5
formule (Sb? Sa 6Ag Su); sa couleur gris de fer lui a valu le nom d'Argent noir. |
La Myargyrite (Sb? Suë L Ag Su) est encore un Sulfure qui renferme les mêmes éléments en proportions différentes.
L'Arsenic se substitue quelquefois à l'Antimoine dans ces sortes de combinaisons, sans que les propriétés physiques soient changées ; c'est ainsi que la Proustite (Ar? Su + 34g Su) est aussi une espèce d'argent rouge. |
$S 236. Le Kérargyre, chlorure d'argent (Ag Ch?), est blanc: ou brunâtre, demi-transparent, se coupant comme la cire ou la corne. C'est à son apparence qu'il doit son nom (xépus, Corne, et à5yveos, argent), que l'on traduit quelquefois par celui d'Argent corné. Il abonde dans les mines du Mexique et du Pérou, mêlé avec la Limonite dans les pacos et colorados, qui renferment aussi de l'argent natif ($ 232 ).
S 237. Le Bromure d'Argent (Ag Br?)et l'Zodure d'Argent (Ag L2) se rencontrent dans des minerais argentifères du Mexique, du Pérou et du Chili ; on a trouvé le premier à Poullaoen en Bre-tagne.
$ 238. Genre Or. — Or (Au).— La belle couleur de ce métal, son inaltérabilité, ses usages, Sont connus de tout le monde: sa rareté ajoute encore à sa valeur. C’est le plus tenace des métaux : un fil de 0®,0027 de diamètre supporte un poids de 250 kilo— grammes sans se rompre. L'or n'existe dans la nature qu'à l'état natif, allié fréquemment à une certaine quantité d'Argent, quel-quefois au Platine, au Fer ou au Cuivre. Il se présente quelquefois en cristaux cubiques diversement modifiés , ou en octaèdres :: quelquefois aussi en lames minces ou en filaments; le plus généralement , en paillettes , en poussière ou en masses plus ou moins volumineuses qu’on désigne sous le nom de pépites.
L'Or se trouve assez rarement seul, en cristaux ou en veines. dans des filons de quartz et de roches quartzeuses ; on le rencontre. plus fréquemment disséminé dans des gites métallifères, principalement dans ceux où dominent les minerais d'Argent; plusieurs rivières, telles que l'Ariège, en France, le charrient en paillettes dans leurs sables ; il abonde surtout dans certains terrains d'alluvion, qu'on désigne quelquefois, pour cette raison, sous le nom de terrains plusiaques, Les minerais aurifères les plus renommés en Europe sont ceux de Hongrie et de Transylvanie; ils sont peu riches , et figurent à peine pour 4 millions dans les 443 millions de francs que produisent annuellement les 33,000 kilogrammes d'or extraits sur tous les points du globe. Les gites aurifères du Mexique et du Pérou, les terrains d’alluvion de la Colombie, du Brésil, du
Chili, en donnent, au contraire , pour 63 millions ; l'Asie australe, dont Bornéo est la mine la plus abondante, pour 417 ; l'Afrique’, pour 43; l'Amérique septentrionale et la Sibérie ; chacune pour 8. 8 239. Genre PLATINE. — Platine (Pl). — Métal malléable, : d'une couleur gris d'acier tirant au blanc d'argent. C'est le plus dense des corps connus : il est vingt-deux fois plus pesant que l'eau après avoir été travaillé; c'est aussi le plus inaltérable, et cette propriété le fait rechercher pour la fabrication des chaudières, des alambics ,- des creusets, tubes et capsules dont on se -sert dans les usines de produits. chimiques et les laboratoires. Toutefois, cette inaltérabilité n’est pas absolue : la Potasse, la ‘ Soude et les nitrates de ces bases l’altèrent à la chaleur rouge; le Phosphore; le Plomb fondu et d'autres métaux perforent rapidement les vases de Platine où on les enferme. \
Il se trouve plus particulièrement dans des dépôts fragmentaires ou arénacés qui se lient aux terrains de cristallisation , et se présente en paillettes au Brésil, en grains irréguliers en Sibérie, en rognons, quelquefois en pépites. Il a été aussi trouvé en petits feuillets à Bornéo. Il se rencontre ordinairement associé à l'or et au diamant, combiné avec le Fer, et généralement allié ou mélangé avec plusieurs autres métaux : le Palladium et l'Eridium, qui forment deux genres de cette classe , et l'Osmium et le Rhodium , qui constituent deux genres de la première classe ($ 192 ).
