‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 18 sur 235 · DE LA VUE · texte numérisé non relu

DE LA VUE

S 57. La vue est le sens qui nous fait connaître la forme, la couleur, le volume et la position des objets qui nous environnent. Ce sens, que Buffon appelait un toucher lointain, réside dans , 4 , S Q Je l'AsA YO .n l'œil , et s'exerce à distance par l'intermédiaire de la lumière (4).

Pour que nous puissions voir un corps, il faut que les rayons de lumière qui en partent arrivent au fond de l'œil, et y peignent l'i-

(4; Pour comprendre le mécanisme de la vue ,il ne suffit pas de connaître la structure de l'œil, il faut aussi être familiurisé avec quelques unes des proprièles dela lumière , sujet dont l'étude est du domaine de la physique.

La lumière émane des corps lumineux, tels-que le soleil , les étoiles fi corps en combustion, et se répand au loin, en ligne droite, avec une vitesse excessive,

À mesure que les rayons s'éloignent du corps dont ils émanent ,

xes et les

ils s'écartenit les

mage de cet objet ; l'impression ainsi produite est reçue par un nerf particulier, et transmise au cerveau , qui perçoit la sensation.

$ 58. L'appareil de la vue se compose : 1° de l'organe de la vision, qui est le globe de l'œil, et de son nerf; 2° des organes accessoires de la vision ou protecteurs et moteurs de l'œil. :

Le globe de l'œil est une boule creuse remplie de certaines humeurs , et disposée de manière que les rayons de lumière puissent y pénétrer, et se rassembler sur le nerf qui en occupe le fond.

Les parois de ce globe sont formées par une membrane très solide, qui se compose de deux portions : l’une située en avant et nommée cornée transparente ; l'autre occupant les côtés et le fond, et appelée sclérotique (pl. 5, fig. 3, 4).

‘La sclérotique entoure l'œil partout , excepté en avant; elle est blanche et tout-à-fait opaque : c'est elle que l’on désigne vulgairement sous le nom de blanc de l'œil.

La cornée transparente est au contraire diaphane ; elle est encadrée dans un grand trou de la sclérotique, et ressemble à un

verre de montre assez bombé, qui serait enchâssé dans une boule creuse de couleur blanche.

À une petite distance, derrière la cornée transparente, se trouve une espèce de cloison verticale nommée iris, à cause de ses couleurs variées qui se voient à travers la cornée. Son centre est percé par une ouverture qui est susceptible d’agrandissement ou de diminution , et qui est appelée pupille.

uns des autres, et c’est pour cette raison que les objets sont d’autant mieux éclairés qu'ils sont plus rapprochés du corps éclairant,

Lorsque la lumière rencontre un corps, ou elle le traverse , ou elle est réfléchie, où bien elle est absorbée.

Les corps qui laissent passer la lumière sont nommés transparents ; ceux qui s'opposent à son passage sont appelés opaques.

Les surfaces des corps opaques ne renvoient pas toujours la lumière telle qu’elles la reçoivent, Il en est; comme nous l’avons déjà dit, qui en absorbent tous les rayons; ces corps sont appelés noirs.

Les corps qui refléchissent tous les rayons, on à peu près, sont blancs; mais ceux qui les décomposent paraissent colorés.

La couleur n’est pas inhérente aux corps, elle dépend de la manière dont ils décomposent la lumière , et de l'espèce de rayon lumineux que le corps coloré peut réflechir, En effet . chaque rayon ordinaire de Inmière qui nous paraît incolore est compose de sept rayons diversement colorés. Il est un moyen très simple de s’en convaincre : si l’on reçoit sur une feuille de papier un faisceau de rayons lumineux Qui aura traversé un prisme de verre, au lieu de produire une image blanche, il formera une image oblongue , dans laquelle on distinguera les sept couleurs suivautes : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet, Or, les objets uous paraissent blancs quand ils renvoient la lumière sans la décomposer. et colorés de lelle ou de tele manière, lorsqu'ils la déconiposent comme le prisme, et absorbent quelques unes de ses parties pour réfléchir les autres.

En traversant les corps transparents, les rayons de lumière continuent quelquefois à suivre leur direction primitive ; mais d'autres fois cette direction change de façon à les éloigner davantage entre eux ou à les rapprocher, C’est pour cette raison qu’un bâton bien droit, plongé à moilié dans l’eau . paraît comme s’il était brisé , et c’est aussi en agissant de la sorte sur la lumière que les verres concaves ou convexes des lunettes agrandissent ou rapelissent les images des corps, Cette déviation de la lumière s'appelle réfraction.

