CAHIER DE LA NEUVE VI LLE-LES-LORQUIN
meiits; 4° de diminuer les sièges qui, par leur proximité, facililenl les procès ; 5® que tous ces anciens procès qui traînent depuis dix, viiiç|t, trente ans soient vidés dans le temps que Sa Majesté voudra fixer.
Art. i4. — Les contraintes étant encore un autre sujet de plaintes par rapport aux frais qui en résultent, nous supplions Sa Majesté de les supprimer et de donner aux assemblées municipales le pouvoir d'en décerner sans l'aide des huissiers, pour épargner les grands frais qui empêchent très souvent le sujet de s'acquitter totalement de ses impositions; et, comme Sa Majesté [leur] a confié le soin de répartir les sommes imposées, nous la supplions aussi de leur confier celui de vérifier les rôles, sans qu'il soit nécessaire de recourir à Messieurs les subdélégués, vu que ce sont des frais que les communautés pourraient épargner.
Art. i5. — La sagesse de Sa Majesté, nous a donné des lois qui font à jamais sa mémoire agréable : mais nous la supplions d'enjoindre à ses officiers d'y veiller avec plus de soin,^ surtout pour ce qui regarde les marchés de blé où il se commet bien des injustices.
Art. i6. — Les aubergistes, boulangers et bouchers retirent beaucoup de profit sur les autres particuliers. Nous supplions Sa Majesté d'ordonner qu'ils soient obligés, outre leurs impositions ordinaires, de contribuer quelque chose ou aux besoins de la fabrique ou aux besoins de la communauté.
Art. 17. — Nous supplions Sa Majesté de mettre un frein à la rapacité des Juifs qui, sous prétexte d'être utiles aux sujets, les ruinent en tirant des usures exorbitantes.
Art. 18. — La coutume de Metz, qui prive les enfants du second lit de la part de la succession de leur père, nous fait saigner le cœur : l'expérience trop funeste nous donne des exemples que trop fréquents, qui doivent exciter la compassion de tout le monde par l'indigence à laquelle ils sont livrés, tandis qu'ils ont la peine de se voir enfants d'un père doué d'une fortune considérable.
Art. 19. — Les enclos mettent encore un grand obstacle au bien-être des particuliers; nous supplions en conséquence Sa Majesté de les supprimer, puisqu'il arriverait par là que des pauvres et des riches retireront un grand bien par la récolte des regains et pour la pâture.
Fait à la Neuvevilie par nous habitants dudit lieu, et avons signé ceux qui savent signer, après lecture faite : le double est déposé dans le greffe de ce lieu, le i5 mars 1789.
Le présent cahier contient onze pages cotées et paraphées, et dix-neuf articles.
François Jacque, député; J. Hanus, syndic et député; Jean- Baptiste Callais; Didier Champion; Dieudonné Lospitallier.
LANGUIMBERG
XGVII-
a Procès-verbal de rassemblée de la communauté de Languimberg, du i5^ mars 178g, de la nomination des députés. »
i5 mars 1789,
<x Sont comparus en l'auditoire de ce lieu('), par^devant nous, Claude Guerre, syndic de la municipalité de Languimberg. »
Communauté de 100 feux.
Députés : Joseph Jaquet,
Dominique Blondeau.
Signatures : Louis Ëstienne ; D.-M. Etienne ; Barbier ; Christophe HussoD ; Claude Guerre, syndic; Joseph Jaquet, député; D. Blondeau, député ; J.-N. Mangin, greffier,
Cahier de plaintes, doléances et remontrances de la communauté de Languimberg, pour être présenté à l'assemblée de Vie le 23^ du présent mois de mars 1789
Qu'il est consolant pour nous, vivant dans la plus grande obscurité, de pouvoir élever nos faibles voix et les porter jus-
I . Impositions ordinaires pour les six premiera mois de Tannée i^go :
Imposition principale 465 '^ r s. > d.
Impositions accccssoires 926 3 i
Capitation 1 069 i 9
Total a 45o "**■ 4 s« 10 d. '
Deux vingtièmes et quatre sous pour livre du premier pour //po : „. . , I i*"" cahier . . . 1 aoq "W- las. gd.
B.ens-fonds. . \ ^e cahier . . . 3 isfe 8 ?
Total 4330"''" «s. 9 d.
(Arch. Meurthe-et-Moselle, L. 3o8.)