Les dépôts platinifères sont rares ; les principaux se trouvent au Brésil, dans les provinces de Matto-Grosso et de Minas-Greraës ; en Colombie, ‘dans les provinces de Choco et de Barbacoas , et sur . les pentes.d#;s monts Ourals.
Cinquième classe.
Silicates .
Les minéraux qui composent cette classe vnt tous l'aspect pierreux, ce qui les a ‘fait désigner pendant longtemps sous Le nom de pierres. Ils se présentent sous deux états distincts : les silicates hydratés et les silicates anhydres; les premiers sont tendres , se dissolvent facilement dans les acides; les seconds sont durs, tres difficilement solubles dans les acides, la plupart sont même inattaquables par ces réactifs. — La pesanteur spécifique des silicales est comprise entre 25 et 56; un petit mombre seulement présentent cette limite extrême,
8 240. Il faut distinguer dans ce grand groupe, si naturel et si riche en espèces, deux grandes catégories fondées sur la présence où l'absence ‘de l’Alumine ; ces deux catégories offrent ellesmêmes des subdivisions correspondantes, dont le petit tableau suivant présentera les caractères essentiels, et dont nous étudierons les principaux représentants qui appartiennent en grande partie aux terrains de cristallisation.
hydratifères. … . . . . .: . Serpentine. Diallage,
ALUMINEUX doubles +1 +. Pyroxène, Amphibole,
parreren 1. .) 40. + * Staurotide,.Disthène, smnples s Aydnalés,. + ." Lu ol NA réiles.
Latine | yaratifères HUNBON ENS . Allophane. Halloysite, At É f avec chaux anhydres. Feldspath. Grenat, ou ses isomorphes. hydratés, Scolézite.
Ant e anhydres. Rhyacolite.
" 17 {lydratés.. Mésotype. Analcime, \'doubles chloriteux . ACT, CS IGbloriess alumino-silicates. . . . , *. Ghamoisite. Berthiérine, Jluorifèresye 4h puéltorih sets Micab. Topage. Boriferes mt een 00 PSE TE DurmalinE:
sulfuürifères. + 4,1, .,.1, Outremer.
anhydres |, 1.1 4 ja, U Zircon. Péridot, Tale. rate simples [hurates ele p.14 sStéatite, Magnésile, |
I, Silicates alumineux simples.
Selution, privée de silice, donnant par l'ammoniaque un précipité floconneux abondant , atlaquable par la potasse caustique. <
S 241. Nous avons déjà eu occasion de citer la Staurotide [(4/, Fe)4 Si | à cause de ses cristaux {$ 114); c'est une substance brune, transparente ou opaque que l’on rencontre en Bretagne. Le Disthène (Al Si) se trouve, en général avec la substance précédente, dans les micaschistes du Saint-Gothard ; c'est une substance fréquemment bleue, ce qui lui a valu le nom de cyanite.
$ 242. On donne le nom général d’Argiles aux silicates hydratés des différents groupes de cette classe. Ce sont des matières compactes , très tendres, généralement opaques, ternes, terreuses, souvent mêlées à des matières sableuses plus ou moins abondantes ; elles servent à une foule d’usages, et constituent les terres labourables désignées sous les noms de terre forte, terre franche. Imperméables, elles arrêtent les eaux de pluie qui filtrent dans les terrains de sédiment , et donnent ainsi naissance aux sources.
