C.VHIKR DE UKMKKIiVILLE
quinze ans, fous les autres bois étant absolument délabrés et ruinés.
Art. 3. — Les quatre villages de la mairie de Réméréville, dont l'un s'appelle Réméréville, un autre Velaine, un autre Buissoncourt, et enlin l'autre Erbéviller, qui ont été éclian(|és, sont actuellement terre d'Evéché de Metz, payent le sel à raison de seize sols le pot, et les Lorrains le payent douze sols six deniers, ce qui est trop cher : on vous demande. Sire, de le taire diminuer, et en faire venir des pays étrangers, ou sel de mer, abolir les salines, aussi à raison des bois, ou permettre la circulation des eaux salées.
Art. 4- — On ne peut sortir d'un quart de lieue du villa()e sans prendre des acquits, qui deviennent dispendieux ; et, misérablement, si on oublie de prendre des mêmes acquits, les employés appelés gardes de tabacs mettent en contravention, et ils confisquent les bestiaux, chars et marchandises.
Art. 5. — Nous prions le Roi de reculer les barrières, de supprimer les Fermiers généraux et les employés, et d'ôter les traites foraines, les acquits ; et la liberté du tabac.
Art. 6. — Nous prions Sa Majesté de supprimer les jnréspriseurs qui ruinent la veuve et les orphelins en tirant des journées trop fortes, et ordinairement de faire beaucoup de séances et de journées, pour tirer plus d'argent, pour des meubles modiques à vendre.
Art. 7. — Nous prions le Roi d'abolir les droits sur les cuirs, papiers et cartons, et de supprimer les marques des fers : tous ces articles coûtent beaucoup aux laboureurs.
Art. 8. — Nous prions Sa Majesté d'ordonner de supprimer trois gros colombiers qui sont dans notre petit village, ou ordonner qu'ils tiendront leurs pigeons enfermés dans tous les temps des semailles de toutes espèces de graines et pendant un peu avant la moisson.
Art. 9. — Nous prions le R:)i d'ordonner que les curés enterreront gratis tout le monde de leurs paroisses, qu'ils diront une messe d'enterrement aussi gratis, et qu'ils feront toutes espèces de casuels aussi gratis, à raison qu'ils tirent de très gros bouverots de leurs cures, en terres, prés, maisons, chènevières, gros clos, dîmes, etc., qu'ils ramassent des trésors pour enrichir avec orgueil leurs parents et tous autres qui leur plaisent.
Art. 10. — Quand lesdits curés font labourer leurs terres par des fermiers, ces mêmes fermiers payent de toutes sortes d'impositions; et, quand ils laissent à bail leurs dîmes, le fermier paye six deniers pour livre du prix de ses baux, ce qui soulage les habitants ; actuellement ils lèvent par eux-mêmes et ils ne payent rien, ce qui est onéreux pour les pauvres habitants.
Art. II. — Il y a deux fiels dans cette communauté, que leurs fermiers payent par des cotes séparées de la communauté de toutes sortes d'impositions ; il y en a un de ces deux fiefs qui est cultivé par lui-même, et il va être quitte de toute imposition à raison de ses titres de noblesse : nous prions Sa Majesté de nous exempter de payer les charges que ce fermier payait.
Art. 12. — Il n'y a dans nos villages d'Evêché de Metz aucune exemption de milice pour les fils et domestiques des pauvres cultivateurs, à moins que le père ne soit incommodé ou (pi'il n'ait l'âge de 65 ans, tandis (pie nos voisins Lorrains ont un garçon par charrue exempt; cela est cause dans nos villaries que les cultivateurs n'ont que des mauvais domesti([ues.
Art. i3. — Il est à désirer ([ue les prévarications des ministres et de tous les gens en place soient à l'avenir punies comme celles des gens du commun ; et de ne donner aucune récompense (|u'après l'avoir bien méritée par de belles actions pour le Roi et ses Etats.
