XIX
Cahier des doléances, plaintes et très respectueuses remontrances que font la municipalité, habitants et communauté de Basses-Vigneulles, dépendant du bailliage de Vie, au Roi, notre souverain monarque, à présenter à l'assemblée des trois États audit bailliage le 23 du présent mois de mars 1789, en exécution de l'ordonnance de Monsieur Vignon, lieutenant-général audit siège, pour l'absence de Monsieur le bailli d'épée, en date du 23 février dernier
Art. I. — Ils auront l'honneur d'observer d'abord que la misère extrême à laquelle tous les habitants du dit lieu de Basses-Vigneulles sont réduits est l'elîet de l'accroissement subit, de la multiplicité des impositions rojales dont ils sont accablés,
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SOUS la dénomination de vingtièmes, subvention, capitation, travaux des routes et autres accessoires, etc.
Que le ban de Basses- Vigneulles ne contient dans sa totalité que 600 jours de terres dans les trois saisons, et 36 fauchées de prés, desquels il faut distraire 27 jours de terres du beuvrot de la cure de Dorwiller et 71 jours de terres et 8 fauchées de prés appartenant au seigneur d'Helfedange et qui ont été jusqu'à présent affranchis des impositions. Ainsi il ne reste plus pour les autres propriétaires, tant domiciliés qu'étrangers, que 5o2 jours de terres et 28 fauchées de prés, situés le long de plusieurs ruisseaux sujets à des inondations qui arrivent fré- (piem nient et qui périssent le foin qui y croît, le village étant situé dans un vallon; et le ban au revers des coteaux qui l'environnent, d'un sol froid, fort et pierreux, et que très souvent les terres sont entraînées par les orages dans les fonds, dont la cime submerge les foins, est de fort peu de production par son ingratitude, les foins ne suffisant pas à la moitié pour la culture des terres, bien loin de pouvoir faire des nourris, ce (jui oblige les laboureurs d'aller acheter le surplus où ils peuvent à grand prix chez l'étranger dans le voisinage à deux lieues de l'endroit. Cependant , et malgré les remontrances, l'éitérées dans différents temps, qu'ils ont faites de leur situation, et des grêles qu'ils ont essuyées, et autres calamités qui les ont suivies et accompagnées, ils sont actuellement cotisés :
Pour la siihvciitiou et impositions jointes à
une somme de 55i^ 12 s. 2 d.
Pour la capitation 298 1 1 3
Pour les vingtièmes 49^ 12 »
l\)ur les travaux (les routes i5o 10 5
Ce qui l'ait un total de. . . . i 494*^ ^ s. 10 d.
({ui est une somme exorbitante pour leur petit village qui n'est composé que de trente-trois feux y compris les veuves, au lieu qu'il y a une cinquantaine d'années qu'ils ne payaient que 750*^ pour toutes impositions en y comprenant le dixième que l'on denuuidait en tem[)s de guerre. Ils ne peuvent savoir (juelle est la raison de cette augmentation, qui est du double passé ; cependant, le ban. est toujours le même, excepté qu'il est de moindre j)roductioni par le défaut de cultivateurs et de fourrages pour nourrir des be&liaux, le journal d'aujourd'hui ne
CAHIER DE BASSES-VIGNEULLES -y'J
pouvant plus rapporter tout au plus, l'un portant l'autre, que 7 bichets de blé et 5 bicliets d'avoine, il faut cependant semer, payer les canons des fermes, et les manœuvres et les cultures qui sont très chères ; et comment vivre ?
Pour soulager le peuple d'ici, le remède serait d'imposer les seigneurs, les ecclésiastiques, les décimateurs, à raison de If urs rentes et revenus, comme aussi les maîtres qui possèdent des métairies sur le ban à raison des canons qu'ils tirent de leurs fermiers, ceux-ci étant déjà cotisés pour le bénéfice qu'ils peuvent y faire, et de diminuer d'autant et à proportion les autres habitants de la communauté, ce qui les soulagerait et les encouragerait à travailler avec plaisir pour pouvoir gagner et payer avec joie le surplus des impositions royales.
Art. 2. — [Cf. ci-dessous, cahier de Giiinff lange, n° LXVIIP, art. 2.]
Art. 3. — Une plainte bien amère est la création des juréspriseurs dans ce pays, en ce que, lorsqu'il s'agit de faire des inventaires ou des ventes chez les veuves ou de pauvres orphelins, l'on est obligé de les avertir (premiers frais) : ils se transportent sur les lieux, de la ville de Metz distante de six lieues et demie de Basses-Vigneulles; ils se taxent d'abord quarante sols par chacune pour leur voyage, trois livres par chaque vacation de la matinée, et autant pour l'après-midi, six sols par rôle d'écriture, et les expéditions autant, qu'ils savent rôler à leur profit, ensuite les ([uatre deniers pour livre et le contrôle des ventes, outre leur papier timbré, fait qu'ils emportent au moins le tiers du mobilier qui devrait rester à ces orphelins qui ont déjà eu le malheur de perdre leurs père et mère. Ya-t-il quelque chose de plus odieux ? Ne serait-il donc pas possible de réformer un tel abus?
