TREMBLEMENTS DE TERRE. SOULÈVEMENTS
$ 17. Tremblements de terre. — Les secousses qui remuent | toute une contrée, et en bouleversent le sol, produisent des effets terribles dont tout le monde a entendu le triste récit. Ces ébranle- | ments de terrain consistent tantôt en oscillations horizontales, | tantôt en secousses verticales, et quelquefois en tournoiements qui doivent leur origine à la simultanéité de ces deux espèces de . mouvements combinés. Des soulèvements et des affaissements suc- | cessifs ; le transport de certaines parties au-dessus ou au-dessous | de parties voisines avec lesquelles elles étaient précédemment de niveau ; l’entrebäillement de crevasses qui restent dorénavant ouvertes ou qui enferment et broient entre leurs parois les habitations qu'elles entraînent ; la disparition de courants d’eau engloutis dans des gouffres subitement ouverts et refermés ; l'apparition , au contraire, de lacs nouveaux au fond des gouffres béants , ou de sources froides ou chaudes là où il n’en existait pas d'indices ; l’accumulation des eaux des rivières contre les obstacles rapidement soulevés ; les débâcles irrésistibles de ces torrents qui vont se | creuser de nouveaux lits; les profondes déchirures des côtes ; les trépidations des promontoires qui sont abaissés ou soulevés ; tels sont les effets les plus ordinaires de ces catastrophes épouvantables dont l’action est quelquefois circonscrite sur des espaces étroits ,
mais qui s'étendent quelquefois sur de grandes surfaces, et même suivant un grand cercle dans tout un hémisphère. Les tremble | ments de terre dont la Calabre a été le théâtre en 1783, nous offrent en quelque sorte un tableau raccourci de tous ces incidents réunis.
$ 418. Soulèvements et affaissements. — Quelquefois ces grands mouvements de terrain ne s’accomplissent pas d'une manière brusque, mais arrivent lentement et s'achèvent sans secousse. Aïnsi, il paraît bien démontré que , depuis le temps des Romains, une partie de la côte de Naples s'est abaissée au-dessous du niveau de la mer et à été ensuite soulevée au-dessus de ce niveau, sans que les monuments bâtis sur ce sol mobile aient été bouleversés. Pour s’en convaincreil suffit de visiter les ruines d’un ancien temple situé près de Pouzzoles, et connu sous le nom de Temple de. Sérapis; ce monument, dont il reste trois colonnes debout, pa-. raît avoir été construit vers le mm° siècle et était jadis très fré— quenté pour les bains thermaux que l'on y prenait: mais à une époque postérieure, que l’on suppose remonter à 4488, le sol s'est | affaissé et le temple a été recouvert par la mer jusqu'à une hau- | teur d'environ cinq mètres au-dessus du pavé. Des animaux marins se sont alors établis sur la portion submergée des colonnes, | et des mollusques lithophages du genre Pholade y ont creusé, sur une hauteur de deux mèêtres , d'innombrables trous, de la rnême. manière que cela se voit sur les rochers baignés actuellement par | la mer. Aujourd'hui l’état des choses n'est plus le même : le pavé. du temple est de nouveau à sec, et les traces des Pholades dont | nous venons de parler sont élevées à une hauteur de plus de trois mètres au-dessus du niveau de la mer. Or, ces changements dans | les niveaux relatifs de la côte de Pouzzoles et de la mer voisine. ne peuvent dépendre de ce que les eaux de celle-ci se seraient | alternativement élevées et abaissées, car de semblables mouvements auraient été accompagnés d’inondations épouvantables tout | le long du littoral de la Méditerranée, ce qui n'a pas eu lieu ; on ne peut donc expliquer ce phénomène qu'en supposant que la côte elle-même, après s'être affaissée de plusieurs mètres , s’est relevée graduellement. 20
Cette hypothèse devient une vérité démontrée quand on voit, de. nos jours encore , la Scandinavie et le Chili présenter un phéno-\ mène analogue. Sur les côtes de la Suède, par exemple, certains rochers, qui jadis étaient submergés, se montrent hors de l'eau, et les falaises s'élèvent de plus en plus au-dessus du niveau de la mer Depuis longtemps on s’apercevait bien qué la mer abandonnait. certaines parties du littoral et que l’eau baissait dans plusieurs |