GAHIBR DE LANGUIMBERG 4^9
qu'aux pieds d'un monarque que la Providence semble avoir placé sur le trône pour s'occuper du bien de son peuple. Ce roi bienfaisant veut bien descendre jusqu'aux dernières chaumières pour y apercevoir la misère où sont plongés ses sujets et leur porter les secours nécessaires à leur faible existence ; sa bonté paternelle nous donne donc le pouvoir de nous plaindre : que dis-je? elle nous l'ordonne, et nous ne pouvons nous y refuser sans nous rendre coupables de désobéissance : c'est pour remplir ces vœux autant qu'il est en notre pouvoir que nous allons avec confiance en faire le détail le plus succinct. Nous ferons voir : i^ le nombre et la capacit-é dé nos habitants ; 2° la progression énorme et accablante qu'ont faite les impositions royales et leurs accessoires depuis quelques années ; 3" les impôts mis sur le fer et le cuir, l'augmentation du sel et des bois, et enfin la désolation et la ruine de la partie souffrante de la Nation.
Art. I . — Cette communauté a cent feux tant cultivateurs, fermiers, manœuvres et femmes veuves, vivant à peine de leur travail manuel, dans lesquels il s'y trouve 4o mendiants.
Art. 2. -— Les impositions et tailles de cette communauté sont augmentées d'un tiers : cependant, les autres charges, bien loin de se diminuer, se sont accrues, et le rapport y est très médiocre.
Art. 3. — Depuis Tédit de 1766 qui remet les nefs et presbytères à la charge des communautés, qui en exempte les décimateurs, nous devient fort onéreux : malgré les grandes réparations que notre nef nous a déjà occasionnées, [elle] est encore en fort mauvais état.
Art. 4- — Depuis seize ans ou environ, la communauté paye annuellement au maître de poste aux. chevaux d'Azoudange 125^ pour leur part de 3 10^ de gratification à lui accordée par M. l'intendant : il est bien surprenant que des pauvres cultivateurs uniquement occupés des travaux pénibles et laborieux, vivant avec peine du seul travail de leurs mains, soient contraints à ce qui ne leur est d'aucune utilité.
Art. 5. — La même communauté paye en outre annuellement pour le logement et encasemement de la maréchaussée dudit Azoudange 10^ 16 s. Ces deux objets nous sont devenus en accroissement de charge depuis plusieurs années.
Art. 6. — En 1777, nous avons eu le malheur de perdre
l\6o HAILLIAGE DE VIC
toutes nos récolles par un orage qui a dévasté toutes nos campagnes : nous avons réclamé, mais sans avoir pu obtenir aucune indemnité.
Art. 7. — En 1779, la gelée a enlevé une grande partie de nos moissons, comme il est évident par les visites et procèsverbaux dressés en conséquence : les grains sont cependant la seule ressource de nos cantons et le seul avantage dont jouissent nos pauvres habitants.
Art. 8. — Les impôts sur le fer ont fait doubler le prix de cette marchandise dont Tusage est cependant indispensable aux cultivateurs : cet objet détériore donc l'agriculture.
Art. 9. — La cherté excessive du sel, cet aliment de première nécessité, occasionne de grands maux ; situés aux portes de trois salines, qui peut s'imaginer que le sel nous est vendu plus chèrement qu'à tout étranger? De là qu'arrive-t-il? Le pauvre mercenaire, dans l'incapacité de se procurer si chèrement cette denrée, s'expose à user du sel prohibé. Une fois repris, ce pauvre père, seule ressource pour gagner la vie à sa famille, se voit enlevé de son foyer, diffamé et condamné aux travaux publics à défaut de pouvoir satisfaire à la sentence pécuniaire prononcée contre lui. Quoi de plus triste que cette mort civile? Laisser une femme veuve son mari encore vivant et des orphelins dont le père existe encore, quoi de plus inhumain ?
Art. 10. — Ces salines, outre leurs propres forêts, s'en affectent d'autres à une certaine distance de leur situation, et, par leur grande consommation, elles parviennent à dévorer et à dévaster tous les bois de leurs environs au point que nous nous trouvons dans l'impuissance de nous procurer les bois de marnage, charronnage, qui sont d'un objet si nécessaire au bien-être des citoyens et à Tagricullure.
Art. II. — Les impôts sur le cuir ayant fait hausser le prix de cette marchandise au point que la plus grande partie de nos habitants sont dans l'affreuse nécessité de marcher pieds nus ou de se servir de sabots, ne pouvant plus avoir de quoi porter des souliers.
Art. 12. — Nous sommes à la porte de la Lorraine et de l'Alsace : il est bien dur à des sujets d'un même prince d'être obligés de payer à chaque bureau, si multipliés que je dirais presque à chaque pas, des droits de transit, acquits, traite foraine, jjassavant, etc., ce qui nuit considérablement au cora-
GAUIfiR DB ULNGUIMBERG ^Gl
merce et nous fait renchérir toutes les marchandises dont nous avons besoin.
