‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 202 sur 246 · I. Les points de suspension sont t'.ans ruriç|in:il · texte numérisé non relu

I. Les points de suspension sont t'.ans ruriç|in:il

CAHIER DE RÉCHICOLUT-LL-CHaTEAU G I 3

d'argent... Ils entretiennent dans ces vastes forets nn nombre prodiçjienx de hétes sanvarjes qni rava(jent lenrs moissons... Les |)ifjeons de lenrs colombiers n** sont jamais retenns et, dans les temps des semailles, enlèvent nne partie du grain qne le cultivatenr répand... Les plaintes que le pauvre peuple leur porte de tant de maux ne servent qu'à exciter leurs railleries, et rien ne respire tant l'esclavage ; les seigneurs les privent de leurs droits et les forcent à leur rendre ce qu'ils leur doivent sans aucune remise... Les petits pécuniaires sont punis à toute rigueur, et les brigandages et quebjues choses encore pires restent impunis.

6° Salines. — Les salines sont la ruine du finage de ce lieu : 4ooo cordes de bois destinées à la cuite des sels sont tirées tous les ans des farêts de Réchicourt, voiturées par ses laboureurs et façonnées par ses manœuvres ; les laboureurs négligent leurs cultures, et le finage ruiné ne produit plus que moitié. Le village n'est composé que de bûcherons et laboureurs ; les arts et métiers y sont négligés... Au centre des forèîs la disette du bois est si grande et le prix est si fort qu'il est impossible au peuple de pouvoir s'en procurer : l'édit du Roi défend l'usage du bois de quatre pieds, et on n'en fait point d'autre, parce que ces salines enlèvent tous les bois à lo lieues de leur portée. Ah! qu'il serait à souhaiter que Sa Majesté voulût bien les supprimer et nous donner le sel de mer qui nous deviendrait bien moins coûteux.

7° La justice. — ■ Que de malheureux sont réduits à la mendicité par la longue durée d'un procès^ et souvent par l'injustice des jnges ! Qu'y a-t-il de plus injuste que de voir une partie gagner son procès et être ruinée par les dépens auxquels elle est condamnée? Un chicanier insolvable intente une affaire injuste, il perd sa cause; mais le juge condamne aux dépens la partie innocente, sauf son recours! Et qu'aurait-il plus coûté à cet innocent de donner à ce coquin son injuste répété, on de le donner à la justice ? Les avocats ou procureurs devraient devenir responsables de leurs parties, sauf à leur faire consigner de l'argent avant d'intenter le procès.

8° Les acquits. — Les acquits sont des pièges pour le pauvre peuple et pour tout le monde : leur abolition tendrait au bien du public.

9° Huissiers-priseurs. — ■ Les huissiers-priseurs sont la ruine

de la veuve et de l'orphelin ; leurs tyrannies mettent à la mendicité les personnes qui se servent d'eux.

10° Pâture de nuit. — Les pâtures de nuit sont très préjudiciables ; il en dérive quantité de brigandages; leur abolition serait d'une grande utilité.

11° Les regains. — L'édit concernant les regains est très préjudiciable à la production des prairies, et, s'il existe davantage, les prés ne produiront plus rien ni en foin ni en regain.

12° Troupeaux de moutons. — Les troupeaux de moutons des bergeries seigneuriales de ce lieu fréquentent les prairies et, en broutant l'herbe, la déracinent, ce qui ruine les prairies l'exclusion de ces troupeaux dans ces prairies serait très nécessaire pour le bien public; et, comme les amendes encoiu'ues par leurs fréquentations sont remises aux bergers et qu'ils ne payent rien, ils commettent journellement des délits qu'ils ne commettraient point s'ils payaient. La communauté demanderait (jue ces amendes soient applicables à la décoration de l'église.

Les présentes plaintes, doléances et remontrances ont été ainsi conclues et arrêtées au présent cahiar, contenant douze articles, par les habitants et communauté de Réchicourt-le- Ghàteau assemblés à ce sujet, pour être icelui remis aux députés. Fait audit Réchicourt, au greffe de la communauté, le i5 mars mil sept cent quatre-vingt-neuf.

Marchai; M. Ancel; J. Méline; Joseph Grandmougin ; J.-N. Cal lot, si/nd'c.

REHERREY et HADOIYIEY

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