‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 192 sur 246 · CXXII · texte numérisé non relu

CXXII

Cahier des plaintes et doléances de la communauté de Niederwisse, présenté à l'assemblée du bailliage de Vie par François Causem, syndic, et François Zimmermann, greffier de notre village, tous les deux élus députés par nous soussignés, habitants de ladite communauté

Grâces à notre (jracieux Roi de ce qu'il nous permet de lever nos voix pour expli([uer à toute la nation française les raisons qui nous ont causé la misère à laquelle nous sommes réduits, afin d'y remédier : la Ferme générale, la chicane, l'usure, les privilèges des deux premiers Etats du royaume en sont les principales.

Nous demandons donc premièrement la suppression de la Ferme générale et de toutes ses dépendances, parce qu'elle ôte tant de mille bras à l'agriculture qu'elle a d'employés ; elle ruine les gens de campagne et empêche la fertilité des terres labourées par la cherté du sel ; elle gène le commerce par les détours que les acquits causent aux commerçants; et souvent même nous sommes faussement accusés par des employés de mauvaise foi; traitement qui est d'autant plus cruel qu'il est jugé par la Ferme même, qui est notre partie adverse, et personnellement intéressée. La liberté du sel, du tabac et de tout autre commerce dans l'intérieur du royaume, des barrières sur les frontières, qui favoriseraient le commerce national qui doimerait de l'ouvrage à tout le monde et en tout temps, nous conviendraient infiniment mieux.

2° Il est nécessaire de supprimer les huissiers-prisem's (jui, au lieu de veiller à la conservation des biens des mineurs, les dévorent ; les inventaires faits par les officiers des bailliatjes causent souvent plus de frais que les successions valent. Les assemblées municipales pourraient faire tout cela à peu d(; frais. Le grand nombre d'avocats, procureurs et huissiers ne pourraient pas vivre s'ils ne faisaient pas de frais mal à propos à leurs clients. 11 faut commencer par réduire le nombre de ces messieurs et laisser finir les dimanches et fêtes toutes les petites allaires sans frais dans les assemhh'es municipales ; on condamnerait celui qui a tort à une modique charité pour les pauvres de la paroisse; en y ajoutant les antnônes volontaires, on

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pourrait presque dans tous les villar[es parvenir à soulaqer les pauvres, sans qu'ils aient besoin de perdre leur temps en allant mendier d'un endroit à l'autre. Dans les affaires de conséquence, l'assemblée municipale tacherait d'accommoder les parties ; on leur donnerait un certificat comme ([uoi ils s'y avaient présentés ; mais il faudrait pour cela qu'aucun plaiqnant soit écouté dans les bailliages, s'il n'a auparavant obtenu ou requis ledit certificat. Par ce moyen, un grand nombre de procès serait évité ; on [ne] commencerait plus légèrement pour une petitesse une affaire ruineuse dans la première chaleur.

3° Au sujet des Juifs, nous ne savcjns par où nous devons commencer pour mettre au clair les mallieurs ([ue cette maudite nation nous cause ; nation qui n'est pas capable de devenir jamais utile à l'Etat, et qui est propre à rien qu'à mettre les bons citoyens hors d'état de contribuer au bonheur commun. Ils ont ruiné nos pères par leur usure ; et, parce que nous n'avons hérité que de la misère, ils ont bien aisé de nous attraper par leurs ruses dans nos besoins : aussi sont-ils nos maîtres; ils sont vingt-(]uatre feux contre nous vingt, sans parler d'une multitude de jeunes gens dont un grand nombre est au point de s'établir parmi nous, et, comme nous leur devons tout, nous n'oserons jamais leur refuser de les admettre. Il est vrai que l'Etat n'en perdrait pas beaucoup, si nous étions les seuls qu'ils empêchent de parvenir à quelque chose ; mais malheureusement tout le pays en souffre; ils profitent de la nécessité d'un père de famille et de l'imbécillité de l'autre pour ruiner des familles entières. Nous disons que l'Etat en souffre pour plusieurs raisons : les bons sujets sont par là mis hors d'état de [)ayer les deniers publics, leurs enfants sont mal élevés, et l'homme de campagne une fois appauvri ne tire plus de ses terres ce qu'elles devraient produire naturellement; cela ne sont-ils pas des obstacles bien sensibles à la félicité publi- (jue? Les Juifs ont poussé l'audace jusqu'à bâtir dans noîre village un temple séparé de tout autre bâtiment, et uniquement destiné au culte de leur religion, ce qui est contre les ordonnances, même contre le dernier édit de tolérance.

Nous supplions donc les Etats généraux d'établir le bon ordre, et de nous débarrasser de nos Juifs; ou, du moins, de les exclure de la tolérance accordée aux acatholiques, et de les mettre hors d'état de nous nuire désormais, en diminuant

le nombre exorbitant qui nous environne. Il est pour cela absolument nécessaire de faire abattre leur temple, de leur faire une nouvelle défense de s'attirer des biens immeubles et de mettre fin à leur usure, en annulant toute promesse écrite en leur faveur; on pourrait au plus excepter celles qui sont faites devant l'assemblée municipale du lieu ou devant un notaire royal et des témoins, à charge et condition que le Juif n'ose toucher la promesse avant que le promettant ait touché tout Tarqent comptant marqué dans la promesse. Et enfin, pour ([u'ils [no] ruinent pas totalement leurs débiteurs actuels, il faut leur accorder un crédit de dix ans sans le moindre intérêt; parce f|ue toutes ces dettes sont déjà doublées, (juadruplées, etc., par les vingt-cinq ou trente pour cent qu'ils font tous les ans ajouter à l'ancienne somme par des nouvelles promesses.

4° Pins d'exemption pécuniaire : nous désirons que les ecclésiastiques, les nobles, à plus forte raison les autres privilégiés soient tous, sans la moindre exception, irrévocablement tenus de payer à l'Etat comme le Tiers ordre, chacun selon ses facultés, et cela dans chaque communauté sur le ban de laquelle leurs biens sont situés. Les bâtiments, les cours et les jardins de luxe ou de plaisir contribueront comme les terres lal)ourées les plus fertiles. Nous remarquons ici (jue les déclarations des biens n'ont pas été exactes jusqu'ici.

5° Nous trouvons (jue les Etats provinciaux seraient d'une grande utilité pub!i([ue; n jus demandons par conséquent la suppression totale des intendances, de leurs subdélégués, de la gruerie, ainsi que des directeurs des ponts et chaussées et des bâtiments publics, parce qu'ils sont autant de fléaux des gens de campagne, qui font monter au double les dépenses publiques de leur ressort.

G" Nous supplions les Etats généraux de faire une règle fixe et constante au sujet des corvées, afin qu'elles soient toujours payées en argent confoz'mément au nouvel édit, et jamais plus faites en nature comme ci-devant, ([uand les pauvres en étaient injusiement surchargés.

7'- Les clôtures dans les prés et chanqis font un grand tort au [)lns grand nombre des sujets : ce ne sont (\uv les riches (pii ont les moyens d'en faire {)our conserver leurs regains, tandis (|ue leurs l)estiaux mangent la pâture ouverte des pauvres.

