DE LA DIGESTION
$ 6. Tous les êtres vivants ont besoin, pour se nourrir, de s'incorporer de temps en temps des matières étrangères, et pour y
parvenir , ils. doivent introduire dans l’intérieur de leur corps des substances appelées aliments , c'est-à-dire des matières susceptibles de fournir des matériaux propres à constituer les tissus de leurs organes
Les plantes pompent, avec leurs racines, les aliments, que la terre leur fournit , et ces matières se mêlent au liquide nourricier et pénètrent dans leurs tissus sans avoir subi aucune préparation.
Il en est autrement chez les animaux. Les aliments, avant que d’être absorbés et de se répandre dans les diverses parties du’ corps pour servir à nourrir les organes et à entrer dans la composition de leur tissu, ont besoin de subir une certaine préparation nommée digestion.
La digestion a pour objet :
4° De séparer la partie nutritive des aliments d'avec les parties qui ne possèdent pas cetle qualité ;
2° De transformer cette partie nutritive en un liquide particulier propre à se méler au sang et nommé Cuyce.
Le travail de la digestion a toujours lieu dans une cavité située dans l'intérieur du corps, et communiquant avec le dehors, de manière que les aliments puissent y pénétrer.
Tous les animaux sont pourvus d’une cavité digestive.
Les plantes, au contraire , n'ayant pas besoin de digérer leurs aliments , n'ont pas de cavité semblable.
Chez quelques animaux , la cavité digestive n’est qu'une simple poche communiquant au dehors par une seule ouverture, qui remplit à la fois les fonctions de bouche et d’anus. Les étoiles de mer et beaucoup de polypes offrent ce mode d'organisation.
Mais chez la plupart des animaux 1l en est autrement. La cavité digestive à la forme d’un tuyau ouvert par ses deux bouts, et élargi vers le milieu. Cette portion élargie du tube digestif est nommée estomac, et sert à contenir les aliments pendant que la plus grande partie du travail digestif s'opère.
L'ouverture supérieure de ce tube est la bouche; c'est par elle que: les aliments entrent dans la cavité digestive. L'ouverture inférieure, appelée anus, est destinée à la sortie des matières impropres à la nutrition, qui sont séparées des aliments par la digestion.
Chez les quadrupèdes et chez la plupart des autres animaux , on distingue dans ce tube alimentaire diverses portions dont les usages sont différents ; ce sont :
4° La bouche ; — 2° Le pharynx ou arrière-bouche ; — 3° L'œ-sophage; — 4° L'estomac ; — 5° L'intestin.
D’autres organes, ou instruments, concourent aussi à effectuer ka digestion des aliments , et constituent , avec le tube dont nous venons de parler, l'appareil digestif; les principaux sont :
FONCTIONS DE NUTRITION. 7 te Les dents, destinées à diviser et à broyer les aliments ; 9° Certaines glandes, telles que le foie et les glandes salivaires , servant à former les humeurs, qui doivent agir sur les aliments pour en déterminer la digestion ; 3° Des vaisseaux particuliers destinés à pomper dans l'intestin les sucs nutritifs produits par la digestion, et à les mêler au sang. Enfin, on peut considérer comme étant, en quelque sorte, des auxiliaires de l'appareildigestif, certains organes avec lesquels quelques animaux saisissent leurs aliments et les introduisent dans la bouche; mais cesinstraments servent principalement à d'autres usa- ges, et n'appartiennent réellement pas à l'appareil de la digestion. Le travail de la digestion est très compliqué, et il se compose de plusieurs phénomènes ou actes distincts qui ont lieu dans des parties différentes de l'appareil digestif, et qui ont pour instruments des'organes particuliers.
Ces phénomènes sont :
4° La préhension des aliments; — 2° La mastication; — 3° L'insalivation ; — 4° La déglutition; — 5° La chymification ou digestion stomacale; — 6° La chyhfication ou digestion intestinale; — 7° L'expulsion du résidu laissé par les aliments après que la digestion est achevée; -— 8° L'absorption des matières nutritives.
Nous allons étudier successivement ces divers phénomènes et les organes qui les produisent chez l'homme et les animaux dont la structure est analogue à la nôtre. |
$ 7. De la préhension des aliments, — Le premier phénomène
du travail digestif est la préhension des aliments , c’est-à-dire l'action de les saisir et de les introduire dans la bouche.
