VI
Remontrances, plaintes, doléances et réclamations du Tiers état de la communauté d' Angomont, ban le Moine, village et seigneurie de dit seigneur le Maréchal prince de Beauvau, [en conformité] de l'ordre de Sa Majesté, porté par ses lettres données à Versailles, le 7 février 1789, [pour] la convocation des États généraux, et des dispositions, règlement y annexé, ainsi que l'ordonnance de M. le Iteutenant général du bailliage royal de Vie, en l'absence de Monseigneur le bailli, le tout publié le 15 de mars
Remontrances que le village d'Ângomont est situé dans les montagnes, entouré de bois, de mauvais chemin, doiit nous sommes éloignés de la paroisse d'une lieue, des bois à traverser, ainsi de même que des ruisseaux, ce qui porte une grande gî^ne pour l'administration des sacrements.
La suppression des droits de foraine ; que les passages soient libres au commerce en conséquence, vu le tort considérable qui résulte de cette instance.
Que le prix du sel, qui est actuellement excessif, soit remis à l'ancien taux dont nous le payons actuellement huit sols la livre. La consommation en deviendrait beaucoup plus considérable, dont Ton en donnerait aux bestiaux, ce qui bonifie l'agriculture.
L'on nous force à prendre du tabac fort cher à trois livres douze sols la livre : demandons qu'il soit permis d'en planter suivant l'usage.
La suppression des marques de fers et de cuirs qui sont plus [onjéreuses au public, surtout au laboureur qui paye très cher les ustensiles en fer qui leur sont nécessaires.
â6 BAILLIAGE DE VIG
Nous demandons que le premier jugement soit rendu sur les lieux par des hommes choisis de la communauté, attendu que les voyages d'huissiers et de contrôles sont éloignés ae deux et de quatre lieues, ce qui cause la ruine du peuple.
Nous demandons la suppression des huissîers-priseurs ; que les inventaires soient faits par un juré sur les lieux, comme nous demandons par l'article ci-devant, en présence des tuteurs et curateurs : ce qui ferait un ménagement aux mineurs,
Nous demandons l'usage du papier libre et la suppression du papier timbré.
Nous demandons que le cours de l'argent soit en Lorraine comme en France.
Nous demandons la suppression de la maîtrise des Eaux et Forêts; que les délivrances soient faites par des officiers de nos communautés pour éviter les frais, que les rapports soient faits au greffe de nos communautés, et jugés annuellement dans la forme ordinaire, c'est-à-dire à l'assistance du procureur choisi, y dira ses raisons, fait droit à l'instant à peu de frais.
Nous demandons que ceux qui ont droit de colombier qui soit ordonné de les retenir pendant les moissons et les semailles.
Nous payons en notre communauté pour les droits du seigneur : 7^*^ 10 s. pour droits de taille, et par chaque habitant i3 s. 3o d., pour droits de poule et chapon, 9 d. par balance de trait, 3 d. par chaque vache, 9 d. par chaque feu.
Pour rétribution desdits droits que nous payons, qu'il soit ordonné audit M^^ de délivrer aux dits habitants des communautés le bois mort comme l'ancienne coutume ; qu'il soit défendu aux forges des provinces étrangères d'en faire des enchères, attendu que ces communautés en payent les droits, et en sont privées.
Nous demandons que les bois communaux soient coupés par pieds d'arbre, et non point broussailles.
Nous demandons que les poids et mesures soient d'une égalité partout.
Nous donnons la dtme dans nos communautés la douzième gerbe, dont ledit S»' prince de cinq gerbes deux, et le S' curé trois.
La communauté est composée de 5o feux, y compris les veuves, dont il y a 7 laboureurs.
CAHIER d'aRRAINCOURT 27
Nous .demandons qu'il n'y ait qu'un seul impôt pour le besoin de l'État sus les subventions.
Fait et arrêté à l'assemblée municipale de la communauté d'Angomont; fait audit lieu, le 19 mars 1789, et ont signé :
N. Poupardin ; Marchai ; J. F. Zabé ; N. Henry, syndic.
ARRAINCOURT
vif
« Procès-verbal de l'assemblée de la communauté d'Arraincourt pour la nomination des députés.^
18 mars 1789,
« Sont comparus en Tauditoire ou hôtel de ville de ce lieu, par-devant nous, Nicolas Woirgard, syndic. »
Communauté de 67 feux.
Députés : Antoine-Petit Nicolas, Jean-Nicolas Fourni er.