L'espace compris entre la cornée et l'iris se nomme chambre an térieure de l'œil, et Se trouve rempli d’un liquide transparent appelé humeur aqueuse.

Derrière la pupille se trouve le cristallin, petite lentille transparente, de forme circulaire ; derrière le cristallin on rencontre une masse diaphane , molle comme de la gelée, qui est appelée humeur vitrée, et qui occupe toute la partie interne du globe de l'œil.

Le nerf optique, qui vient du cerveau , pénètre dans le globe de l'œil à travers la partie postérieure de la sclérotique, et y forme, en s'épanoussant, une membrane molle et blanchâtre nommée rétine, qui enveloppe en arrière l'humeur vitrée. Enfin, entre la rétine et la face interne de la sclérotique se trouve une autre membrane qui est ordinairement colorée en noir, et qui est appelée choroïde. C’est elle qui se voit à travers la rétine et les humeurs de l'œil quand on regarde vers le fond de cet organe, et qui donne à louverture de la pupille l'apparence d'une tache noire plutôt que d'un trou.

Telles sont les diverses parties qui composent le globe de l'œil chez l'homme et tous les autres animaux supérieurs. Passons à la vision.

$ 59. Les rayons de lumière de l’objet que nous voyons pénètrent jusqu’à la rétine , et y forment une image petite, mais très nette, de cet objet.

La manière dont la lumière se comporte dans l'intérieur de l'œil est la même que dans l'instrument d'optique nommé chambre obscure. Les diverses parties transparentes que les rayons lumineux traversent pour arriver de la cornée jusqu'à la rétine ont pour effet de rapprocher tous ces rayons, et de les concentrer sur la rétine. C'est surtout le cristallin qui détermine cette concentration de la lumière, et c'est de ce phénomène que dépend la formation des images au fond de l'œil.

Lorsque la force avec laquelle l'œil concentre ainsi la lumière esttrop grande, on ne peut voir distinctement qu’à une très petite distance, et on donne à cette infirmité le nom de myopie; au contraire, lorsque les rayons lumineux ne se rapprochent pas assez en traversant l'œil, on ne voit distinctement que les objets éloignés, et on est presbyte. Cette faiblesse dans le pouvoir réfringent de l’œil est une conséquence de la vieillesse, et on y remédie en plaçant devant les yeux des verres convexes. Pour donner aux myopes une vue plus longue , il faut, au contraire, employer des lunettes à verres concaves qui écartent les rayons lumineux, et qui contrebalancent ainsi la force réfringente trop considérable de l'œil.

L'iris est contractile et a pour principal usage de régler la quantité de lumière qui doit pénétrer jusqu'au fond de l'œil ; lorsque la

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lumière est trop vive . il se contracte, et diminue, par conséquent, l'ouverture de la pupille à travers laquelle les rayons doivent-passer pour arriver à la rétine ; dans l'obscurité, au contraire, la pupille s'agrandit.

La membrane choroïde , qui tapisse la face interne du globe-de l'œil, est recouverte d'un vernis noirâtre qui absorbe tous les rayons lumineux inutiles à la vision.

Enfin, les images peintes, pour amsi dire, sur la rétine , y déterminent une excitation qui est transmise au cerveau par le moyen du nerf optique, et qui, là, fait naître une sensation.

$ 60, Les parties accessoires de l'appareil de la vision sont de deux espèces : les unes sont destinées à protéger:le globe de l'œil, les autres à le mouvoir, et à lui donner la direction convenable pour mieux remplir ses fonctions.

Les organes protecteurs de l'œil sont : 4° l'orbite, 2° les paupières, 3° l'appareil lacrymal , 4° les sourcils

L'orbite est une grande cavité osseuse creusée dans la face, de chaque côté du nez. Elle a la forme d’un cône dont la base serait ouverte et dirigée en avant, et ses parois sont formées en haut par l'os du front, en bas par l'os maxillaire supérieur, en dehors par l'os de la pommette, et en dedans par des:os qui concourent à former le nez. Le fond de l'orbite est percé d’un grand trou qui communique avec le crâne et livre passage au nerf optique.