La bouche est une cavité ovalaire, formée en avant par les lèvres, sur les côtés par les joues et les mâchoires, en haut par le palais et en bas par la langue; en arrière elle se continue ave” l’arrière-bouche , mais en est séparée par une espèce de rideau qu est appelé voile du palais, et qui peut s'élever et s’abaisser de manière à fermer le passage ou à le laisser libre (pl. 3, fig. 1,6)
L'ouverture de la bouche peut aussi s'ouvrir et se fermer par suite des mouvements des mâchoires et des lèvres. Lors de la préhension des aliments, celles-ci s’écartent pour laisser entrer ces substances, et aussitôt après se referment pour les empêcher de sortir.
Chez la plupart des animaux, la préhension des aliments se fait avec les lèvres et les mâchoires seulement; mais chez quelques uns deces êtres d'autres organes sont employés pour saisir ces substances et les porter à la bouche. Ainsi, chez l'homme et les singes, la main devient l'instrument principal de la préhension des aliments ; chez l'éléphant, c'est là trompe, et chez les perroquets, c’est la patte.
Chez la plupart des animaux, les aliments restent quelque temps
8 ZOOLOGIE. L dans l'intérieur de la bouche, afin d'être mâchés et de se mêler à la salive.
$ 8. De la mastication, — Les aliments liquides En être avalés immédiatement; mais les aliments solides, pour être avalés et digérés avec facilité, doivent être préalablement divisés en morceaux très pelits.
Cette division, appelée mastication, s'opère à l’aide des dents, qui, mises en mouvement par les mâchoires, pressent suriles aliments et les coupent ou les écrasent.
Chez l'homme et chez les animaux qui, par leur organisation , nous ressemblent le plus, les deux mâchoires sont situées l’une au-dessus de l’autre ; la mâchoire supérieure est fixée d'une manière immobile au crâne: mais la mâchoire inférieure n’y est attachée que par sa partie postérieure, et y tient de chaque côté par une espèce de charnière qui lui permet de s'écarter et de se rapprocher de la mâchoire supérieure.
Les muscles qui servent à rapprocher les mâchoires, et qui, par conséquent, agissent le plus lors de la mastication, sont placés de Chaque côté de la tête au-devant de l’ oreille ( pl. 3, fig. 5 ), et lors- -qu'on serre les dents, on peut facilement sentir qu ils se contractent. Chez la plupart des mammifères, les bords des mâchoires sont armés de dents.
Les dents sont de petits corps très durs, qui ressemblent beaucoup à des os, et qui sont implantées dans des trous creusés dans les mûchoires et nommés alvéoles.
Les bourrelets fibreux qui recouvrent le bord des mâchoires, et qui sont appelées gencives, servent, aussi bien que les alvéoles ; à fixer solidement les dents dans la position qu’elles doivent avoir.
On distingue ordinairement deux parties dans chaque dent : l’une, située en dehors, est nommée cowronne ; l'autre, emboîtée dans l’alvéole, et terminée par une ou plusieurs pointes, est appelée la racine de la dent. Enfin, on remarque souvent entre la couronne et la racine un petit rétrécissement nommé collel de la dent.
Les dents se composent d ‘une substance interne appelée ivoire , “et d'une espèce de vernis pierreux extrêmement dur qui en revêt la surface et qui se nomme émail. C'est la couronne de la dent seulement qui est ainsi recouverte d'émail. La racine n’en à pas.'
Les dents se forment dans Fintérieur de la mâchoire et dans de petites poches membraneuses appelées capsules dentaires, qui sont renfermées dans l'épaiseur de ces os, et qui présentent dans l'intérieur un bourgeon charnu { pl. 3, fig. 3, 4) chargé de produire la matière pierreuse dont la dent se compose.
Cette matière pierreuse est l’ivoire, elle encroûte la surface du bourgeon et en prend la forme; à mesure qu’une nouvelle quantité
FÉNCTIONS DE NUTRITION. 9
d'ivoire se dépose au-dessous de celle déjà formée , la dent grandit, et l’espèce d'étui qu'elle forme autour de la partie molle du bourgeon se rétrécit jusqu'à ce qu'enfin cet organe, étant trop comprimé , se flétrit; la dent cesse alors de s’allonger.
A mesure que la dent se forme comme nous venons de le dire, elle s'élève dans l'alvéole, traverse la gencive et se montre au dehors.
L'émail se forme à la partie supérieure de la capsule dentaire , et s'applique sur la dent à mesure que celle-ci traverse cette partie; c’est pour cette raison que la racine qui reste au fond de l'alvéole n'a jamais d'émail.
