‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 140 sur 246 · V. H. Laurent, greffier · texte numérisé non relu

V. H. Laurent, greffier

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Le présent cahier de doléances, plaintes et remontrances, contenant deux feuillets, a été coté et paraphé par moi soussigné, Jacques Laurent, syndic de la communauté de Hinckange,

Jacques Laurent, syndic.

Les habitants de la communauté de Hinckange représentent qu'ils sont enclavés dans la Lorraine, où nous ne pouvons ni vendre ni acheter quoique ce puisse être, sans être molestés par les employés, ce qui nous cause une perte considérable. Nous désirons, pour l'utilité, d'aller et venir dans le royaume sans payer acquits, et que les employés soient rélégués sur les frontières du royaume. •

Nous avons au loin un moulin auquel nous sommes banaux, appartenant à l'abbaye de Saint-Avold, qui sont seigneurs du lieu, que nous sommes contraints d'y moudre avec perte; que pour l'utilité du public, et que la banalité soit abolie.

Messieurs les nobles possèdent beaucoup et ne payent rien:

nous demandons qu'ils soient taxés avec le Tiers état, ainsi que le Clergé, pour le soulagement du pauvre peuple.

Les seigneurs prétendent le tiers-denier des revenus de la communauté, ne contribuent à rien, et, comme il y a plusieurs décimateurs qui ci-devant étaient obligés à bâtir l'église, et que aujourd'hui la communauté a l'allu bâtir l'église, les murs du cimetière ainsi que la maison curiale, le tout à leurs frais, ce qui met les habitants hors de pouvoir, vu que l'église deviendra cadu([ue avant qu'on puisse la meubler, ainsi de même que la maison d'écolage et de pâtre est tombée en ruine, faute que la communauté n'a plus le pouvoir de la rebâtir; chaque habitant doit donner annuellement deux poules et un oyon de rente au seigneur.

Et. en outre, la communauté est obligée de fournir trente quartes d'avoine au domaine de Boulay pour une sauvegarde qui n'aboutit à rien, vu que nous sommes tous sujets du même royaume.

Nous représentons qu'il nous soit permis l'usage du sel, comme tous les étrangers, et au prix qu'ils l'achètent dans le royaume, vu que nous sommes obligés de le payer à huit sols moins un liard la livre, ce qui fait un prix exorbitant pour les pauvres gens; et, à l'égard du tabac, la liberté d'en prendre où on le jugera à propos.

Nous souhaiterions pareillement que les huissiers-priseurs soient abolis, puisque c'est la ruine des enfants mineurs.

Nous demandons aussi que les clôtures des prés soient abolies, vu que le Tiers état est privé de la vaine pâture, et ne peut plus faire des nourris de bestiaux, ce qui est cause que ks chevaux et bêtes à cornes et autres sont hors de prix.

Nous demandons que le 20^ imposé sur les maisons et jardins potagers qu'on occupe par soi-même soit aboli, vu que les communautés du voisinage ne payent point, et que nous sommes surchargés dans les deniers royaux à la somme de 793 livres 10 sols 2 deniers, à la capitation à celle de 429"^ 4 s. G (1., et du vingtième à la somme de 53i'^ 4 s., total: 1764^ 3 s. 8d., somme exorbitante pour un petit hameau, vu (|ue la plus grande })artie des habitants ne vit (pic de charités.

Nous demandons la diminution des impositions royales à la moitié, et que la marque de fers et de cuirs soit abolie, ce qui est cause que les cuirs sont d'une cherté considérable.

CAHIER DE HINCKANGE Sq 1

Les cultivateurs demandent que les haras soient supprimés, puisque c'est ça qui cause une perte considérable aux laboureurs qui ne peuvent plus faire d'élèves dans toute la province ; voilà l'unique raison que les chevaux sont si chers dans le pays.

Nous représentons que c'est le Tiers état qui est surchargé et qui nourrit le tout et qui fournit le militaire au Roi ; et qui ne peut plus se soutenir ; et n'ont d'autre ressource que de recourir aux Juifs, et qui payent des rentes considérables, ce qui ruine les pauvres laboureurs, ainsi que les autres, ce qui les met à la dernière des misères, ce qui est la ruine du pays.

Nous demandons que les Fermiers généraux soient supprimés pour le. bien de l'Etat. Nous demandons pour le bien public qu'il se fasse des foires de bestiaux dans toutes les villes et bourgs du pays quatre à cinq fois par an, que ces foires procureraient une occasion avantageuse aux laboureurs et aux gens de campagne d'acheter des chevaux et des bétes à cornes dans les pays étrangers.

Le Ministère est supplié de chercher des moyens plus efficaces pour remédier aux délits et dégâts qui se commettent trop fî-équemment dans les forets des communautés, des seigneurs, et surtout dans celles du Roi, ce qui occasionne une cherté extraordinaire dans le prix du bois, qui devient tous les jours plus rare, de sorte que les gens qui se trouvent à leur aise ont beaucoup de peine de se procurer leur chauffage. Fait à Hinckange, le i6 mars 1789.

Jacques Boulangé, député ; Jeanpierre Dory; Jacques Dory, député; De Sampy, député ; Jacques Laurent, syndic; V, H. Laurent, greffier.

HINGSANGE

Procès-verbal.

18 mars 1789,

« Sont comparus par-devant nous, Joseph Hirchi, svndic de la municipalité de la communauté du château et des fermes d'Hingsange, composée de 8 feux. »

Députés : Christian Farni,

Georges-Nicolas Lallemand.

Signatures : Jean-Fiançois Clause; Hans Schmitt; Christian Farny ; Lallemand, greffier.

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