DE LA LOCOMOTION
$ 73. Les mouvements que nous exécutons ont pour objet tantôt de changer seulement la position de certaines parties de notre Corps, tantôt de nous transporter d’un lieu dans un autre.
On donne le nom de locomotion à la faculté de changer ainsi de place.
Les mouvements de progression à l'aide desquels l'homme et les animaux se déplacent sont produits par certaines parties de leur corps qui, étant fléchies, s'appuient sur un objet résistant, et, venant ensuite à s'étendre, poussent en avant le reste du corps.
Chez l’homme, les organes de la locomotion sont les membres ab dominaux ; chez les quadrupèdes , les membres thoraciques aussi! bien que les membres postérieurs ; et pour l'oiseau qui vole, les, ailes.
$ 74. Dans la marche, le corps de l'homme est mû dbérisattel par l’un des pieds et soutenu par l’autre, sans que jamais il cesse complétement de reposer sur le sol. Cette dernière circonstance; distingue la marche du saut et de la course, mouvements dans de quels tout le corps quitte momentanément le sol-ets ‘élance en l'air.
Dans la marche, l’un des pieds est porté en avant, tandis que: l'autre s'étend sur la jambe, et, comme ce dernier membre s’appuie‘ sur un sol résistaut, son allongement déplace le bassin et projette en avant tout le corps. Lorsque le pied qui s'était avancé pose à terre, le bassin tourne sur le fémur de ce côté, et la jambe qui était restée en arrière se fléchit, se porte en avant de l’autre, se pose sur le sol, et sert à son tour à soutenir le corps pendant, que l’autre membre, en s'étendant, donne une nouvelle impulsion au! bassin. A l'aide de ces mouvements alternatifs d'extension et de flexion, chaque jambe porte à son tour tout le poids du corps, | comme elle le duo dans la station sur un seul pied , et à chaque pas le centre de gravité de toute la masse du corps est poussé en avant.
La sûreté de la marche est toujours en raison directe du degré d’écartement des pieds et en raison inverse de la mobilité du sol qui nous supporte. Ce n’est qu'après un certain temps que les matelots marchent avec assurance sur le pont des vaisseaux. Aussi, une fois qu'ils ont contracté le pied marin, est-il très aisé de les reconnaître sur terre, à l'habitude qu'ils ont prise d'écarter considérablement) les pieds. |
$ 75. Le saut est un mouvement par lequel l'homme se projette} en l'air, et retombe sur le sol aussitôt que l'impulsion cesse. |
Le mécanisme du saut repose entièrement sur la flexion préa-| lable de toutes les articulations et sur leur extension subite. Lors: qu’un sauteur veut s'élancer, il s’abaisse en se repliant sur lui:l même ; la jambe se fléchit ainsi en avant sur le pied ; la cuisse sd fléchit aussi, mais en arrière sur la jambe; le tronc avec le bassin! se fléchit en avant sur la cuisse: et même lorsqu'on veut sauter] de toutes ses forces, le tronc se fléchit sur lui-même, comme le ferait un ressort. Dans ces préliminaires du saut, les membres inférieurs et le corps figurent une suite de zigzags. Au moment du saut, toutes les articulations s'étendent à la fois, et élèvent le corp avec assez de rapidité pour qu'il saute en l'air comme le fait une verge élastique qu'on plie contre le sol, et qu'on abandonne en: suite tout-à-coup à son ressort,
Il est aisé de voir que les parties qui agissent le plus dans le saut sont les jambes ; c’est là, en effet, que le poids à soulever est le plus considérable : aussi la facilité et la rapidité du saut sontelles toujours en raison directe de l'énergie des muscles qui déterminent l'extension des jambes. On remarque que les danseurs les plus vigoureux , de même que Îles grands marcheurs , ont le mollet fortement dessiné: en effet, cette partie est formée par la réunion des muscles qui opèrent l'extension de la jambe sur le pied.
La course tient à la fois de la marche et du saut. Il y a toujours dans la course un moment où le corps est suspendu en l'air, circonstance qui la distingue de la marche rapide, dans laquelle le pied , resté en arrière, n’abandonne le sol que quand celui qui est en avant l’a touché.
$ 76. La nage et le vol sont des mouvements analogues à ceux du saut, mais qui ont lieu dans l’eau ou dans l'air, fluides dont la résistance remplace jusqu’à un certain point celle du sol dans le phénomène du saut.
Lorsqu'un animal est destiné à vivre dans l'eau et à y nager, ses membres ont une forme différente de celle que présentent les animaux conformés pour marcher seulement. Ces membres sont alors courts, et constituent des espèces de palettes ou de rames appelées nageoires. Quand il est destiné à s'élever dans l'air, ses membres thoraciques prennent , au contraire, un très grand développement, et sont disposés de manière à former de chaque côté du corps une sorte de voile mobile ou d'éventail propre à frapper l'air avec force.