Pour conserver
CAHIER ü’àRMAUCOURT
et volontaires, le mal subsiste toujours en grande partie par la puissance de ceux qui possèdent la rivière et les moulins. Il faudroit qu’en général de tels propriétaires fussent efficacement obligés à laisser ou à procurer un écoulement suffisant aux eaux, tant par quelques nettoyement et travaux, que par des déchargeoirs convenables.
7° Certaines communautés se plaindront peut être du droit de parcours dont jouissent les communautés voisines sur leurs bans (1). Mais elles n’observent pas que ces droits ne sont pas établis sans titre, qu’ils sont la suitte de transactions ou de loix locales, peut être même d’achapt des établissemens, en considération desquelles les villages se sont accrus; de manière que l’anéantissement de ces parcours ruineroit vraiment les villages qui en seroient frustrés.
8° La liberté accordée aux propriétaires d’enclore leurs prés et héritages ne fait du bien qu’à ceux qui ont déjà beaucoup ou trop d’avantages et elle nuit beaucoup au commun peuple et au public; elle empêche la nourvie (sic) plus abondante de bestiaux dans la seconde et troisième classe des habitans; elle authorise le seigneur ou le riche à réserrer aux autres laboureurs la pâture commune, à les en priver, même en l’épuisant avec ses bestiaux, après l’avoir diminué par ses enclos qui leur servent de resource; elle occasionne d’ailleur quantité de procès, d’amendes, etc.
Ceux qui se croiront blessés par cette plainte ou d’autres économistes objecteront peut être les défrichemens. Mais la population devenue plus considérable exige aussi plus de vivres et le bétail même, loin de souffrir des friches mis en valeur, y trouve ce qui lui est essentiel, pourvu seulement que les communautés ne défrichent qu’avec discrétion. Hélas ! ce n’est pas le défrichement en lui-même qui nuit aux hommes ou au bétail : le principal inconvénient en ce point, ce sont les privilèges exorbitants des seigneurs, car (sic)
9° Le tiers que les seigneurs tirent à présent dans les biens communaux est un droit absolument excessif et ruineux. Ces biens sont à la communauté, destinés et laissés pour les charges communes; rarement encore y suffisent-ils. Comment donc tournent-ils en grande partie aux seigneurs, sans que