Le globe de l'œil est enchâssé dans cette cavité, et y reposesur une espèce de coussin formé par de la graisse. Il est ainsi protégé de toutes parts, excepté en avant, et là se trouvent les paupières:

Les paupières sont des voiles mobiles tendus au-devant du globe de l'œil. Elles sont formées à l'extérieur aux dépens de la peau: à l'intérieur, elles sont tapissées par une membrane lisse qui se réfléchit sur le devant du globe de l'œil, et que l'on nomme :la membrane conjonctive ; entre ces deux membranes est placée , pour chaque paupière, une petite lame de substancé fibreuse et résistante que l’on nomme cartilage tarse, ainsi que des muscles ser: vant à mouvoir ces organes. Chez l'homme, il existe deux :paupières, l’une supérieure et l’autre inférieure. La paupière supérieure est plus étendue que la paupière inférieure.

Le bord des paupières est hérissé de petits poils longs et déliés que l’on nomme cils. L'usage de ces cils est de former au-devant de l'œil une petite grille qui arrête les corps étrangers :dontla présence troublerait l'exercice de la vision. |

Les paupières ont le double usage de protéger le globe de l'œil en s’abaissant au-devant de lui , et de le rendre inabordable-aux rayons lumineux dont l'éclat pourrait troubler le sommeil. De plus, les paupières, par leur mouvement alternatif d'abaissement ‘ou

j'élévation , étendent au-devant du globe de l'œil les larmes , liquide aqueux qui empêche la cornée de se dessécher, et qui favorise le mouvement des paupières.

L'appareil lacrymal, qui sécrète les larmes, est composé de plusieurs organes , dont les uns sont destinés à former ce liquide et à le verser au-devant de l'œil; les autres ont pour usage de conduire au-dehors de l'œil ces larmes, dont la présence deviendrait génante si elle était trop prolongée. Les premiers organes sont :

4° La glande lacrymale, petit corps de la grosseur d’une amande, placé à la partie extérieure et supérieure du globe de l'œil, entre cet organe et la cavité orbitaire { pl. 5, fig. 5, gl) : ella sert à sécréter les larmes; 2° plusieurs petits canaux qui naissent de cette glande et viennent s'ouvrir à la face intérieure du bord adhérent de la paupière supérieure, où ils versent constamment le fluide lacrymal sur la surface de la membrane conjonctive.

Les organes destinés à enlever les larmes répandues au-devant de l'œil, et à les verser dans les fosses nasales, sont deux petits canaux qui s'ouvrent sur le bord libre des paupières, près de l'angle interne de l'œil, par deux petits orifices qu'on nomme des points lacrymaux ( fig. 5, pl.) Chacun de ces points (placés l'un en haut, l'autre en bas } communique avec un petit canal courbé, qui se porte en dedans, et va s'ouvrir dans un conduit vertical plus large, que l’on nomme le canal nasal, et qui débouche dans les fosses nasales. Les fonctions de ces points lacrymaux sont de pomper les larmes au fur et à mesure qu'elles sont: versées audevant de l'œil; de cette manière, le fluide est enlevé dans la proportion qu'il est formé. Dans quelques circonstances particulières , l'équilibre de ces deux phénomènes est rompu ; et, soit que les larmes soient sécrétées en plus grande quantité, soit que les points lacrymaux ne les pompent pas aussi activement, ou qu'elles soient arrêtées dans leur cours à travers les conduits lacrymaux et le canal nasal, ce fluide déborde les paupières et tombe en grande quantité le long des joues.

Les sourcils, qui forment une saillie au-dessus de l'orbite et sont garnis de poils, sont aussi des parties protectrices du globe de l'œil, mais leurs usages sont moins importants que ceux des organes dont nous venons de parler.

8 61. Les organes moteurs de l’œil sont six muscles qui se fixent par leur extrémité antérieure à la sclérotique, et par leur extrémité postérieure au fond de l'orbite (pl. 4, fig. #, m). En se eontractant, ils dirigent le globe de l'œil du côté où sont placées leurs fibres musculaires.

… L'appareil de la vision présente à peu près la même structure Chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons ;

mais Chez les insectes , l'organisation des yeux est très différente, Comme nous le verrons quand nous ferons l'histoire de ces animaux,

$ 62. Par l'intermédiaire des sens nous prenons Connaissance de ce qui nous entoure ; mais nos relations avec le monde extérieur seraient très imparfaites sinous ne pouvions agir sur ces corps, changer de place et exprimer ce que nous sentons. Nous possédons, en effet, ce pouvoir, qui est le résultat de la faculté de produire des sons, et de la faculté d'exécuter des mouvements.

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