C.VHIER DE VAUCOl HT n\n
aiiçjmente encore la misère du villaç|e ; leur dure citiKliiidn (insa source de la cherté avec la(|uelle on leur laisse les Ternies qu'ils cultivent; un jour de terre, l'un portant l'autre, rapporte quatre quartes de qrains ; il faut trois bichets pour l'ensemeucer; on exige deux fjuartes de canon par jour, reste par conséquent cin(| bichets de hlé à un cultivateur, qain sur lequel il est obligé de vivre, faire vivre et entretenir sa famille et ses domestiques, payer charron, maréchal, cordonnier, tailleur, marchand, les impôts, etc. Un cultivateur, serré de si près, craint de recourir à l'aide de personnes avec lesquelles il serait obligé de partager son chétif gain par le salaire (ju'il serait obligé de donner à ses ouvriers; ne faisant aucun profit, s'entretenant très difficilement, il est obligé de laisser dans Tinaction des personnes indigentes, dont le nombre compose la majeure partie des habitants d'un village; ces personnes, ainsi sans occupation, n'ont cependant d'autre ressource pour soutenir leur vie et payer le Roi que ce qu'elles gagnent; en ne gagnant rien, à quoi donc les réduit-on ? A mendier, voler, ou mourir de faim et de misère. Tel est, en peu, le tableau aflligeant qu'offrent les campagnes dans ces environs ; où cette réflexion veut-elle nous mener ? Le voici. C'est à arrêter le luxe qui ne trouve jamais assez pour se soutenir, remplace l'humanité par la dureté. Que conviendrait-il donc de faire? Ce serait d'obliger tous propriétaires à ne louerleurs fermes, biens, etc., qu'au tiers du produit de ces terres, fermes, etc. La Xation le voulant, personne n'aurait rien à dire ; le luxe se réglerait sur ce qu'il a à dépenser, et non sur l'espoir d'un accroissement continuel et de rentes sur les misérables cultivateurs qui trompent souvent le maître, tandis qu'il ruine le l"ermler. Ou dira peut-être : pourquoi ces insensés sont-ils si avides de faire des entreprises qui les ruinent ? Ne serait-ce pas le cas de répondre : pourquoi votre dureté les y oblige-t-elle ? Hélas ! que de saisies, depuis quelque temps, ont montré l'impossibilité où l'on réduit les cultivateurs de faire face à leurs affaires ! Les biens eux-mêmes en valent pis; ils se détériorent et se décréditent ; ils se sentent du découragement où ils jettent un cultivateur qui entrevoit sa faillite. D'ailleurs, l'impossibilité où les salines mettent, en cas d'incendie, d'avoir des bois pour reconstruire, laisse une foule d'habitants entassés les uns sur les autres ; les loyers augmentent avec la rareté de loge-
-yiS BAILLIAGE DE VIC
ment ; et tout cela oiïre une misère complète que l'usure judaïque vient encore aqqraver. On sait que c'est une ressource pire que le mal, que cette nation que nous nourrissons au milieu de nous et qui se prête bien chèrement au secours de ceux qui recourent à elle : ses conventions usuraires écrasent le peuple, tandis que sa finesse et son habileté dans celte manière d'appauvrir ses débiteurs la met à l'abri de toute poursuite par la jonction des rentes qu'ils joignent au principal dans leurs billets, contrats. Qu'il serait avantageux pour l'Etat que la Nation ne soit point vexée par ce peuple, infortuné à la vérité, mais bien nuisible; nous demanderions donc que les Etats généraux fissent attention à cela. Dira-t-on encore : pourquoi y recourir? On ré])ondra : pourrpioi l'extrême cherté de toutes choses ne laisse-t-elle pas au cultivateur et commerçant les moyens de faire un gain honnête et suffisant ?
Art. 27. — On demanderait aussi que, pour éviter une foule de contestations et d'entraves, il y ait pour tout le royaume une seule et parfaite uniformité de poids, mesure.
Telles sont les réflexions et doléances qu'a l'honneur de soumettre aux opérations des Etats généraux la communauté de Vaucourt, les suppliant de vouloir être auprès de Sa Majesté les fidèles interprètes de son respectueux et entier dévouement pour son auguste personne, en même temps que les restaurateurs du bonheur et de la tranquillité tant du monar- (jue que des sujets ; tâche bien flatteuse, et qui leur assurera la reconnaissance, l'estime, non seulement de la génération présente, mais de toutes celles qui, nous succédant, éprouveront les douceurs des établissements et redressements sages (|ui vont opérer l'heureuse révolution que la France attend d'eux, et (jui doit couronner notre attente et les couvrir d'une gloire immortelle.
iNicolas Lecler ; Jean-Claude Mengin, maire; Joseph Gallois ; Sébastien Dieudonné ; Etienne Leclerc; N. Janin.
CAHIEU DE V.VXAINVILLE -y I Q
VAXAINVILLE