‹ Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz et de Nancy pour les États généraux de 1789Chapitre 122 sur 204 · CAHIER DE LAN F ROI CO U RT · texte numérisé non relu

CAHIER DE LAN F ROI CO U RT

[, Signatures ] :

Mathias Huguet; C. André, sindic ; N. Gérardin; N. Lapierre, gref. ; Antoine Pardieu; N. Miller; Louis Génin; F. Jesnel; Jean Masson; Christophe Marchai; Charles Dalsenoy; Jean Dognon (?); N. D. Cadiot; Joseph Henry; Antoine le Gay.

Et C) du depuis il nous a été remis une ordonnance de la part de Monsieur le bailly d’Épée, portant prolongation du terme pour se rendre les députés à Nancy, pour porter le cahier de doléances et remontrances, etc. en conséquences la Communauté, ayant été un peu trop précipités en premières instances, se sont consultés et examinées sur les articles suivantes, ainsi qu’ils vont avoir l’honneur de représenter :

1° Ils ont l’honneur de faire parvenir à Sa Majesté leurs juste plaintes touchant la chose la plus onéreuse pour le pauvre peuple *qui est les commerçans en grains, de qu’elle nature ils soient, et qui sont très fréquens dans nos environs, parce que ces commerçans enlèvent et achètent presque tous généralement les denrées que les laboureurs peuvent avoir, ce qui font que le peauvre peuple, croyant puiser comme du passé, chez ces laboureurs leurs nécessaires, avec l’argent à la main, se trouvent refusé, parce qu’ils le conservent à ces commerçans; de sorte qu’ils sont obligés par force, pour faire substanter leurs familles de recourir à ces mêmes commerçans, mais à leurs grand préjudice, attendu qu’ils leurs font payer ces mêmes denrées à un prix bien au delà de ce qu’ils en ont payé chez ces laboureurs, ce qui est un grand préjudice pour le peauvre qui est obligé d’avoir affaire avec ces sortes de commerçans, pour vivre; cependant c’est une chose indipensable pour eux, mais qui leurs est bien à charge, vu le prix exorbitans des bleds et autres grains qui se vendent dans le lieu et les environs; c’est les justes plaintes et doléances qu’ils ont l’honneur de remontrer à Sa Majesté, espérant qu’ils seront écoutés par ce que, si il n’y a pas d’autre ordonnance pour réformer et empêcher ces abus, il ne sera jamais possible au peauvre peuple de subsister, s’il plaisoit à Sa Ma-

1. Ce supplément, commençant en bas de la huitième page, fait encore partie des rôles cotés et paraphés.

BAILLIAGE DE NANCY

jesté ordonner pour le bien de son peuple, un taxe, tant des bleds que d’autres denrées, et qu’il y ait des commissaires députés, pour reconnoitre les greniers où sont renfermés les bleds, en les faisant distribuer au peuple au prix du taxe qu’il plaira à Sa Majesté de fixer.

2° Ils ont aussi l’honneur de remontrer que, du passé, ils jouissoient de la faculté d’exploiter par eux-même leurs bois communaux, sans qu’il soit nécessaire que la Maitrise en connoissent, comme actuellement, parce que les arbres chêne de leur bois leurs étoient délivrés par Messieurs les officiers de la haute justice, pour affouage; attendu que, pour le présent, ils sont délivrés par les Messieurs de la Maîtrise et vandu pardevant eux, et l’argent en provenant est remis dans la caisse à Nancy, tous ce manège coûte beaucoup à la Communauté, tant pour frais qu’ autrement; c’est argent des coffres ne sert souvent que pour de menues dépenses de la Communauté : Monsieur le seigneur du lieu en prélève déjà le tier, ainsi que le reste et d’une petite conséquence, vu qu’il ne leur est délivré chaque année que quatre arpens de souille, pour cinquante deux habitans et la vente des chêne dans ces quatre arpens, ce qui ne leurs est pas fort considérable, c’est pourquoi, la communauté supplient Sa Majesté de vouloir supprimer les abus portés en la remontrance ci dessus et leurs accor- *der leurs juste demande, en leur accordant leurs arbres chêne pour affouage comme du passé. Ils observent encore que Monsieur leur seigneur tire ce tier des petites ventes que l’on peut faire dans la Communauté et le tier du prix des terreins que l’on engagent pour payer quelque dépense de la communauté, à la réserve cependant de ce que l’on vend pour de la cire et au profit de la fabrique.

3° Ils ont aussi l’honneur de remontrer à Sa Majesté que, dans les environs de Lanfroicourt, il y a plusieurs village, qui ne sont pas à un quart de lieux et voisin de leurs ban, dans lesqu’els villages il y a quantité de colombier, ce qui fourni un nombre infini de pigeons, qui pendant le temps des semailles et récoltes, cause un grand préjudice aux cultivateurs et enlèvent une des fortes parties des grains qu’il a semées : ils supplient Sa Majesté d’ordonner qu’à la suitte toute personnes qui ont droit de tenir des colombiers soient tenus d’enfermer leurs pigeons pendant le temps des semailles.