Art. 4- — [Cf. ci-dessous, cahier de Giiinglange, n° LXVIII", art. 4.]
Art. 5. — [Cf. id., art. 5.]
Art. 6. — Le droit que M. le comte de Créhange, comme seigneur d'Helfedango, a sur le ban de Basses-Vigneulles pour le trojLipeau de sa bergerie, est encore insupportable aux habitants dudit lieu et leur cause un préjudice des plus considérables, en ce que la modicité de leur ban, par son ingratitude, et les prairies de même, ne peuvent pas produire la pâture qui serait nécessaire pour le troupeau communal et pour pouvoir
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faire quelques nourris pour soulager; le troupeau du seigneur comte y vient encore ronger le peu qui y croît jusque dans la racine, ce qui les réduit à la misère : par cette raison les troupeaux à part des seigneurs devraient être supprimés, n'étant profitables qu'à eux seuls.
Art. 7. — Ils ont encore à se plaindre contre le droit de banalité établi pour le moulin dudit lieu de Basses-Vigneulles qui est situé sur un ruisseau, en ce que ce droit est trop odieux aux habitants du lieu qui y sont banaux, par la raison que les moulures des habitants ne sont pas suffisantes pour faire vivre à son aise le meunier; il s'est approvisionné d'une très grande quantité de bourriques pour le service de l'étranger qu'il sert préférablement à ceux du lieu, et en desservant ceux-ci, il les sert très mal, étant même obligés de porter sur leur dos leurs (jrains dans son moulin, et ce qui est encore pire, c'est qu'il est toujours le premier pour envoyer ses bourriques qu'il a à l'usage de l'étranger, dans les embanies avec les bêtes de trait pour la culture, ce qui devrait lui être interdit, et le droit de banalité aboli pour le bien du village de Basses-Vigneulles.
Art. 8. — Il y a encore un abus qui serait à réformer concernant l'administration de la police des bois communaux, et qui est attribuée aux officiers de la maîtrise des Eaux et Forêts de Metz ; les bois communaux de Basses-Vigneulles ne consistent qu'en 76 arpents en futaye et souilles, réduits en 26 coupes. La Maîtrise vient tous les ans leur en marquer une pour la futaie, et les officiers de la gruerie y marquent la souille, ce qui fait doubles frais ; les premiers ont exigé jusqu'à présent 3i^ 19 s. pour leurs vacations chaque fois, et les seconds i4"^ 10 s., ce <pji absorbe presque la valeur du chauffage que les habitants en tirent; cela fait, vient souvent le garde-général de ladite maîtrise y faire sa visite, et, lorsqu'il y trouve le moindre délit, il en dresse son rapport contre la communauté, qui est suivi d'une assignation, d'une sentence, et ensuite d'une exécution, ce qui leur coûte des sommes considérables, tant pour l'amende (jue pour les frais qu'ils s'empressent de faire pour des riens.
Que si la comnumauté avait elle-même cette administration, et le pouvoir de choisir des gardes d'entre eux à l'exclusion du garde-général, les bois seraient mieux gardés, et les habitants ne seraient plus vexés comme du passé.
CAHIER DE JJATIIELEMONT-LES-BALZt.MONT ^(J
Le présent cahier contenant treize pages, cotées et paraphées par première et dernière, a été arrêté audit Basses-Virjnoullcs en assemblée de communauté dûment convoquée, et des membres de la municipalité soussignés, le 19 mars 1789.
Jacob Hieronimus ; Nicolas Henquin, syndic ; Alexandre Klein ; Mathias Biet, greffier.
BATHELÉIVIONT-LES-BAUZEIVIONT
a Procès-verbal de l'assemblée de la communauté de Bathelémont-
les-Bauzemont (') pour la nomination de leurs députés. » « Dimanche i5 mars 178g, sont comparus en l'auditoire ordinaire
de ce lieu, par-devant nous, Jacques Marange, maire audit Ba-
thclémont. »
Communauté composée de 48 feux.
Députés : Jean-Baptiste Michel, laboureur,
Jacques Marange fils.
Signatures : Jacque Marange, maire; J. Marange. député; J.-B.
Michel, député; Alexis Colin; J. Hoger, greffier de la justice
du dit lieu.