‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 185 sur 235 · PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES

| ports de cette région ; mais on a constaté ces changements de niveau d'une manière encore plus rigoureuse : depuis plus d'un siècle on a | fait des marques à fleur d’eau, sur différents rochers, afin de s’en servir comme points de repère, et en les examinant d'année en année on a trouvé que ces marques s'élèvent successivement au-dessus du niveau de la mer. Dans le golfe de Bothnie, cette élévation paraît être en moyenne de quatre pieds par siècle, mais ailleurs elle est moindre, et sur d'autres points du littoral de la Baltique elle est nulle, ce qui prouve que le changement de niveau ne dépend pas de l'abaissement de la mer.

|. $ 49. En effet, les affaissements et les soulèvements dont il vient d’être question ont été souvent attribués à ce que la mer aurait envahi le continent, ou bien à ce qu'elle l’aurait au contraire abandonné. L'une et l’autre de ces hypothèses sont fausses. | En vertu des lois qui régissent l'équilibre des liquides , il est im- | possible, en effet, que le niveau de la mer change en un point sans changer en même temps dans toute son étendue; or, il est des points où ce niveau n'a pas varié depuis les temps historiques, tandis qu'il s’est modifié sur d’autres ; 1l faut donc en conclure que la mer ne change pas de niveau, et que les continents, au con- \traire, malgré leur immobilité apparente, sont perpétuellement agités de mouvements corrélatifs de soulèvement et d’affaissement. La conséquence immédiate de l'observation précédente, c’est qu'il ne faut plus s'étonner si des dépôts d'êtres marins se ‘trouvent à des hauteurs considérables au-dessus du niveau actuel de la mer : les terrains sur lesquels ils reposent ont pu les porter à ces hauteurs, par suite de soulèvements semblables à ceux dont nous sommes aujourd’hui témoins. Les contournements divers des couches terrestres , leur dislocation, trouvent aussi leur explication dans l’action de phénomènes identiques à ceux que nous venons de signaler, et dont l'admission n'offre rien que de très naturel.

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