CHAPITRE III
De la corvée et du logement de troupe.
L’imposition en rachat de la corvée, fixée depuis la déclaration du roi du 27 juin 1787, au quart du principal de la taille et capitation roturière, excite la réclamation des agriculteurs. C’est un nouvel impôt, qui, à la vérité, décharge la classe indigente du travail d’une journée ; mais il pèse totalement sur les laboureurs qui, en des jours perdus, s’acquittaient de leurs corvées sans frais ; d’ailleurs, la justice ne semble-t-elle pas exiger que ceux qui ne tirent aucun produit d’une chose soient déchargés de son entretien ? Ne doit-on pas plutôt indemniser ceux auxquels elle
(1) Sur l’abonnement aux vingtièmes, cf. le cahier de Bois- Robert , 8, qui fait la même demande. Cet abonnement, réclamé par le gouvernement, avait été aceplé par les assemblées provinciales de Caen et <1 Alençon, repoussé par celle de Rouen. Voir la note du cahier de Bois-Robert.
(2) Eu 1789, taille : 1.225 h; accessoires : 717 1. ; capitation : 774 h; en plus, 55 I. 9 s. pour le droit dp collecte, 3 1. 2 s. 5 d. de timbre quittance, etc. ; en tout 2.77.4 i. Ils. 11 d. Exempts : le curé Lendormy, (presbytère et dîmes), (iaman vicaire. La paroisse, quoi qu’en dise le cahier, n’était pas des plus pauvres. Le rôle de la taille du 15 janvier 1789, qui est remarquablement rédigé, ne signale ni un mendiant ni un fugitif. 11 y a un assez grand nombre de cotes moyennes, entre 20 et 40 1. i outre les cultivateurs et les journaliers, la paroisse compte plusieurs marchands non spécifiés, trois toiliers, quatorze tisserands, un i’ileur (Arch. S.-Inf., C. 1914).
SAINT-YAAST-D U-VA L
porte préjudice ? Or, telle est la grande route pour la paroisse de Saint-Vaast-du-Val ; loin d'en retirer aucun profit, elle est pour les habitants une charge ; les chemins, qui y aboutissent, coupent leurs terres et ils sont tenus au logement des troupes à cause de l’étape de Toste (t). Nous espérons donc que, mis dans la classe des souffrants, les Etats généraux voudront bien avoir égard, à cette surcharge d’impôt et faire retomber le rachat de la corvée sur ceux qui tirent avantage des grandes routes, ce qui peut s’opérer en établissant des bureaux dans les villes et bourgs, dans lesquels chaque voiturier sera tenu de prendre des lettres de voiture et de payer à proportion de sa charge et de la route qu’il aura à faire.