NEUVILLE- ET- PUITS
Dép. : Sein-Inf. ; arr. et canton : Dieppe. Sur la mer, à 3 k. à l’Est de Dieppe.
Gén. : Rouen ; El. : Arques.
Pop. : 1789 : 100 f.
Seigneur et patron : le prieur de Longueville.
Procès-verbal
Assemblée 7 mars, au lieu ordinaire et en la forme accoutumée, devant le syndic, Jac. Ledoux; 29 comparants : Franç. Picard, Guil. Linnemer, Jac. Fiquet, Guil. Bruneval, J. Fromentin, Nie. Paturon, Franc. Montalan, J. Poyer, J. Verdier, L. Aubé, Ch. Caron, J. Simon, Franç. Le Fai, « soussignés » ; Ch. et Jac. Gréboval, J. Fiquet, Franç. Abraham, Ant. Aubé, Jac. Abraham, Nie. Bly, Toussaint-Mercier, Jac. Paturon, Guil. Mercier, Paschal, Fromentin, Ad. Pêqueux,Ant. Cacheux, Jac. Lateux, J. Fromentin, Franç. Linnemer, « qui ont déclaré ne savoir écrire » (2).
Députés : Messire J. César, Ch. -Michel Labbé, ancien brigadier des gardes du corps du roi et chevalier de l’ordre royal et militaire.de Saint- Louis ; L. Niel, maire de Dieppe, procureur-syndic du Département d’Arques (3).
Le procès-verbal contient l’acceptation signée des deux députés ; mais il n’est signé lui-même que par le syndic Ledoux.
Cahier
Avons d’abord dressé nos doléances ainsi qu’il suit. Recommandons aux députés, que nous allons nommer, de solliciter :
(1) On écrit aujourd’hui : Puvs : ce hameau est devenu une station balnéaire bien connue; le nom actuel de la commune est Neuville-lès-Dieppe. «La paroisse est, pour la plus grande partie, en plaine, y ayant seulement une petite côte du côté de Dieppe. Comme elle est située le long de la mer, la plupart de ses habitants sont matelots pêcheurs, le restant occupé à l’agriculture. Le commerce ne consiste qu’au travail des grains et jardinage ». (Registre des vingtièmes en 1758. A. S.-Inf., C. 531, f. 384). On disait souvent Neuville-le- Pollet.
(2) Il n’y a qu’une seule pièce qui contient le cahier et le procès-verbal. L’assemblée se compose pour un tiers de jardiniers ; ils étaient très nombreux à Neuville.
(3) Niel n’était pas inscrit sur le rôle de la taille de Neuville ; son élection fut attaquée à l’assemblée préliminaire, le 9 mars, et, sur les conclusions du procureur Bourdon, elle fut cassée par le lieutenant général du bailliage, Le Prince. Labbé fut seul admis à représenter Neuville.
BAILLIAGE D’ARQUES
1° Une modération sur la taille et ses suites, et, s’il n’était pas possible d’obtenir ce qu’on désire sur le principal, de demander une réduction au moins sur les accessoires (1).
2° De représenter l’inégalité des impositions de paroisse à paroisse, de demander que la répartition de terres de la même paroisse soit exacte et relative à leur valeur et produit.
3° De faire tous leurs efforts pour parvenir à l’extinction de la gabelle, d’exposer combien le sel est nécessaire dans la campagne pour le soulagement des bestiaux, l’ensemencement des terres et le progrès de l’agriculture (2).
4° De requérir, en notre nom, tout ce qui peut intéresser le bien particulier du peuple et la prospérité générale du royaume.
Au presbytère de Neuville, les mêmes jour et an que dessus.
NOTRE-DAME D’ALIERMONT (3)
Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Envermeu.
Gén. Rouen ; El. : Arques.
Pop. : 1738 : 135 f. ; 1789 : 108 f.
Seigneur et patron : l’archevêque de Rouen, Dominique de La Rochefou eau d.
Procès-verbal
Assemblée le 4 mars, « en la paroisse de Notre-Dame d’Aliermont de ce lieu », devant J. Pinchon, syndic ; 17 comparants : Gab. Dardanne, J. -F.
(1) En 1788, — le rôle de 1789 n’existe plus, — le total de la taille, accessoires et capitation s’élevait à G. 269 1. ; taille : 2.770 1. (en tout 2.841 1.) ; accessoires : 1.650 1. ; capit. : 1.778 1. Exempts : le curé, (maison et grosses dîmes), Capron, vicaire. Labbé. chevalier de St-Louis, (son logis). — Le syndic Ledoux, propriétaire, paie 108 1. Arcli. S. -Inf., C.1856. Le curé de Neuville, Bruno, était, comme Niel, procureur-syndic du bureau intermédiaire d’Arques ; il avait un riche bénéfice comprenant presbytère, cour, jardin (1201.), un tiers des grosses dîmes (1 . 1 25 1.), les vertes dîmes et les novales (1.100 1.), 5 acres de terre (250 1.). Le reste des grosses dîmes appartenait aux religieux de Longueville.
(2) Neuville relevait du grenier de Dieppe et était taxé à 6 setiers ou 24 minots.
(3) La paroisse était une des cinq paroisses du comté d’Aliermont, qui relevait des archevêques de Rouen. C. f. le cahier de Croixdalle et la note. Elle est située sur le plateau entre la Béthune et l’Eaulne. Voici l’appréciation du contrôleur des vingtièmes en 1759 : « Cette paroisse est située en pleine campagne ; le terrain qui se trouve le long du village est d’assez bonne qualité ; l’autre est médiocre, étant beaucoup caillouteux et difficile à manœuvrer... Les habitants n’y font aucun commerce ; l’agriculture des terres fait leur unique occupation ; le général des habitants y est fin et rusé pour ce qui concerne leurs intérêts. » (Arcli. S. -Inf. C. 532, II, f. 44).