Signatures : N. Woirgard, syndic; A. P. Nicolas; J. N. Foumier; Pierre Challoq ; Jean Butin ; Thomas Antoine.
Cahier de plaintes, doléances et remontrances des habitants composant la communauté d'Arraincourt, en exécution des lettres du Roi du vingt-quatre janvier dernier, du règlement y annexé, de l'ordonnance de Monsieur le président, lieutenant général au bailliage et siège de la ville de Vie, du 27 février aussi dernier, et de la signification, notification et sommation faite au syndic de la municipalité, à la requête de Monsieur le président dudit bailliage, par exploit du neuf du présent mois de mars
Art. I. — Lesdits hs^bitants et communauté demandent pour la ville de Vie et les Trois-Évêchés les États provinciaux.
Art. 2. — Se plaignent que les impositions sont trop fortes, eu égard au peu de rapport des terres de leur ban, malgré les peines et les soins que l'on prend pour les cultiver et pour les
faire valoir ; une preuve, que la plus grande partie de la communauté sont à la mendicité.
Art. 3. — Qu'il y a vingt-quatre propriétaires de déforains étrangers qui viennent cultiver, recueillir et enlever tous les revenus de leurs biens, et ne payent aucune chose dont il faut (;ue les habitants payent en leur place, ce qui n'est pas juste ; ce qui fait une grande différence, c'est qu'il n'y en a aucun de ce lieu qui aille cultiver ailleurs.
Art. 4« — Disant que les grandes et menues dimes [sont]^ affermées à des étrangers, qui enlèvent toutes les pailles qui devraient servir aux engrais du ban et aux besoins de la communauté; que les dîmes des laines soient supprimées, attendu que l'on paye la dîme des agneaux.
Art. 5. — De décharger les communautés des .entretiens et reconstructions des nefs des églisSs, et d'en remettre comme du passé la charge au compte des décimateurs.
Art. 6. — Que le Clergé et la Noblesse, qui possèdent la plus forte partie des biens, ne payent rien ; s'ils étaient imposés, cela soulagerait les cultivateurs et les pauvres habitants qui supportent toutes les charges.
Art. 7. — Que les propriétaires résidant dans les villes payent comme ceux de la campagne.
Art. 8. — Qu'ily adeux colombiers dans le lieu : qu'il y en ait un de supprimé : que d'ancienneté il n'y en avait qu'un ; et qu'il soit obligé de les tenir enfermés dans les temps défendus.
Art. 9. — Demander la liberté du sel et du tabac, attendu que nous payons le moindre sel le plus cher, et que le bon sort pour les pays étranger» : ce qui ca ise une cherté dans les bois (|u'il enlève de plus de sept lieues à la ronde, ce qui cause un grand préjudice; et que si cela continue, on sera obligé de se chauffer avec de la paille, ce qui causera un grand préjudice pour les engrais : c'est pourquoi nous demandons la suppression des salines.
Art. 10. — De supprimer les clôtures, à cause de la cherté des bois ; et ce aussi qui est cause que les pauvres gens ne peuvent plus faire de nourri de bêtes ; demandent les habitants de la communauté la liberté de faire des regains comme cidevant.
Art. II. — De supprimer les acquits pour faciliter le commerce.
GAU1£U u'aKUAIACOUUT
ART. la. — De supprimer pareillement rétablissement des haras, plus nuisible aux cultivateurs que proGtable.
Art. i3. — De rétablir les corvées comme du passé , en donnant des tâches aux communautés ; et, alors, les chemins seront tenus en bon état, et il en coûtera beaucoup moins qu'actuellement.
Art. i4. — De laisser aux officiers municipaux ou aux gruyers des seigneurs l'administration des bois communaux, pour éviter aux frais.
Art. i5. — Demander la suppression des priseurs, en laissant la liberté, comme du passé, aux propriétaires de disposer de leurs meubles.
Art. i6. — Que les tiers soient supprimés, attendu que tout le ban paye de fortes cens et rentes, dont il y a trois quartes de rentes par chaque dix jours à la raie, et que tous les prés, pâquis et biens communaux payent cens.
Art. 17. — De supprimer les marques de cuir et de fer, attendu que cela met une cherté dans le pays.
Fait et arrêté en l'assemblée de communauté, en exécution des ordres de Sa Majesté, et du règlement y annexé, à Arraincourt, le dix-huit mars mil sept cent quatre-vingt neuf.
N. Woirgard, syndic; J. N. Fournier; A. P. Nicolas; Pierre Chalioq ; Jean Butin ; Thomas Antoine.