Les dents qui se forment dans les premiers temps de la vie sont destinées à tomber bientôt, et à faire place à d'autres dents plus fortes et plus solidement fixées. On appelle les premières dents de lait ou denis de première dentition ; les secondes , dents de remplacement ou dents de seconde dentition. j
On distingue chez l'homme et la plupart des mammifères trois sortes de dents (pl. 3,.fig. 3; pl. #, fig. 1), savoir : 4° Les incisives, qui occupent le devant de la bouche, se terminent par un bord mince et tranchant, n’ont qu'une racine simple et sont propres à couper les aliments ;
90 Les canines, qui sont placées de chaque côté, à la suite des incisives , et sont en général longues et pointues; elles n'ont aussi qu'une seule racine, mais elles s’enfoncent très loin dans la màchoire, et leur principal usage est de s'implanter dans la chair dont l'animal se nourrit et de la déchirer; 3° Les molaires ou mâchelières, qui viennent après les canines , occupent les côtés de la bouche ; elles sont, en général, pourvues de plusieurs racines, et présentent une couronne large et inégale, propre à broyer les aliments. | Ces dents molaires se subdivisent en fausses molaires et en grosses molaires ; les premières sont plus petites que les secondes, et situées au-devant d'elles; les racines des grosses molaires sont aussi plus nombreuses, ce qui leur donne plus de soliditéet de force, Lenombre des dents varie chez les différents animaux. L'homme, le singe, lechien, le chat, ete., ont les trois espèces de dents que nous venons de décrire ; mais chez le lapin, le rat et les autres rongeurs, les dents canines manquent , et chez d’autres quadrupèdes, tels que les paresseux et les tatous, il n'y a pas d'incisives: enfin il est aussi des animaux qui sont entièrement dépourvus de dents, le fourmilier, la baleine et les oiseaux, par exemple.
La forme des dents varie aussi beaucoup chez les divers animaux, et on remarque que ces différences sont en rapport avec la nature des aliments dont ces êtres sont destinés à se nourrir.
Ainsi, chez le chien, le lion, le chat et les autres carnivores , les dents molaires sont tranchantes et propres à couper de la chair, comme le feraient des ciseaux { pl. 4, fig. 2); chez la taupe et le: hérisson, qui vivent d'insectes assez durs, ces dents sont hérissées: de pointes coniques { pl. 8, fig. 8 ) qui s’emboîtent réciproquement et permettent à ces animaux d'écraser facilement leur proie. Chez les frugivores, les singes, par exemple, ces mêmes dents sont larges; et leur couronne est garnie d'élévations arrondies, propres à écraser les fruits ; et chez le bœuf et le cheval, qui doivent broyer de l'herbe, la couronne de ces dents est encore plus large, et sa surface est plate et striée comme une meule de moulin { pl. 4, fig. 3).
Chez l’homme, les dents de lait commencent à se montrer vers la fin de la première année, et tombent vers l'âge de sept ans. Elles sont au nombre de 20, savoir, à chaque mâchoire : 4 incisives ; 2 canives, une de chaque côté ; et 4 molaires, deux de: chaque côté.
Les dents de remplacement ou de seconde dentition sont au nombre: de 32.
Les incisives et les canines sont en même nombre que dans la première dentition , mais, au lieu de deux molaires de chaque côté: à l’une et à l’autre mâchoire, il en pousse cinq. Le nombre total des molaires chez l'homme adulte est, par conséquent de 20 ; 40 à chaque mächoires. Sur les cinq molaires situées de chaque côté, on compte deux fausses molaires et trois grosses molaires.
$ 9. De l'insalivation. — Pendant que là mastication s'opère, les aliments se mêlent avec la salive, phénomène que l'on désigne sous le nom d’insalivation.
La salive est un liquide aqueux , incolore et mousseux , qui se forme dans des organes particuliers, nommés glandes salivaires (pl. 3,fig. 1et5).
Chez l'homme, ces glandes sont au nombre de six, trois de chaque côté -de la face, et sont appelées glandes parotides, glandes sous-maæillaires et glandes sublingquales.
Les glandes parotides sont les plus grosses ; elles sont placées: sous la peau , entre l'oreille et la mâchoire, et envoient la salive dans la bouche par un conduit long et étroit, qui débouche à la face interne des joues.
