‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 162 sur 246 · C.apilalioii · texte numérisé non relu

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(Arch. Meurllie-cl-Moscllr, L. 3o8.)

CAHIER DE LA iNEUVEVILLE- LES-LOROUIN /(T).'^)

nos plaintes; trop flattés d'être les sujets de Sa Majesté, nous aurions passé sons silence tant d'abus (jui se sont iniroduifs dans un gouvernenient ([ui de toiU lernps a été révéré e( respecté, si la grande prévoyance de Sa Majesté, causée par la plus belle de toutes les vertus, ne nous eût ordonné de lui communiquer nos doléances et plaintes ; remplis de la plus vive reconnaissance pour une bienveillance aussi marquée, nous avons formé celles qui suivent.

Art. I. — Le zèle pour la gloire de Dieu, la rigueur des saisons, les chemins peu praticables nous ont presque imposé la dure nécessité de faire construire une église, de la munir du nécessaire, de demander un prêtre desservant, d'entretenir un maître d'école ; pour parvenir à noire but, nous fumes obligés de soutenir un procès considérable pendant très longtemps ; c'est ce qui a été la cause de cinq mille livres de dettes que nous avons encore à payer, sans cependant avoir de biens qu'un pauvre pré, et des poiriers que nous* avons vendus, dont, par esprit d'intérêt, on nous a saisi l'argent sans espérance de pouvoir le retirer de sitôt. En outre, notre propre misère est encore le plus grand obstacle, notre communauté n'étant composée ({ue de veufs et de quelques particuliers dont la fortune est très médiocre. N<jus supplions en conséquence Sa Majesté d'ordonner que nous soyons diminués dans nos impositions.

Art. 2. — Le peu de fortune provient encore par la petite production de nos biens, qui sont la plupart du temps ravagés par les eaux, qui enlèvent presque toutes les bonnes terres, et ne nous laissent que la mauvaise et les roches, ce qui ne peut provenir que par la proximité des montagnes et parce qu'ils sont situés sur des côtes qui causent l'impossibilité de bien les cultiver.

Art. 3. — Ce ne serait qu'à force d'améliorer nos terres •par beaucoup d'engrais que nous pourrions espérer quelques petites récoltes; mais nous en sommes privés par la trop grande difficulté de nourrir des bestiaux, provenant de la cherté des sels qui sont presque absolument nécessaires pour faire des nourris : de là provient aussi la cherté des cuirs, puisque les tanneurs ne trouvent pas suffisamment de marchandises pour fournir au peuple. En outre, le sel étant de la première nécessité pour l'homme, il en résulte que bien des

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pauvres n'en peuvent point acheter. C'est ce qui les fait soupirer et répéter sans cesse qu'ils voudraient l'avoir au prix qu'on le livre à l'étranger. Sa Majesté accomplirait nos vœux et désirs s'il lui plaisait nous accorder la liberté des sels, comme étant un bien principal pour les nourris des bestiaux : de là nous viendrait la facilité d'enqraisser nos terres et prés, la prospérité du su^et et la facilité de fournir aux besoins de l'État.

Art. 4« — La liberté des sels nous ramènerait en outre la délivrance des recherches trop fréquentes et douloureuses des employés de la Ferme, qui, bien loin de suivre les ordonnances de Sa Majesté, écoutent les mouvements de leurs propres têtes, d'où résulte quelquefois des spectacles qui font horreur à l'humanité, la ruine des sujets par les procès et les grandes sommes que les pauvres malheureux sont obligés de payer; Sa Majesté ferait le plus grand bien s'il lui plaisait de supprimer ces recherches et les employés, puisque par là les sujets jouiraient d'une tranquillité pour laquelle ils béniraient à jamais la mémoire de Sa Majesté.

Art. 5. — Nous souhaitons aussi que ceux qui sont contrevenus aux ordonnances de Sa Majesté par rapport à la contrehmde soient jugés par les juges des lieux, qui ont une plus ample connaissance du contrebandier, et qui, en conséquence, sauront mieux peser la transgression du sujet.

Art. 6. — 11 est constant que de tous temps le commerce est ce qui rend un empire florissant et le sujet heureux : s'il j>laisait donc à Sa Majesté d'en ôter les obstacles comme sont les acquits pour allei' d'une province à l'autre, les marques de cuirs et de fers et les droits de foraine, chacun serait bien aise si Sa Majesté voulait en leur place substituer une autre imposition.

Art. 7. — Les impositions pour les routes ne nous seraient pas à charge si les adjudicataires les mettaient en état ; mais ils les ont tellement négligées que nous nous voyons avec peine être obligeas à en payer l'entretien, tandis qu'on n'y met pas li main. Nous supplions en conséquence Sa Majesté d'ordonnrr que chaque assemblée munici[)ale ; it le pouvo-r de faire elle-même l'adjudication de sa part des routes, à charge pour elle d'y veiller a\ ec soin, d'ordonner en même temps (pie les travaux des roules soient tellement lépartis que chaifue com-

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