‹ Cahiers d'histoire naturelleChapitre 228 sur 235 · PUITS ARTÉSIENS · texte numérisé non relu

PUITS ARTÉSIENS

loin, et lorsqu'elles arrivent d'un bassin situé beaucoup au-dessus du point où l'on perce le puits foré, elles jaillissent à une hauteur considérable. Ainsi, dans un de ces puits situé entre Béthune et Aire, dans le département du Pas-de-Calais, on a été obligé de

de sable d’alluvion et d’autres terrains (e) perméables à l’eau qui reposent sur une couche de marne (ff), laquelle tapisse tout le fond du bassin et ne laisse point passer l’eau. 1l est évident que les eaux pluviales qui s’infiltrent dans le sol de ce bassin, doivent traverser les couches perméables (e), et descendront jusqu’à ce qu’elles soient arrêtées par le lit marneux (JF }; arrêtées ainsi, elles s'accumuleront dans la grande excavation tapissée par cette marne et s’y élèveront jusqu’à ce qu’elles aient atteint le niveau auquel elles trouveront quelque voie d'écoulement; ce niveau est représenté ici par la ligne horizontale 00; et dans les points où le sol s’abaisse au-dessous de ce niveau , l’eau ainsi accumulée doit surgir et former des sources, des mares ou des étangs, comme dans le point g. Toutes les fois qu’on percera un trou assez profond Pour arriver au-dessous de ce même niveau . on trouvera aussi de l’eau , comme dans les points hp, où des puits ordinaires ont été percés,

Les eaux qui tomberont sur la surface dn bassin B se distribueront d’une manière analogue : elles s’infiltreront dans les couches perméables g, et seront arrêtées par la couche argileuse AA. Or, ces couches plongent au-dessous des terrains du premier bassin A, et en sont séparées par la couche imperméable f; il en résulte qu'au-dessous de cette couche imperméable il existera un amas d’eau alimenté par la pluie tombée sur la surface du bassin B. Ce dernier bassin est plus élevé que le premier, et dans les puits ordinaires qu’on y perce, l’eau se maintient à une hauteur beaucoup plus considérable que dans les puits du bassin À ; mais elle ne peut pas surgir dans ce dernier bassin, à cause de la couche imperméable {f) qui s'oppose à son passage, Si maintenant on vient à percer un puits artésien dans le bassin A.

‘et qu'après avoir traversé la couche imperméable f, dont il vient d’être question,

on arrive au {errain g, qui renferme cet amas d'eau venant du bassin B {le puits foré r, par exemple), il est évident que l'eau souterraine s’y élèvera aussitôt, et s’y maintiendra au même niveau que dans les puits ordinaires de ce dernier bassin (comme dans le puits 4, par exemple, où l’eau arrive à la hauteur de la ligne v); et si ce niveau est supérieur à la surface du sol, dans le point où le puits artésien a été percé, l’eau jaillira évidemment à une hauteur plus où moins considérable,

En effet, il arrivera alors ce qui arrive lorsqu’on ouvre le robinet d’un réservoir

destiné à alimenter un jet d’eau, Dans celui qui est représenté figure 4, le réservoir R communique avec deux tubes qui, après avoir descendu très bas, remontent à des hauteurs différentes ; le tube à dépasse le niveau (d) de l’eau du réservoir, et par conséquent le liquide s’y élève à la même hauteur (e); le tube b se termine au contraire beaucoup plus bas, et aussitôt qu’on le débouche l’eau s’en échappe en formant un jet d’eau { f) dont la hauteur est à peu près la même que celle dn niveau du liquide dans le réservoir. Or, dans le puits artésien dont nous venons de parler, le bassin B joue le même rôle que le réservoir R : les couches perméables g représentent le tube D, et en perçant le lit imperméable f et en établissant une communication entre ces couches aquifères (g) et la surface du sol du bassin À, on fait la même chose que lorsqu'on débouche l'extrémité du tube € pour en laisser jaillir l'eau.

