ARTICLE CINQUIÈME
La ville de Pont-à-Mousson a obtenu de Sa Majesté, il y a trois ans, la permission de bâtir ses cimetières liors ses murs dans un terrain planté de vignes, avec ordre de dédommager les parties intéressées. Notre curé qui vient d'être nommé à la cure de Mousson par Sa Majesté, réclame en vain ses droits comme décimateur de ce terrain, il est le seul que la ville ne veut point indemniser; cependant ses droits paraissent incontestables, car avant l'existence de la ville du Pont qui n'est qu'une fille formée par les déserteurs de Mousson leur mère, toute notre côte de vignes était ban" et dixme de Mousson. Lorsque Pont-à-Mousson eut acquis une certaine existence, elle demanda de partager le ban de Mousson pour en former un particulier à la nouvelle ville. La fille prévalut sur la mère et emporta la plus grande partie de notre côte pour en f onner le ban de Pont-à-Mousson. Par ce partage si inégal, la cure de Mousson perdait presque tout son patrimoine. Pour apaiser le curé, la ville de Pont-à-Mousson lui accorda en dédommagement, la dixme sur un canton du ban de Pont-à-Mousson et entre autres sur ce terrain où l'hôtel de ville vient de faire bâtir ses cimetières. Il est donc juste que la ville paie à la cure de Mousson une rente proportionnelle au tort qu'elle lui fait sans quoi elle commettrait une nouvelle injustice en la privant du dédom-
magement qu'elle lui accorda auparavant. La ville est redevable de deux années de dismes à la cure de Mousson ; les pauliers jurés estiment la dixme à quatre hottes par année.
Le curé de Mousson est trop pauvre pour entreprendre un procès contre une ville juge et partie dans cette cause, il attend des ordres dictés par la justice de Sa Majesté qui est collateur de ce bénéfice.
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Dans le partage que la ville de Pont-à- Mousson a fait de notre ban de Mousson, elle a planté ses bornes dans la partie des terres arabes à vingt cinq pas le long de nos murs. Il était naturel que nous conservassions sur ce ban extrait du nôtre le droit de parcours, sans quoi nous ne pourrions sortir notre bétail du village. Aussi depuis 1260 nous avons joui de ce droit sur le ban du Pont et sur celui d'Atton par une transaction en bonne forme.
Nous supplions Sa Majesté de conserver à son chatel de Mousson, le droit de tout temps usité en égard à la petitesse actuelle de notre finage qui ne siiffirait point à notre bétail.
ARTICLE SEITIÈMK
Kenaul premier comte de Bar étant à son château à Mousson en 114W. pour encourager ses pauvres sujets à élever du bétail, leur permit de conduire leurs bêtes dans ses grandes forêts, leur accordant la vaine pâture.
Une permission générale rend cet usage encore licite aujourd'hui dans les grandes forêts où les bêtes ne peuvent causer aucun dommage. Les forêts de Mousson surtout qui produisent beaucoup d'herbes seraient capables de nourrir nos bêtes depuis le mois de mars jusqu'à la fenaison, mais Monsieur le Vicomte de I cidres à qui sa Majesté a fait une cession de ses chasses ne veut permettre à personne de fréquenter les bois. Il assomme' à coups de bâton les pauvres gens qu'il trouve, fait faire des rapports contre les bêtes qui y échappent et nous prive par là d'une ressource que nous ne pouvons trouver sur notre montagne stérile en herbe pour les grosses bêtes.
Notre monarque n'est pas moins généreux et compatissant que ne le fut en pareilles circonstances le Comte Renaul de Bar. Nous espérons donc la même grâce.
ARTICLE HUITlÈilE
Le même Comte Renaut de Bar retiré en son château de Mousson, dota le prieuré de St Michel que les religieux de St Michel avaient fondé au pied de notre montagne. Il leur donna un même temps la chapelle de son château érigée en prieuré sous le nom de St Pion avec toutes les dixmes du village et du château de Mousson.
Nous avions alors pour curé un de ces religieux bénédictins de St Mihiel qui résidait dans le prieuré de Mousson. Ces deux prieurés furent confondus et réunis en un sous le nom de St Pion.
La chapelle d'en bas fut de tout temps l'église où on fît l'office de la paroisse et notre cimetière y est adjacent.
Le prieuré fut réuni dans la suite à la collégiale de Ste Croix du Pontà-Mousson qui nomma les premiers curés séculiers auxquels ils donnèrent pour portion alimentaire la moitié de la dixme. La chapelle et les ornements furent toujours entretenus aux frais du chapitre. Enfin, la nef de la chapelle tomba en ruine. Ce fut pour lors que le chapitre de vSte Croix nous transporta dans la chapelle du château ou nous sommes encore aujourd'hui.
Par la fondation, le chapitre de Ste Croix est obligé à nous dire fêtes et dimanches la première messe pour l'utilité du peuple. Il a rempli fort longtemps cette obligation dans le chœur qui était le seul reste des débris de la chapelle d'en bas. Le chœur étant également tombé en ruine, ils se servirent de la démolition et de toutes les grandes pierres de taille et des tombes pour réparer leur maison de ferme. Ce fut alors qu'ils transportèrent dans leur église du Pont-à-Mousson les messes qu'ils devaient nous dire chaque fête et dimanche dans leur chapelle de Mousson et ce transport fut fait de leur propre autorité.
En 1717, une sentence du bailliage condamna ce chapitre à rétablir incessamment la chapelle du prieuré de St Pion qui leur appartient et à y faire célébrer le service divin comme ils y sont obligés et suivant l'ancien usage.
Ils appelèrent de cette sentence, mais ne poursuivirent point leur appel et pour abuser de notre bonne foi, i'is nous firent croire qu'ils avaient obtenu une sentence de l'évêché de Metz qui leur permettait d'acquitter les messes à Pont-à-Mousson dans l'église de leur collégiale, ce qui fut découvert absolument faux. Nous venons de les faire sommer par l'Assemblée de District de rétablir cette chapelle et nous dire les messes, mais ils nous méprisent et n'agissent pas.
Nous recourons à l'autorité de Sa Majesté la suppliant d'ordonner au chapitre de Ste Croix du Pont à Mousson de rétablir à leurs frais la chapelle du prieuré de St Pion dans l'endroit le plus convenable du village de Mousson et y dire à l'heure et aux jours marqués les messes fondées pour l'avantage du peuple et entretenir cette chapelle à leurs frais comme à eux appartenant et non à la communauté en faveur de laquelle le comte Renaul a doté richement cette chapelle pour y faire tous les ofifîces de la paroisse.