DU SQUELETTE
& 67. Le squelette est l'espèce de charpente formée par la réunion des divers os du corps. Un grand nombre d'animaux en manquent complétement; mais il existe chez les mammifères , les oiseaux, les reptiles et les poissons.
Pour l'étudier, nous choisirons comme exemple le squeleite de l'homme (pl. 6, fig. 1).
Le squelette se divise, comme le corps, en tête, en tronc et en membres.
La téte occupe l'extrémité supérieure du corps, et se divise en deux portions : le crâne et la face.
La face présente cinq grandes cavités destinées à loger les organes de la vue, de l'odorat et du goût ; ces cavités sont : les deux orbites , les deux fosses nasales et la bouche.
Un grand nombre d'os concourent à former la face ; les principaux sont :
1° Les deux os maæillaires supérieurs, qui constituent la presque totalité de la mâchoire supérieure , et remontent, sur les côtés du nez, se joindre à l'os du front; — 2° les os des pommeites, qui forment en partie les joues, et s'étendent des os maxillaires supérieurs à l'os frontal, de manière à encadrer l'orbite en dehors ; — 3° l'os macæillaire inférieur, qui constitue la mâchoire inférieure, et présente à peu près la forme d’un fer à cheval. — On y trouve aussi d'autres os appelés palalins, os nasaux, lacrymaux , vomer et cornets. |
Le crâne est une cavité osseuse de forme ovalaire servant à loger le cerveau et le cervelet. Il est formé par la réunion de plusieurs os plats, qui sont : en avant, le coronal, ou frontal ; sur les côtés eten haut, les os pariétaux ; en arrière, l'os occipital; inférieurement et sur les côtés, les os temporaux ; inférieurement et au milieu, l'os sphénoïde ; inférieurement et en avant, l'ethmoïde, qui sert aussi à compléter les orbites et à former la partie supérieure des fosses nasales.
Sur les côtés du crâne, on remarque l'ouverture du conduit au-
riculaire, et à sa face inférieure se trouvent plusieurs trous, servant au passage des nerfs et des vaisseaux. L'un de ces trous, beaucoup plus grand que les autres et appelé trou occipital, est traversé par la moelle épinière, et correspond à l'extrémité supérieure du canal vertébral. Enfin, de chaque côté de ce trou se trouve une éminence nommée condyle, qui sert à l'articulation de la tête sur la colonne vertébrale.
Le tronc se compose de la colonne vertébrale, des côtes et du sternum.
La colonne vertébrale, ou échine, est une espèce de tige osseuse qui occupe la ligne médiane du dos, et s'étend depuis la tête jusqu'à l'extrémité postérieure du corps (pl. 6, fig. 2) ; elle est formée par la réunion de petits os courts qui sont appelés vertèbres (pl. 6, fig. 3), et elle présente dans toute sa longueur un canal formé par la réunion des trous dont chaque vertèbre est percée, et qui sert à loger la moelle épinière. Chacun de ces os présente aussi, en avant de ce trou, une espèce de gros disque solide qui est nommé le corps de la vertèbre, et qui est très solidement uni au corps de la vertèbre suivante ; en arrière, on remarque des prolongements appelés apophyses transverses et apophyses épineuses. La réunion de ces dernières apophyses fait ce que l'on nomme vulgairement l'épine du dos.
On distingue dans la colonne vertébrale cinq régions , savoir :
4° La région cervicale, qui constitue la charpente du cou : elle est composée chez l'homme, et chez presque tous les autres mammifères, de sept vertèbres ; — 2° la région dorsale ou thoracique : elle donne attache aux côtes qui constituent la poitrine ; les vertèbres de cette région sont, chez l'homme, au nombre de douze ; — 3° Ja région lombaire, qui termine inférieurement le dos : elle est composée, chez l'homme, de cinq vertèbres ; — 4° la région sacrée, qui s'articule avec les os des hanches, et qui, chez l’homme, se compose de cinq vertèbres soudées de façon à ne plus former qu'un seul os, appelé sacrum; —5° enfin, la région caudale ou coccygienne, qui, chez l'homme, ne se compose que de quatre vertèbres extrêmement petites, cachées sous la peau, mais qui, chez beaucoup d'animaux, prend un grand accroissement. et constitue la queue.
La colonne vertébrale, vue de profil, présente quatre courbures en sens opposé, qui correspondent au cou, au dos , aux lombes et au bassin, et qui servent à en augmenter la solidité, ainsi qu'on peut s'en convaincre d'après cette observation de mécanique que, de deux colonnes élastiques, semblables pour la matière, le volume et l'étendue, mais dont l’une est droite, et dont l'autre présente des inflexions en sens inverse , la seconde résiste plus que la première à une pression verticale, parce que le mouvement se trouve
concentré dans chaque courbure. Sur les côtés, on remarque aussi entre toutes les vertèbres un trou qui sert de passage aux nerfs venant de la moelle épinière.
Les côtes, qui se fixent aux vertèbres dorsales, sont des os plats ét longs qui de chaque côté forment la cloison du thorax ; elles sont courbes, et ressemblent assez à des demi-cerceaux. Chez l'homme on en compte douze paires. Celles des sept premières, appelées vraies côtes, s’articulent en avant avec le sternum par l'intermédiaire d'un cartilage : celles des cinq dernières paires, appelées fausses côtes, se terminent antérieurement par un cartilage qui se réunit à celui de la côte précédente ; quelquefois même elles en sont entièrement dépourvues.
Le sternum est un os plat placé à la partie antérieure du thorax ; il s'articule avec les côtes et les clavicules.