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8° Cojnine le blé est excessivement cher, nous remarquons que la cause en est (ju'il n'y a pas assez de magasins au pays, (|ui seraient une ressource clans les chertés extraordinaires; une seconde raison est ({ue l'on a trop de blé exporté hors du royaume l'année passée et l'année présente; cela se pratique par fraude : nous demandons donc (pie le prix de la cjuaite du blé, iVoment, n'excède jamais sept ou huit livres, et <|ue l'on exiqe à cette fin dans chaque bourg de la province un magasin à blé, et qu'il soit jamais permis d'en exporter chez l'étranger avant ([ue tous les magasins en soient remplis; il est aussi nécessaire de prendre plus de précautions à l'avenir pour ])révenir toutes les ruses des commerçants en blé.

9° La rareté du combustible mérite une attention parlicidière des Etats généraux. Les pauvres, qui sont le plus grand nombre, peuvent pas payer douze livres de la corde de bois, ni pour faire venir un chariot de houille ; ils peuvent pas non plus se laisser geler de froid avec leurs familles; ils ces.-eront donc pas de détruire les arbrisseaux dans les bois déjà trop dégradés, si on leur procure pas du combustible vénal en détail ; il faudrait engager quelque particulier dans chaque communauté à faire ce commerce, et ne plus laisser consommer des si grandes quantités de bois par les forges et les verreries, les salines, etc.

10" L'édit qui décharge les décimateurs de la construction de la nef des églises paroissiales et en charge les paroissiens nous paraît aussi être abusif; les décimateurs ont eu leurs dîmes avec cette charge, et ils sont d'ailleurs plus en état de bâtir que les pauvres communautés.

11° L'inégalité des aunes, des poids et des mesures dont on S3 sert dans les différentes provinces du royaume, ainsi que l'argent de Lorraine, sont d'aucune utilité, mais causent souvent des gênes et des difficultés dans le commerce.

Dans ces onze articles sont comprises nos plaintes, doléances et remontrances, que nous enjoignons à nos susdits députés de proposer en nos noms à l'assemblée de notre bailliage de Vie, et nous voulons qu'ils soutiennent avec la plus grande fermeté toutes celles de nos demandes qui se trouveront confirmées par la pluralité des voix.

Nous les autorisons, en outre, de consentir à toutes les autres propositions non comprises dans le présent cahier qu'ils juge-

roiit en leur conscience pouvoir être utiles à la Nation. Foi de quoi nous tous, habitants de Niederwisse, qui savons signer, siqnons à Niederwisse, ce 20 mars 1789. Pro duplicata.

Gorg Causem ; Jean Calmes ; Andréas Causem ; Meyer, membre; Franz Causem, syndic ; F. Zimmermann, greffier.

OBERWISSE

« Procès-verbal de l'assemblée de la communauté pour la nomination

de députés. »

20 mars 1789,

« Sont comparus en l'auditoire de ce lieu.... » (3i comparants.) Communauté composée de 3o feux.

Députés : Pierre Wagner, syndic, laboureur,

François Malhomme.

Sifjnatures : Gorge Girard ; Nicolas Klotz ; François iMalhomme,

membre; Pctter Wagner, maire et syndic municipal ; Johan-

Jacob Lacroi.v, greffier.

CXXIIP

Cahier de plaintes et doléances de la communauté d'Oberwisse, présenté à l'assemblée du bailliage de Vie par Pierre Wagner, syndic, et François Malhomme, membre de notre village, tous les deux élus députés par nous soussignés, habitants de ladite communauté

Grâces à noire précieux Roi de ce qu'il nous promet de lever nos voix pour expliquer à toute la nation française les raisons qui nous ont causé la misère à la([uelle nous sommes réduits, afin (Vy remédier : la Ferme générale, la gêne, l'usure, les privilèges des deux premiers Etats du royaume en sont les principales.

Art. 1. — Nous demandons premièrement la suppression de la Ferme générale et de toutes ses dépendances, parce (pTelle ôtc tant de mille bras à l'agriculture qu'elle a d'employés; elle ruine les gens de campagne et empêche la feitilité des terres laboufées, [)ar la cherté du sel; elle grue le commerce par les détours que les acquits causent au connnerce ;

OlIIER U OHERWISSE DD'J

et, souvent même, nous sommes faussement accusés par des employés de mauvaise foi, traitement qui est d'autant plus cruel qu'il est jugé par la P'erme même qui est notre partie adverse, et personnellement intéressée. La liberté du sel, du tabac, et de tout autre commerce dans l'intérieur du royaume; les barrières sur les frontières, qui favoriseraient le commerce national, qui donneront de l'ouvrage à tout le monde et à tout temps, nous conviendront infiniment mieux, puisque en notre frontière nous sommes entremêlés entre le village de Lorrains [s/c]..., et quand nous partirons seulement hors de notre village, nous sommes obligés de prendre un acquit soit en retour ou en charge, autant auxquelles denrées ou marchandises qu'il soit.

Art. 2. — Il est nécessaire de supprimer les huissiers-priseurs qui, au lieu de veiller à la conservation de biens des mineurs, les dévorent : les inventaires faits par les officiers du bailliage causent souvent plus de frais que les successions valent. Les assemblées municipales pourraient faire toutes ces affaires en peu de frais, car les avocats, les procureurs et les huissiers ne pourraient pas vivre s'ils ne faisaient point de frais mal à propos à leur l)ien.

Art. 3. — Au sujet des Juifs, nous ne savons par où nous commencerons pour mettre au clair les malheurs que cette maudite nation nous cause, nation qui n'est pas capable de devenir jamais utile à l'Etat, qui ne servira de rien que de mettre les bons citoyens hors d'état de contribuer au bonheur commun ; car ils ont ruiné nos pères par leurs usures, parce que nous n'avons hérité que de la misère, car ils ont bien aisé de nous attraper par leurs ruses dans nos besoins ; car ils ont tout de quoi, et l'argent, et qu'ils font estimer par rapport de leur argent qu'ils tirent de nous des intérêts inconsidérables par rapport; ils ont ruiné nos endroits depuis quarante et cinquante ans. Ne sont-ils pas des obstacles bien sensibles à la félicité publique que les Juifs ruinent par leur finesse les pays du royaume ? Nous supplions donc les États généraux d'établir le bon ordre contre la nation des Juifs : qu'ils ne pourront plus à l'avenir ruiner les pays du royaume.

Art. 4- — Plus d'exemption pécuniaire. Nous désirons que les ecclésiastiques, les nobles, à plus forte raison les autres privilégiés soient tous, sans la moindre exception, irrévoca-

blcmciit tenus Je payer à l'Etat comme le Tiers ordre, chacun I selon] ses facultés, et cela clans chaque communauté sur le.; bans (le laquelle leur bien [est] situé ; les bâtiments, les cours et les jardins de luxe ou de plaisir contribueront comme les terres de laboureurs les plus fertiles; nous remarquons ici que les déclarations des biens n'ont pas été exactes jusqu'ici.

Art. 5. — Nous trouvons que les Etats provinciaux seront d'une grande utilité publique : nous demandons par conséquent suppression totale des intendants, de leurs subdélégués, de la gruerie, ainsi que des directeurs des ponts et chaussées et de bâtiments publics, parce qu'ils sont autant de fléaux des gens de campagne, qui font monter au double la dépense publique de leur ressort.

