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MÉTAMORPHISME

conservé leur conformation primitive pour que l'onspuisse constater leur mode d'émission; mais leur nature, la manière dont elles sont injectées dans toutes sortes de dépôts, la forme de leurs masses , leur état pâteux primitif démontré par la manière dont elles ont enveloppé les débris des terrains qu'elles ont traversés, tout nous indique l’origine ignée de ces roches.

Toutes les roches cristallines ne sont pas cependant d'origine ignée ; il en est qui ne doivent cet état qu’à un phénomène désigné sous le nom de métamorphisme.

$ 40. Métamorphisme. — On entend par ce mot les transformations particulières que subissent les terrains dans leur état et dans leur composition sous l'influence de la chaleur et de certains agents chimiques, au voisinage des roches plutoniques. C’est ainsi, par exemple, que, par l’action du Basalte, les marnes, les calcaires terreux sont convertis en calcaire compacte, approchant quelquefois de l’état saccharoïde; les argiles sont calcinées, les débris de végétaux, carbonisés ; les calcaires sont devenus magnésiens et constituent de véritables dolomies. Il faut donc se garder de confondre avec les roches essentiellement cristallines, les substances qui, telles que les micaschistes, le schiste talcqueux, le marbre saccharoïde et souvent le gneiss, ne doivent leur état cristallin qu'à l'influence des roches plutoniques, et appartiennent, par leur mode de formation, aux terrains sédimentaires. Nous en dirons autant des quartzites dont nous avons parlé plus haut { $ 38); des dolomies que nous venons de citer, etc. Or, cette dolomisation des calcaires est déterminée aussi par le contact des roches trappéennes (S 27 ), qui, en outre, peuvent aussi rendre ces calcaires, cristallins et saccharoïdes, et ces mêmes effets ou d’autres analogues, comme la transformation des argiles durs en ardoises, la disparition des corps organisés, sont déterminés par l’action des roches granitiques , porphyriques, des Serpentines, Diallages et autres. Le métamorphisme, outre qu’il empêche de confondre avec les roches essentiellement plutoniques celles qni sont d’origine sédimentaire, est donc encore un indice de la nature ignée des roches qui le produisent, et dont nous ne pouvons directement constater l'origine.

$ 41. En raison de la chaleur propre que possède notre globe, et de la manière dont la première pellicule solide s’est formée sur sa masse en fusion , il est clair que ce sont les couches stratifiées les plus anciennes qui ont dû devenir cristallines par le phénomène du métamorphisme, et que ces couches se trouvent à la base des terrains stratifiés non altérés. Cette position, jointe à la nature cristalline et à l'absence de fossiles, avait conduit à associer ces

roches aux roches ignées, sous la dénomination commune de roches primitives. Mais la considération importante tirée du métamorphisme, et cette observation fondamentale que l'action ignée est continue dans notre globe , que des roches plutoniques se sont produites à toutes les époques et ont altéré les terrains de tous les ages, doivent faire soigneusement distinguer les dépôts cristalhins sédimentaires des masses plutoniques, et rejeter la dénomination de primitif, en tant qu’elle prétendrait indiquer une époque relativement plus ancienne dans la succession des périodes géologiques.

& 42. Les modifications si remarquables dont nous venons de parler ne sont pas les seules que les roches ignées aient fait subir aux couches qu'elles ont traversées. En s'injectant avec force dans les différents dépôts, elles leur ont fait souvent éprouver une compression qui en a diversement contourné les couches, ou bien-elles les ont bouleversés de toutes manières et placés sous des inclinaisons plus ou moins rapides, comme on le voit au milieu des montagnes. |

& 43. Du mode même de formation des dépôts ignés , il résulte que les terrains plutoniens ne sont pas soumis à la loi rigoureuse de superposition, comme le sont les terrains sédimentaires : aussi de ce qu’une roche ignée se rencontre dans un étage géologique plus élevé que celui où se trouve une autre roche de même origine, 1l ne s’en suit pas que la première soit postérieure à la seconde, car 1l se peut que le dépôt moins élevé ne se soit arrêté que parce que les couches sédimentaires supérieures n'étaient pas encore formées, ou parce que l'énergie de la force éruptive qui le poussait s’est épuisée avant qu'il ait atteint à la hauteur où devait parvenir un dépôt postérieur. Il est donc difficile d'établir l'ordre de formation des terrains ignés. Cependant il est clair que tout dépôt cristallin ou sédimentaire, traversé par un dépôt igné, est antérieur à celuici: tout dépôt sédimentaire, recouvert par un dépôt igné, précédait ce dernier dans le temps. |

$ 44. Roches cristallines.— Nous avons indiqué précédemment l'origine, la composition et les rapports de certaines roches cris— tallines, le Trachyte, le Basalte, le Trapp, le Diorite, les Laves. Parmi les autres matières d'origine ignée, nous nommerons seule= ment ici les Granites, les Siénites, les Porphyres, les Variolites, dont nous donnerons plus loin la description ($ 52 et suiv. ); les. Serpentines, Diallages, Pyroæènes , Amphiboles, dont nous avons parlé dans la description des espèces minéralogiques (voy. page 119 et suiv.). |

Il semble que les Granites, les Siénites, divers Porphyres, sont | arrivés à la surface du sol dans un état plus pâteux que les autres

roches, car nous ne les voyons pas répandus en nappes comme ces dernières. | Sous le rapport de l'antiquité , les Granites , les Porphyres , les Diorites , les Serpentines, les Trapps, se montrent avant toutes les autres et dès la base de la croûte terrestre. Les Basaltes n'apparaissent guère que beaucoup plus tard, à l’époque de la craie, et se continuent à travers tous les dépôts de sédiment jusqu'à l’époque actuelle. Les Trachytes semblent postérieurs aux Basaltes.

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