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partie de leurs grains, causée par les lapins qui reposent dans divers endroits de la dite paroisse ; c’est pourquoi ils demanderaient qu'ils fussent détruits par les seigneurs ou qu’ils eussent la liberté de les détruire eux-mêmes.
8° Que les dits habitants mettent pour grand motif de doléances le trop grand prix du blé, qui jette dans la plus extrême misère la plus grande partie de la population, et que la rareté de ce grain fait appréhender que le prix n'en augmente encore, s’il n’en vient d’ailleurs (1); et que, dans la suite, il serait à propos, dans les années d’abondance, de faire des magasins et de ne permettre l’exportation qu’autant qu’on n'aurait rien à craindre de la disette par l'abondance des magasins qu'on aurait faits.
9° Que les dits habitants représentent que le commerce de leur pays n’est pas en vigueur et qu’il y a même dans leur paroisse des ouvriers sans travail ; mais, pour les occuper, ils trouveraient un moyen, ce serait d’établir un ou plusieurs députés de la dite paroisse pour veiller à l’entretien des chemins et rues d’icelle ; cet expédient fournirait du travail à ces ouvriers qui en manquent et faciliterait le public (2).
10° Que les dits habitants représentent qu’en supprimant les employés des gabelles, ils y trouveraient un avantage, sans rien faire perdre à l’Etat ; ce serait à Sa Majesté de faire lever dans ses greniers aux habitants de chaque paroisse la même quantité de sel à laquelle ils sont imposés ; et du capital de la somme, qui se trouverait revenant bon par la suppression des dits employés, en faire une répartition au marc la livre dans chaque paroisse.
11° Que les dits habitants se plaignent que la taille et accessoires, qu’ils payent, sont montés à un taux si excessif qu'il se monte au double de celui de plusieurs paroisses du bailliage d’Arques, quoique la plus grande partie du terrain de cette paroisse soit très mauvais (3).
12° Que les dits habitants envisagent comme la chose la plus
(1) Le blé, dans la région, valait 5 1. le boisseau de 16 pots. Dans les halles, on le vendait au sac. Le sac de 6 boisseaux, pesant 300 livres, coûtait 50 1. Le pain valait près de quatre sous la livre. Ces prix, qui paraissaient exorbitants à l’époque, étaient presque le double du prix ordinaire.
(2) L’industrie de la région était le lissage des toiles et des siamoises : les ouvriers travaillaient pour les fabricants de Rouen. Le cahier demande l’établissement d’un atelier de charité pour occuper les ouvriers sans travail à la réparation des chemins vicinaux.
(3) Nous avons donné plus haut, on note, le chiffre des impositions de la paroisse. Le taux ne paraît pas si excessif que le dit l’article.
SAINT-SULPICE [l)E BELLENGRE VILLE]
essentielle de faire ouvrir les magasins qui pourraient être remplis de grains et de les délivrer au peuple afin de faire tomber le prix du blé (1).
13° Que les boulangers des campagnes vendent leur pain plus cher que dans les villes.
Telles sont les principales plaintes et doléances de la paroisse de Saint-Pierre-le-Viger.
Fait et arrêté en l’assemblée, tenue le 5 mars 1789, ce que nous avons signé après la lecture faire. Jac. Batard, Jac. Sainte-Marie, Jac. Lbeureux, à ce présents ont déclaré ne savoir écrire, de ce interpellés suivant l'ordonnance.
Signé : Thom. Càpron, Vivien Vittecocq, Dan. Pillon ; Boullen, D. Collen ; Louis Vittecocq ; Jac. Lefebvre ; P. Alome ; Jac- Gruel ; L.-D. Lardant ; Mie. Boullen ; P. Boust ; P. Lardant ; P. Buquet ; J. -P. Carpentier ; Et. Cappron ; Alex. Gouet ; Franc- Dujardin ; Mat. Ambour ; C. Féron ; P. Lbeureux ; Coignard, syndic ; Féron, greffier.