Art. 6. — • Nous supplions les Etats généraux de faire une règle fixe et constante au sujet des corvées, afin qu'elles soient toujours payées en argent conformément aux nouveaux édits, et jamais plus faites en nature comme ci-devant, quand les pauvres en étaient injustement surchargés.

Art. 7. — Les clôtures dans les prés et champs font un grand tort au plus grand nombre des sujets : ce ne sont que les riches qui ont les moyens d'en faire pour conserver leuis regains, tandis que leurs bestiaux mangent la pâture ouverte des pauvres et réservent leurs clôtures.

Art. 8. — Comme les blés et grains sont extrêmement chers, remarquons que la cause en est qu'il n'y a pas assez de magasins au pays, qui seraient une ressource dans les chertés extraordinaires ; une seconde raison est que l'on a trop de blé exporté hors du royaume l'année passée et l'année présente. Cela se pratique par fraude. Nous demandons donc que les prix de la quarte de Metz de blé, froment, n'excède jamais (pie entre sept et huit livres, et que l'on érige à cette fin dans cha({ue bourg de la province un magasin en blé, seigle ou méteil, et qu'il soit jamais permis d'en apporter chez des étrangers avant que tous les magasins en soient remplis; il est aussi nécessaire de prendre plus de précautions à l'avenir pour prévenir toutes les ruses des commerçants en blé.

Art. 9. — La rareté du combustible [mérite] une attention particulière des Etats généraux : les panvres ([ui sont le pins grand nombre peuvent pas payer douze livres la corde de bois [ni] pour faire parvenir une charge de houille ; ils peuvent pas non

CAHIER U'OBEKWISSE Ô.Iq

plus se laisser geler de froid avec leurs familles. Ils cesseront donc p:is de détruire des arbrisseaux dans les bois déjà trop [dégradés]. Il est très bien à plaiudre que nous avons en notre province [trop] de salines, de forges, de verreries, qu'ils nous font beaucoup du tort pour la cherté du bois, et que nous payons les sels, fers, plomb et toute autre marchandise plus cher que en d'autres pays à cause des gènes de la Ferme générale par rapport des acquits de transport, etc., de Lorraine et France ([ui sont entremêlées.

Art. 10. — Il est encore particulier à plaindre que notre village a bâti une propre chapelle, croyant être servi tous les dimanches la messe par un vicaire : après tout le possible et beaucoup d'argent qu'il nous coûtait, nous n'aurons point la messe ; et la dîme de sur notre ban est aussi suffisante pour avoir toutes les fêtes et dimanches la messe en notre dite chapelle ; et, ... I sic] conl re la règle, nous sommes obligés d'aller trois quarts de lieue par une mauvaise chemin jusqu'à Boucheporn. C'est pourquoi nous prions les Etats généraux de nous assister dans cette dite plainte comme dans d'autres demandes, car nous avons bien de la peine pour avoir des servantes et des domestiques par rapport d'un si mauvais chemin, et les vieilles personnes ne peuvent point aller à la messe au pareil cas.

Art. II. — Il est encore beaucoup à plaindre que notre village se trouve en arrérage de deux ans du vingtième, savoir 1786 et 1787, ce qui fait ensemble neuf cent vingt-deux livres deux sols deux deniers. Cet arrérage provient de trois malheureuses années : en fait, les deux premières que nous avons perdu p:ir des grêles tous nos blés, grains et toutes autres denrées, et la troisième également perdu tous nos blés, froments et seigles, ainsi tout suivant nos requêtes et visites. En même temps de tout quoi, notre village est très pauvre, et hors d'état d'acquitter et de payer lesdits arrérages : supplions les messieurs des Etats généraux à nous et à tous les malheureux comme nous d'assister en pareil cas.

Art. 12. — Pour la régie des cuirs, qu'elle fait un tort aux provinces, car les cuirs sont terriblement chers, et augmentent par rapport des marques de cuirs ; et, pour la moindre peau et cuir, on est obligé de prendre un acquit, même si on le fait tanner ou chamoiser pour soi-même.

Art. i3. — Notre village du présent cahier est un [des] plus

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malheureux, parce que voilà six années, depuis les malheurs, grêles, [que] notre ban n'a plus donné pour la semence et les rentes seigneuriales.

Dans les articles ci-dessus, et d'autre part, sont compris nos plaintes, doléances et remontrances que nous enjoignons à susdits députés de proposer en nos noms à l'assemblée de notre bailliage de Vie, et nous voulons qu'ils soutiendront avec la plus grande fermeté toutes celles de nos demandes qui se trouveront conformes par la pluralité des voix.

Nous les consentons et autorisons en outre de consentir à tous les autres propositions non compris dans le présent cahier qu'ils jugeront en leur conscience pouvoir [être] utiles à la Nation : foi de quoi, nous tous habitants dudit village et communauté d'Oberwisse, qui savons signer, signons à Oberwisse, le 20 mars l'an 1789. Pro duplicata.

Gorge Girard; Nicolas Klotz; François Malhomme, membre; Petter Wagner, maire et sj/ndic municipal ; Johan-Jacob Lacroix, greffier.

OBRECK

« Procès-verbal fait en une assemblée de la communauté d'Obreck, bailliage de Vie. »

i5 mars 1789,

« Claude Nomlier, syndic en la communauté d'Obreck ('), en l'assemblée convoquée par la voie dudit syndic et au son de la cloche en la manière accoutumée, sont comparus par-devant nous en notre assemblée dans la maison dudit Nondier les personnes de... tous artisans et manœuvres, domiciliés dans notre communauté, avec trois femmes veuves... »

I. Impositions or(f Inaires puiir les six premiers mois de l'année lygo :

Imposition principale io3''^ lo s. 8(1.

Impositions accessoires 385 5 2

Capitalion 287 7 »

Total 626 +*" 2 s. 10 à.

Deux vingtièmes et quatre sous pour livre du premier pour ijyo : ... „ , ( ler cjihier ... 480 ^+ 2 s. 6 d.

Biens-fonds. . , ^e cahier ... 322 11 6

Total 802 '^ i4 s.

(Arch. Meurihe-el-Moselle, L. 3o8.)

CAHIER d'oBRECK 50 1

Communauté composée de 27 feux, y compris les trois femmes

veuves.

Députés : Dominique Etienne, laboureur audit lieu,

Claude Nondier, syndic en notre communauté. Signatures : Claude Nondier, syndic; C. Beaudoin ; D. Etienne;

Joseph Krieg ; F. Dedun ; J. C. Nondier, greffier ; J. N. Cézard.

