SAINT-PIERRE-LE-V1GER
Dén. : Seine-tnf. ; arr. : Y vetot : canton : Fontaine-le-Dun. A 26 k. N.-E.
d’ Y vetot .
Gén. : Rouen. ; El. : Arques.
Pop. : 1738 : 110 1'. ; 1751 : 30 f. ; 1789 : 117 f. ; 1751 : 400 hab.
(1) Le marché de Pitié était le lundi. L’article a donc un caractère général. On peut le rapprocher de l’art. 14 de Gruchet-Saint-Siméon et de l’art. 7 de Criquetot-sur-Longue ville.
(2) Un certain nombre de cahiers demandent l’application de ces lois restrictives. Il existait bien un arrêté du Parlement de Paris de juillet 1725 en ce sens ; mais il n’était pas applicable dans le ressort du Parlement de Rouen. G. f. Auffav, 7, et la note.
(3) La paroisse est située. un peu au nord de Fontaine-le-Dun, près des sources du Dun. « Elle est située dans un vallon, exposé à la chute des ravines, et il n’y a de sa dépendance que le hameau nommé le Buquet, qui soit en pleine campagne et dont les terres sont par conséquent de meilleure qualité... L’occupation des habitants, outre le labourage, est le travail de la siamoise ; mais la plus grande partie de ceux qui s’y emploient ne consistent qu’en ouvriers pour les fabricants des lieux circonvoisins qui en font ensuite la vente en la ville de Rouen, éloignée de dix à onze lieues... Le vingtième de l’industrie ne s’y perçoit point ». (Note du contrôleur des vingtièmes, Amblard, 28 oct. 1751. Arch. S.-Inf., C. 572, f. 486).
BAILLIAGE d’ARQUES
Soigneurs et patrons: les Feuillants de Blérencourt au diocèse de Noyon (1).
Procès-verbal
Assemblée 5 mars, devant Jac.-Eranç. Coignard, syndic ; 25 comparants : P. Lardent, David Collan, Et. Cappron, L.-Dan. Lardent, P. Bout, Ch. Féron, Mathieu Ambourg. Jac. Lefebvre, Franç. Dujardin, Jean Flahaut, Alexis Gouel, Jac. Sainte-Marie, L. Vittecoq. P. Buquet, Jac. -P. Carpentier. Jac. Batard, Vivier Vittecoq, Jac. Lheureux, Jac. Gruel, Isaac Boulen, Mic. Boulen, P. Lheureux, P. Alleaume, Daniel Pillon, Thorn. Cappron. Vingt-deux signatures ; en {dus, celle de syndic Coignard et du greffier Féron. Députés : Coignard, Collan (2).
Cahier des complaintes ei doléances de rassemblée des habitants composant le Tiers Etat de la paroisse et communauté de Saint - Pierre-le-Viger (3).
Le général et communauté de la dite paroisse de Saint-Pierrele-Viger supplient humblement Sa Majesté de daigner prendre en considération :
1° Que les dits habitants se feront toujours nn devoir de con-
(1) « Les religieux feuillants de Blérancourt sont seigneurs en plus grande partie de cette paroisse, dont ils sont patrons, y possédant le fief et seigneurie, nommée Saint-Pierre-le- Viger ». Id. id. 11 y avait du reste en 1751 d’autres fiefs : le fief, dit de Gonneville, au sieur de Clercy,le fief de Socqueville à Mme du Quay, et des extensions de fiefs de paroisses voisines. Le Fouillé de 1738 attribue le patronage à l’archevêque, maisàtort, semble-t-il. Les Feuillants de Blérencourt avaient une ferme très importante, (5 acres de masure, 40 acres de bon labour, 80 de médiocre, 20 acres de bois), louée à un des comparants. Capron, pour 2.200 1. en 1789. En 1751, ni les Feuillants, ni le fermier n’avaient voulu donner de renseignements au contrôleur qui avait estimé le revenu à 2.053 1.