Art. i4. — La communauté dudit lieu accensa jadis, il y a au moins 6o ou 8o ans, la quantité de huit à neuf cents arpents de bois pour i 6oo ou i 8oo francs barrois à des seigneurs de près de chez nous; la même communauté se réserva dans l'accensement le droit d'y pâturer dès l'âge de 5 ans de crute ; et, aujourd'hui, lesdits seigneurs viennent d'échanger les mêmes bois avec Votre Majesté pour les domaines d'Amance ; et, dorénavant, ont fait des rapports contre les bestiaux de la même communauté que l'on trouve dans lesdits bois, et encore dans des futaies de l'âge de 3o ans et au-dessus ; nous prions Sa Majesté de réformer ces abus de rapports et ordonner que ladite con)munauté rentrera dans ces mêmes bois; en rendant le prix de l'accensement, Votre Majesté nous rendra justice ; bien entendu que Votre Majesté rentrera dans ses domaines
CAHIER DE rÉmÉrÉVILLE 02/5
(l'Alliance, et vous y giujneriez plus que de tenir les bois; les deux sei(jneiirs dénommés dans le pif'senf article sont les messieurs comtes (rOurehes.
Akt. i5. — Il y a beaucoup de couvents fort rentes qui tirent les dîmes dans notre villaqe, et qui em|)orteiit le bénéfice des campaqnes; (ju'ils soient attenus de payer à Votre Majesté en décharge des pauvres cultivateurs.
Nous payons de subvention, i 344^ lo s. 8 d.
Nous payons de capitation, 761* i4 s. 6 d.
Le sixième de ces deux sommes pour corvées, 35o"^ o s. o d.,
sans préjudice à deux fiefs qui j)ayent de grosses cotes et qui ont leurs feuilles à part de la communauté.
Nous payons pour le logement des cavaliers de maréchaussée, 5^ 8 s.o d.
Nous payons pour cire à l'église, 5o^ o s. o d.
On paye de vingtièmes la somme de i 534^^ 16 s. 3 d.
Art. 16. — Dans les années médiocres, après payer les canons des propriétaires, tout cultivateur est endetté.
Art. 17. — Il conviendrait, s'il vous plaît. Sire, d'ôter cette multitude de gouvernements, de places, d'offices, de trésoriers, de recettes, des dons, des pensions et autres qui sont onéreux à l'Etat.
Art. 18. — Diminuer les subventions et toutes autres impositions, et ordonner qu'elles seront supportées par les trois états sans aucune distinction.
Art. ig. — Changer l'administration des Eaux et Forets, attendu que celle des officiers actuels est trop dispendieuse et absorbe le produit des bois et nuit à leurs reproductions ; tandis que l'on peut adopter une régie économique aux officiers de vos bailliages.
Art. 20. — Diminuer le nombre, et retranchement de ces dévorantes armées de Fermiers généraux, régisseurs, directeurs, receveurs, contrôleurs, employés, etc., dans les mains desquels vos finances s'affaiblissent avant que d'être rendues dans vos trésors royaux.
Art. 21. — La pauvre communauté n'ose parler de ses dettes qu'elle doit à différents particuliers, qui sont énormes : elle craint d'abuser de vos précieux moments de patience.
Art. 22. — Charge que nous payons à Monseiyneur l'éoêque
de Met£, seùjneur de ce village. — II tire une taille, le tout en argent de France, de 1 13^ 1 1 s. 3 d., sur tous les habitants; il tire trois paires et demie de résaux, mesure de Nancy, sur chaque laljoureur, et rendu par lesdits laboureurs sur des greniers à Nancy, ou à pareille distance de 3 lieues, à leurs frais ; il tire un sol sur chaque cheval, autant sur chaque bœuf et vache du village ; il tire deux liards sur chaque porc, et autant par chaque brebis ; il tire trois poules sur chaque habitant ; il tire le tiers de tous pâquis communaux partagés ; son admodiateur, qui réside à 6 ou 7 lieues de l'endroit, répète à la pauvre communauté i3o louis d'or pour des nonjouissances de 12 ou i3 années qu'il n'a pas tiré de tiers, sur lequel ohiit il y a procès pendant au parlement de Metz.
Art, 23. — Tous les habitants prient Votre Majesté de faire décharger les pauvres cultivateurs et habitants de ce village des terres chargées, comme celle-ci, d'une foule de droits seigneuriaux exorbitants. Le moyen dont Votre Majesté peut donner l'exemple de faire décharger lesdits habitants de beaucoup de ses droits que Ms*" l'évêque tire sans vouloir produire aucun titre : les pauvres habitants payent, plutôt que de se mettre en procès avec un seigneur aussi puissant que le nôtre. On supplierait vos bontés d'ordonner qu'il lui serait refusé toutes espèces de répétitions sans qu'au préalable il ne montre de bon titre ancien.
Jean Masson ; J.-G. Voinier ; F. Vogin ; Joseph Geoffroy, syndic et député ; L. Gervais, député.