Communauté d'Obreck, bailliage de Vie, paroisse de Hampont. Plaintes, doléances et remontrances rédigées dans le présent cahier en l'assemblée des membres composant la municipalité et en présence du plus grand nombre des habitants de la communauté d'Obreck, et assistés de Dominique Etienne, laboureur, et de Claude Nondier, manœuvre, tous les deux députés nommés à la pluralité des voix en assemblée des habitants, à l'issue des vêpres, le dimanche 15 mars 1789, lesquels députés se sont volontairement chargés du présent cahier et ont promis de se transporter le 23 mars, dès le matin, en la ville de Vie, où une assignation est donnée pour comparaître et avou^ l'honneur de présenter le présent cahier au nom de ladite communauté d'Obreck à Messieurs composant l'assemblée ordonnée en conséquence de la lettre de Sa Majesté le Roi de France, du 7 février 1789, concernant la convocation des États généraux, lesquels députés ont promis de bien fidèlement, en honneur et conscience, s'acquitter de ladite commission et répondre sur chacun des articles exposés audit cahier, au cas qu'ils soient interrogés, en assurant la sincérité

Observations sur le village d'Obreck

Le village d'Obreck est annexé à la paroisse de Flampont de laquelle il est éloigné de 65o toises de Lorraine ; notre communanté est en usage de payer le cinquième des charges de la paroisse conjointement avec les deux communautés composant la paroisse de Ilampont.

Les peines d'être obligé d'aller pour les offices à 65o toises nous obligent d'exposer aux pieds du trône de Sa Majesté que nous espérons que le s' curé de Hampont nous fournira un vicaire à ses frais, vu les cas périlleux où nous sommes

DOLÉ^KCES 3G

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exposés du passage des eaux qui s'inondent souvent de la largeur d'environ cent toises, où on est souvent obligé de conduire les enfants nouveau-nés sur des chevaux ou voitures à la paroisse pour les baptiser; les enfants restent sans instruction, à défaut d'avoir un prêtre sur les lieux, et souvent plusieurs personnes meurent sans recevoir les derniers sacrements de l'Eglise. Nous espérons de Sa Majesté qu'il voudra bien nous écouter sur cet article.

Më"" l'évêque de Metz est seigneur haut-justicier à Obreck, n'y possède point de maison, n'a que les droits seigneuriaux et une pièce déterre seule, de 48 jours, simple, sur une côte nommée autrefois bois communal, sur lequel était affecté un cens de cinq francs barrois que la communauté payait au châtelain de mondit seigneur à Haboudange.

Il y a environ 5o ans que notre communauté jouissait encore de cette pièce de terre ; le nommé Noblemaire, alors châtelain d'IIaboudange, s'est emparé de celte pièce ; la communauté a craint de s'opposer, l'ayant abandonné, et n"a plus payé ledit cens depuis ce temps : elle regrette cependant cette dite pièce, ainsi que les privilèges desquels ils jouissaient jusqu'en l'aimée 1777.

La communauté d'Obreck est en usage de payer annuellement au Domaine de mondit seigneur révé([ue à la Saint- Georges six quartes de blé : l'on ne sait d'oii vient l'origine de cette servitude, que l'on nomme droit du guet. Nous demandons la suppression de ce droit;

Ainsi que de lui payer 4*^ i3 sols le jour de Sainl-Remy que l'on lui paye annuellement, dit la taille de Sainl-Remy,

Notre communauté paye à mondit seigneur à Noël quatre livres seize sols dit la Chasse.

Mondit seigneur l'évêque possède à Haboudange, éloigné d'Obreck d'une lieue et demie, un gagnage laissé à un fermier, lequel oblige tous les laboureurs des communautés dépendantes de cette châtellenie d'aller cultiver sur ledit ban un jour de terres pour les marsages et un jour à chacune des trois cultures pour les semailles des blés.

Il oblige chaque laboureur d'aller voiturer chacun trois quarts de bois de la forêt d'Albestrolî à Haboudange, éloigné de six lieues.

Il oblige chaque laboureur d'aider à voiturer tous les grains

CAHIER d'oBRECK ^)C)?>

crus et cuiicrus sur son gagnarje d'Hal)oudan(je et de les transporler à sa réquisition à trois lieues de distance.

Il (jblifje les manœuvres d'aller avec ceux des autres communautés faucher le breuil de son gagnaye à Haboudange.

Pour toutes lesquelles servitudes, quoique affligeantes, le fermier n'en donne aucune reconnaissance que quatre sols six deniers à notre communauté. Nous en demandons la suppression pour l'avenir.

Observation sur les biens communaux

Jusqu'en l'année jyyy, les habitants d'Obreck étaient en usage de se partager leur pàquis communal portion égale à chacun, et d'en délivrer une portion double au fermier du seigneur ; en ladite année, ledit fermier proposant un abonnement, ou que, si l'on lui refusait, qu'il demanderait le tiers dans tous les biens, la communauté, craignant des frais et voyant que la demande n'approchait pas de la valeur du tiers, elle lui a accordé quelques parties de terrain pour jouir seule des autres.

Et, en l'année lySy, I2 fermier actuel a signifié sa demande du tiers dans tous les biens communaux, la communauté lui a refusé : l'affaire est indécise et actuellement au bailliage de Vie.

Jusqu'à présent, les biens communaux ont été le seul soutien des pauvres : les seigneurs, qui paraissent les oublier et n'exercer à leur égard aucune œuvre de miséricorde, cherchent encore d'augmenter leurs grands biens au grand préjudice de ces pauvres habitants.

Depuis quelques années, ces seigneurs ont augmenté les canons de leurs fermes par les promesses qu'ils ont faites aux fermiers de les faire jouir du tiers des biens communaux. A!i ! ne seront-ils jamais rassasiés ?

Un seigneur tel (pie Ms"" l'évêque de Metz, diupiel nous avons l'honneur d'être sujets, lequel a des revenus infinis, permettrat-il que ces fermiers ruinent les pauvres communautés? Si la bonté de Sa Majesté n'arrête et ne borne les seigneurs de se contenter des terres de leurs propres domaines, l'on verrait en peu de temps ces seigneurs par leur puissance dominer sur leurs sujets et les obliger à leur accorder toutes servitudes sur eux et sur leurs biens.

Ce qui est de plus ridicule encore, c'est que ces fermiers veulent jouir de ces tiers des communaux exempts de tout sans acquitter le tiers des vingtièmes de l'article au rôle, voulant persuader qu'ils sont exempts de toutes charges.

Nous espérons qu'il plaira à Sa Majesté avoir la bonté de nous accorder l'usage ancien de partager nos biens communaux portion égale, avec une double au fermier du seigneur, et la liberté de louer une partie de iceux pour acquitter les charges communales de la paroisse sans qu'il en tire le tiers.

Le fermier de mondit seigneur à Haboudange envoie souvent son troupeau de brebis parcourir sur le ban d'Obreck. Nous demandons l'interdit de ce parcours.

Observation sur une servitude à M. de Montluc

M. de Montluc possédant un fief et résidant à Haboudange, à une lieue et demie de distance, était en usage, jusqu'en l'année 1767, de faire charger, voiturer et décharger le foin annuellement à la fenaison de quinze fauchées de pré dans un breuil à lui appartenant sur le ban d'Haboudange. Les habitants s'y sont refusés ; [il] a obtenu une sentence le 24 novembre 1 769, qui condamne les laboureurs d'Obreck de conduire chacun trois voitures de foin dudit pré dans le château dudit sieur de Montluc à Haboudange. Il ne s'est pas contenté. Il a appelé de cette sentence au parlement de Nancy (celui de Metz était alors supprimé) ; il a obtenu un arrêt le 27 juin ijjS, qui condamne lesdils laboureurs de voiturer la totalité du pré contenant environ 60 fauchées, et qui peuvent produire 5o à 60 voitures : l'on ne sait d'où vient l'origine ni la cause de cette servitude qui a varié dans tous les temps; ce M. n'a cependant aucun droit seigneurial et ne possède aucun bien sur notre ban : l'on a toujours cru que cette servitude était abusive. Nous supplions Sa Majesté de nous en délivrer à l'avenir.