NOTRE-D AME-D’aLIERMONT
Detroussard, J. Sannier, Nie. Fournier, P. Hélie, Nie. Davesne, P. Chevalier, Ch. Lelong, Ant. Bermon, Franç. Picard, J. -B. Legrand, J. Poulain, L. Thomas, L. Dardanne, Jac. Viel, L. Lecat, Jac. Fournier, Ils ont signé le procès-verbal, sauf Viel et Detroussard ; en plus signature de J. Stalin.
Députés : Jean Sannier, Gabriel Dardenne, laboureurs (T).
Cahier de plaintes , doléances et remontrances de la paroissse
de Notre-Dame d' Aller mont.
[Le cahier, qui appartient au groupe d’Angreville, est un arrangement des cahiers d’Angreville et de Douvrend, à l’exception des articles 8, 9, 10 et 11 qui reproduisent textuellement les articles 7, 8, 3, 5 d’Auberville-sur-Eaulne, paroisse aujourd’hui réunie à Envermeu et qui était assez voisine de Notre-Damed’Aliermont].
Plaintes
Nous soussignés, propriétaires et habitants de ladite paroisse de Notre-Dame d’Aliermont, nous nous plaignons :
1° Comme à Angreville, 1.
2° Comme à Douvrend, 2.
3° De la rareté des bois et conséquemment de la cherté d’iceux provenant du peu de soin qu’on apporte à leur amélioration.
4° Comme à Angreville, 4.
5° De la mendicité, provenant souvent de la fainéantise et du libertinage qui porte nombre de gens de tout sexe et de tout âge à se répandre dans les campagnes, dont ils deviennent les fléaux, d’où il s’ensuit encore le défaut de bras pour la culture.
6° Des corvées des grandes routes qui tirent de notre paroisse une somme considérable pour la confection et entretien des chemins éloignés de nous et qui ne nous sont d’aucune utilité.
(1) En 1789, taille : 2.600 1. (2.667 1. 7 s. en tout ; accessoires : 1.549 1. 8 s. ; capitation : 1.669 1. 7 s., en tout 5.886 1.2 s. — Exempts : le curé Caqueray, fait valoir son bénéfice valant 1.4001., (dîme de grains et verte dîme), Abraham, vicaire ; le clerc Balavoine ; M. de la Ferté,fâit valoir son bien, (30 acres, valeur 650 I.) ; Le Prévost, (sa maison, 40 1.), Mlle du Mesnillé, son bien d’un revenu de 100 1. ; Mlles de Crétot, 18 acres de terre d’un revenu de 300 1. — Le syndic J. Pincbon, propriétaire, (maison, 28 acres), paie 132 1. ; J. Sannier, (ferme de 60 acres pour 1.200 1. et un herbage et 24 acres pour 600 1.), paie 624 1. ; Gab. Dardanne, (maison, 24 acres en location pour 350 1. et partie des dîmes de l’archevêque pour 500 1), paie 250 I.
BAILLIAGE D’ARQUES
Demandes
]° Comme à Douvrend, (demandes 1).
2° La suppression totale de la gabelle et que le sel soit, à l’avenir, vendu à un prix raisonnable, comme toute autre denrée (1).
3° Comme à Angreville, (demandes 3), avec cette adjonction à la fin : « comme aussi de faire planter les terrains inutiles et incapables de labour ».
4° Comme à Angreville, (demandes 4), jusqu’au mot «procès », la suite ainsi : « plus de vénalité dans les charges de judicature, établissement d’un tribunal de paix dans chaque paroisse, présidé par les plus notables et capables de rendre justice à qui appartiendra ».
5° Comme à Angreville, (demandes 5), jusqu’au mot « seulement », la suite ainsi : « ou dans l’arrondissement d’une lieue de leur paroisse pour les pauvres, dont les paroisses se trouvent surchargées, et munis de certificat de leur curé ».
6° La conservation des propriétés de nos biens et des droits y annexés (2).
7° Nous demandons enfin l’abolition des corvées et qu’il nous soit accordé d’employer la somme .que nous payons pour les routes, qui nous sont d’aucune utilité, à raccommoder et entretenir celle de notre paroisse qui est très fréquentée par les marchands et commerçants de nos bourgs et villes voisines de nous.
8° Lesdits habitants souhaiteraient qu’il n’existât qu’un seul boisseau, pot et mesure dans la province, de même qu’il n’y a qu’une seule aune pour mesure dans le royaume (3).
9° Que les haras fussent supprimés, objets onéreux à l’Etat et aussi gênants qu’à charge aux cultivateurs (4).
(1) Notre-Dame . d’Aliermont relevait du grenier à sel de Dieppe et était taxé à 5 setiers ou 20 rninots.
(2) Ces droits sont certainement les droits féodaux. On trouve un article analogue à Douvrend, Demandes, 1 , et à Saint-Nicolas d’Aliermont, 3. Mais le cahier de Notre-Dame est le seul qui mentionne expressément les droits annexés aux propriétés. On ne sait à quelle influence il faut attribuer cette demande du maintien des droits féodaux qui est unique dans les cahiers de cette région.
(3) Cet article étant la reproduction textuelle de l’article 7 d’Aubervillesur- Canine, nous renvoyons aux notes de ce cahier.
(4) Même remarque pour cet article. Sur les haras et étalons, c. f. Dieppe, 11 , et Ancourt, 4.