DES MUSCLES
8 68. Tous les grands mouvements du corps sont occasionnés par le déplacement de quelques uns des os qui concourent à former le squelette ; mais ces os ne peuvent pas se mouvoir d'eux-mêmes, et ils ne se déplacent ainsi que par l’action d’autres organes qui se fixent sur eux , et qui, en se raccourcissant, les entraînent à leur suite.
Ces organes moteurs sont les muscles. Ils sont très nombreux, et constituent près de la moitié de la masse totale du corps. Ce sont des espèces de rubans ou de cordes charnues composées de fibres réunies entre elles par faisceaux, et qui ont la propriété de se raccourcir et de s’allonger (pl. 6, fig. 5 et 10).
Les deux extrémités des muscles sont solidement fixées aux os et aux autres parties qu'ils doivent mettre en mouvement, telles que la peau, par l'intermédiaire de cordons blanchâtres appelés tendons (pl. 6, fig. 5), ou de membranes de même nature que l'on nomme aponévroses. En se contractant , ils doivent, par conséquent, rapprocher l’un de l’autre les deux os auxquels ces tendons ou ces aponévroses vont s'attacher. Un exemple rendra ce mécanisme plus facile à saisir.
Si nous supposons que le muscle m (fig. 8, 9 ) soit fixé à l’humérus et au cubitus qui s'articule avec le premier par une charnière mobile , il est évident que, quand ce muscle se contractera, les parties de ces os où s’insère le muscle seront rapprochées l’une de l’autre. Cet exemple peut donner une idée de tous les mouvements du squelette.
Le nombre des muscles du corps humain est très considérable ; on en compte 470 ; en général, ils forment autour du squelette
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deux couches, et se distinguent en superficiels et en profonds.
& 69. Les muscles qui sont destinés à mouvoir un os quelconque sont presque toujours placés autour de la portion du squelette si-tuée entre cet 6s et le centre du corps : ainsi les muscles qui meuvent ja tête sont situés au Cou, ceux qui meuvent le bras occupent l'épaule, ceux qui ploient ou qui redressent l’avant-bras sur le bras entourent l'humérus , et ceux qui fléchissent ou étendent les doigts sont placés à l’avant-bras ; il en est de même pour les muscles des membres inférieurs.
On distingue les muscles en fléchisseurs, exlenseurs, rotateurs, élévateurs , etc., suivant les usages qu'ils sont appelés à remplir.
La contraction des muscles est déterminée par l'action du système nerveux, et chaque muscle reçoit un nerf qui se ramifie dans sa substance.
Cette contraction a lieu tantôt d'une manière indépendante de la volonté, tantôt sous son empire.
Les muscles dont l’action est dépendante de la volonté servent aux fonctions de la vie de relation, el ceux dont les mouvements sont involontaires (tels que le cœur ) appartiennent aux fonctions de la vie végétative.
La puissance d'un muscle dépend en partie de son volume et en partie de la manière dont il se fixe à l'os qu'il doit mouvoir.
Toutes choses égales d’ailleurs, les muscles les plus forts sont les plus gros, et, par l'effet de l'exercice, leur puissance et leur volume augmentent en même temps.
Dans le corps des animaux , les muscles et les os sont en général disposés d'une manière peu favorable à la puissance des mouvements, mais très favorable à leur rapidité, comme cela est facile à démontrer par les principes élémentaires de la mécanique.
Les muscles ne servent pas seulement à nous faire exécuter des mouvements, ils sont également nécessaires pour maintenir les os mobiles dans les positions qu'ils doivent conserver, el leur action détermine les attitudes.
Ainsi la tête abandonnée à son propre poids tend à retomber en avant, et c’est la contraction des muscles de la partie postérieure du cou qui la tient relevée.