‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 155 sur 246 · XCIII · texte numérisé non relu

XCIII

Procès- verbal.

i8 mars 178),

« Sont comparus au greffe de la municipalité de la FrimboUe ('), par-devant nous, Toussaint Bailly, syndic municipal. »

Communauté composée de 21 feux, tant pleins que brisés.

« Lecture qu'ils en ont ouï faire par M. le curé de Bertrambois, le i5 du courant, où ils se sont rendus à la messe comme paroissiens audit lieu. »

Député : Toussaint Bailly.

Signatures : Dominique Simon ; N, Boulanger, greffier ; Toussaint Bailly, syndic ; Bastian Sclimitt.

XCIIP

Cahier contenant huit feuillets, coté et paraphé par première et dernière page, concernant les plaintes, doléances et remontrances de la communauté de la FrimboUe, suivant les lettres du Roi du 7 février 1789, et règlement y annexé, conformatif par ordonnance de Monsieur le président, lieutenant-général au bailliage de Vie, en l'absence de Monsieur le bailli d'épée au même siège, pour la convocation des trois États dudit bailliage, du 27 février 1789

Situation du village

Le villaçje de la FrimboUe est situé dans une colline de montagnes, et environné de coteaux et rochers les plus inaccessibles.

Dans le villacie il n'y a que six maisons, encore bien mal

r. Impositions ordinaires et prestation des c/ie/nins pour les siœ premiers mois de l'année lyyo :

imposition principale 20 ''^ » s. » d.

Accessoires de l'impusilion principale. ... 89 lO 8

Gapilalion et ses accessoires /|5 11 3

Taxations des collecteurs. i lo 2

Dro t lie quittance au receveur des liriances. 2 1 4

Prestation des chemins i5 11 2

Total général . . 124""" 10 s. 7 d.

(Arch. Meurllie-et-MoscUe, L. O77.) Deux vinglièines et quatre sous pour livre du premier pour 17^)0 : 335 "W- ig s. 6 d.

{Ibïd., L. 3o8.).

CAHIER rJE LA F-RIMBOLLE ^33

construites ; le surplus n'est que des baraques que les habitants se font eux-mêmes, n'ayant moyen à se loger autrement.

Les terrains sont si étroits que les maisons, pour la plupart, ne sont éloignées des rochers et coteaux de plus de trois à ({uatre toises : il en est que lesdits rochers font partie des murs, et par là il est aisé de conclure que c'est un séjour ténébreux, tant à cause de ce qu'à cause des forêts qui environnent.

Et par la même raison, il n'est endroit plus frais; les gelées y sont très fortes et bien supérieures au plat pays, les deux tiers de l'année; les neiges y sont très fortes, en sorte que rien n'est plus exposé aux injures des temps que ledit lieu de La Frimbolle.

Territoire

On ne peut nommer du nom de finage le territoire, attendu qu'il est par divisions et par collines; aussi, il n'y a partie de dix journaux ensemble, et le tout situé tant dans les vallées qu'au revers desdils coteaux, et tout à la fois très peu de terre. Le plus fort propriétaire n'a pas six jours de terre à sa possession.

On comprend assez qu'un territoire d'une pareille situation et d'une si petite superficie ne peut être considéré sous la forme d'un finage.

Semailles

Les semailles ordinaires sont seigle, avoine, vascées et pommes de terre : quand le jour rapporte un résal et demi de seigle, deux résaux d'avoine, huit à dix de pommes de terre, les habitants se croient bien dédommagés et de leurs dépenses et de leurs peines.

On comprend assez que par la situation du terrain qu'il est rare de voir les récoltes comme nous venons de le dire; l'affluence des neiges, leur longue durée, les grandes gelées, les brouillards, les intempéries si fréquentes dans ces lieux montagneux, et tout à la fois l'ingratitude du terrain prouvent assez le peu de récoltes : aussi tous les habitants ensemble ne pourraient en réunissant leurs seigles faire l'entretien de deux ménages , ce qui prouve la grande pauvreté, pour ne dire tous mendiants ainsi que leurs familles.

Ce que les temps et intempéries ne gâtent se trouve annuellement dégradé par les bétes sauvages, comme sangliers, etc., qui se tiennent dans les montagnes qui leur servent de retraite; et, d'ailleurs, le peu de grains et plantes qui y viennent ne sont jamais de bonne maturité, attendu que le soleil ne paraît presque point sur les côtes et les forêts qui

environnent.

Prairies

11 ne sera pas difficile de faire connaître que les prés sont de petite étendue et de peu de valeur ; le sol est sauvage, ne produit que bruyères et autres herbes semblables dérivées des montagnes; et, quoique de pareils fourrages soient peu profitables, la récolte en est encore moins abondante.

Les prés sont situés le long de la rivière de la Sarie et autres ruisseaux qui sortent des montagnes, exposés aux eaux, ce qui les gâte non seulement pour les récoltes, mais encore en ce que le sol se trouve très souvent chargé de pierres, cailloux, sables et autres matières semblables qui sortent desdiles montagnes.

Et, par une suite inévitable, les habitants sont obligés à recourir chez l'étranger dont ils tirent presque tous leurs foins, pailles, etc., ce qui expose à des contributions considérables : première charge.

Malgré la petitesse du terrain et des prés, outre leur invalidité, Monseigneur le maréchal prince de Beauvau emporte ^ ingt-quatre jours de terre, soixante et dix fauchées de prés ; Sébastien Maugel, quatre jours de terre, vingt fauchées de prés; Nicolas el Dominique Maugel, tous de Bertrambois, en emportent proportionnellement; Joseph Pierson, dudit lieu, de même; Flaumant, de Turquestein, dix fauchées; la veuve Mathieu, Joseph Jacquot, de la Foret, plus de vingt-quatre fauchées, et plusieurs autres. En réunissant, ils emportent ensemble les deux tiers et des terres et des prés, ce qui n'obère pas moins les impositions.

Et, par une suite d'autant plus malheureuse que les remontrants se trouvent rétrécis dans toutes circonstances, c'est qu'à la faveur des déclarations du Roi, tous ces particuliers ont enclos leurs prés les uns par fossés, et d'autres par des tâches lendrièi'es, ce (pii emporte toute leur pâture et ne diminue en 1 leu leurs tailles.

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