L'on paye avec soumission les ijnpôts royaux, parce que l'on sait qu'ils sont employés à acquitter les charges du royaume. Nous sommes cotisés en notre petite communauté à la subvention et capitation à i oSo^'', qui épuise les habitants, pour les fermes et les servitudes exposées ci-devant avec les charges communales et de la paroisse formerait encore une pareille somme; il est impossible d'y subvenir, les récoltes ne sont pas

CAHIER d'obreck 565

suffisantes pour tirer d'acquitter ces impôts : il faut que chacun s'épuise par son travail.

Observations sur les moulins

[Cf. ci-dessns, cahier de IfampontÇpavûe France), n°LXXIII ", Observations sur les moulins.]

Observations sur les bénéfices des dîmes

L'église et le presbytère de Hampont, notre paroisse, sont situés en la partie Lorraine; la nef, le chœur et le calice ont été jusqu'à présent à la charge de MM. les chanoines du chapitre de l'église cathédrale de Metz c{ui tirent toute la grosse dîme à Hampont.

La dîme d'Obreck appartient un tiers à M. le curé de Hampont, un tiers à M?"" l'évêque de Metz, et un tiers à mesdits sieurs les chanoines de la cathédrale. La menue dîme se lève au douzième fixe, et la grosse de l'onzième à la douzième.

Il y a à Obreck une église qui, jusqu'à présent, a été entretenue par les soins des habitants et d'un petit revenu de la fabrique d'icelle.

Le village d'Obreck a contribué jusqu'à présent pour un cinquième dans les réparations à faire à la paroisse de Hampont, ce qui occasionne souvent des discordes dans les communautés.

S'il était possible de charger à l'avenir les bénéficiers des dîmes de l'entretien des église, calice et presl)ytère, laissant la tour, les cloches, la sacristie et le cimetière à la charge des paroissiens, ceci paraîtrait peut-être répondre aux intentions des fondateurs des bénéfices.

Les revenus des bénéfices augmentent plutôt que de diminuer par les soins que chacun s'empresse de faire produire la terre; leurs charges ne sont cependant que les mêmes; et, en les chargeant de l'entretien de la nef, chœur et calice des églises et presbytères, ce ne serait qu'un petit objet nouveau et qui souvent devient très coûteux aux paroissiens, car l'on remarque (|ue, dans toutes les paroisses où l'on reconstruit des églises et presbytères, l'on est obligé d'engager les biens communaux pour longues années, au préjudice des pauvres qui n'ont partout d'autres terrains pour se procurer le nécessaire.

Observations sur les terres labourables

[Cf. ci-dessus, cahier de Ilampont (partie France), n°LXXin", Observations sur les terres labourables.^

Observations sur les prairies

Les prairies de notre ban sont situées dans deux collines, l'une séparée par le canal venant de l'étang d'Arlange, et l'autre aussi par un canal venant du neuf étang de Morhange, et tous les deux servant à flotter les bois allant à la saline de Château- Salins. La colline des prés allant du côté d'Haboudange n'a point de pente pour l'écoulement des eaux, les(|uelles sont retenues dans les deux rivières par l'écluse du moulin dit de Hampont, et dont les petits ruisseaux ne peuvent s'écouler dans ces rivières; au contraire, celles de ces rivières y refluent, ce qui fait de nos prairies des marais presqu'inhabitables et très préjudiciables à la fertilité de l'herhe ; l'eau en détruit les bonnes semences, et les prairies ne produisent qu'une mauvaise herbe souvent pernicieuse à la nourriture des bestiaux, ayant toujovu^s grande peine d'eu tirer les foins, étant souvent obligés d'eu tirer et conduire l'herbe hors des prairies et dans les terres pour la faire sécher.

Les habitants de Burlioncourt sont de même que nous gênés pour leurs prairies : ils désireraient ainsi que nous (|ue le moulin susdit de Hampont, auquel il n'y a aucune banalité annexée, soit aboli de l'endroit où il est placé, parce qu'il est très nuisible à nos prairies; il serait mieux d'être placé à environ 35o toises plus bas à l'occident, [lieu] dit à la Fosse de mille, où l'eau aurait plus de pente et ne gênerait aucune prairie.

Ce moulin appartient au domaine de M^'' l'évêcjue de Metz.

Une autre cause qui est nuisible à nos prairies sont les clos que l'on y a faits, tous entourés de fossés qui ont pour ainsi dire massacré nos prairies, en retiennent encore les eaux qui n'ont point de pente et détruisent phis du huilièuie de la production de l'herbe.

Ces clos n'occasionnent que des douiniages par ceux (|ui veident en jouir, ravageant tous les imi\ irons pour envoyer pàiui'ci' kMirs bestiaux sur lesdits clos; si Sa Majesté connaissait coiubieu ces clos sont gênants et préjudiciables, elle ne {)ourlait s'enq)êcher d'eu déclarer l'interdit.

c.viiii:r d obrfck 50 7

Il serait avantageux, pour mettre tous les propriétaires à même de jouir des mêmes privilèges, de supprimer toutes les clôtures de prés; si l'on juge que la récolte de la fenaison en foin ne soit pas suffisante pour nourrir les bestiaux pendant l'année, il est bon de s'assurer de précaution, parce que le parcours accordé sur le général des prés, après la fenaison faite, ne ménagerait rien pour l'hiver : le parcours détruit tout, ne sert (pie pour la saison de la croissance de l'herbe.

Si l'on désire ménager pour l'avenir, il serait prudent d'accorder de faire deux récoltes dans l'année en foin et regain dans les prés propres pour ce, et qui ne gênerai [en]t pas les abreuvoirs et parcours des troupeaux : ce qui paraîtrait être à l'avantage des uns et des autres, sans privilège.

L'usage ancien est regretté par ceux qui n'ont pas de clôture, qui était de laisser en parcours après la fenaison les deux tiers des prés et un tiers pour embanies aux laboureurs seids.

Observations sur les bois

Les forêts appartiennent dans ce canton plus des trois quarts au Roi, et le restant aux seigneurs; il y a quantité de forêts; les directeurs des salines de Dieuze, Moyenvic et Château- Salins en tirent tout le produit des bois pour l'approvisionnement desdites salines, ainsi que des bois des seigneurs desquels ils sollicitent la préférence, que l'on leur accorde souvent dans l'espérance d'être plus exactement payé. Nous sommes voisins des forêts et des salines et privés de l'aisance d'avoir du bois pour notre nécessaire, étant souvent obligés d'aller le chercher jusqu'à cinq lieues du côté de Morhange, et surtout pour les bois de charpente et charronnage que l'on ne trouve pas dans notre canton.

