‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789. 1. sér.; Département de Meurthe-et-Moselle (volume 3)Chapitre 64 sur 246 · CAHIER DE IJERTRAMBOIS ET L.V FORET IO · texte numérisé non relu

CAHIER DE IJERTRAMBOIS ET L.V FORET IO

lards et loules intempéries doublement plus fréquents dans ces lieux montagnards que partout ailleurs.

Et attendu la petitesse du terrain, il n'est saison cantonnée ; le peu qu'il y a est annuellement chargé, ce qui rend la production moins avantageuse à raison de ce, indépendamment de rinvalidilé du terrain et de sa situation.

Le plus fort cultivateur ne sème jamais et ne recueille pour l'usage de sa maison ; par conséquent, il n'est aucun grain à vendre es dits lieux ; ce qui prouve la pauvreté sus-mentionnée.

Les semailles ordinaires sont le seigle (le blé n'y vient aucunement), avoines, vascées, sarrazin et pommes de terre; quand le jour rapporte deux résaux en seigle, deux et demi en avoine, et dix à douze de pommes de terre, les habitants se croient bien dédommagés de leurs dépenses et de leurs peines, ce qui n'arrive que très rarement, attendu ce qui vient d'être dit.

Les prés qui sont dans l'enceinte de ce territoire sont de tout le di'partement de Metz les moins valides; et, quoique la quantité en soil bien modi([ue, ils ne produisent pour la plus saine partie que bruyères et autres herbes sauvages, dérivées des montagnes, fourrage d'autant moins profitable que la récolte est encore moins abondante; aussi il n'est prairie à pouvoir y lever la seconde faux.

Partant, les cultivateurs, qui ne sont qu'au nombre de cinq, sont obligés d'avoir recours aux vi liages voisins comme Hattigny , Fraquelfing, Framonville, etc., à l'eflét de se procurer des foins, pailles, etc., à plus forte raison encore des pauvres manœuvres qui veulent nourrir une vache, ce qui coûte notablement.

Il serait à souhaiter pour une communauté comme celle-ci qu'il plût à Sa Majesté que les propriétaires fussent maîtres de disposer à volonté de leurs terrains; ils chercheraient, autant que la possibilité permettrait, les moyens de les améliorer; pouvant y parvenir, leurs charges seraient plus supportables.

Et, par une suite inévitable, cette communauté n'a aucun pâturage, soit pour les bêtes de harnais, soit pour les troupeaux communaux, qu'à quatre lieues de Bertrambois dans les bois haute futaie des montagnes, où elle a droit de vain pâturage, à compter de la Saint-Georges jusqu'à la Saint-Remy; seulement une pareille distance dénote assez l'impossibilité d'en pouvoir profiter; toutes les forêts riveraines au territoire sont exploitées ; et, attendu le mauvais sol d'icelles, ne seront défensables

Io8 BAILLIAGE DE VIC

de plus de vingt ans : la preuve résulte par celles exploitées il y a pareille époque, qu'on ne veut lâcher sous prétexte qu'elles ne le sont; ce qui occasionne quantité de rapports, puisqu'il est des particuliers qui excèdent en amendes 12 à i5 louis; avec sans compter les rapports qui deviennent communs.

Si les liabilaiits veuillent nourrir porc, ils sont obliqés à recourir au prototype des bontés de Monseigneur le maréchal, prince de Beauvau, seigneur de ce lieu, à l'effet d'avoir permission d'envoyer vain-pàturer leurs porcs dans lesdites forêts haute futaie, ce qu'il leur a toujours accordé moyennant rétribution annuelle, ce qui vient aux habitants d'un accroissement de charges.

Mondit seigneur emporte cent jours de terre, quatre-vingtdix fauchées de prés et douze à treize jours de jardins et chenevières sur le territoire de ce lieu ; Joseph Haumant de Nidcrholf, Pierre (îérard de Fraquelfing, chacun trente jours de terre au moins, les prés et jardins au nombre de trente jours ; Joseph Boulanger de Cirey et plusieurs autres encore en emportent, et ce dans les places les plus fertiles du territoire; en rapprociiant ceux-ci, on voit qu'ils emportent le quart du territoire : distraction faite du total, il reste moins de propriété aux habitants que qu:uitité de fermes isolées n'en ont.

C'est par tout ce qui vient d'être dit qu'il serait à souhaiter qu'il plût à Sa iMajesté ordonner que ses deniers fussent répartis non seulement sur les contribuables, mais encore sur les biens-fonds eu égard à leur situation, fertilité et production. Celte communauté aurait lieu d'espérer du ménagement : elle s'est vue jus(pi'à présent plus chargée que celles qui ont des linages à trois saisons d'une vaste étendue et d'une bonne production.

Cependant, il faut acquitter; et attendu l'invalidité du terrain, sa petitesse et son peu de produit, il n'est possible répartir siM les fonds. Encore faut-il le faire, ce cjui accable les pauvres cultivateurs, en même temps le surplus (jui est sans l'acuili's comme on l'a ci-devant noté; ce faisant, il est probable <|ue les intéiêts de Sa Majesté s'y trouveraient; premier moyen de lit prospérité du royaume.

Outre les charges inévitables (pie les habitants viennent de démontrer d'autant plus véridi(piemcnt qu'ils s'en trouvent épuisés, suivent relies ci-aj)rès.

Page 1