GA.I11ER DU MOUSSEY
. Que le sel soit marchand el y.endu à meilleur compte.; il en résulterait moins de maladies, attendu qu'une grande partie du peuple en use peu à cause de sa cherté ; que s'il était à meilleur compte, les habitants de la campagne en donneraient à leurs bestiaux, ce qui leur donnerait plus de force pour la, culture, occasionnerait moins de maladies dans le bétail, par conséquent plus de nourri ; les viandes en seraient plus succulentes, à la suite plus abondantes et à meilleur prix ;
Art. 2. — Que le tabac soit à meilleur compte ; car, combien ne voit-on pas périr de bestiaux, parce que. la cherté empêche les pauvres gens de la campagne de procurer à leur bétail des remèdes dont le tabac est le fondement ?
Art. 3. — Que la maitôte des cuirs soit abolie ; qu'on réfléchisse sur ce qu'il en coûte de plus à l'État pour l'entretien de l'armée, etc., depuis son établissement, on verra qu'après les appointements des commis proposés pour ce, qui sont considérables, il n'y aura de reste que les gémissements d'un peuple qui, par ce fardeau, se trouve extrêmement lésé ;
Art. 4- — Que les jurés-priseurs n'aient plus lieu, vu que dans les successions le plus souvent il ne reste plus rien pour les pupilles, après qu'ils ont tiré leurs vacations, voyages, etc. et que plusieurs particuliers, voulant se libérer par des ventes volontaires, se trouvent hors d'état de satisfaire leurs créanciers, à cause des frais qui sont considérables : nous en avons plusieurs exemples dans nos cantons;
Art. 5. — Que les personnes établies pour rendre justice en dernier ressort soient tirées des avocats les plus éclairés et d'iine conscience inébranlable ;
Art. 6. — Que toutes reconnaissances de promesses, et anticipation de terrains ou de chemins, plaintes pour injure, menace, etc., soient jugées par la municipalité des lieux, sans appel, et que la sentence soit exécutoire et à peu de frais; cela empêcherait la ruine de quantité de sujets;
Art. 7. — Que toutes personnes en place qui feraient des fraudes soient punies comme des gens du commun ;
Art. 8. — Qu'il serait du bien public de remédier à la cherté excessive du bois dont le peuple ne peut se passer, au moins de la diminution des salines, attendu que ces salines se saisissent de toutes les coupes ;
Art. 9. — Que l'usage des bois de quatre pieds soit libre ;
DOLtANCSt 3 à
TT
53 O BAILLIAGE DB YIG
Aat. 10. — Que les acquita soient supprimés et lecommcrce libre ;
Art. II. — Que là où il n'y a point d^officiers de seigneurs présents, la municipalité puisse exercer la police, refuser l'entrée dans la paroisse aux mauvais sujets qui viendraient s'y établir ;
Art. 12. — Qu'il soit mis un frein absolu aux usures excessives des Juifs qui appauvrissent chaque jour nombre de pai^ ticuliers ;
Art. i3. — Que les devis et marchés pour les ouvrages des communautés soient faits par les notables des lieux.
Doléances de la communauté de Moussey
Art. i4* — Le village de Moussey, placé dans un sol aquatique, mérite, par sa situation, une considération particulière de la part du Gouvernement ; son ban a peu d'étendue, il est fort resserré par les bans de Xirxange et d'Avricourt ; le premier n'est éloigné des jardins de Moussey que d'environ deux cents toises.
Art. i5. — 11 faut remarquer, en outre, que ses terres sont maigres et faibles ; et, malgré leur médiocrité, environ le quart du finagc paye un grand bichet par jour, mesure de Saintr-Avold, de cens annuel au seigneur ;
Que la meilleure et majeure partie de ses prés appartiennent à des étrangers qui, non contents les foins, en tirent encore avidement les regains, après avoir durement molesté les bangards au moindre dommage qu'on y trouve; aucun village n'a plus souffert par la défense du parcours que celui (le Aloussey ; dès lors, on l'a vu s'appauvrir sensiblement par l'impossibilité où se sont trouvés les habitants de nourrir des bestiaux, leur unique ressource, faute de pâturage et de fourrage; et il est notoire qu'il n'y a point de village, dans le ressort de Vie, où il se trouve un aussi grand nombre de pauvres.
Les habitants ne peuvent cultiver ni fertiliser leurs terres sans engrais ; pour engraisser les terres, il faut nourrir des bestiaux; pour faire ce nourri, il faut des pâturages et des fourrages : aussi cette communauté manque-t-elle de bon cultivateur.
Le seul moyen de remédier à ces inconvénients est de mettre
CAHIER DE MOUSSEY 53 1
tesdits habitants en état de supporter les impôts et autres charges. C'est:
Art. i6. — De leur laisser libre le parcours sur les bans voisins; d'empêcher les propriétaires étrangers de faire des regains dans les prés qui sont sur le finage dudit Moussey.
La communauté est chargée d'entretenir une chaussée d'environ deux cents toises, une autre d'environ cent toises, qui sont aux entrée et sortie du village ; que, sans ces chaussées, les chemins seraient absolument impraticables.
Elle est, en outre, chargée de l'entretien de trois ponts de pierre contenant six arcades et de deux ponts de bois qui sont très coûteux, attendu que les pierres que l'on tire d'Avricourt pour entretien de la grande route passent toutes sur,nos chaussées et nos ponts.
Les laboureurs sont obligés quatre fois l'an d'aller à une lieue de distance avec leurs charrues cultiver la corvée du seigneur, et herser deux fois.
Pour acquitter toutes ces charges, la communauté n'a qu'un modique revenu d'environ 120 livres, dans lesquelles le seigneur tire le tiers sans entrer dans les charges.
La communauté de Moussey, dépendant du comté de Réchicourt-le-Château, selon ses titres avait droit anciennement et jouissait du bois mort et mort-bois pour leurs usages. Les seigneurs leur ont refusé la jouissance : il y a eu procès pendant au Conseil; et, faute de pouvoir, les communautés n'ont pu parvenir à le faire finir, ce qui fait gémir les vassaux.
Le présent cahier de doléances a été par nous, aujourd'hui vingt et un mars, coté et paraphé par premier et dernier feuillet, contenant sept pages.
F. Germain, syndic; J. N. Striffleur; Nicolas Gilet; Claude Boiselle ; François Christophe ; Léger Fleur.