Les glandes sous-maæillaires, moins grosses que les parotides , sont logées derrière la mâchoire inférieure.
Les glandes sublinguales, plus petites que les précédentes , se trouvent sous la langue.
La salive sert à rendre la déglutition des aliments plus facile , et concourt aussi à accélérer la digestion.
$ 10. Be la déglutition, — Les aliments, convenablement pré-
parés par la mastication et l’insalivation, se réunissent sur le dos de la langue en une petite masse appelée boi alimentaire.
Le bol alimentaire est ensuite avalé. On donne le nom de déglutition à ce phénomène qui consiste dans le passage des aliments de latbouche dans l'estomac, à travers l’arrière-bouche et l'œæsophage.
L'ouverture qui occupe le fond de la bouche, et qui fait commu niquer cette cavité avec le pharynx , se nomme isthme du gosier. Pendant la mastication , elle est fermée par le voile du palais ; mais lorsque la déglutition doit avoir lieu, cette espèce de rideau s'élève, et le bol alimentaire est poussé dans l’arrière-bouche.
Le pharynæx, où arrière- bouche (pl. 3, fig. l }, est une cavité située entre la base: du crâne et le devant du cou ; à sa partie supérieure, il communique avec les fosses nasales par les arrièrenarines, aussi bien qu'avec la bouche, et inférieurement 1l présente deux ouvertures : l'une par laquelle il se continue avec l'æsophage, l’autre, située en avant et nommée glotte, par laquelle il communique avec le larynx et la trachée-artère. On peut la comparer à un carrefour. dans lequel la route suivie par l'air pour se rendre du nez aux poumons croise la route suivie par les aliments pour se rendre de la bouche dans l’œsophage.
Pour que la déglutition s'opère, il faut que le bol alimentaire passe sous les arrière-narines, et sur la glotte, sans y pénétrer, et descende directement dans l'œsophage.
Le voile du palais, en se relevant et en se plaçant obliquement contre la paroi postérieure du pharynx, forme sous les arrière-narines une espèce d'écran qui empêche les aliments d'y remonter.
Pour que les aliments n’entrent pas dans la glotte, celle-ci se resserre au moment de la déglutition, et en même temps, le larynx s'élève contre la base de la langue, mouvement qui force une soupape située au-dessus de la glotte, et nommée épiglotte, à s'abaisser et à recouvrir cette ouverture.
Quelquefois, cépendant, la déglutition ne se faisant pas convena blement , on avale de travers, et les aliments pénètrent dans le larynx, ce qui détermine aussitôt un accès de toux.
L'œsophage fait suite au pharynx : c'est un long tube membraneux, qui descend de la partie supérieure du cou derrière la trachée, pénètre dans le thorax, passe derrière le cœur et les poumons , traverse le diaphragme , et se termine à l'estomac.
Le pharynx et l’æsophage sont revêtus d’une couche de fibres charnues, qui sont placées en travers , et qui, en se contractant successivement de haut en bas, poussent le bol alimentaire jusque dans l'estomac.
$ 41. De la digestion stomacale , ou chymification.— C'est dans
l'estomac que les aliments commencent à être digérés ; ils y sont transformés en chyme, et on donne à ce phénomène le nom de digestion stomacale, ou de chymification.
L'estomac (pl. 3, fig. 2) est une poche membraneuse, placée en travers à la partie supérieure de l'abdomen ou ventre. Il a la forme d'une cornemuse, et présente deux ouvertures : l’une, située à gauche , et nommée cardia , communique avec l’œsophage; l'autre, appelée pylore , occupe l'extrémité droite de cetorgane, et débouche dans l'intestin.
Aussitôt après le passage du bol alimentaire, le cardia se resserre de façon à empêcher celui-ci de remonter dans la bouche. Le pylore est également contracté, et 1l en résulte que les aliments sont arrêtés dans l'estomac et forcés d'y rester assez longtemps.
Pendant que les aliments séjournent ainsi dans l'estomac, ils s'imbibent d'un liquide particulier, nommé suc gastrique , qui les transforme en chyme.
Le suc gastrique est un liquide aqueux et acide qui se forme dans un grand nombre de très petites cavités logées dans l'épaisseur des parois de l'estomac, et nommées follicules gastriques; chacun de ces follicules communique avec l'intérieur de cet organe par un petit pore , et verse ainsi le suc gastrique sur les aliments.
Par l’action du suc gastrique, les aliments sont ramollis et transformés peu à peu en une espèce de bouillie épaisse et grisâtre que l’on nomme chyme.
