DU SENS DE L'OUIE
8 54. L'ouie est le sens qui nous permet d'entendre les sons. Les sons sont produits par des mouvements de va-et-vient très
rapides, qui se manifestent dans les corps solides , et qui sont ap-
pelés des vibrations.
Les vibrations sonores se communiquent du corps où ils se pro-
luisent à l’air environnant, et se propagent ainsi de proche en
x2 ZOOLOGIE.
proche, comme des mouvements d'ondulation que l'on détermine
à la surface de l’eau en y jetant une pierre.
Pour que les sons agissent sur nos sens, il faut que ces mouvements d'oscillation arrivent jusqu'au fond de l'appareil de l'ouïe , et ailleut ébranler l'extrémité du nerf destiné à transmettre au cerveau la sensation qu'ils produisent. |
$& 55. L'appareil de l'ouïe se nomme oreille: il est double, et placé symétriquement de chaque côté de la tête. Chacun de ces appareils est logé dans l'intérieur de l'un des os du crâne nommé temiporal. La portion de l'os temporal qui le renferme est extrême ment dure et, pour cette raison, a reçu le nom de rocher.
Chez l'homme et les autres animaux de la classe des mammifères , l'appareil de l’ouïe est très compliqué dans sa structure , et peut être divisé en trois parties principales, que les anatomistes. appellent l'oreille externe , l'oreille moyenne et l'oreille interne (pl. &, fig. 4).
L'oreille externe se compose du pavillon de l'oreille et du conduit auditif.
Le pavillon de l'oreille (fig. #, p) est une espèce de lame cartilagineuse et très élastique qui entoure l'appareil auditif, et présente chez beaucoup d'animaux la forme d'un cornet qui sert à diriger les sons vers l'intérieur de l'oreille. Chez l'homme, ce pavillon présente plusieurs saillies et enfoncements ou anfractuosités dues ax plissement de’ {a lame cartilagineuse qui le forme.
Le conduit auriculaire, ou ds auditif externe (fig. k, ca), est une espèce de tube qui commence au fond d une partie évasée du pavillon nommé conque, et s'enfonce dans l'os temporal; 1l est béant à son extrémité externe, mais aboutit intérieurement à une espèce de cloison membraneuse nommée membrane du tympan, qui le sépare de l'oreille moyenne.
L’oreille moyenne se compose de la caisse du tympan et de quelques parties accessoires.
On appelle caisse du tympan (fig. 4, cai) une petite cavité de forme irrégulière qui est creusée dans le rocher, et qui se trouve entre le conduit auditif et l'oreille interne. Elle est remplie d'air, et ce fluide y arrive par un conduit nommé trompe d Eustache, qui s'ouvre à la partie supérieure de l'arrière-bouche.
L'entrée de la caisse est bouchée par une cloison très mince, qui est tendue comme la peau d’un tambour, et qui se nomme tympan. Cette membrane sert à faciliter la transmission des sons de l'extérieur jusqu'au fond de l'appareil auditif, et aussi à modérer les sons trop intenses ; car elle est disposée de façon à pouvoir se tendre ou se relâcher, et en se tendant, elle transmet moins bien les sons.
Onremarque aussi, dans l’intérieur de la caisse, une chaîne trans-
FONCTIONS DE RELATION. k3
versale formée par quatre petits osselets nommés, à raison de leur forme, le marteau, l'enclume , l'os lenticulaire et l'étrier (pl. #, fig. 5, 6).
Le marteau appuie sur la membrane du tympan, et donne attache à des muscles qui , en se contractant , peuvent le faire presser plus ou moins fortement sur elle ; c’est de la sorte que cette membrane:se tend ou se relâche pour s'adapter à l'intensité du son dont elle est frappée.
Du côté interne de la caisse, il existe deux petites ouvertures qui sont bouchées par des membranes tendues comme celle du tympan, et qui conduisent dans l'oreille interne. L'une d'elles, appelée la fenétre ovale, est en contact avec la base de l'étrier ; l'autre, nommée fenétre ronde, est située un peu plus bas. Enfin, læ caisse communique aussi avec un grand nombre de cellules creusées dans la substance du rocher.
L’oreille interne se compose de trois parties, savoir : le vestibule, les canaux semi-cireulaires et le limaçon (fig. #). Ces organes sont remplis d’un liquide aqueux au milieu duquel viennent se ter miner les filets du nerf acoustique.
8 56. C'est le vestibule et les nerfs acoustiques qui constituent la partie essentielle de l'appareil auditif : les autres parties que nous venons d'énumérer sont destinées à perfectionner cet appareil, ‘et peuvent, pour la plupart. être détruites, même chez l'homme, sans qu’une surdité complète résulte nécessairement de leur perte ; ils manquent aussi chez un grand nombre d'animaux.
Ainsi les oiseaux n'ont pas de pavillon de l'oreille ; les reptiles manquent de pavillon et de conduit auriculaire ; chez les poissons, toutes les parties de l'oreille moyenne manquent aussi, et chez d'autres animaux , tels que l'écrevisse, l'appareil de l'ouie ne consiste plus qu'en une petite vésicule semblable au vestibule.