CAHIER DE LANFROICOURT

4° Ils ont l’honneur de remontrer aussi que, dans le lieu de Lanfroicourt et aux environs, l’on établi des gardes surveillant; c’est les justes plaintes que les habitans du lieu ont l’honneur de faire parvenir à Sa Majesté, parce que c’est établissement de garde surveillans sur l’étendue du ban leurs devient beaucoup à charge; les bangards, premiers plaignans, remontrent très humblement qu’ils sont établi garde des mésus champêtres et que par conséquent ils sont responsable des délits qui se peuvent commettre sur le ban, n’ayant besoin de personne pour faire leurs ouvrages; attendu que ces gardes surveillans ne répondent d’aucun intérest; il y a même des villages ou MM. les Seigneurs donnent le tier au garde surveillans, des amandes et reprises qu’ils font, ce qui rend le plus souvent ces surveillans très injuste dans leurs reprises et occasionnent le plus souvent des procès et beaucoup d’autre misère fort injuste que le peauvre peuple est obligé de souffrir; c’est pourquoi ils demanderoient que ce droit fut supprimé.

5° La communauté vient former icy leurs juste plainte au sujet de la scituation ou ils se trouvent réduit aujourd’huy, et depuis plusieurs années, disant que le sieur Curé de Lanfroicourt, est résident à Bey f1), comme étant curé des deux village; de sorte qu’il déserve Bey et Lanfroicourt et se fait suppléer le plus souvent par un religieux, mais comme il n’y a aucun vicaire résident sur les lieux, les remontrans ont l’honneur d’observer à Sa Majesté que, quoique le sieur Curé fasse bien son devoir, lorsque sa santé lui permet, les habitans de Lanfroicourt ne laisse pas que d’en souffrir, tant parce qu’à chaque occasion qui se rencontrent, l’on est obligé de recourir à Bey soit le jour ou la nuit, et les mauvais temps, ce qui est fort à charge aux habitans dudit lieu, et ce qui est de plus à observer, c’est que l’on court souvent risque de ne pouvoir arriver à temps, ce qui n’est nullement à désirer; ils ont donc l’honneur de supplier Sa Majesté d’écouter leurs remontrances et d’ordonner qu’il y eut un vicaire à Lanfroicourt, attendu que la communauté est plus considérable que celle de Bey et que la plus forte partie des biens et revenus

1. Bey. Bailliage de Vie. Diocèse de Metz en 1789. En 1983, Dép. de Meurtheet-Moselle. Arr. de Nancy. Canton de Nomeny. A 1 km. de Lanfroicourt.

BAILLIAGE DE NANCY

que le Sr Curé tire est scitué sur le ban de Lanfroicourt ; ordonner, au surplus que le Sr Curé soit obligé à le loger, ou payer la location de la maison qu’il occuperoit parce que la communauté dudit Lanfroicourt a été fort obérée il y a quelques temps par la contribution aux payemens des ouvrages du presbytère dud. Sieur Curé du village de Bey, dont ils sont encore obligés aujourd’huy à payer la rente d’une somme de 1.500*", qu’ils ont emprunté il y a fort longtemps, laquelle est porté au présent cahier ci-devant.

6° Ils ont encore l’honneur de se plaindre aux sujet des frais de millice qui sont beaucoup plus considérable que du passé, ce qui rend toujours le peauvre peuple beaucoup plus malheureux.

7° Ils ont ici l’honneur de remontrer à Sa Majesté que les deux tiers des habitans de Lanfroicourt ne sont que de peauvres mercenaire, vivant du travail de leurs mains, n’ayant aucun biens en propriété, lesquels ont grande peine à pouvoir vivre, n’y ayant pour toute chose que trois laboureurs fermiers, qui ne cultivent que de petite ferme. C’est pourquoi cette pauvre Communauté ne peut annuellement satisfaire qu’avec très grande peine aux payemens des deniers royaux et autres qui se perçoivent audit lieu; il est forcé le plus souvent pour y satisfaire de se priver du nécessaire, ce qu’ils ont l’honneur d’observer.

8° Ils ont au surplus l’honneur de représenter à Sa Majesté que les habitans sont bannaux au moulin dudit lieu. Ils ont l’honneur d’en demander la suppression, attendu que c’est souvent une gêne pour la communauté, et que cette bannalité soit cassé.

9° Les habitans ont encore l’honneur de supplier Sa Majesté de vouloir supprimer le droit des clos dans l’étendue du ban et surtout dans les prairies qui aboutissent sur la rivière de Seille, et que les fossés y aboutissent, ce qui jettent l’eau dans les prairies, et ces fossées la retiennent et en ôte l’écoulement.

[Signature] :

Mathias Hugueb, Joseph Bagard; C. André, sindic ; N. Lapierre; Christophe Marchai; F. Jesnel;C. Hilbert; Jean Dupuis; Jean Gérardin; F. Marchai; François Grandemange; Fdloy.

Les laboureurs dudit Lanfroicourt nous observent qu’ils

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