‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. l. serie. Département de Meurthe-et-Moselle (volume 2)Chapitre 114 sur 192 · CAHIER DE LA. FRIMBOLLE · texte numérisé non relu

CAHIER DE LA. FRIMBOLLE

contestations à raison des doubles emplois qui se trouvent dans leurs créances, à raison des falsifications dans les écritures.

Pour sauver le droit des uns et des autres, il serait à souhaiter qu'il intervînt des règlements par lesquels il soit défendu à tous Juifs de passer titre de créance et tous autres titres [que] ce fût que par-devant notaire bu autre personnes publiques, ou si mieux n'aimaient, par-devant la municipalité de la résidence des contractants; en suivant cette voie, il ne serait rien à craindre pour le droit des uns et des autres.

Messieurs composant l'assemblée générale des trois États du bailliage n'approuveront que ce qu'ils croiront être pour le mieux: voilà ce qu'il nous a paru être important; d'ailleurs, nos misères sont trop bornées que pour pouvoir éclaircir nettement ; c'est pourquoi nous nous en rapportons à leurs décisions qui seront toujours à l'avantage et la gloire de la Patrie.

Nous supplions Messieurs de faire attention à la sincérité de notre exposé ; nous pensons bien qu'une infinité de communautés dans l'intérieur du district fera de plus grande clameur que nous, mais moins sincère : notre cahier ne contient que le vrai, et, malgré notre misère et indigence, pour ne dire la mendicité, nous voulons bien être pauvres, et nous estimons encore plus la qualité de véridique.

Après avoir ainsi détaillé tous les moyens ci-devant, nous ne devons pas négliger celui qui est encore le plus nécessaire tant à l'Église qu'à l'État: ce dernier moyen est l'éducation des enfants.

Ces enfants, dont l'éducation est si nécessaire, s'en voient privés à notre très grand regret : nous les voyons grandir sans pouvoir leur procurer cet avantage, comptant de subir les charges et incommodités que nous avons tantôt démontrées ; nous serions au comble du bonheur si nous avions l'avantage de pouvoir les faire instruire soit par les moyens d'avoir un maître d'école, soit par la proximité des villages voisins, malheureux dans ces montagnes. Nos plaintes seront peut-être crues jusqu'aux pieds du Trône; Sa Majesté qui n'a rien de plus à cœur qu'à chercher le bien de ses sujets pourra-t-elle en procurer un plus grand qu'à l'égard de ses enfants si chers à l'État et à l'Eglise? Non sans doute : animée d'un zèle qui surpasse encore celui de nos rois, ses prédécesseurs, sur ce

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fjenre, après avoir cherché tant de moyens pour procurer le bien de ses enfants, couronnera ses œuvres en procurant à la jeunesse des maîtres d'école pour l'instruire ; en attendant cet événement si heureux, nous prions dans nos vallons qu'il plaise au Tout-Puissant nous conserver un règne où le Roi témoigne ses intentions jusques à nous. Éloignés du Trône, lios vœux y sont sans cesse, à l'effet d'y prouver que nous sommes

De Sa Majesté très Chrétienne le Roi de France les plus humbles, obéissants, soumis, respectueux et fidèles sujets.

Dominique Simon ; N. Boulanger, greffier; Toussaint Bailly, syndic; Ï3astien Schmîtt.

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