Les pauvres, n'étant pas en moyen de payer les frais de se procurer du bois de si loin, sont forcés d'aller ravager les forêts et réduits à brûler de la paille, qui prive de l'engrais tant nécessaire aux terres.

Les salines sont des usines royales et qui sûrement rapportent beaucoup à son domaine, mais sont très préjudiciables à la production de la terre : les laboureurs s'occupent à voiturer pour les salines et négligent les cultures de leurs terres.

La nécessité en oblige le grand nombre d'aller demander du secours aux officiers des salines, lesquels ont soin de saisir les

568 BAILLIAGE DE VlC

moments de leur besoin d'arr|ent pour leur en délivrer et leur proposer des traités de voitures : le traité étant passé et payé, les bons moments de cultiver viennent; mais ces officiers forcent les laboureurs d'abandonner leurs cultures pour voiturer ces bois; leurs cultures négligées, leurs récoltes ne rapportent pas pour s'approvisionner de chevaux et payer leurs canons ; c'est ainsi la perte des laboureurs de notre canton, et qui reflue sur tout le public. Si ccsdites salines étaient approvisionnées de bois par des chevaux à leur compte, les cultivateurs resteraient libres pour leurs cultures ; ou, si l'on réduisait lesdites salines à la moitié de la consommation des bois que chacune consomme, laissant en chaque canton les cimes d'une coupe pour les rendre aux habitants, ils pourraient y tirer leur provision, et les pauvres qui sont hors d'état de payer les frais d'envoyer des voitures à cinq lieues ne seraient pas forcés d'aller ravager les forêts voisines.

Dans les forets du Roi il y a des bois propres à charpente, charronnage et à tous ouvrages; l'on découpe cependant toutes ces belles pièces pour du bois de quatre pieds pour lesdites salines ; l'on ne sait présentement où aller pour avoir du bois de bâtiment et charronnage. Ah ! quel dommage de découper ces belles pièces aux yeux de ceux qui en ont si grand besoin, qui les payeraient volontiers, et n'en trouvent point aux environs qu'à cinq et six lieues, éloignés des canaux desdites salines.

S'il était possible de pouvoir accorder au public et à chaque canton une coupe de cimes chaque année dans les bois du Roi, ainsi que du bois de charronnage et charpente, ce serait rendre un grand service an public qui en paverait volontiers le prix.

Observations sur le prix du sel

I Cf. ci-dessus, cahier de Hampont (pariic France), n°LXXin ", Observations sur le prix du sel.\

Observations sur le commerce

Les sujets français ainsi que les lorrains ont tous le bonheur d'appartenir au même souverain; ceux qui, par leur industrie, veulent se mêler de commercer dans l'intérieur du canton, qui est mélangé par des villages et des bans lorrains et français, sont exposés tous les jours d'enconrir des contraventions.

CAHIER d'oBRECK 669

Il y a des bureaux établis en difTérents endroits pour y distribuer des acquits à ceux f{ui traversent ces cantons mélangés de Lorraine et de France. Ces bureaux sont, pour ainsi dire, des filets tendus pour y arrêter les commerçants et ceux qui se procurent leur provision du nécessaire. La première étude que les commerçants doivent faire pour se parer des contraventions, c'est de s'informer où sont placés les bureaux du canton ; car il y a des employés en grand nombre dispersés en différents endroits, qui veillent pis que les chats ne font après les souris, pour faire des reprises : souvent les commerçants ne connaissent pas la limite des bans français et lorrains, sont repris sans qu'ils aient cru avancer contre les ordonnances. Il peut arriver que l'homme le plus fidèle à son roi pourrait être repris ; c'est, pour ainsi dire, faire des commerçants un esclavage, de les assujettir dans l'intérieur des provinces du royaume à ces bureaux. Plaise à Sa Majesté nous en délivrer, qui est, pour ainsi dire, un fléau que tous les sujets de notre canton désirent depuis longtemps d'être délivrés, et avoir la liberté du commerce et de s'approvisionner dans l'intérieur du royaume. Ce serait sans doute un moyen d'encourager l'agriculture en obligeant ce nombre infini d'employés de travailler plutôt que d'être souvent couchés derrière les haies, croyant s'acquitter de leurs commissions.

Ce serait aussi un moven de pouvoir diminuer les impôts en y employant le prix de leurs appointements, ([ui était un argent perdu pour l'Etat.

Observat'ons sur les routes

Notre village est placé dans un canton où les chemins sont impraticables dans les temps pluvieux, étant éloigné d'une lieue et demie des grandes routes.

Nous nous souvenons d'avoir travaillé aux travaux des routes qui dans ce temps étaient critiqués par les pauvres. Présentement, par le règlement nouveau, la répartition des frais relatifs aux routes se fait au marc la livre : l'intention de Sa Majesté a été sans doute de soulager les pauvres, lesquels, avant ce règlement, étaient obligés d'y travailler autant que la r^ classe.

Nous croyons prudent de représenter que les routes servent plus au Clergé, aux seigneurs, aux salines et aux commerçants qu'aux gens du Tiers état.

,)-jO BAILLIAGE DE VIG

Dans une armée, chacun s'empresse de travailler à vaincre, parce que l'on voit que les qrands ainsi que les petits partagent les peines.

Si l'on voyait tous les entretiens des charges, des chemins des bans, et des routes répartis sans privilège sur tous ceux qui les fréquentent, depuis le berger jusqu'au Souverain, sans exception du Clergé, ni des nobles, chacun s'empresserait de payer de bonne volonté, et alors ce serait le moyen de faire cesser les critiques.

De l'état des sujets de la province

[Cf. ci-dessus, cahier de U am pont (j^^rùe France), n° LXXIII", De l'état des sujets de la province.]

Observation à l'occasion des huissiers-priseurs

Depuis quelques années l'on a annexé aux huissiers dits priseurs des bailliages le privilège d'être présents aux inventaires et de faire seuls les ventes publiques des meubles; toutes les familles qui ont déjà passé par les mains de ces huissiers assurent que l'usage ancien est à regretter, que les grands frais que coûtent ces huissiers, et le préjudice qu'ils sont exposés de soulîrir à b^s attendre et de trouver bien tout ce qu'ils font, excitent tous les sujets de supplier Sa Majesté de leur accorder l'usage ancien d'être libre[s] de choisir celui en qui l'on aura plus de confiance.

Observation sur les terrains du ban en général

Les terres labourables sont légères, pierreuses et d'un petit produit, environnées de toutes parts des collines, des prés remplis d'eau dans tous les temps humides ([ui occasionnent des brouillards qui détruisent la production des grains.

Les prairies dans les années humides sont aussi d'un mauvais produit, presque toujours remplies d'eaux y retenues, n'ayant point de pente pour s'écouler.

Il y a peu de chènevières et point de vergers, vignes ni bois. (;e[)endant, cette communauté, privée des aisances et privilèges (les autres communautés dans lesquelles sont les églises paroissiales, est cotisée pour le petit nombre de 24 habitants el 3 veuves qu'ils sont à i 080 ^'^ de subvention et capitalion, à

CAHIER d'obRECK 5^ I

iSo^'^ 2 S. de montant du rôle du vinrjtième ; les clianjes et servitudes seigneuriales montent encore à pareille somme; les canons des fermiers avec les rentes et dettes qu'ils sont tous charç)és, les peines d'aller au service divin par tous les mauvais temps à Hampont, village éloigné, barré par des mauvais chemins, font de leur état un esclavage; nous supplions très humblement Sa Majesté de nous modérer dans les impositions et nous accorder ce que nous osons lui demander.

