RÉSUMÉ SUR LES RÉVOLUTIONS DU GLOBE
$ 143. Nous avons vu que la forme de la terre est exactement. celle que ie calcul assigne à une masse fluide animée d'un mouvement de rotation, et nous en avons tiré cette conséquence quenotre globe a été primitivement à l’état fluide ou pâteux.
Cette fluidité primitive de la terre a été l'effet d’une fusion ignée.
Par suite du refroidissement à la surface, une première pellicule s’est consolidée et a été ensuite brisée, disloquée, bouleversée, présentant tous les phénomènes analogues à ceux d'une: vaste débâcle dans les mers glacées du pôle. Sur les roches cristallines d'abord formées, l’eau s’est ensuite précipitée ; elle a donné bientôt naissance aux nombreux dépôts sédimentaires que des catastrophes successives sont venues tour à tour soulever, et dont nous avons étudié l'ordre de superposition et l'âge relatif.
Pentant la formation de ces sédiments de diflérentes époques, la création organique elle-même apparaît par périodes diverses , durant chacune desquelles la vie se manifeste dans des êtres particuliers , que les bouleversements géologiques emportent ensuite.
Dans le règne végétal, les cryptogames vasculaires ont paru à peu près dès le commencement des choses, et ont acquis de suite un développement qu’on ne leur connaît plus aujourd’hui; les phanérogames gymnospermes, à l’époque du terrain houiller ; les monccotylédones ne se montrent bien clairement qu'après la craie; les dicotylédones paraissent plus tard, au milieu des terrains tertiaires.
Jadis on croyait que la nature, en créant les animaux et les . plantes, avait toujours procédé du simple au complexe, et que les espèces qui se sont succédé aux diverses époques géologiques étaient organisées avec d'autant plus de perfection que leur apparition était plus tardive dans la succession des temps. Il est vrai que, dans les terrains les plus anciens, on ne trouve pas de trace des plantes ou des animaux les plus parfaits, et que c’est à l'époque la plus récente que la puissance créatrice à produit ses chefs-d'œuvre ; mais sa marche ascendante paraît n'avoir été jamais régulière. Ainsi les végétaux dicotylédonés se montrent longtemps avant les monocotylédonés qui leur sont cependant inférieurs, et, dès les périodes les plus reculées de l’histoire du globe,