‹ Cahiers de doléances du bailliage d'Arques (secondaire de Caudebec) pour les États généraux de 1789Chapitre 54 sur 157 · SAINT-PIERRE-LE-VIEUX · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE-LE-VIEUX

Dép. : Seine-lnf. ; arr. : Y veto! ; canton: Fontaine-le-Dun. Sur le Dur», à 31 k. N.-E. d’Yvetot.

Gén. : Rouen ; El. : Arques.

Pop. : 1738 : 215 f. ; 1789 : 230 f.

Seigneur : le marquis d’Herbou ville : patron : l’abbé de Fécamp.

Assemblée 6 mars,de\ant Jac. Thillaux. syndic ; 1 6 comparants : J . Collin, P. Hamel, Mie. Saflray. J. Saunier, Mie. Giffard,. J. Goupil, P. Simon, Abraham Cumont, Nie. Fultot, Guil. Bout, Jac. Levaillant, J. Hauduc, P. Telier, Franç. Crampon, Nie. Grulé, Nie. Thieury. Ils ont tous signé avec le syndic. Députés : Mie. Saffray, Nie. Fultot, J. Saunier (2).

Cahier de doléances , plaintes et remontrances des habitants de la paroisse de Saint- Pie rre-le-Vieil , faisant partie du Tiers Etat.

1° La paroisse que nous habitons, relativement à beaucoup cFautres, est surchargée d’impôts, payant en corps de taille la somme de 3.530 1. Cette charge devient d’autant plus onéreuse que grand nombre de particuliers des paroisses voisines, qui occupaient dans celle-ci beaucoup de terres, espérant être plus doucement traitées à cet égard dans leur paroisse, s’y font renvoyer, et, de cette manière, les habitants taillables de celle-ci se trouvent considérablement opprimés (3).

(1) Probablement Saint- Pierre-le-Gué (vieux -= vadum ; comparer avec Vieux-Rouen, gué de Rouen sur la Bresle). L'a paroisse était formée de trois hameaux : Bosc-le-Comte, Saint-Pierre, Pitié ; c’est à ce dernier qu’était attaché le titre de bourg, avec le marché, mais aussi avec ses charges, (cf. art. 4 du cahier). Le rôle de la taille en 1789 est divisé par hameaux.

(2) Saint-Pierre-le-Vieux comptait beaucoup de tisserands et un certain nombre de toiliers : les premiers sont représentés à l’assemblée par Cumont et Crampon, les seconds par Levaillant ; il y a aussi un marchand de fil : Bout. Mais la majorité se compose de cultivateurs. Parmi eux : le syndic Thillaux (maison, masure, 17 acres en propre pour 500 1.), imposé à 145 1. ; les trois députés : Saffray, laboureur el marchand, (terres et dîmes de l’abbé de Fécamp pour 1.800 1.), imposé à 600 1. ; Fui toi marchand et cultivateur, imposé à 88 1. ; Saunier, (ferme de 80 acres pour 1.500 1.), 2 charrues, un troupeau), imposé à 624 1. Citons encore : J. Collin, (30 acres en propre), imposé à 220 1. ; P. Hamel, fermier de d’ Herbouville pour 2.400 1., 2 charrues, chevaux, vaches, troupeau, imposé à 867 1. ; Giffard, (ferme de 60 acres de d’Herbouville et autres terres, imposé à 483 1. On voit que, même dans cette commune industrielle, ce sont les riches cultivateurs qui ont dirigé l’assemblée.

(3) Le corps do taille désigne le principal de la taille. Le chiffre est exact ;

BAILLIAGE D’ARQUES

2° La corvée, étant actuellement assise au marc la livre de la taille, forme la somme de 882 1. 10 s. (1), et nous sommes d'autant plus inquiets à ce sujet que rien n’avance pour la confection des bonifications des chemins et grandes routes.

3° Pour obvier aux abus qui proviennent de l’inégalité des répartitions de la taille et les faire cesser, nous supplions qu’il soit avisé à prendre des moyens convenables pour que chaque pays soit également imposé relativement a ses ressources.

Qu’il soit ordonné que chacun paie taille à la paroisse d’où les fonds dépendent (2).

‘4° Outre cet impôt, dont nous sommes épuisés, il est à observer que, dans notre paroisse, il existe un hameau, qui est un bourg, ou l’on paie, année commune, 600 1. au moins pour les entrées des cidres seulement qui s’y font et consomment (3).

5° Les influences de la mer, dont les terres, dépendantes de cette paroisse, ne sont pas éloignées de la mer, causent souvent des dommages considérables à toute la récolte (4), et, en outre, il est à observer que grande quantité de terres en pente sont dégradées par les eaux, que d’autres sont remplies de cailloux, sujettes [à] de moyennes récoltes.

6° Le pays que nous habitons, ne pouvant se suffire à luimême, se trouve, lorsque le commerce, qui est sa principale ressource, vient à manquer, dans une détresse extrême, et alors on se trouve accablé d’une multitude de mendiants qui viennent de toutes parts avec instance et avec importunité, desquels on ne peut, ni même on n’ose résister.

7° Il est bien à désirer que les marchés qui se sont trouvés établis les jours de dimanche, et les cafés, buvettes de vin et eau-

mais il faut y ajouter le droit de collecte : 88 1. 5 s., la quittance, le timbre, etc. : 3 1. 1 2 s. 5 d. — En plus, les acccessoires : 2.067 1. ; la capitation : 2.229 1. ; le total des trois impositions est de 7.990 1. 9 s. 5 d. Exempts : le curé Falleur, le vicaire Forestier, le chapelain Romain, le clerc Vincent, le marquis d’Herbouville occupant son manoir seigneurial. (Arch. S.-Inf., C. 1906). Sur les transports d’impositions, dont parle la fin de l’article, cf. la note de l’art. 2 de Blosseville.

(1) Ce chiffre est bien exactement le quart du principal de la taille, suivant le taux fixé par le Parlement pour cette imposition.

(2) C. f. la fin de l’art. 1 et le cahier de Saint-Ouen-prend-en-Bourse, 11, qui fait la même demande dans des termes un peu différents.

(3) Le hameau de Pitié, « Pitié, bourg et marché au pays de Caux, dans la paroisse de Saint-Pierrc-le-Vieux, de l’élection d’Arques », Masseville. Etat géographique (te la i Xormandie , I, p. 241.

(4) Les influences de la mer sont les vents de mer, dont se plaignent tous les cahiers de cette région. C, f. Bourg-Dun, t, et Chapelle-sur-Dun, 8-11.

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