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TERRAINS DE SÉDIMENT

$ 34. Le carbonate de chaux compacte ou terreux , et plus ou moins mélangé de matières diverses, intercalé avec des dépôts arénacés de nature et d'épaisseur très variables, constitue, en général; les terrains de sédiment. Le caractère principal et distinctif de ees terrains, celui qui a le mieux persisté après les modifiations diverses qu'ils ont subies depuis leur formation, est la stratification, c'est-à-dire la disposition en couches ou strates successives, superposées parallèlement les unes aux autres.

D'après le mode de formation des terrains sédimentaires chaque couche, et même chaque feuillet d’une même couche constituait nécessairement , au moment de son apparition, un dépôt tout-à-fait superficiel; c'et donc successivement que se sont superposées l'une à l’autre les couches que nous trouvons maintenant dans l'épaisseur du sol, de sorte que la couche qui recouvre est un sédiment plus moderne que toutes les couches qui sont recouvertes. En étudiant les caractères de toutes les couches existantes, et en les comparant ensuite, on pourra dès lors établir l'âge relatif de chacune d'elles, en déterminant l’ordre chronologique de leur formation d'après l’ordre successif de leur superposition.

L'étude comparative de la nature minéralogique des dépôts stratifiés a conduit à en distinguer un grand nombre, dont nous indiquerons plus bas l'essence et l'âge géologique; et, comme on pouvait le prévoir d'après leur mode de formation, ils se trouvent partout dans le même ordre de superposition; le terrain qui, dans une localité, en recouvre un autre, ne pourra Jamais se trouver ailleurs au-dessous de lui; il pourra manquer complétement, de façon à laisser ce dernier à nu ou en contact avec une couche qui ailleurs le recouvre lui-même; mais partout, lorsqu'il existera , il devra être supérieur à tous les terrains dont la formation date d'une époque plus reculée.

Ainsi nous avons vu que, dans les environs de Paris (1), le gypse repose sur le calcaire grossier, ceui-ci sur l'argile plastique, et

(1) Voyez la coupe théorique des bords de la Seine , pl. 5, fig. 2.

cette argile sur la craie ; il se pourra que, dans d’autres localités, de nouvelles couches s’interposent entre ces divers terrains, où que l'une d'elles disparaisse complétement; par exemple , l'argile venant à manquer, le calcaire grossier pourra reposer directement sur la craie: mais ce calcaire, par cela seul qu'il repose sur la craie dans un point quelconque , a dû se déposer après que celle-ci était déjà formée, et par conséquent on ne pourra nulle part le trouver au-dessous d'elle.

8 35. Ilest évident aussi que lorsque ces couches solides se déposent lentement au fond des eaux, elles doivent avoir une position à peu près horizontale , et qu’elles doivent occuper les parties les plus déclives de la surface sur laquelle elles se forment, de manière que si celle-ci présente des élévations considérables, elles pourront rester à nu et se montrer à un niveau supérieur à celui qu’occupe la formation nouvelle. Ainsi, dans les basses plaines de

nos continents , les couches sont horizontales ; elles n’ont point subi :

de modification dans leur position depuis l’époque peu éloignée où elles se sont formées, et beaucoup s'y forment même encore; de sorte que, lorsqu'on se dirige de ces plaines basses vers les chaînes des montagnes, et qu'on monte au sommet de celles-ci, on rencontre successivement des terrains de plus en plus anciens, à mesure qu’on s'élève davantage.

Si, dans certains cas analogues à ceux que nous venons de citer, les dépôts stratifiés ont conservé la position horizontale qu'ils avaient dans le principe; dans d’autres, au contraire, ils sont devenus plus ou moins obliques. Ainsi, en étudiant avec soin la superposition et la direction des couches, soit dans les escarpements naturels, soit dans les excavations creusées pour les routes ou pour tout autre fin, ou encore à la surface du sol quand les couches viennent y affleurer , on observe souvent que ces couches se relèvent, que leur direction coupe célle des couches qui leur sont superposées, et que parfois même elles sont tout-à-fait verticales. Comme il est impossible que ces dépôts sédimentaires se soient établis dans cette position , il faut nécessairement admettre qu'ils l'ont prise postérieurement à leur formation ; par conséquent, entre l’époque où ils ont pris naissance et celle où se sont déposées: les couches de direction différente qui leur sont superposées, un”

grand phénomène géologique, un mouvement analogue à ceux

que nous avons vus opérer actuellement de semblables effets, est venu changer l'inclinaison des strates sédimentaires primitivement horizontales. Ces grands mouvements sont donc le résultat de soulèvements, et la succession relative de ces soulèvements peut:

Tu

être rigoureusement déterminée, puisqu'ils sont bien évidemment |

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