Le présent cahier a été rédigé en l'assemblée de la communauté d'Obreck et la maison de Claude Nondier, syndic, lesquels habitants déclarent tous les articles y exposés sincères, l'ayant remis aux nommés Dominique Etienne, laboureur, et Claude Nondier, manœuvre, tous les deux députés par la communauté pour avoir l'honneur d'aller le présenter à Messieurs composant l'assemblée à Vie, le 28^ mars 1789 : plaise à mesdits sieurs le recevoir, l'appuyer de leur autorité, et vouloir s'intéresser avec nous pour nous obtenir l'effet de nos demandes ; c'est dans cette espérance que nous ne cesserons de faire des vœux pour eux et pour notre auguste monarque ; plaise au Seigneur lui accorder, et à la famille royale, une longue vie, des jours heureux, des peuples dociles et soumis, et de vaincre partout les ennemis de la religion catholique et de la France, et, après cette vie, le bonheur d'être réuni au grand Saint Louis dans le royaume du Ciel ; et avons signé à Obreck, le 22^ mars 1789.

Claude Nondier, syndic; D. Etienne; C. Beaudoin ; J, N. Cézard; Joseph Krieg ; F. Dedun, maire; i. C. Nondier, greffier.

OBRICK

cxxv^

« Communauté J'Obrick. Procès-verbal de la nomination des députés. »

iG mars 178g,

« Sont comparus par-devant nous, Jean-Pierre Thiss, maire à Obrick. » Village composé de 20 feux.

Députés : Jean Kolb,

Michel Jacob.

Signatures : Michel Jacob, sijndic; Jean Kolb; Hans(Jean) P. Thiss, maire ; J. G. Zimmermann, grejjier ; Ghabor, curé de VirmiiKj et d'Obrick.

Cahier de doléances de la communauté d'Obrick, district de Vie, par les officiers municipaux et autres habitants dudit lieu, conformément à la lettre du Roi du 7« février 1789

Communauté d'Obrick. Procès-verbal

Cejourd'hui 16 mars, l'an 1789, en l'assemblée convoquée en la manière ordinaire et accoutumée, sont comparus par-devant nous, Jean-Pierre Thiss, maire à Obrick... [Cf. procèsverbal ci-dessus.]

Desquelles nomination de députés, remise de cahier, pouvoirs et déclarations nous avons à tous les susdits comparants donné acte, et avons signé avec ceux desdits habitants qui savent signer, et avec lesdits députés, notre présent procès-verbal, ainsi que le duplicata que nous avons présentement remis auxdits députés pour constater leur pouvoir.

Cejourd'hui 16 mars 1789, par nous, maire, syndic et élus de la communauté d'Obrick, attestant que, pour satisfaire à la lettre du Roi et à son règlement du vingt-quatre janvier dernier, ainsi qu'à l'ordonnance de M. Vignon, président et lientenant-général du bailliage de Vie, du vingt-sept février dernier, nous avons fait convoquer à une assemblée générale ledit jour, deux heures de relevée, tous les sujets de notre communauté; et, après leur avoir fait donner lecture des règlement et ordonnance, en conséquence et pour j satisfaire, ont conféré sur les doléances, plaintes et remontrances qu'ils avaient à porter, et aussi tant pour le soutien que pour le bien de l'Etat. En elFet, après y avoir vaqué, conféré, ils nous ont représenté un cahier qui a été signé par ceux desdits habitants qui savent signer et par nous comme s'ensuit.

Akt. I. — Se trouvant surchargés daus les tailles par le peu de contribuables de cette communauté qui ne sont qu'au nombre de vingt, et payent i 076'^ 2 s. 2 d. ; et les revenus du ban ne [)euvent rapporter tjue 2 876"^, ce qui n'est pas suffisant pour l'entretien des familles, et cause que le village est devenu extrêmement pauvre depuis plusieurs années, tant parla

CAHIER d'obkick 578

surcharge des tailles que par la plus forte partie et enlèvement de la récolte au profit du seigneur par ses fermiers et autres étrangers ayant des biens-fonds sur notre ban : par conséquent, il est à désirer qu'ils payeraient la taille de leurs biens de cette communauté, ce qui n'a pas été fait depuis, et fait grande injustice aux habitants,

Art. 2. — Se plaignant que la totalité de la dîme se conduit à l'étranger et cause que l'amendement des terres y man([ue; en outre, que les décimateurs ne fournissent point de bètes mâles, ce qu'on prétend par la dîme qu'ils profitent, la communauté n'ayant point d'autres titres, si bien qu'ils sont obligés de donner la dîme des oies, ce qu'ils trouvent trop injuste.

Art. 3. — Il est à désirer qu'on profiterait les prés, comme avant trente ans, après la première faux, au profit de la communauté, sans clôture ni fossés, les embanies réservées suivant l'ordonnance.

Art. 4- — Serait bien nécessaire pour le soulagement du peuple que la Noblesse et les abbayes payeraient de la taille et autres impositions de leurs terres et revenus en décharge des communautés tant qu'au profit de Sa Majesté.

Art. 5. — Remontrant que le bois est extrêmement cher, en sorte que le menu peuple ne peut presque plus en acheter, ce qui provient de l'enlèvement des bois de salines tous les ans dans nos cantons, et très préjudiciable, vu que nous sommes obligés à l'entretien des chaussées servant à la conduite de ces bois et houilles en icelle, sans aucune indemnité; au C(jntraire, obligés de payer le sel à 8 s. la livre, ce qui nuit beaucoup aux familles, et très répugnant avec le préjudice, et nuisible à ne pouvoir s'en servir pour l'entretien des bestiaux qui est cependant une des meilleures ressources de cette province; et, au lieu, qu'on nous délivre toujours le plus mauvais sel, et la fleur à l'étranger.

Art. 6. — On a grand sujet à se plaindre contre l'administration de la justice par la prolongation des alTaires et procédures, augmentation des frais qui s'en font, ce qui cause la ruine de bien des familles de cette province à nous très bien connues; au lieu que toutes les aflfaires civiles pourraient se terminer dans les lieux par les gens de justice et municipalité qu'il a plu à Sa Majesté établir, comme ils pourraient en avoir

la connaissance juste; et terminer les difficultés sans frais, ce qui éviterait beaucoup d'inconvénients, des murmures, scandales et ruines de bien des sujets, et, ({u'au c:is d'affaire très considérable, que les parties ne voudraient pas se tenir aux décisions en icelle, qu'ils pourraient aller à la justice des grands bailliages; ({u'il plaise arrêter sur la concurrence des sommes à fixer, [ce] qui serait bien, attendu que bien du monde estime mieux perdre le fond que d'y encourir, craignant les trop grands frais.

Art. 7. — Pour et à l'égard des inventaires, pourraient être pourvus par la même justice et municipalité pour ménager un morceau de pain aux pauvres orphelins que l'abus de cette province court à de trop grands frais ; et nous estimons aussi que l'abus des experts-priseurs soit aboli, vu le préjudice si considérable.