(2) La paroisse comptait 62 à 63 tisserands ; ils sont représentés à l’assem¬
blée* électorale par Ambourg, Dujardin, Flahaut, P. Lheureux, Cruel; une douzaine de toiliers, dont P. Lardent ou Lardans et Mic. Boulen ; 5 ou 6
siamoisiers, dont Thomas Capron et Daniel Pillon ; plusieurs fileurs, 2 filassiers, dont un Vittecocq ; un marchand de fil, deux bobineurs et un chargeur de bobines. Mais, même dans cette paroisse, les deux députés sont pris parmi les cultivateurs ; Coignard, (ferme de 45 acres en propre pour 900 1., 12 acres en loyer pour 400 1. ; charrue, vaches, troupeau), est imposé à 203 1. Golan, 1 15 acres en propre valant 400 h), est imposé à 78 1. . — En 1789, taille : 2.170 1. ; accessoires : 1.271 I. ; capitation : 1.370 1.; en plus 98 1. de droit de collecte, 27 1. 5 <1. de timbre et quittance ; en tout 4.811 1. Exempts : h* curé : Larchevêque, (presbytère, dîmes), a le vicaire chez lui ; P. Hamel, maître d’école; clerc, occupe la maison cléricale. — Sur 207 cotes, il y en a 82 dans le bourg, le reste dans les hameaux. (Arch. S.-Inf., C. 1905).
(3) Le cahier appartient au groupe de Canteleu, (cf. ce cahier et la note) ; il contient l’article caractéristique du groupe sur la nécessité de limiter la culture du colza et de la rabette qui nuit à celle du blé (art. 6 du cahier de Saint-Pierre-le- Viger).
courir à tous les moyens de pourvoir et subvenir aux besoins de l’Etat et aux désirs de Sa Majesté.
2° Que les dits habitants intercèdent comme le moyen le plus propre pour réaliser leur soumission, l’établissement d’un impôt unique, bien connu de chacun, et d’en simplifier la perception.
3° Que les dits habitants envisagent comme le plus grand des abus la mendicité nocturne, qui se pratique dans leur canton par des attroupements de particuliers jusqu’au nombre de 24 à 30, qui ne se contentent pas des aumônes qu’on leur donne, mais qui forcent les cultivateurs à satisfaire leurs désirs et qui vont même jusqu’à les maltraiter, lorsqu’ils ne les satisfont pas, et que la source de ces abus est l’introduction de nombre de cabarets ou cafés qui détournent les cultivateurs, et surtout leurs domestiques et leurs subalternes, de leurs travaux et, en favorisant la paresse et la dissipation de la multitude, occasionnent une surcharge dans les aumônes auxquelles les laboureurs se trouvent comme assujettis sans égard à leurs facultés.
4° Que les dits habitants supportent la prestation des corvées
d’une manière trop arbitraire et qu’il serait utile qu’elle fût
répartie sur tous les autres cantons, tels que ceux où les grands
chemins ne passent point, mais qui ne profitent pas moins des
chemins, de l’entretien desquels les propriétaires qui les sup- $
portent sont particulièrement grevés.
5° Que les dits habitants supportent dans leurs récoltes beaucoup de dommages causés par les pigeons. C’est pourquoi ils en demanderaient la destruction, ou, du moins, que les colombiers fussent fermés lorsque les grains sont en maturité et pendant le temps des semailles de chaque espèce de grains.
6° Que les dits habitants représentent que l’abondance, que les cultivateurs font de colzas ou rabettes, cause un tort préjudiciable à la récolte des blés, vu que le grain se transplante sur un terrain propre à ensemencer du blé et qu’il ne fournit aucun engrais pour les années suivantes ; c’est pourquoi ils croient qu’on pourrait assujettir les dits cultivateurs à n’excéder la quantité de ce grain plus qu’au vingtième de leur terrain (1).
7° Que les dits habitants éprouvent une grande perte dans une
(1) Sur cette question intéressante d’économie rurale, cf. Greuville, 9, Luneray, 6. La proportion du vingtième, demandée par notre cahier, est la même qu’à Greuville. Selon le cahier de Luneray, la jurisprudence limitait cette culture à un vingt-cinquième.