‹ Cahiers de doléances du bailliage d'Arques (secondaire de Caudebec) pour les États généraux de 1789Chapitre 53 sur 157 · S A I NT- PI E R RE -LE - PET IT · texte numérisé non relu

S A I NT- PI E R RE -LE - PET IT

Réuni à Saint-Pierre-le-Viger $n 1823.

Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Yvetot ; canton : Fontaine-le-Dun. A 26 k. N.-E. d’ Yvetot.

Gén. : Rouen ; El.: Arques.

Pop. : 1738 : 50 f. ; 1789 : 45 f.

Seigneur et patron : l’abbé de Fécamp.

Procès- verrat.

Assemblée 8 mars, chez le syndic municipal, François Bazire, et devant lui; trois comparants : J. Ouvrv, premier membre de l’assemblée municipale, Franc. Herment, troisième membre, P. Delaplanque, greffier, avec plusieurs autres habitants comparants. Outre leurs quatre signatures, le procèsverbal porte encore celles d’Ant. Bazire, P. Gouet, Jac. Flahaut, J. Girot, J. Lefebvre.

Députés : Franc. Bazire, J. Ouvry

Cahier

Les habitants de Saint-Pierre-le-Petit ont l’honneur de représenter qu’ils sont misérables, attendu que cette paroisse n’est composée que de 45 feux et n’est habitée que par des journaliers

(1) Le rôle de la taille dit : 6 acres de prairie, 15 acres de labour et il omet les bois taillis. Les Parent-de-Saint-Ouen étaient les principaux propriétaires. En 1751, ils avaient fief, terre, seigneurie, pavillon, cour, jardin, un moulin à eau pour blé, 12 acres de masure ou prairie, 65 acres de labour, 4 acres de bois taillis, le tout tenu par eux et autres ; en plus, 4 maisons et environ 9 acres de terre en herbage ou labour. L’ensemble n’était évalué qu’à 1.700 1. ! Leur domaine était resté à peu près le même en 1789.

(2) Le registre des vingtièmes, en 1789, dit: 9 acres de bois taillis et 8 acres d’herbage et estime le tout à 300 1. de revenu.

BAILLIAGE d’aKQU ES

et toiliers, excepté Mre J. Ouvry et Mre Bazire (I) ; que depuis quelques années, à cause du malheur des temps, soit faute d ouvrage et d’occupation, soit à cause de la cherté des denrées, les habitants de ladite paroisse sont dans la plus grande détresse; qu’ils sont d’autant plus à plaindre que leur curé, d’ailleurs porté d’inclination à leur rendre service, ne le peut, n’ayant pas luimême de quoi vivre, parce qu’il partage les grosses dîmes avec l’abbé de Fécamp et que la moitié de ce total de dîmes n’est affermé que 8001. au sieur Cappon de Saint- Pierre-le-\ iger, suiv ant son bai! (2). En conséquence de cet exposé certain et véritable, nous prions et supplions, demandons et demanderons toujours qu’on ait égard à notre misère et triste situation.

De plus, nous supplions et demandons à qui il appartiendra d’en connaître, de déterminer et fixer pour toujours les moyens nécessaires pour que chaque paroisse soit chargée de pourvoir au soulagement de ses pau vres, atin qu’il n’y ait plus de coureurs de nuit et même de jour. Ainsi on remédiera et mettra fin à une infinité d’abus et de désordres.

Fait et arrêté dans notre assemblée le jour et an dits en l’autre part. Bazire, Ouvry, Gouel, Delaplanque, Ant. Bazire.

(1) La paroisse ne comprend guère en effet que des journaliers, des tisserands et des toiliers. Flahaut, Girot, Lefebvre, signataires du procès-verbal, sont des toiliers. On remarquera qu’ils ne font pas partie de 1 assemblée municipale dont tous les membres, y compris le greffier, sont des cultivateurs. Ouvry et Bazire sont les deux seuls fermiers importants. Ouvry a une ferme de 100 acres de Mle de Gonseville, 8 chevaux, 8 vaches, un troupeau : il paie à lui seul près des 3 /7 de la taille, accessoires et capitation, soit 584 1. Ant. Bazire, tils du syndic François Bazire, a une ferme de 20 acres de son père et diflérentes autres locations, il est imposé à 66 1. — Rôle de la taille en 1 /89 : taille . 620 1. (en tout 639 1. 12 s.) ; accessoires : 363 I.; capitation : 392 1.; au total, avec la collecte des deux dernières sommes : 1.407 1. 4 s. Exempts : le curé Gourdon, le clerc Bachelet. Le syndic, François Bazire, occupe une chambre à feu de son ancienne ferme et 5 acres de terre ; il est imposé à 26 1. (Arch. S.-Inf., C. 1904).

(2) « Le bénéfice de la cure consiste en une portion congrue que lait 1 abbé de Fécamp, pour et au lieu de laquelle il abandonne au sieur curé la perception de la deuxième moitié des grosses dîmes et de celle des vertes dîmes et novales, le tout faisant une position semblable à celle de l’abbé de Fécamp et do pareille valeur de 375 1. » (Note du contrôleur des vingtièmes, Amblard, en 1751). En 1789, cette moitié dos dîmes était louée 760 1., (et non 800 comme dit le cahier), à Pierre Cappron par bail de 9 ans, devant L. Barbier, le 18 oct. 17s7. Le curé a son presbytère, cour et jardin, une acre et demie de bon labour ; le casuel, estimé 100 I. en 1751, et la moitié des dîmes de toute sorte (760 1.) (Arch. S.-Inf., C. 572. f. 383 et suiv.).

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