Art, 8. — Serait à désirer, tant pour le bien de l'Etat que celui du public, et même très inutile d'un si grand nombre des gardes ou employés dans notre province, qui ne mangeraient bien des deniers à l'Etat, vivres et habillements qu'ils consument mal à propos, et portent un grand préjudice dans un canton tant par bouleversement des effets ([n'épouvante au sexe dans les maisons qu'ils causent journellement, et qui ne pourraient être utiles que sur les frontières, vu le commun des sujets de Sa Majesté entremêlés et enclavés de France avec la Lorraine; et que l'abus des acquits devrait être aboli, de même que les marques de fers et de cuirs hors de prix, en sorte que les pauvres gens ne peuvent plus se prévoir à des souliers, ce qui augmente donc l'indigence des pativres.

Art. 9. — Plaignant que les officiers gruyers de Monsieur le comte d'Helmstatt ve\denl dominer dans nos forêts, de même que ceux de la Maîtrise de Vie ; et différents rapports l'un fait contre l'autre, faits contre notre communauté, qui nous ont fait un préjudice très considérable tant pour frais ([u'amendes jugées et réglées par les jnges dudit sieur comte, et ainsi vexés en tout temps, tandis que nous avons nos fortiers propres de la Maîtrise de Vie que nous reconnaissons seuls pour en avoir l'autorité, au lieu que ceux du comte, étant h son gage, viennent nous gager injustement.

Art. 10. — Serait à désirer que défense soit faite aux usuriers et reveiideiu's du blé à ne plus enlever les vivres hors (hî

CAHIER d'obrick ByS

celte province, attendu que cela concourt à de grandes misères, lamines, et manifeste un (jrand mal; le blé, étant hors de prix pour le menu peuple, cause aussi que tous les seiqneurs ont augmenté le canon de leurs fermes, el non par les mauvaises années, reconnaissant qu'il y en aurait tous les ans suffisamment s'il n'irait pas à l'étranger.

Art. II. — Déclarant que les bêtes sauvages font des ravages considérables sur le ban, qu'il serait nécessaire ([ue les habitants fournissent des gardes pour les chasser avant la moisson; mais, à craindre d'être gagés par les chasseurs de M. le comte, il faut les laisser courir.

Art. 12. — Remontrant que M. le comte d'Helmstatt a deux colombiers dans le voisinage; ses pigeons en très grand nombre, qu'on laisse voler à la campagne, font tort très considérable, et surtout pendant la semaille, et quand le blé vient en maturité, dont M. le comte fait un profit considérable en les vendant ; espérant une règle à cet égard, étant embarrassés pendant toute l'année.

Art. i3. — De plus, nous sommes obligés de paver annuellement audit sieur comte chaque habitant une demi-quarte d'avoine, mesure de Metz, et deux poules, pour droit de fumée; et, en réciprocité, ledit sieur comte devrait nous fournir le bois de chauffage, mais qu'il refuse tous les ans, et qu'il met presque tous ses bois en taillis pour vendre; et nous prétendons qu'il nous doit le délivrer comme du temps passé, attendu que nous acquittons à ses droits.

Art. i4. — L'on nous fait contribuer chaijue année à une somme de quinze livres par chaque laboureur, et six livres par chaque manœuvre; et, en outre, chacun laboureur est obligé tous les Ouatre-Temps de conduire une voilure de bois à Hingsange au château, qui se dit être par un accord fait au profit dudit sieur comte, et pour être déchargé d'une corvée de six jours par chacun que nous aimions mieux faire, si nous y sommes obligés, (jue de payer; et, comme M"" n'occupe point sondit château de Hingsange, cette fourniture et contribution doit être annulée.

Art. i5. — Nous nous plaignons à ce qu'il n'y a point de juge-garde audit Hingsange, lieu de justice depuis un temps immémorial, et que nous sommes obligés d'aller à Morhange, à deux lieues de distance, attendu que nous n'avons qu'un

quart de lieue de notre village audit Hingsange, ce qui nous est préjudiciable.

Art. 16. — On nous fait contribuer au relèvement et recurement d'un ruisseau sur noire ban, et, conséquemment, nous prétendons que la pêche doit nous appartenir; et, quand un enfant voudrait seulement attraper une grenouille ou un poisson, on lui fait payer des amendes exorbitantes, de ce que le sieur comte a des forestiers et des gardes-chasses sur notre fmage, qui font des rapports de peu de conséquence, ce qui n'est pas nécessaire, ayant même nos gardes et bangards dans le lieu.

Art. 17. — Le même sieur comte veut nous obliger à lui donner le tiers de tous les biens, émoluments que nous pouvons avoir à partager en communauté, ce qui n'était jamais autrefois; et nous n'entendons lui devoir le tiers qu'en cas de vente, et double portion en cas de partage; mais, qu'il soit ol)ligé de payer sa quote-part pour les dettes et charges communales à proportion et au prorata de ce qu'il nous a refusé avant deux ans pour le payement de la tour de notre paroisse, tandis qu'il a tiré la somme de 84o'^ de Lorraine, tiers de la somme provenant de notre quart de réserve vendu pour subvenir au payement de cette tour : en conséquence, avons fait adresser plusieurs requêtes et remontrances à M""" l'intendant, voyages et beaucoup d'autres frais, sans avoir obtenu aucun droit; ce que cependant nous prétendons être dû par ses terres situées sur notre ban.

Art. 18. — Le sieur comte a fait faire un arpentage sur notre ban en 1697, et, au lieu de mesurer par la toise et mesure de l'Evêché, il a fait mesurer à la toise de Lorraine ; et que, par ouï dire et affirmations de nos ancêtres, nous avions des titres de diderenles pièces, canton de bois de 24 jours i/4, environ 4 jours en pâquis, et 9 jours de terre au canton dit Nachtveid, que ces titres s'étant égarés, M. le comte s'est emparé de cesdites pièces et terres, ce qui nous porte aussi un préjudice considérable.

Art. 19. — 11 est à désirer ({ue les notaires et tabellions se contentent avec un prix modique et raisonnable pour les contrats de vente et autres, de même que Messieurs les curés pour les mariages et enterrements.

Fait et achevé audit Obrick, les an, mois et jour avant dits,

CAHIER D OMMEREY 677

suppliant Messieurs nos supérieurs d'y avoir tel égird que de droit, et avons signé.

Michel Jacob, si/ndic; Hans P. Tliiss, ma're ; Jean Kolb ; Chabor, curé de Vlrini'ng et d'Obrick, sans préjudice à mes droits; J. G. Zimmerniann, greffier.

OIVIIYIEREY

GXXVI^

« Ommerey, 1789. Procès-verbal d'assemblée des habitants. »

i5 mars 1789,

« Sont comparus par-devant nous, Nicolas Salmon, syndic du village

et municipalité d'Ommerey ('). »

Communauté composée de 97 feux.

Députés : Nicolas Salmon, syndic, laboureur,

Nicolas Démange.

Signatures : J. J. Gorius ; E. Bourdon ; A. Masson ; H. Clément ;

N. Démange, député ; Salmon, syndic et député.

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