Les membres antérieurs se composent de l'épaule, du bras, de l’avant-bras et de la main.
L'épaule sert comme de base à tout le membre qui s’y trouve fixé. Deux os concourent à la former : l’'omoplate et la clavicule.
L'omoplute est un os large, de forme à peu près triangulaire, qui est appliqué contre les côtes à la partie supérieure et latérale du dos. Vers son angle supérieur et externe, il présente une surface: articulaire élargie et un peu creuse, qui reçoit l'extrémité de l'os du bras , et se nomme cavité glénoïdale de l'omoplate. A la face postérieure de cet os, on remarque aussi une grosse crête saillante qui se prolonge au-dessus de l'articulation de l'épaule et s'articule avec la clavicule. Ce prolongement se nomme acromion.
La clavicule est un os long et grêle situé à la base du cou; il s'étend comme un arc-boutant de l’omoplate au sternum, et a pour: usages de maintenir le premier de ces os dans sa position naturelle, et d'empêcher que l'épaule ne se porte trop en avant.
Le bras est formé d'un seul os que l’on appelle humérus. Cet os: a une forme cylindrique, et présente à son extrémité supérieure um renflement appelé tete de l’humérus, qui s'articule avec la cavité glénoïdale de l'omoplate. Son extrémité inférieure est élargie trans— versalement, et ressemble à une poulie sur laquelle se meut l’avant-bras.
L'avant-bras est formé par la réunion de deux os, qui sont : en dedans, le cubitus, en dehors (du côté du pouce), le radius. Ces os s'unissent à l'humérus par leur extrémité supérieure , et par l’inférieure avec les os de la main.
La main de l'homme se divise en trois régions : le carpe, le métacarpe et les doigts ; le carpe est composé de huit petits os disposés sur deux rangées, et unis entre eux par des liens fibreux qui maintiennent leurs rapports mutuels, et leur permettent de-se:
mouvoir un peu les uns sur les autres, à l’aide des surfaces lisses par lesquelles ils se touchent.
Le métacarpe est composé de cinq os que l’on peut regarder à la rigueur comme l'origine des doigts. Ils sont placés parallèlement les uns à côté des autres ; leur extrémité supérieure s'articule avec les os du carpe, leur extrémité inférieure avec les doigts.
Les doigts sont constitués par de petits os articulés à l'extrémité les uns des autres, et nommés phalanges. Pour chaque doigt, excepté le pouce, qui n'en a que deux, le nombre de ces os est de trois. On donne à celui qui est le plus près du métacarpe, et le plus grand, le nom de phalange proprement dite ; celui qui vient après est appelé phalangine, et le troisième , qui supporte l'ongle, se nomme phalangette.
Les membres inférieurs sont formés à peu près de la même manière que les membres supérieurs ; la hanche représente l'épaule, la cuisse le bras , la jambe l’avant-bras, et le pied la main.
La hanche sert à porter tout le membre abdominal, comme l’épaule soutient le membre thoracique. Elle est formée de chaque côté par un os très large et très fort, nommé os iliaque. Ces os se réunissent entre eux en avant, et s’articulent en arrière avec le sacrum, de manière à former, à la partie inférieure du ventre, une espèce de large ceinture osseuse, appelée bassin. Dans le jeune âge, on distingue dans chaque os iliaque trois portions séparées, dont l’une ressemble assez à l'omoplate, et se nomme os ilium ; la seconde, placée en avant , appelée pubis, peut être comparée à la clavicule, et la troisième, située en bas et en arrière, a reçu le nom d'ischion, et supporte tout le poids du corps lorsqu'on est assis. Avec l'âge, ces trois portions se soudent entre elles. Dans le point où elles se réunissent se trouve une cavité circulaire très profonde, nommée cotyloïde, dans laquelle s'articule l'os de la cuisse.
Le bassin ne sert pas seulement à porter les membres abdominaux , il sert aussi à soutenir le poids des viscères renfermés dans l'abdomen, et concourt à former les parois de cette cavité.
La cuisse est formée d’un seul os , que l'on appelle fémur. Cet os s'articule, par son extrémité supérieure , avec l'os de la hanche ; par son extremité inférieure, avec la jambe.
La jambe est formée essentiellement de deux os très solidement unis entre eux. L’os placé en dedans, beaucoup plus gros que l'autre et appelé tibia, s'articule avec le fémur par son extrémité supérieure. L'os placé en dehors ne s'étend pas jusqu'au fémur : il est seulement lié au tibia ; on le nomme péroné. Enfin, au-devant de l'articulation de la jambe avec la cuisse est placé un petit ©s mommé rotule, et destiné à consolider le genou.
Le pied est partagé en trois régions : le tarse, le métatarse et
les orteils. I1 diffère de la main principalement par la brièveté des doigts, leur peu de mobilité, et par la disposition du tarse.…
Le tarse est constitué par la réunion de sept os, dont un seul, nommé astragale, s'articule avec les deux os de la jambe ; un autre de ces os, nommé calcanéum, forme en arrière une saillie considérable et constitue le talon.
Le métatarse est composé de cinq os, qui s'unissent aux os du tarse et aux os des orteils, et sont disposés comme les os du métacarpe.
Enfin, les orteils sont composés des phalanges que l'on nomme, comme à la main, phalanges, phalangines et phalangettes. Le pouce n’a que deux phalanges; les autres orteils en ont chacun trois. Tous ces petits os sont unis entre eux par des surfaces articulaires, dont le contact est assuré et maintenu par des ligaments fibreux.