‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. l. serie. Département de Meurthe-et-Moselle (volume 2)Chapitre 40 sur 192 · C. M. ; Claude Mengin; F. V. ; P. M · texte numérisé non relu

C. M. ; Claude Mengin; F. V. ; P. M

État des doléances de la communauté de Badménil, terre d'Évéché, pour être présentées à l'assemblée du bailliage de Vie, le 23 mars 1 789, au sujet des États généraux

Terre labourable. — Le (inage de Badménil contient environ 100 jours de terres labourables, dont moitié appartient à des ecclésiasliques et étrangers, lesquelles terres ne produisent point de froment, un tiers en versaine, un tiers en seigle et l'autre en avoine ; le jour ensemencé en seigle, le fort portant le faible, prodiiit environ unrésal, celui en avoine deux résaux estimés à 297^.

Prés, — Environ 28 fauchées de prés, dont 20 aux Bénédictins de Senones et aux Carmes de Baccarat, le reste à des étrangers. La fauchée produisant un demi-millier.

Jardins. — Les jardins sont de nulle valeur, soit à cause du mauvais sol et de la position.

Bo's. — Les bois sont si peu avantageux que les habitants

I . impositions ordinaires pour les six premiers mois de rannêc i/po :

Imposition principale ]5 ^

Impositions accessoires i34

TOTAÎ Uo

Vingtièmes poir tyyo :

1" cahier 30 ^ » s. » d.

a<* cahier a i3 •

Z* cahier 38 18 6

Total 77 * 1 1 s. 6 d.

(Arch. Meurilic-ct-Moselip, L. 2o8.)

G.UilER DE BADMKNIL Bq

de la communauté y renonceraient volontiers, soit à cause de l'éloicjnement, soit à cause des frais d'exploitation des officiers de la Maîtrise et autres.

Local. — Le local est très pénible pour conduire les engrais et pour toutes autres voitures.

Revenus, — La communauté n'a aucune terre commune ni revenu quelconque.

Impositions royales :

Subvention, ci 208^ la s. 6 d. j

Capitation, ci m 19 3 > 44^^^ n s. 9 d.

Vingtième, ci 126 » » '

Prestalion de la chaussée en argent, ci. . . . 5i i5 »

Total des impositions, ci. . . . ^97^ ^ ^« 9 *!•

Les impositions se montent à la somme de 497^ 6 s. 9 d. et celle des revenus à 297^. Les habitants n'ont que leur travail et leur industrie pour subsister.

L'administration des bois est à charge à raison des frais multipliés par les officiers de la Maîtrise, et par les vexations des gardes.

Cherté des bois. — Les bois sont à un prix excessif à cause de la multiplicité des usines consommant bois; puisqu'à la distance de trois lieues à la ronde l'on en compte onze, surtout une verrerie à Baccarat qui consomme presque tous les bois du voisinage ; en outre une raison de l'augmentation du prix du bois, c'est le flottfige de la rivière de Meurthe qui approvisionne les villes de Lunéville, Rosières, Saint-Nicolas et Nancy.

Juridictions ^intendants, — 11 serait à désirer qu'il y eût plus de célérité dans le bureau de MM. les intendants et autres bureaux.

Inventa res. — Les inventaires sont très onéreux pour les pauvres dans la forme dont ils se font actuellement : il est à souhaiter et même nécessaire que ceux des personnes qui ne payent pas 6^ de subvention soient faits gratis ; qu'à leur décès le maire, assisté de deux notables et du greffier, appose les scellés et procède à l'inventaire aussi gratis.

Jurés^priseurs. — La création des jurés-priseurs est encore plus onéreuse.

Traites foraines. — Le hameau de Badménil est composé de

deux territoires, l'un est Évéché et l'autre lorrain : habitants d'une partie ne peuvent rentrer les denrées qu'ils ont récoltées sur l'autre, sans être exposés à des reprises.

Sel et tabac. — Le prix du sel et du tabac étant excessif, il serait a propos de les rendre commerçables pour le diminuer, ainsi que de diminuer ou supprimer totalement l'impôt sur les cuirs et les fers.

Droits seigneuriaux. — Les charges seigneuriales sont considérables, à raison de ce que chaque laboureur doit rendre sur les greniers de l'admodiateur de l'Évêché deux résaux d'avoine par chaque année, et lui payer en outre vingt-quatre sols de France, sans y comprendre d'autres cens.

Maréchaussée. — II faudrait pour la sûreté publique que les brigades des maréchaussées fussent plus multipliées.

Prestations des chaussées. — La prestation en argent pour les chaussées est plus coûteuse pour les communautés que la corvée, et les routes moins entretenues.

Colombiers. — Le droit de colombier est onéreux et nuit singulièrement aux semailles et récoltes.

Foires et marchés à Baccarat. — Le rétablissement des foires et marchés à Baccarat serait très avantageux, attendu que les habitants du lieu et du voisinage ne seraient plus forcés d'aller au loin vendre leurs denrées, épargneraient leur temps et leur argent.

Route de communication de Rambervillers à Bfâmont. — La construction de la chaussée de Blâmont à Rambervillers est très intéressante pour le commerce.

Le hameau de Badménil est composé de quinze ménages dont trois laboureurs fermiers, le reste manœuvres.

L'on observe que de tout temps les habitants de ce hameau ont été très pauvres.

Quant aux objets qui ne sont pas compris au présent cahier, on s'en rapporte à la décision des assemblées supérieures, espérant qu'elles feront droit aux justes observations incluses au ni(hne cahier.

Fait double, et arrêté à l'assemblée commune des habitants de Badménil, le 21 mars 1789.

Simon Crétien, maire; Quirin Mercier, député; N. C. ; C. M. ; Claude Mengin ; F. V. ; P. M.

CAHIER DB BARGHAIN 6l

BARCHAIN

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