Art. i3. — Un tiers du finage situé sur différents bans voisins dont ils sont privés du parcours, ce qui cause un préjudice considérable aux habitants pour la pâture de leurs bestiaux ; et, outre de ce qu'ils sont privés de la pâture, c'est qu'on les cotise, dans les lieux différents où ledit tiers de leur finage est situé, dans les réparations des églises et cimetières lorsqu'il y en a à faire. C'est pourquoi ils souhaiteraient qu'il y eût droit comme ci-devant d'aller pâturer sur leurs terrains.
Art. i4. — Il y a quatorze ans que Ton a compris les maisons du lieu que l'on occupe soi-même dans les rÂles de vingtième ; ils souhaiteraient qu'ils ne payassent pour ce sujet non plus que les villages voisins et des environs qui ne payent point pour ce sujet.
Art. i5. — Dans les temps de moissons, les cultivateurs sont obligés de laisser leurs grains pendant vingt-quatre heures sur place après être liés et mis en trézeaux, s'ils ne sont point dtmés dans les vingt-quatre heures, ce qui leur cause un dommage considérable, surtout par des mauvais temps.
Art. i6. — L'arrêt des enclos porte un préjudice considérable, surtout pour la pâture des bestiaux ainsi que pour les foins, attendu que les meilleurs prés qui sont clos ne produisent plus de foin comme avant les clos; ils souhaiteraient et [il] serait de l'utilité publique que le droit de clôture soit aboli.
Art. 17. — Outre la rareté de pâture, c'est que les troupeaux des moutons seigneuriaux et autres troupeaux appartenant à des entrepreneurs qui ont des troupeaux considérables qui ruinent toute la pâture, ils pâturent continuellement dans les prés avant aucuns autres troupeaux et bêles de trait du lieu : ils demanderaient qu'il ne soit pas permis aux troupeaux de moutons d'aller pâturer dans les prés, attendu qu'ils arrachent jusque la racine des herbes, et les prés ne sont pas de grande valeur.
Nous osons espérer que toutes ces remontrances parvenues aux pieds du trône du meilleur et plus chéri de tous les monarques serviront à éclairer et instruire notre bon Roi de toutes les misères qui régnent parmi nous, et qu'en nous soulageant^ il en résultera le bien de l'État et celui de tous les sujets du royaume.
462 BAILXJAGS DB YIC
Fait, clos et rédigé par nous, prindpaux habitants de la communauté de Languimberg, soussignés , avec Claude Guerre, notre syndic, qui l'a coté et paraphé par premier et dernier feuillet, ainsi qu'il nous est ordonné, le présent cahier contenant quatre feuillets.
Louis Estienne; D.-M. Etienne; Barbier; Christophe Husson ; D. Blondeau, député; Joseph Jaquet, député; Claude Guerre, syndic ; J.-N. Mangin, greffier.
LANING
XCVIIP Cahier des plaintes de la communauté de LaningQ)
L'an 1789, le 16 mars, la communauté de Laning, assemblée dans la maison de Jean-Michel Schang le jeune, syndic de la municipalité, à TefTet par elle de procéder à la rédaction du cahier de plaintes, doléances et remontrances qu'elle entend de faire à Sa Majesté, et présenter les moyens de pourvoir et subvenir aux besoins de l'État, ainsi qu'autant ce qui peut intéresser la prospérité du royaume et celle de tous et chacun les sujets de Sa' Majesté, de charger les députés du nombre de plus notables habitants choisis par elle le 16 du courant de porter ledit cahier le 23 présent mois à l'assemblée générale au bailliage et lieutenant-général à Vie, ladite communauté présidée par les maire, syndic, élus, a dressé son cahier comme s'ensuit, l'a rehiis entre les mains de Jean-Michel Richard, laboureur, membre de l'assemblée municipale, et de Christophe Klein, habitant dudit lieu, ses députés, déposé le double au greffe de ce lieu, en leur enjoignant de s'acquitter fidèlement du pouvoir et de la procuration à eux donnés par ces présentes aux fins de présenter à l'assemblée générale le présent cahier, faire les plaintes et remontrances et réponses qu'il conviendra [conformément] en tout à la lettre de Sa Majesté donnée le 7 février dernier, à son règlement, et à l'ordonnance, et ont les habitants tous signé le présent cahier de tous ceux qui ont l'usage d'écrire, et compris dans les rôles des impositions, au nombre de quatre-vingt-trois feux.