- Ce que nous venons de dire, relativement au mode de distribution des eaux pluviales du bassin B, s'applique également aux bassins C et D, de façon qu’audessous de la nappe d’eau souterraine dont il vient d’être question on rencontrerait deux autres nappes semblables; ainsi le puits artésien s livrerait passage à l’eau venant du bassin C, et le puits £ à celle provenant du bassin D; et, puisque ces bassins sont plus élevés que les premiers , ces eaux devront jaillir à une hauteur plus considérable que celle du puits r, À

Ainsi en perçant le puits #, on arrivera d’abord à la nappe d’eau qui alimente tous les puits ordinaires du bassin A : mais dès que l’on aura percé la couche marneuse f, il Se pourra que le trou redevienne sec, car l'eau qui en remplissait le fond pourra alors s’écouler dans la couche perméable &g; mais bientôt on rencontrera Ja seconde nappe d’eau venant du bassin B, et alors l’eau s’élèvera davantage

dans le trou que l'on est en train de percer; plus loin, après avoir traversé l'argile (2), on-arrivera à une troisième nappe souterraine ,; et ce sera seulement lorsqu’on aura traversé la couche imperméable j; et qu’on sera arrivé dans la couche aquifère Æ, que l’on trouvera la source cherchée,

percer à une profondeur de 150 mètres avant que de rencontrer la source cherchée ; néanmoins l'eau s'est élevée, non seulement jusqu à la surface du sol, mais même à environ 2 mètres 60 centimètres au-dessus. La quantité d'eau que fournissent ces puits artésiens est également remarquable ; l'un d'eux, creusé à Tours, donne 4,110 litres d'eau par minute, et un autre, situé près de Perpignan, en fournit 2,000 litres par minute.

& 442. Nous avons vu précédemment que la température de la terre augmente de la surface vers le centre ; ilen résulte que les eaux qui alimentent les sources, et qui prennent la température de la couche où elles se trouvent, doivent être d'autant plus chaudes, qu'elles viennent d'une profondeur plus considérable. C'est en effet ce qui a lieu, et leur température est quelquefois très élevée; on connaît des sources qui sont presque bouillantes.

Les sources thermales (c'est-à-dire chaudes) se rencontrent principalement dans les terrains primordiaux ou dans les terrains de sédiment inférieurs et moyens, tandis que, dans les terrains de sédiment supérieurs, les terrains tertiaires par exemple, les sources sont presque toujours froides.

Les eaux de certaines sources ne contiennent que peu de substances étrangères; d’autres tiennent en dissolution des sels et des gaz qui leur donnent des propriétés particulières, et leur ont valu le nom d'eaux minérales.

Il arrive souvent que ces eaux, en parvenant à la surface de la terre, laissent échapper une partie des gaz qu'elles contenaient, et qui leur donnaient la propriété de tenir en dissolution certains sels: ces sels se déposent alors et forment des incrustations plus ou moins remarquables. C’est de la sorte que les corps étrangers, plongés dans l'eau de certaines sources, se recouvrent bientôt d'une couche pierreuse ou cristalline qui en prend la forme, et qui leur donne l'apparence d'objets pétrifiés. (Voy. page 68).

Les cristaux qui tapissent l'intérieur de beaucoup de grottes, et qui forment quelquefois des colonnes d'une grande beauté, dépendent d’un phénomène ayant du rapport avec celui dont «ous venons de parler : l'eau qui filtre lentement à travers les roches, et qui tient en dissolution des sels, s’évapore en partie sur la surface de la grotte, et y dépose des cristaux ; lorsque c'est en tombant de la voûte qu'elle abandonne ainsi les sels (ordinairement de nature calcaire) qu'elle dissolvait, ceux-ci prennent a forme d'une espèce de pain de sucre adhérant par sa base à la voûte elle-même, et se nomment sialactites (voy. page 65); si, au contraire, le dépôt se forme après la chute de la goutte sur le sol de la caverne, il en résulte une stalagmile ( page 68 ), ou une émi- nence située au-dessous de lastalactite ; et si ces deux dépôts, en

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