CAHIER DE BERTRAMBOIS ET L\ FORET IO
Tout ce que l'on vient de démontrer prouve indubitablement la pauvreté de la communauté, les charges suivantes les confirment.
Chemins
Bertrambois et la Forêt par leurs situations souffrent annuellement des déterrations non seulement dans le territoire, mais encore sur les chemins qui sont de très grand entretien, à cause qu'ils reçoivent pour la plus saine partie toutes les eaux provenant des forets, qui y causent grandes détériorations, attendu qu'il n'y a pierres, et que pour les réparer il faut venir aux pierres froides à Hattigny, ce qui n'empêche leur entretien de corvées royales.
Cette communauté paye annuellement une taille de 25^ i4 s. à Monseigneur le maréchal, prince de Beauvau, en outre trois jours de charrue par les laboureurs, trois jours de bras par les manœuvres, trois poules, indistinctement, deux quarterons de fruits champêtres et enfin deux quarterons d'avoine par chaque porc trouvé devant le pâtre le huit de septembre; et, attendu que mondit seigneur laisse le tout par bail, les fermiers louent les terres, etc., en détail, ce qui n'opère les corvées sus-mentionnées; mais il faut les payer auxdits fermiers, ce qui fait une contribution qui excède 5oo^. En revanche ont les habitants le droit d'envoyer vainpâturer leur bétail dans les f(^rêts haute futaie antérieurement citées, et pendant le temps y mentionné; outre ce, mondit seigneur décimateur n'entend que les particuliers ne lèveront leurs grains qu'après le dîmage, ce qui fait qu'il reste quelquefois plusieurs jours sur place, pendant quoi surviennent des pluies qui occasionnent le périssement au grand préjudice des propriétaires, qui pourraient les enlever incontinent sans préjudice à personne en donnant cette liberté.
Cette communauté ne jouit d'aucun affouage ; par conséquent, l'affouage dans lesdits villages de Bertrambois et la Forêt emporte une somme de plus de 4 ooo*, en ne prenant les habitants l'un dans l'autre qu'à 20* pour se le procurer, et ce annuellement; et attendu la pauvreté si grande des remontrants, il résulte que le grand nombre sont doublement malheureux pour ne pouvoir se procurer les bois à leurs besoins.
Il y a en sus l'entretien des puits et fontaines.
j,0 BAILLIAGE DE VIG
Celte communauté est obligée à tous entretiens de l'église, fourniture d'huiles et luminaires, ce qui coûte annuellement au delà de 260 '^. La fabrique ne rapportant que 60"^ qui ne peuvent suffire pour l'entretien des ornements sacerdotaux; aussi elle redoit notablement à Messieurs les Houets, marchands d'ornements à Saverne.
Outre ce, elle paye le chantre dans la personne duquel sont réunies les fonctions de sacristain et marquillier : indépendamment de ce, il faut encore payer l'éducation des enfants au maître d'école approuvé de l'évêque diocésain ; ce qui fait que des enfants restent pour la plupart ignorants, n'ayant moyens de subvenir à tant de charges.
Eu outre encore il faut payer les pâtres soit par gages arrêtés, soit à la bMe à leur garde, et eufin payer la fourniture des b'^-tes mâles desdits troupeaux qui coûtent annuellement i3o^, suivant l'enchère, attendu que les foins et pailles ne se trouvent dans lesdits lieux, pourquoi l'adjudicataire d'icelles est obli(|é à se les procurer chez l'étranger comme on l'a dit cidevant à l'égard du général des habitants.
Enfin il faut que cette communauté paye la confection de toutes ses écritures, et généralement tous autres objets indispensables et inévitables, prévus et imprévus; et attendu (ju'elle ne jouit du moindre émolument ni revenu communal, to'ites les charges ([ue l'on vient de détailler ne sont et ne peuvent être acfjuitlées (jue par les voies d'impositions.
On a observé à Sa Majesté à la fin du second feuillet du préseul cahier le premier moyen de pourvoir au besoin de l'Etat en souhaitant (ju'il lui plût ordonner l'imposition foncière, eu égard à la situation des fonds, leur fertilité et production : nous allons de présent montrer les moyens que nous jugeons boîis pour la prospérité de ses sujets et le besoin de l'Eta!.
Une chose ([ui est d'autant plus coûteuse aux sujets de Sa Majesté qu'elle est onéreuse, c'est les différentes ventes des sel et tabac, qui s'exercent dans les provinces soumises à son obéissance ; dans celle où cette communauté est située, le sel vaut huit sols la livre, le tabac 4^> tandis qu'à deux lieuos de distance, le sol ne vaut guère au delà du tiers, de même que le tabac, ce qui opère journellement les inconvénients ci-après :
.\ raison de ces diiïérentes ventes s'exerconi les contrebandes, sur lesquelles les commis des Fermes veillent exacte-