Le Kaolin, ou argile à porcelaine, provient de la désagrégation et de la décomposition des roches feldspathiques ($ 244). La dé- Composition a eu pour résultat la disparition de toute la Potasse, et d'une partie de la Silice: elle a laissé une Argile infusible. Pour la fabrication de la Porcelaine, on méle au Kaolin une certaine quantité d'un Feldspath fusible, le Pétunzé ; il en résulte une pâte, qui éprouve à une très haute température un commencement de fusion auquel la Porcelaine doit sa demi-transparence : c'est le Pétunzé seul qui constitue la couverte ou vernis dont la Porcelaine est revêtue. On trouve de grands dépôts de Kaolin dans le Limousin.
Les Argiles proprement dites sont des substances résultant de la décomposition de roches feldspathiques ($ 244) et micacées (8248), broyées , lavées et réduites en un limon‘plus ou moins homogène : saussi varient-elles beaucoup dans leur composition et leurs propriétés ; elles sont fusibles ou réfractaires. Celles qui forment avec
l’eau une pâte liante et ductile prennent le nom d’Argiles plastiques, et servent à la fabrication des poteries ; la cuisson leur enlève la faculté de faire pâte avec l'eau, et la ductilité qui les rend propres à l'emploi qu'on leur donne. Elles sont blanches ou colorées en vert, en rouge, etc.; les plus pures sont employées pour les terres de pipe. Les Arles smecliques, ou terres à foulon, sont, au contraire, très peu ductiles et grasses au toucher. Les Ocres rouges et jaunes sont des Argiles colorées par les oxydes de Fer (&$ 211 et 212) : ilen est de même de l’Argile limoneuse ou terre à briques, à carreaux, etc. Les poteries de grès sont fabriquées avec des Argiles réfractaires mêlées d'une quantité suffisante de Sihce, et cuites à grand feu, ce qui les rend plus denses.
S 243. Les Alophanes ! "9 AI Si — Al Aq° ) et les Halloysites (241 SP + AT Agi) sont des silicates hydratifères, blanchâtres ou colorés par un oxyde; ils diffèrent peu entre eux, comme on le voit,
st abondent dans certaines localités, comme à Beauvais et à Bayonne.
IT. Silicates alumincux doubles.
“Solution acide renfermant diverses matières en même temps que l'alumine, et . précipitant dès lors par divers réactifs.
S 244. Comme l'indique notre tableau, cette subdivision comprend un grand nombre de corps de compositions différentes , anhydres ou hydratés. Parmi ceux qui contiennent la chaux ou ses isomorphes, il en est dans lesquels l'alumine est remplacée par du peroxyde de fer ; la subdivision des silicates alcalins se rapproche beaucoup .de la précédente , et les minéraux que l’une et l’autre renferment se rapportent à quelques groupes généraux, parmi lesquels nous citerons les Feldspaths, les Grenats et les Idocrases.
On comprend sous le nom de Feldspath un groupe d'espèces ou de variétés minérales très rapprochées par tous leurs caractères, et qui sont la base des terrains de cristallisation, comme le calcaire forme celle des terrains de sédiment. Ce sont des silicates doubles d'Alumine et d'une seconde base, qui est la Potasse ‘dans l'Orthose, la Soude dans l’Albite, la Lithine dans le Pétalite, a Chaux dans le Labradorite, la Soude et la. Potasse dans le ‘R hyacolite. La comparaison synoptique des formules de ces diverses s ubstances fera saisir ces substitutions de base :
3 Al SB + K Si, 3 Al Sis LE Na Si, 3 AL Si + ©L Si, 3 AL Si + Ca Si, 3 AI Si + (Na,K) Si.
On voit que les trois premières substances d'une part, et les deux dernières de l’autre, constituent deux groupes secondaires différant l’un de l’autre par la proportion de la silice. Parallèlement
Orthose, . . « .
AIDite Peer, Pétalite, . . .
Labradorite. . .
Rhyacolite . . .