Lorsque le chyme est formé , le pylore se relâche, et l'estomac commence à exécuter des mouvements qui poussent peu à peu la masse alimentaire vers cette ouverture , et de là dans l'intestin. Ces mouvements consistent dans la contraction successive des fibres charnues qui entourent transversalement l'estomac, et qui se resserrent les unes après les autres de gauche à droite.
$ 12. De la digestion intestinale, ou chylification. — Le chyme quisort de l'estomac pénètre dans l'intestin, oùilsertà former lechyle.
L'intestin (pl. 3, fig. 2) est un long tube membraneux contourné sur lui-même , qui fait suite à l'estomac, et qui, par son extrémité opposée, s'ouvre au dehors. Il est logé dans l'abdomen, et y est retenu en place par des replis de la membrane très fine, appelée périloine, qui tapisse les parois de cette cavité. Ces replis, qui entourent l'estomac aussi bien que l'intestin, portent le nom de mésentère.
Les parois de l'intestin sont revêtues de fibres charnues qui les entourent, et qui, en se contractant successivement , poussent en avant les matières contenues dans ce tube. Ces mouvements sont nommés vermiformes, parce qu'ils ressemblent à ceux d'un ver qui rampe.
La longueur de l'intestin est toujours très considérable, mais varie beaucoup chez les différents animaux. On remarque que, chez ceux qui se nourrissent exclusivement de chair, il est beaucoup plus court que chez ceux qui vivent de substances végétales : ainsi chez le lion, qui est essentiellement carnivore, l'intestin n'a que trois fois la longueur du corps ; tandis que chez l'homme, qui est omnivore , sa longueur est d'environ sept fois celle du corps, et chez le mouton, qui ne mange que de l'herbe, il a jusqu'à vingthuit fois cette longueur.
L'intestin se compose de deux portions bien distinctes : l'intestin grêle et le gros intestin.
L'intestin gréle fait suite à l’estomac; il est plus étroit que le cros intestin; sa surface extérieure est lisse. Sa longueur est très considérable , et on le subdivise en trois portions , appelées duodénum, jéjunum et iléon.
C’est dans l'intestin grêle que le chyle se forme, et que la dicestion s'achève,
Le phénomène de la chylification est produit par le mélange du chyme avec la bile et le suc pancréatique.
La bile ou fiel est un liquide verdâtre très amer et alcalin sécrété par le foie.
Le foie est une grosse glande rougeâtre, et d’un tissu granueux. 11 est logé dans la partie supérieure de l'abdomen , à droite de l’estomac, et présente à sa face inférieure une poche membraneuse nommée vésicule du fiel. La bile s'amasse dans cette vésicule, comme dans un réservoir, et est ensuite versée dans le duodénum par un canal étroit, nommé conduit cholédoque (1).
Le suc pancréatique est un liquide aqueux, qui ressemble beaucoup à la salive, et qui se forme dans une glande située derrière l'estomac, et nommée pancréas. Il arrive dans le duodénum par un canal étroit , qui naît du pancréas, et s'ouvre près de l'embouchure du conduit cholédoque.
Le chyme, mêlé avec la bile et le suc pancréatique , est promené dans toute la longueur de l'intestin grêle, et, pendant ce trajet, se sépare en deux parties : l’une appelée chyle, qui se dépose sur les parois de l'intestin pour être absorbée ; l'autre, composée des paräes non nutritives des aliments, qui continue sa route, et pénètre dans le gros intestin.
$ 12. De l'expulsion du résidu laissé par la digestion. — Les matières alimentaires qui n’ont pu être transformées en chyle doivent être rejetées au dehors, et pour cela pénètrent dans le gros ntestin , où elles s’amassent.
(1) De xon, bile, et de doyoc, qui contient,
Le gros intestin est la seconde portion du tube intestinal; ildiffère de l'intestin grêle par son calibre, par sa forme boursouflée-et par ses usages. On le divise en trois portions : le cœcum, le colon et le rectum.
Le cœcum est un renflement dans lequel vient aboutir l'intestin grèle; on y remarque un prolongement étroit qui.se termine-enculde-sac, et se nomme appendice cœcal ; enfin, on trouve dans son intérieur une espèce de soupape qui empêche les matières contenues dans sa cavité de remonter dans l'intestin grêle.
Le colon fait suite au cœcum, etse continue avec le rectum, qui se termine à l'ouverture anale.